Un clapet est un dispositif mécanique ou a minima un élément mobile d'un mécanisme qui permet de réguler un flux ou encore d'arrêter, restreindre ou accélérer l'écoulement des fluides, par exemple de s'opposer au passage d'un liquide ou d'un gaz dans un conduit ou vers une sortie, ou au contraire de favoriser son évacuation.
Variété d'acceptions du mot technique thumb|Clef de clarinette Il peut s'agir, selon diverses acceptions parfois anciennes ou assez proches, dans des champs techniques différents : d'un élément en partie mobile, adapté à un orifice, d'une soupape, d'une valve ou d'un obturateur spécifique, d'une valvule, parfois représenté par un simple volet, voire une rondelle de cuir ou de caoutchouc, pour signaler, empêcher ou permettre le passage dudit fluide d'un clapet d'aspiration ou de refoulement d'une pompe ou d'un compresseur de gaz de soupapes d'admission ou d'échappement d'un moteur thermique, moteur à vapeur, moteur à combustion etc. d'un clapet de retenue, pour empêcher automatiquement le retour en arrière du fluide, à l'aide d'une bille ou d'un battant qui vient s'appuyer sur un siège préparé ou usiné. Cet accessoire de tuyauterie permet également de réguler l'apport d'un produit ou corps chimique qui y circule; d'un clapet anti-retour, dispositif assez similaire au précédent, qui impose la circulation d'un liquide dans un seul sens, comme dans le cas ancien de l'alimentation de vérin ou d'une pompe à bras. Ce dispositif autrefois à battant ou à bille peut concerner les gaz. Le "clapet anti-odeur" est une application de ce type particulier de clapet anti-retour sur canalisation, également valable pour entraver les bruits et les reflux d'égouts; d'un clapet coupe-feu empêchant le retour de fluides brûlant; d'un élément de sécurité limitant la pression dans une conduite, par exemple empêchant une surpression en retour, voire un coup de bélier ou des cavitations, qui pourrait détruire et la canalisation (tuyauterie) et son équipement (pompes, vannes, capteurs etc.); de la commande d'ouverture d'un évent comme pour les clefs de certains instruments à vent ; d'un composant d'un système de ventilation ou d'aération, de chauffage ou de ventilation; du dysfonctionnement du sphincter oesophagien inférieur, dit problème du "clapet à l'estomac".
Les chalands à clapets désignent des structures flottables dont le fond est constitué par des volets susceptibles de s'ouvrir, pour provoquer la vidange au moment opportun. La flottabilité peut être assurée par des ballasts latéraux étanches. Ces engins de taille ou de superficie parfois gigantesque peuvent être employé pour l'évacuation de débris ou de déchets industriels, pour transporter les produits de dragage, voire assurer la construction, l'entretien ou la réparation en partie basse des chantiers maritimes ou l'évacuation des navires ou ouvrages terminés sur ces mêmes chantiers vers le plan d'eau.
Le clapet peut encore désigner un mécanisme de fermeture ou d'ouverture, par exemple pour une trappe avec un clapet métallique. La trappe peut être aussi bien un piège spécifique mis en place en remontant le clapet, qu'un conduit d'accès ou d'évacuation pour des hommes, marins ou sous-mariniers. Avec des exigences parfois plus techniques, la manœuvre délicate de clapets et de portes implique pour le béotien la sécurité et la mise à niveau de pression du sas de compression ou capsule de décompression, pour la plongée profonde ou l'aventure spatiale.
Définitions anciennes et origine du terme technique Au début du , Henry de Graffigny peut définir, en correspondance simple, le clapet en mécanique comme la partie mobile d'une soupape et une soupape de façon générique comme un orifice fermé par un clapet mobileHenry de Graffigny, . En aérostation, le verbe "soupaper" signifie alors ouvrir la soupape pour laisser échapper le gaz et ajuster la pression dans le ballon. Les ressorts de soupape sont des ressorts à boudin en acier qui assurent la fermeture automatique d'une soupape à gaz ou à air, en rappelant le clapet sur son siège. La charge d'une soupape, ainsi définie par Graffigny, est "la résistance au soulèvement du clapet d'échappement qui résulte du poids que doit soulever cette soupape ou de l'élasticité d'un ressort à boudin". La valve en mécanique est une soupape à clapet mobile disposée sur le trajet d'un tuyau.
Les soupapes commandées désignent celles où le mouvement du clapet est commandé mécaniquement. En hydraulique, les robinets peuvent être asservis à un flotteur à clapet, qui explique leurs ouvertures ou leurs fermetures. Le clapet des installations hydrauliques le plus communes correspond, selon Marcel Lachiver, une espèce de soupape pratiquée dans une écluse de manière à s'ouvrir et se fermer par la seule action des eaux (de remplissage ou de vidange)Marcel Lachiver, Dictionnaire du monde rural, Les Mots du passé, Fayard, 1997, en particulier entrée polysémique concernant le substantif masculin clapet p. 470.. Le clapet est aussi une petite soupape, adaptée à une chaudière qui peut s'ouvrir et se fermer automatiquement en fonction de la seule pression du gazPierre Larousse, Grand dictionnaire du XIXe siècle, . Le terme de "soupape à clapet" convient autant à l'écluse qu'aux chaudières. Les turbines à bâches fermées, employées en agriculture pour le vannage, peuvent libérer ou arrêter le flux d'air, à l'aide de clapetsSelon les enquêtes de Louis Reybaud, cité par Pierre Larousse, Grand dictionnaire du XIXe siècle, .
Que ce soient dans les soufflets, les pistons, les cylindres de pompes et autres machines, le mécanicien constructeur du est obligé d'y placer des soupapes qui livrent passage aux fluides, mais puissent se fermer hermétiquement dans des circonstances prévues. Le clapet désigne alors la pièce qui bouche et débouche l'ouverture, et permet la circulation des fluides.
Définitions et origines lexicales Selon Le Petit Robert, un clapet est une soupape en forme de couvercle à charnières, ce qui fait allusion au(x) clapet(s) d'une pompe et rappelle la définition proposée par Antoine Furetière dans son dictionnaire universelle en 1690 : terme de Mechanique, espèce de petite soupape qui se lève & qui se ferme par le moyen d'une simple charnière. Le dictionnaire Larousse confirme qu'au sens premier, le clapet correspond à une soupape, qui se lève et se ferme, pour permettre ou empêcher le passage d'un fluide, dans le jeu d'une pompe, d'un moteur, de certains instruments de musique (clapet de tuyau d'orgue, clapet à anches...) etc. Mais il rappelle aussi un sens second de "pièce articulée", soit servant à la fermeture d'un sac de dame, d'un article de sellerie ou de voyage, soit d'un appareil ou d'un dispositif, qui peut ainsi être soulevée et abaissée, voire employée comme couvercle, dans le cas du téléphone à clapet. L'allusion au travail du cuir n'est point fortuite : le cuir fort était utilisé pour réaliser les clapets des pompes autrefoisLeblanc, Le mécanicien constructeur, Paris, 1860, page 11.. Dans la marine, au niveau de la pompe d'épuisement, le clapet correspond à un morceau de cuir fort, cloué ou serré par des vis, entre deux petits plateaux de métal, qui sert de charnière sur un bord de l'ouverture de la heuse et de la chopinePierre Larousse, Grand dictionnaire du XIXe siècle, . La "heuse" est un piston d'un pompe d'épuisement en bois, et la "chopine (variante chopinette)" la boîte cylindrique percée de trous, placée sous le piston d'une pompe, selon les définitions laconiques d'Henry de Graffigny, dictionnaire technique etc., .
Le mot technique préalablement défini, adapté au pompe ou au refoulement de l'eau, sur un navire normand, n'apparaîtrait qu'en 1516 dans la langue françaisePaul et Charles Bréard, Documents sur la marine normande ou documents relatifs à la marine normande et à ses armements aux pour le Canada, l'Afrique, les Antilles, le Brésil et les Indes, 1889, p. 36 ds IGLF, cité par le Trésor de la Langue Française, version informatisée citée.. L'inventaire du matériel de la grand nef La Louise, rédigé le , précise : Ladite nef garnye pareillement de trois pompes à gecter l'eau d'icelle, les deux pompes assises et l'autre de provision, garnyes de bonectes et clapetzDocuments relatifs à la marine normande au publiés par MM. Charles Bréard et Philippe Barrey, extrait des Mélanges et documents de la Société de l'histoire de Normandie, publié en 1906 et conservé à la bibliothèque du musée de la Marine, Partie III : Inventaire du matériel de la grand nef "La Louise", p. 237-244, en particulier phrase citée p. 238. L'origine la plus couramment proposée est le verbe intransitif claper attesté en 1517 selon les notes de Delboulle, signifiant "frapper, frapper en faisant du bruit"Achille Delboulle, Notes lexicographiques inédites (manuscrit déposé à la Sorbonne). Professeur au Lycée du Havre, Achille Delboulle (1834-1905) est philologue et lexicographe, historien de la langue française. Notons que le verbe anglais "to clap" correspond bien à nos verbes applaudir (manifestation bruyante), frapper (dans le dos) etc.. Ce verbe claper existe pourtant bel et bien en ancien français, cité en 1160 dans "La Chronique des ducs de Normandie" de Benoît de Sainte-MaureSelon le dictionnaire d'ancien français de Godefroy, "frapper avec un bruit retentissant, être précipité à grand bruit". Un clapet est en ancien français une crécelle, une cliquette et clapeter signifie faire entendre le bruit d'une cliquette. Le mot, selon Marcel Lachiver, supra, a été préservé en Pays de Caux et en Picardie pour nommer la claquette ou la crécelle, que les enfants (de chœur ou en libre défilé lors de la messe des Ténèbres) emploient pour remplacer les cloches supposées absentes ou parties à la fin de la semaine sainte. Au Havre, toujours selon Marcel Lachiver, un clapet désignait autrefois la fleur de digitale ou toute la plante avec ses clochettes.. La variante orthographique moderne de ce verbe, clapper, est d'abord usitée dans l'expression clapper de la langue, signifiant "produire un bruit sec avec la langue en la détachant brusquement du palais", d'où le mot clappementSelon la neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie française, un déplacement de sens de l'onomatopée apparaît, initialement de "frapper" à "aboyer". En Belgique francophone, le verbe transitif clapper signifie dans un registre familier "faire se refermer à grand bruit". Par exemple "clapper les portes", "clapper la fenêtre". "Clapper" dans la Base de données lexicographiques panfrancophone de Belgique.. Le lexicographe Pierre Larousse semble convaincu que le verbe français clapper ou claper provenait de l'allemand klappen, faire du bruit. D'où sa définition du verbe "produire des clappements" et son application phonétique à un clappement singulier, la langue d'abord appliqué contre le palais, ou dialectale typique des anciens Hottentots ou des Bushmens. Notons que le verbe allemand actuel klappen, polysémique, relève de plusieurs catégories grammaticalesLe Robert & Collins, Collège allemand, 2018, en particulier page 1144. La variante klappern signifie claquer ou cliqueter, et l'adjectif correspondant klapprig déglingé ou branlant. : verbe intransitif, il signifie en premier manière triviale, "aller, marcher, (bien) fonctionner, (bien) se passer", mais aussi sur un autre registre "claquer, frapper en faisant du bruit". verbe transitif, il signifie "relever ou baisser" (un col d'habit, un couvercle).