Gerbépal (, en vosgien de la montagne ) est une commune du Nord-Est de la France, dans le département des Vosges (canton de Gérardmer) en région Grand Est.

Géographie Localisation vignette|center|450px|<center>Vue historique entre 1880 et 1945(carte postale Adolphe Weick). Le village s'étend sur le long du CD8, à de Gérardmer et 17 de Saint-Dié-des-Vosges, entre le col du Plafond () et le col de Martimpré ().

Géologie et relief Son relief global est incliné vers le nord - nord-ouest, allant de à la Croix Hanzo à lorsque le Neuné, affluent de la Vologne, rejoint Corcieux.

Les glaciers de calotte qui ont façonné les hautes vallées par leur masse et les basses vallées surtout par leurs volumineuses eaux de fonte saisonnières ont laissé quelques dépressions plus ou moins aplanies, parfois occupées par des tourbières et deux petits étangs au lieudit Martimpré.

C'est une des 201 communes du parc naturel régional des Ballons des Vosges, réparties sur quatre départements : les Vosges, le Haut-Rhin, le Territoire de Belfort et la Haute-SaôneListe des 201 communes adhérentes au parc naturel régional des ballons des Vosges, Charte 2012 - 2024.

Sismicité Commune située dans une zone 3 de sismicité modéréeInformations sur les risques naturels et technologiques.

Communes limitrophes

Hydrographie

La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau le Neune, le ruisseau de la Goulle, le ruisseau le Rayrand, le ruisseau de Lenvergoutte, le ruisseau de Martimpre, le ruisseau des Bouleaux et le ruisseau le Lourdon..

Le Neuné, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Vologne en limite de Laveline-devant-Bruyères, Herpelmont, Beauménil et Champ-le-Duc, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|<center>Réseaux hydrographique et routier de Gerbépal.

La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de )..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Gérardmer », sur la commune de Gérardmer à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Gerbépal est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gérardmer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (60,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (60,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (58,4 %), prairies (23,4 %), zones agricoles hétérogènes (12,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,3 %), terres arables (1,8 %), zones urbanisées (1,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Girbespath en 1152, Gerbepals en 1378, Gerbelpaul au Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne).

Il s'agit d’un type de formation toponymique médiévale fréquente dans la région et dans le Nord de la France, composée d’un anthroponyme (le plus souvent d’origine germanique) + un appellatif toponymique roman ou germanique romanisé. Ainsi trouve-t-on dans la région Martimpré, Gérardmer, Habeaurupt, etc.

Le premier élément Girbes-, Gerbe- s’analyse comme le nom d’homme germanique GerbertusErnest Nègre, Op. cit. qui a donné le prénom et le nom de famille Gerbert. La nature du second élément -path, -pals est plus complexe. Ernest Nègre suppose une cacographie pour -pach (T et C étant par ailleurs souvent confondu dans la documentation ancienne), variante de Bach « ruisseau » de *bakiz, par ailleurs très bien représenté dans la toponymie de la France du nord (cf. -bet, -baix, -bais, -bez, etc.)Ibidem.. Le L final est dû à l'adjonction du suffixe diminutif germanique -le, variante de -lein cf. allemand Bächlein « ru, petit ruisseau », d'où *-pachle, francisé en -pasle > -pals > -pal.

Même phénomène pour Rehaupal qui n'est attesté qu’au sous la forme Raihaupaulz qui pourrait représenter un anthroponyme germanique en -bald pris absolument. Il est possible qu’une influence réciproque explique l'analogie des deux terminaisons -pal.

Le gentilé de Forfelet est partagé par les habitants de Corcieux, les limites de communes ayant été très mouvantes au fil des siècles.

Histoire vignette|400px|<center>Territoire de la prévôté de Bruyères dans le duché de Lorraine. Gerbépal dépendait anciennement des mairies de Corcieux et de Vichibure et faisait partie de la seigneurie de Martimprey. Il est parlé de la seigneurie de Gerbepaux dans un titre de 1663. Par une sentence du , l'official de Toul désunit Gerbépal de Corcieux, et l'érigea en titre de cure et de bénéfice perpétuel. D'après un ancien titre, l'église de Gerbépal existait déjà comme chapelle vers le milieu du . C'est sur le territoire de cette commune avait été construit par les comtes de MartimpréLa famille de Martimprey : de saint Louis en 1241 à Jean Baptiste MANGIN (1869-1949)Origine de la famille Martimprey de Romécourt, famille d'origine bourguignonne qui détenait aussi le titre de seigneur de Cornimont.

En 1790, le territoire actuel était partagé entre les municipalités de Vichibure et de Martimpré. En 1792, le hameau de Vichibure fut inclus dans la commune de Corcieux et la commune de Gerbépal fut créée, englobant MartimpréCharles Charton, Le département des Vosges: statistique historique et administrative, Volume 2, Peiffer, 1845, pages 239-240..

La commune était plus peuplée qu'aujourd'hui, dépassant le millier d'habitants au cours du .

La commune a été décorée, le , de la Croix de guerre 1939-1945Communes décorées de la Croix de guerre 1939 - 1945 .

Le , une tornade de type EF2 a sévi sur la commune« Tornade EF2 à Gerbépal (Vosges) le 13 mai 2015 », Keraunos.

Le fief de Martimprey vignette|300px|<center>Localisation de la commune de Gerbépal et de l'ancienne seigneurie de Martimprey. La seigneurie de Martimprey remonte au .. Le territoire de la seigneurie de Martimprey est situé dans une région de moyenne montagne très boisée. Il s’étend du col du Plafond () au nord au col de Martimpré () au sud, du col d’Osseux () à l’est au Mont Plaisir () à l’ouest. Son point culminant est la croix Hanzo à d’altitude. Les chaumes d’origine anthropique sont situées sur le flanc oriental du vallon resserré et elles servent de pâturages et d’estives pour les innombrables écarts et fermes acensées de la seigneurie : le Haut des Frêts (), le pré Petit Jean () et les Grandes Gouttes ().

Gerbépal () est le chef-lieu communal dont dépendent de multiples hameaux et écarts. Parmi les hameaux, on compte celui de Martimpré décomposée en trois parties : Martimpré-la-Plaine, Martimpré-la-Basse et Martimpré-le-Haut. Le château, la fonderie, la chapelle seigneuriale et les dépendances des seigneurs de Martimprey se trouvaient à Martimpré-le-Haut juste en dessous du col. Le minerai de la fonderie située au sommet de la montagne qui sépare Gerbépal de Gérardmer était extrait en face au Haut des Frets et aux abords du lac de Longemer.

La seigneurie est traversée par de nombreux petits cours d’eau qui alimentaient de nombreuses scieries, notamment pendant les hautes eaux. Le Narouël, le ruisseau de Lenvergoutte et le Ravrand sont des affluents de la Goutte qui se jette dans le Neuné. Topographiquement, la seigneurie est tournée vers Corcieux et Bruyères par la vallée du Neuné. En descendant les cols, l’accès se fait vers Saint-Dié-des-Vosges via la vallée de la Meurthe ou vers Xonrupt-Longemer en rejoignant le Saut des Cuves de la Vologne. La seigneurie se situait dans la prévôté, puis le bailliage de Bruyères.

Au spirituel, Gerbépal dépendait de la cure de Corcieux et de la Principauté ecclésiastique de l'insigne église collégiale de Saint-Pierre.. Par la suite, Gerbépal reçut l’autorisation de se désunir de la cure de Corcieux le , réimprimé par ., mais le chapitre des chanoinesses de Remiremont conserva son droit de collation à la cure de Gerbépal. Les cures de Corcieux et Gerbépal dépendaient de l’évêché de Toul qui relevait de l’archevêque métropolitain de Trèves, aujourd’hui en Allemagne.

Le hameau de Martimpré caractérisé par une forte dispersion en trois écarts distincts, dont celui où fut érigé le château seigneurial, appartient aujourd’hui encore à la commune de Gerbépal dont le blason communal a repris les armes des Martimprey en l'accompagnant en chef d’une gerbe de blé d’or.

Les seigneurs de Martimprey possédaient également en tant que coseigneurs le village de Cornimont et son annexe Xoulces, quelques fermes et granges dans la commune de Gérardmer et la moitié du lac de Retournemer. Initialement, les localités lorraines actuelles du Val d'Ajol, de Cornimont et de Xoulces appartenaient à la seigneurie de Fougerolles dans la baronnie de Faucogney et donc au comté de Bourgogne. Elles sont des terres de surséance entre la Lorraine et la Bourgogne... Les Martimprey en sont devenus copropriétaires. Au , Cornimont appartenait en effet à Hugues de Faucogney, fils cadet du vicomte de Vesoul, Gislebert de Faucogney, relevant de la seigneurie de Fougerolles. Puis elle passa à la maison d’Inteville, qui en partageait la propriété avec les seigneurs de Fontaine et Fougerolles jusqu’en 1580. Après cette date, Xoulces et Cornimont tombèrent sous la vassalité des seigneurs de Martimprey pour la part que possédait le seigneur d’Inteville. En 1792, la localité appartenait encore à la princesse Lislebonne, descendante de Martimprey, qui payait encore redevance aux seigneurs de Fontaine, Fougerolles et de Château-Lambert..