Le carnaval de Dunkerque est l’ensemble des festivités qui ont lieu dans l’agglomération dunkerquoise aux alentours de Mardi gras. On distingue : les bandes : les carnavaleux défilent dans les rues derrière la musique (la « clique »), conduite par un tambour-major. les bals : les carnavaleux se retrouvent la nuit dans les grandes salles de l'agglomération, pour faire la fête, en mêlant chansons carnavalesques et musique contemporaine, au profit d'associations. C'est aussi à cette période que l'on peut entendre parler le patois dunkerquois de façon très appuyée.
Origines du Carnaval thumb|Tromboniste de la « clique » thumb|Trompettiste et trombonistes de la « clique » thumb|150px|Joueuse de grosse caissethumb|Fifres et tambour de la « clique » thumb|Plan d'ensemble de la bande avec de gauche à droite : les premières lignes, la « clique » et le tambour-major thumb|Les premières lignes Les origines du carnaval dunkerquois remontent au début du . Les armateurs offraient aux marins-pêcheurs, avant de partir pour de pêche au hareng en Islande, un repas et une fête (la « Foye »), ainsi que la moitié de leur solde. Beaucoup d'entre eux ne revenaient pas toucher l'autre moitié (perdus en mer, naufrage...) laissant femmes et enfants sans rien au Courghain. De la foye naîtra la « Visschersbende » (bande des pêcheurs en flamand). Elle se déroulait à l'origine entre le lundi gras et le mercredi des cendres marquant le début du Carême, ce qu'on appelle les 3 joyeuses..
Le premier document officiel connu parlant de ces festivités est une ordonnance du Magistrat datée du qui réglementait les festivités.
Il existait également jadis à Dunkerque une autre très grande fête aujourd'hui oubliée : les Folies. Par certains aspects : déguisements, notamment en sauvages, travestissement, géant, elle paraît préfigurer l'actuel Carnaval de Dunkerque. Elle avait lieu en été, le , jour de la Saint Jean.
La Charte du carnaval
Règles générales : Le carnaval de Dunkerque est avant tout un carnaval, ce qui signifie que tout carnavaleux doit être un minimum déguisé, maquillé ou masqué pour pouvoir faire la bande ou le bal. Les musiques du Carnaval sont la base de celui-ci, il est donc préférable de les connaitre, notamment l'Hommage au Cô et la Cantate à Jean Bart qui sont réellement sacrées pour les carnavaleux. Il n'y a pas une façon de faire le carnaval mais plusieurs : dans la bande, dans les bars, dans les chapelles, devant la musique, derrière la bande, etc. ou un mélange de tout cela. Alcoolémie : le Carnaval n'est pas un concours d'alcoolémie. Les boissons alcoolisées (bières, diabolo flamand, punch, rosé et champagne) sont en vente mais ce n'est pas une raison pour finir en coma éthylique. La majorité des personnes formant la bande n'est pas saoule, un carnavaleux trop éméché ne doit pas s'insérer dans une « ligne » en croyant que ceux qui sont à ses côtés sont dans le même état que lui, c'est faux et dangereux pour tous. Tant dans un bal que dans la bande les bouteilles en verre sont interdites, si elles cassent elles risquent de blesser plusieurs personnes. De plus, notamment lors des bals, il est fort désagréable de marcher sur du verre pendant des heures. Dans la bande : La base de la bande c'est la « ligne ». Lorsque la bande défile dans les rues, cela correspond à un alignement de carnavaleux qui occupe grosso modo la largeur de la chaussée. Lorsque la bande est au rigodon ou lors d'un bal, la ligne correspond au rayon entre le kiosque (ou l'élément central) et les obstacles extérieurs (arbres, scène, spectateurs...). Pour la réussite des chahuts et la sécurité de chacun, les lignes doivent être entières, c'est-à-dire qu'elles doivent s'étendre sur toute la largeur, et les carnavaleux qui la composent doivent se tenir « encoudés » même si on ne connaît pas son voisin de gauche ou de droite. On distingue les « premières lignes » qui ont pour objectif de retenir la bande alors que les autres « lignes » ont pour objectif de pousser. Les « premières lignes » ne sont généralement pas accessibles aux novices en raison de leur importance capitale (si elles s'écroulent pendant un chahut, les autres lignes s'effondrent également). Lorsque les fifres jouent, la bande avance tranquillement, il ne faut pas pousser les personnes devant soi. Lorsqu'un chahut se termine, les fifres reprennent directement, cependant en raison de la « décompression », il est probable que les « lignes » reculent, il faut alors également reculer si nécessaire et ainsi ne pas entraver le mouvement global, puis repartir vers l'avant. Lorsque les fifres s'arrêtent et que le reste de la musique se met à jouer, il y a un chahut. Cependant, on pousse en « ligne », c'est-à-dire avec le torse (en étant toujours accroché avec son camarade de gauche et celui de droite) et non en poussant avec les mains dans le dos du carnavaleux de devant. La seule zone où les carnavaleux ne doivent pas se trouver, c'est entre les musiciens et la « première ligne ». On ne sort pas de la bande en plein chahut, c'est totalement impossible, il faut attendre la fin d'un chahut et crier « sortie », puis sortir du côté le plus court lors d'une bande, et du côté extérieur lors d'un rigodon/bal. Lorsqu'une personne crie « sortie » devant un carnavaleux, il convient de la laisser sortir en retenant les carnavaleux qui poussent derrière soi. Si une personne crie « sortie » sur l'un des côtés, le carnavaleux libère son bras dès que possible et une fois la personne partie s'accroche à un autre carnavaleux de la même ligne. Si un carnavaleux tombe dans la bande, il ne doit pas tenter de s'accrocher au carnavaleux devant lui (il risque au mieux de l'entraîner dans sa chute). Lorsqu'une ou plusieurs personnes tombent, les carnavaleux autour d'eux crient « chute », tous ceux autour des personnes tombées retiennent alors les lignes devant ou derrière elles pour éviter que d'autres tombent. Les carnavaleux les plus proches doivent relever les personnes tombées le plus rapidement possible. Le risque de chute est diminué si les carnavaleux sont bien accrochés. Le port de chaussure de sécurité est conseillé, en raison de la proximité des jambes lors des chahuts, il arrive très fréquemment de se faire marcher sur les pieds. Par contre, il faut éviter au maximum de donner des coups dans les jambes. Dans les bals : Pour éviter à la fin du bal de marcher dans le verre et le plastique, les carnavaleux doivent ramener leur verre, leur coupe ou leur bouteille dans un des bars. Pour éviter les bagarres, il ne faut pas traverser les salles avec des verres pleins prêts à se renverser. Dans les chapelles : On n'entre dans une chapelle que si on y est invité. Soit on connaît l'hôte, soit celui-ci nous laisse entrer lorsqu'on arrive avec un de ses invités (que l'on connait nous-même). Pas d'entrée en force ni d'entrée au moment où des invités sortent sans l'hôte. On peut arriver dans une chapelle avec des bouteilles ou de la nourriture mais on ne repart jamais avec, d'autant plus si ce ne sont pas les mêmes vivres. Si les amis d'invités sont autorisés à entrer dans une chapelle, cela fait d'eux des « invités », c'est-à-dire qu'ils ne sont pas autorisés à faire entrer leurs propres amis sans l'accord de l'hôte. Dans les bars : Souvent il y a 1 serveur pour 10 carnavaleux, il faut faire preuve de patience et attirer l'attention du serveur ou se rendre directement au bar pour prendre la commande. Une fois servi, s'il y a de la place, il faut tenter de s'éloigner du comptoir pour que d'autres puissent y avoir accès. L'Hommage au Cô et la Cantate à Jean-Bart : Ces deux chansons sont jouées à la fin de chaque bande, (hormis lors de la bande de la Citadelle où l'Hommage au Cô est joué lorsque la bande arrive dans la Rue Cô Pinard) et à la fin de chaque heure de chahut dans les bals. Lors de ces deux chansons, les carnavaleux ne s'encoudent plus mais se tiennent par la main. De plus, lors de la Cantate à Jean Bart, les carnavaleux s'agenouillent du début de la chanson jusqu'à ce que le nom de Jean Bart soit répété.
Les associations carnavalesques thumb|150px|Parapluie de la Jeune France
Les carnavaleux sont indépendants, ou regroupés en associations. L'association carnavalesque est une tradition dunkerquoise très ancienne. Il existe un opuscule imprimé à Dunkerque chez la veuve Weins en 1826 intitulé Société des carnavalos. Il contient quatre chansons, deux flamandes et deux françaisesVoir : Arthur Dinaux Les sociétés badines, bachiques, littéraires et chantantes, leur histoire et leurs travaux, Bachelin-Deflorenne, Paris 1867, pages 143..
Chaque association organise son bal. Parmi elles, on trouve :
Les Acharnés, Les Bringuenaeres, Les Corsaires Dunkerquois, les Chevaliers du , Les Zôt'ches, Les Creut'ches, Les Kakernesches, Les Quat'z'arts ou encore les Zotes, les neuches cô, les creules cô, le sporting, les p'tits louis, la Jeune France, les zootenards, les zouteboumes, les veintches, les judcoot lussen, les roses marie, les boucaniers, les zygomards, les nucholards, les p'tits baigneurs, les reutelaers, les corsaires fort-mardycquois, les potes iront, les zamustaers, les flibustiers, les craquelots, les tiottes nenettes, les swinguelaeres, les rex podingue, les straetepoppes, les 8 wiches, les nountches, les potjes vlesch, les cô-nitots, les optimistes, les berguenards, les chevaliers, couckenards, les peirates, neuzes nyts, les buckenaers, les Spyckenaerts, les steickebeilles, les gais lurons, les bierenards, les hallebardes, les peulemeuches, les noirs, les joyeux beultes, les Veint'ches de Ruminghem, les Droumdoums, Les Mousses d'jean-bart, les tits gillous, Les Pint'jes, Les Cop'1 D'abord, Les Mystit'ches, Les Fées Papillons, La Patate Gravelinoise, Les Babbelaers de Warhem, les Quickepitchenaeres de Ledringhem, etc.
Les bandes right|thumb|260px|Vue d'ensemble des masques (carnavaleux) right|thumb|260px|Vue de la bande de Bergues depuis la Mairie
Une bande est un rassemblement de personnes déguisées défilant dans les rues d'une ville ou d'un quartier. Elle est composée du tambour-major, de la clique (la musique) et des carnavaleux..
Les différentes bandes :
Armbouts-Cappel, Bierne, Bray-Dunes, Basse-ville, Bergues, Bourbourg, Brouckerque, Citadelle, Craywick, Coudekerque-Branche, Cappelle-la-Grande, Cassel, Dunkerque, Drincham, Esquelbecq,Fort-Mardyck, Ghyvelde, Grand-Fort-Philippe,Gravelines, Grande-Synthe, Hoymille, Killem, Ledringhem, Leffrinckoucke, Loon-Plage, Malo-les-Bains, Petite-Synthe, Pitgam, Rosendaël, Rexpoëde, Saint-Pol-sur-Mer, Teteghem, Zuydcoote, Mardyck
Le tambour-major dirige la musique et choisit le parcours. Typiquement, la musique s'organise de la façon suivante : d'abord les tambours derrière le tambour-major, puis les fifres, et enfin les cuivres et les grosses caisses. Lorsque les fifres jouent, les carnavaleux avancent en marchant doucement. Lorsque les trompettes jouent, alors a lieu un chahut. Les premières lignes ont pour but de retenir les carnavaleux, organisés eux aussi en lignes, poussant de bon cœur. Au milieu de la musique se trouve le « chef de bande », lorsque le tambour-major lui indique, il est chargé de choisir et d'entonner les premières notes d'un chahut. Il est alors suivi par le reste des musiciens. Au cours de la bande, hormis lors des arrêts de la bande, la clique ne joue pas qu'à deux moments : lors de la chanson Putain d'Islande et le deuxième couplet de lHommage au Cô.
Affluence de la bande de Dunkerque Les chiffres annoncés tournent autour de 50 000 carnavaleux lors de la bande de Dunkerque, en 2023, la fréquentation a été de 71 000 carnavaleux.
Les bals