L'Église protestante d'Algérie est une Église unie protestante en Algérie. Elle est membre de l'Alliance réformée mondiale et du Conseil méthodiste mondial.

Histoire L’Église protestante d’Algérie (EPA) est fondée en 1972 par l'union de plusieurs églises réformées déjà présentes dans le pays Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christianity in the Global South, Volume 2, Rowman & Littlefield, USA, 2018, p. 11 OFPRA, Algérie, la situation des protestants, Rapport de l'OFPRA, 24/11/2014. Elle a été officiellement reconnue par le gouvernement en 2011Le Monde - La Vie, HORS-SÉRIE Atlas des religions, Édition 2015US Department of State, 2013, International Religious Freedom Report – Algeria, 28/07/2014, cité par OFPRA (voir note 1)TROUILLER Natalia, "Les protestants algériens, reconnus mais soupçonnés", article de l'hebdomadaire La Vie, 22/11/2012, cité par OFPRA (voir note 1).

Le nombre des membres de l’EPA n’est pas connu avec exactitude, faute de recensements actualisés. Toutefois, selon des estimations du Conseil œcuménique des Églises, le nombre de membres serait entre à Conseil œcuménique des Églises, Église protestante d'Algérie, oikoumene.org, Pays-Bas, consulté le 28 avril 2020. Le nombre de protestants algériens membres de communautés n’appartenant pas à l’EPA serait semblable.

L'une des communautés les plus importantes de l'EPA est l'association Tafat, qui regroupe près de 120 fidèles à Tizi-Ouzou en Kabylie. Son pasteur est Mustapha Krireche, un ancien musulmanFouâd Harit, « L’Algérie toute entière sera chrétienne ! », article sur le site Afrik.com, 21 novembre 2012, dernier accès le 7 septembre 2016. Cette association a fait l’objet de fréquentes attaques.

Dans les années qui ont suivi sa fondation, certaines églises néo-évangéliques n’ayant pas les mêmes croyances que l’EPA se seraient affiliées à l’organisation afin de bénéficier de son autorisation, mais leur dynamisme dans l’évangélisation a inquiété les autoritésLe Monde avec AFP, En Algérie, les autorités ferment trois lieux de culte protestants, lemonde.fr, France, 17 octobre 2019..

Organisation Elle est présidée par Salah Eddine Chalah.

Secrétaires généraux 1972-2008 : Hugh Johnson 2008-2016 : Mustapha Krirechehttps://shs.hal.science/halshs-01791496/document, p. 8. depuis 2016 : Nourredine Benzid..

Persécutions Période 2006-2010 En , l'ordonnance 06-03 a été promulguée par le gouvernement algérien afin de restreindre les conversions vers le christianisme. Dès l'entrée en vigueur de la loi en , les autorités ont entamé une campagne de répression contre les évangéliques.

En 2007, l'Église protestante d’Algérie a fait l'objet de controverses relatifs à la liberté de religion en Algérie. En effet, plusieurs de ses dirigeants affirment qu'ils sont ouvertement persécutés par le ministère de l'intérieur algérien..

Début 2008, sur 52 églises, une trentaine a été obligée par les autorités de fermer ses portes pour raison d'absence de reconnaissance officielle. L'article mentionne la fermeture de 26 églises alors que 32 églises protestantes sont officiellement tolérées.. Ainsi, le vendredi , la police locale a interrompu le culte de l'Église de Tizi Ouzou. Cette nouvelle et une photo prise lors de l'intervention ont été médiatisées dans le monde entier. Au niveau plus personnel, une chrétienne a été arrêtée parce qu'elle transportait 11 évangiles et 3 responsables d'église ont été condamnés en première instance à de prison et d'amende. Le pasteur Hugh Johnson, ancien président de l'EPA, n'a pas reçu de nouvelle carte de séjour après de services. Il a été contraint à quitter le pays..

Procès de Habiba Kouider pour prosélytisme (). Convertie en 2004 à l'église d'Oran, Habiba Kouider a été arrêtée le par des gendarmes à Tiaret, en possession d’une douzaine d’exemplaires de la bible.. Sous les chefs d'accusation de "prosélytisme" et de "pratique d’un culte non-musulman sans autorisation"Chef d'inculpation fantaisiste au regard de la loi algérienne, voir le paragraphe "Situation juridique"., le procureur près le tribunal de Tiaret a requis contre Kouider trois ans de prison ferme, lors du procès qui a eu lieu le . Finalement, sous la pression des ONG des droits de l’homme et de la communauté internationale, le tribunal a décidé de surseoir au verdict en ordonnant un complément d'enquête. En 2016, cette affaire était toujours pendante ! Selon la fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), ce procès constitue une violation du droit à la liberté de religion garanti par l’ du Pacte International relatif aux Droits civils et politiques ratifié par l’Algérie en 1989, par l’ de la Constitution algérienne qui garantit la liberté de conscience ainsi que par l’ de l’ordonnance garantissant le libre exercice du culte..

Condamnation de quatre chrétiens à des peines de prison avec sursis () : inculpés de "pratique illégale d’un culte non musulman", quatre chrétiens ont été condamnés par le tribunal de Tiaret à différentes peines de prison avec sursis et à payer des amendes : Rachid Seghir, condamné à 6 mois de prison avec sursis assortis d'une amende de ; et de Dillali, Abdelhak et Chaabane, condamnés tous les trois à 2 mois de prison avec sursis assortis d'une amende de chacun.

Condamnation de deux chrétiens à des peines de prison avec sursis () : Rachid Mohammed Seghir, 40 ans, et Djallal Dahmani, 25 ans, ont été condamnés le par le tribunal correctionnel de Tissemsilt ( à l’Ouest d’Alger) à six mois de prison avec sursis et à une amende de (soit ) sous les chefs d’inculpation de "prosélytisme" et d'"exercice illégal d’un culte non musulman"article de Hanan Ben Rhouma : Algérie : les chrétiens sous pression, 4 juillet 2008, sur le site www.afrik.com. Khelloudja Khalfoun, l’avocate de Rachid et Djallal, a expliqué que ses clients ont été arrêtés en parce qu’ils "distribuaient des documents afin de troubler la foi musulmane". Ils avaient déjà été condamnés en par contumace à deux ans de prison ferme et à verser (soit ) d’amende. Ils avaient alors demandé à être rejugés en leur présence. Le même jour, devant le même tribunal, six autres chrétiens comparaissaient pour "distribution de tracts visant à ébranler la foi des musulmans".

Attaque du temple de l'association Tafat à Tizi-Ouzou le lendemain de Noël 2009 par les habitants de la cité voisine, la cité Bekkar, mollement contenue par la policeArticle d'Amine KADI : Des protestants pentecôtistes menacés à Tizi Ouzou, La Croix, le 30/12/2009.

Période 2010-2012 . Accusé de prosélytisme, B. Abdelhamid, un chrétien de la wilaya de Jijel ( environ à l’Est d’Alger) a été condamné le par le tribunal correctionnel de Jijel à un an de prison avec sursis. Lors du premier jugement, il avait écopé de deux ans de prison ferme assortis d'une amende de , avant que sa peine ne soit allégée.

Quatre chrétiens poursuivis en justice pour "pratique d’un culte dans un lieu non autorisé" (). Hawag Idir, Makrani Nasser, Raid Abdenour et Mahmoud Yahou, ont été convoqués le au tribunal de Larbaâ Nath Irathen (wilaya de Tizi Ouzou) pour répondre au chef d’inculpation de "création d’un lieu de culte sans l’autorisation des pouvoirs publics" - lesquels pouvoirs publics refusent d'accorder toute autorisation. Ce procès a été reporté au , puis au . Un imposant sit-in a été organisé devant le tribunal de Larbâa par la communauté chrétienne en Algérie et des militants des droits de l’homme en guise de soutien à ces quatre chrétiens, qui ont été finalement relaxés. Selon l’avocate Rahmani Fatiha, "cette accusation reste une atteinte à la liberté individuelle de (ses clients)"Amnesty International, "Document - Algérie : principaux sujets de préoccupation dans le domaine des droits humains à l'approche de l'élection présidentielle", 14/4/2014, cité par OFPRA..

Condamnation d'un chrétien à cinq ans de prison ferme assortis d’une amende de (). Arrêté en pour "prosélytisme" et "offense au prophète de l’Islam", Karim Siaghi (30 ans), résidant dans la wilaya d’Oran, a été condamné, le , à cinq ans de prison ferme et d’amende (soit ) bien que l'accusateur, un voisin de l'accusé, n'ait pas été présent au procès. L’avocat de la défense a fait appel. Le procureur près le tribunal d’Oran a ensuite reporté à deux reprises le verdict, tout en ordonnant un complément d’enquête. Le , Karim a été convoqué par le tribunal. Une confrontation a eu lieu pour la première fois entre Karim et son accusateur, accompagné de deux témoins. Karim comparaitra donc de nouveau devant le juge. Toutefois, la date de son procès n’est pas encore fixée. On relève la présence de musulmans parmi les soutiens de Karim Siaghi..Vidéo de la manifestation du collectif de soutien à Karim Siaghi devant le tribunal d'Oran.

: arrêté de fermeture administrative de tous les lieux de culte protestants de la région de Bejaia (Kabylie). Le , le wali (préfet) Ahmed Hammou Touhami ordonne par un arrêté la fermeture de tous les lieux de culte protestants de la région, soit sept temples, cela pour se mettre en conformité avec l’ordonnance de 2006 régissant les cultes non musulmans, qui imposait une autorisation préalable pour ouvrir un lieu de culte. Les démarches de mise en conformité étant en cours, le préfet reviendra sur sa décision, assurant le président de l'EPA lors d'un entretien le , qu'il n'y aurait finalement pas de fermeture des églises dans le département. Le responsable de l'EPA a néanmoins dit attendre confirmation officielle de l'abrogation de l'arrêté de fermeture.

Le temple protestant d’Ouargla (une wilaya située au Sud de l’Algérie) a été saccagé par des individus dans la nuit du mercredi . Les auteurs de cet acte de vandalisme ont fait irruption à l’intérieur de cette église après avoir défoncé le portail extérieur. À noter que le pasteur de cette église, affiliée à l’EPA, a été menacé de mortWorld Watch Monitor, "Algerian face 5 years in prison for sharing Christian faith, 3/12/2012, cité par OFPRA..

Le temple protestant de Mostaganem avait été confisqué en 1976 par les autorités locales de cette wilaya et mis gracieusement à disposition du centre de santé de la ville. Malgré la libération des locaux en , et malgré ses titres de propriété, l’EPA n’a pas pu récupérer son lieu de culte. Le tribunal de Mostaganem a décidé la fermeture du lieu (). L’affaire est toujours en cours« Algérie – Qui a peur des chrétiens protestants de Mostaganem ? », Article paru dans Slate Afrique et La Croix, 22/06/2012, cité par OFPRA (voir note 1)..

Peine de prison ferme pour un jeune chrétien (). Un jeune chrétien kabyle, Mohamed Ibouène, a été condamné par le tribunal de Bechar, au sud de l’Algérie, à un an de prison ferme et une amende de pour le chef d’inculpation "d’incitation d’un musulman, avec pression, à changer de religion", autrement dit pour prosélytisme, à la suite d'une dénonciation d'un collègue. Il a fait appel de ce jugement et le verdict de la cour d'appel, prononcé 2013, annule la peine d'emprisonnement mais double l'amende..

La communauté chrétienne de cette localité a été contrainte de déménager vers un autre endroit.

Le pasteur de cette église a appelé la police qui a ouvert une enquête sur cette affaire.

Période de 2013 à nos jours Les attaques administratives ont cessé. Toutefois, les procès suivants ne sont pas terminés : l’affaire Karim Siaghi : condamné en première instance par le tribunal d’Oran à cinq ans de prison ferme et au versement d’une amende de , Karim Siaghi a fait appel du jugement du procureur. Le tribunal a demandé un complément d’enquête. La date du procès de Karim n’est pas encore arrêtée ; l’affaire Habiba Kouider : elle a été condamnée, le , à trois ans de prison ferme pour prosélytisme. Elle a fait appel du jugement du procureur. Le tribunal a demandé un complément d’enquête. l'affaire de la spoliation du temple de Mostaganem.

Les lois restrictives restent en vigueur :