Le Pont (titre original allemand : ) est un film ouest-allemand de Bernhard Wicki, sorti en 1959. C'est l'adaptation du roman autobiographique (1958) de l'écrivain Manfred Gregor. Il a connu un remake en 2008.
Le film se déroule en en Allemagne. Dans les dernières semaines de la guerre en Europe, sept jeunes garçons allemands sont incorporés dans la milice allemande et vont défendre le pont de leur commune, un pont sans intérêt stratégique, face à l'avancée ennemie.
En portant cette histoire à l'écran, Bernhard Wicki réalise l'un des premiers films ouest-allemands qui dépeint sans artifice la fin de la Seconde Guerre mondiale du côté allemand. Le film rencontra un grand succès public et fut récompensé par de nombreux prix ; il a notamment été sélectionné pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère lors des Oscars 1960. C'est depuis lors devenu un classique.
Synopsis
Sept adolescents allemands de 16 ans, originaires de la même petite ville, sont enrôlés dans la Wehrmacht durant les derniers jours du Troisième Reich et, dès le lendemain, sont engagés dans un combat sanglant contre les Américains qui avancent.
Après un jour d'instruction, les jeunes (qui ont préalablement effectué une préparation militaire, et qui donc savent exécuter les ordres et utiliser leurs armes) sont envoyés au combat avec leur régiment qui, comme l'expose le colonel, est une unité d'élite qui . À la requête du commandant de la compagnie, le chef de corps fixe aux garçons une mission sans aucun danger : sous le commandement d'un vieux sergent expérimenté, ils doivent défendre un pont sans intérêt d'aucune sorte qui, de toute façon, va être détruit par une équipe de sapeurs aguerris. Par hasard, ce pont se trouve être celui menant à leur ville natale. À partir de cet instant, toutes les bonnes intentions des uns et des autres vont entraîner des catastrophes.
Au cours de la nuit, après avoir fait prendre position aux jeunes autour du pont, le très bienveillant sergent qui les commande part leur chercher du café dans la ville. Arrivé au centre ville, il est arrêté par une patrouille de la Feldgendarmerie qui, sur un malentendu, le prend à tort pour un déserteur (en effet, celui-ci a laissé son fusil au pont). Tentant de s'enfuir, le sergent est abattu par les gendarmes.
Pendant ce temps, livrés à eux-mêmes, les jeunes voient passer sur le pont des convois de camions de l'armée allemande, maintenant en déroute. Ils hésitent à abandonner leurs postes, comme le leur conseillent les militaires en retraite. Après une discussion dans laquelle chacun donne son avis, les jeunes restent au pont. Au matin, un avion américain le mitraille, tuant l'un d'entre eux.
Les autres, autant par vengeance que pour, pensent-ils, sauver leur ville, défendent le pont quand des fantassins américains, précédés par trois chars, arrivent face à eux. Les jeunes parviennent à détruire deux chars et à tuer plusieurs soldats ennemis. Au cours du combat, un soldat américain s’aperçoit de l'âge de ses adversaires et les supplie de partir : . Les jeunes gens ne le comprennent pas (bien qu'au début du film on les ait vus étudier l'anglais en classe) et le tuent.
L'un après l'autre, tous les jeunes sont tués, sauf deux. Les Américains battent en retraite. Peu de temps après le combat, les sapeurs allemands se présentent afin de faire sauter l'ouvrage et insultent les jeunes survivants. L'un des deux, indigné d'apprendre qu'ils ont sacrifié leurs camarades pour rien, tire sur le chef du détachement (qui allait abattre son camarade) et le tue. Les deux autres sapeurs s'enfuient, non sans lâcher une rafale de mitraillette qui tue l'un des garçons. Le dernier, traumatisé, survit et retourne à la ville.
Avant le générique de fin, un intertitre énonce sobrement :
Fiche technique Titre original : Titre français : Le Pont Réalisation : Bernhard Wicki, assisté de Holger Lussmann Scénario : Bernhard Wickinon crédité, Michael Mansfeld et Karl Wilhelm Vivier, d'après le roman autobiographique du même nom de Manfred Gregor Décors : Heinrich Graf Brühl et Peter Scharff Costumes : Josef Wanke Photographie : Gerd von Bonin Son : Willi Schwadorf, Oskar Sala (effets sonores) Montage : Carl Otto Bartning Musique : Hans-Martin Majewski Production : Hermann Schwerin ; Jochen Schwerin (coproducteur) ; Hans Wolff (producteur exécutif) Société de production : Fono Film Sociétés de distribution : Deutsche Film Hansa / SNC (Société Nouvelle de Cinématographie), Impéria DistributionAffiche du film. Pays de production : Langue : Allemand Genre : Drame / Guerre Format : Noir et blanc - 35 mm - 1,37:1 - mono Durée : Dates de sortie : Allemagne de l'Ouest : France : Affiches : Helmuth Ellgaard (Allemagne de l'Ouest), Constantin Belinsky (France)
Distribution
Folker Bohnet : Hans Scholten Fritz Wepper : Albert Mutz Michael Hinz : Walter Forst Frank Glaubrecht : Jürgen Borchert Karl Michael Balzer : Karl Horber Volker Lechtenbrink : Klaus Hager Günther Hoffmann (VF : Christian Fourcade) : Sigi Bernhard Cordula Trantow : Franziska Wolfgang Stumpf (VF : Gérard Férat) : Stern, le professeur Günter Pfitzmann (VF : André Valmy) : le sergent Heilmann Heinz Spitzner : le capitaine Fröhlich Siegfried Schürenberg (VF : Claude Péran) : le lieutenant-colonel Ruth Hausmeister : Mutz Eva Vaitl (VF : Jacqueline Porel) : Borchert Edith Schultze-Westrum : Bernhard, une blanchisseuse Hans Elwenspoek (VF : Raymond Loyer) : M. Forst, chef local du parti nazi Trude Breitschopf : Forst Klaus Hellmold : M. Horber, le coiffeur Inge Benz : Sigrun, le professeur de sport Til Kiwe (VF : Roger Rudel) : le chevalier de la croix de fer Edeltraut Elsner : Barbara, employée chez les Horber Vicco von Bülow : l'adjudant-major de la radio Georg Lehn : l'adjudant du génie Johannes Buzalski : le soldat blessé Hans Oettl : le policier Heini Göbel (VF : Henry Djanik) : un adjudant Kurt Habernoll : un sergent Emil Huneck (VF : Camille Guérini) : un civil Alexander Hunzinger : un caporal Herma Hochwarter : la femme de chambre des Forst Alfons Teuber
Production vignette|Bande en étain avec des scènes du film, sur la balustrade du pont utilisé dans le long-métrage.
Inspiration Avec ce film, le réalisateur Bernhard Wicki adapte fidèlement le roman autobiographique de Manfred Gregor. Dans celui-ci, l'écrivain tenait à témoigner de sa propre expérience : au cours du dernier mois de la guerre, alors âgé de 16 ans, Gregor avait été incorporé dans la Wehrmacht, chargé de défendre le « front intérieur ». Quelques semaines plus tard, il était le seul survivant d'une opération militaire absurde.
Dans la véritable histoire, il n'y a que trois adolescents de la commune pour défendre le pont. L'un d'entre eux, pensant ce combat inutile, déserte le soir même sous les moqueries de ses camarades. Le lendemain, , il constate que les Américains sont passés ; le pont est intact et ses deux camarades sont morts. Trois jours plus tard, le cessez-le-feu intervenait pour toute l'Allemagne.
Le survivant, Manfred Gregor, décide de raconter ce combat absurde d'une jeunesse endoctrinée dans lequel il aurait pu être le troisième mort. L'histoire originale étant trop courte, le scénario est remanié pour en faire un roman. Ces modifications permettront à l'auteur de rester anonyme, afin d'éviter d'éventuelles représailles de jeunes Allemands, encore sensibles aux thèses que le régime national-socialiste leur avait inculquées.
Tournage Le film a été tourné à Cham en Bavière.
Du point de vue technique, les chars M4 Sherman vus dans le film sont des reconstitutions en bois, assez mal faites : canon trop petit et on voit des roues sous le char, entre les pseudo-chenilles. Les véhicules allemands, eux, sont très corrects, apparemment authentiques, comme les uniformes, mitrailleuses et pistolets-mitrailleurs utilisés par les personnages. Les « bazookas » (terme malencontreusement employé dans la ) qu'on donne aux jeunes à la caserne sont en réalité des Panzerfaust, une arme antichar individuelle très efficace (elle pouvait détruire n'importe quel blindé allié), fabriquée et distribuée en très grande quantité (elle était à usage unique) mais ayant l'inconvénient de devoir être utilisée de très près.
Accueil Critique Le film marqua profondément l’opinion publique allemande en 1959.
Box-office : entrées en salles.
Distinctions Récompenses Prix du film allemand 1960 : Meilleur film (Fono-Film) Meilleur réalisateur (Bernhard Wicki) Meilleure musique (Hans-Martin Majewski) Meilleure actrice de second rôle (Edith Schultze-Westrum) Meilleur espoir féminin (Cordula Trantow) Golden Globes 1960 : Meilleur film étranger (avec quatre autres lauréats). Cercle des écrivains cinématographiques (Espagne) 1960 : Meilleur film étranger (Bernhard Wicki) Meilleur réalisateur étranger (Bernhard Wicki) Festival international du film de Valladolid 1960 : Épi d'argent (Bernhard Wicki) Festival international du film de Mar del Plata (Argentine) 1960 : Grand prix du meilleur film (Bernhard Wicki) Prix FIPRESCI : Bernhard Wicki, ex aequo avec Été violent. National Board of Review 1961 : meilleur film étranger Prix du film allemand 1989 : prix spécial du film « anniversaire de la RFA » (Bernhard Wicki)
Nominations Oscars 1960 : nomination à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.
Autour du film Après la sortie du film, le réalisateur Bernhard Wicki a déclaré : .
Un remake du film, Le Pont, a été réalisé en 2008 par Wolfgang Panzer.
Notes et références
Articles connexes Filmographie sur la Seconde Guerre mondiale
Liste des longs métrages allemands proposés à l'Oscar du meilleur film international
Bibliographie Jean d'Yvoire, Téléciné 89, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), mai-
Liens externes
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