Reporters sans frontières (RSF) est une organisation non gouvernementale internationale fondée en 1985. Elle a pour objectif la défense des journalistes, la liberté de la presse, et la promotion du droit des citoyens à l'information fiable.

Fondée à Montpellier (Hérault), où elle est reconnue d'utilité publique. L'association reçoit en 2005 le prix Sakharov du Parlement européen.

Basée à Paris, elle est présente officiellement dans 15 pays par l'intermédiaire de ses bureaux et sections. Elle mène toutefois ses actions dans le monde entier grâce à son réseau international de correspondants et de partenaires.

Objectifs

Fondée à Montpellier en 1985 par quatre journalistes (Robert Ménard, Rémy Loury, Jacques Molénat et Émilien Jubineau), sa devise est : « Sans une presse libre, aucun combat ne peut être entendu ». Dans ses communiqués de presse et publications, RSF se définit ainsi :

À sa fondation, RSF se destine à sensibiliser l'opinion sur la situation des pays du tiers monde touchés par des tragédies (famines, guerres, catastrophes naturelles), Robert Ménard réagissant à une interpellation de Rony Brauman à ce sujet : jusqu'en 1988, RSF finance ainsi des reportages sur des situations oubliées du grand public après avoir fait l'actualité. En parallèle, Robert Ménard fonde une autre association, baptisée l'Observatoire de l'information, pour travailler sur la liberté de l'information. Mi-1989, RSF cesse ses reportages, l'Observatoire de l'information perd son nom, et RSF mobilise ses ressources au service de la défense de la liberté d'expression.

Fonctionnement vignette|gauche|redresse=1.2|La liberté de la presse dans le monde en 2026.

L'association comporte un conseil émérite et un conseil d’administration.

En 2025, Reporters sans frontières compte sept sections nationales en Europe (Allemagne, Autriche, Espagne, Finlande, France, Suède et Suisse), huit bureaux (Washington, Rio, Londres, Bruxelles, Tunis, Dakar, Taipei, Prague), ainsi que plus de cent vingt correspondants dans le monde.

RSF est membre de l'International Freedom of Expression Exchange (IFEX), un réseau mondial d'ONG censées surveiller les violations de la liberté d'expression. Ce réseau organise, fédère ou relaie les campagnes conjointes ou organisées par ses membres, pour la défense des journalistes, écrivains et autres personnes persécutées alors qu'elles exercent leur droit à la liberté d'expression.

RSF participe également à la plate-forme de l'Union européenne de protection des défenseurs des droits de l'homme..

L'association estime conserver son indépendance grâce aux bureaux internationaux qui peuvent publiquement faire leur propre analyse indépendamment des pressions que pourraient subir les représentants de RSF ou d'autres organisations membres de l'IFEX dans un pays donné ; RSF bénéficie du soutien de représentants de la presse dans de nombreux pays du monde, non exposés aux mêmes pressions inévitables localement.

En 2006, plus de la moitié (58 %) de son financement officiel vient de la vente de livres, de calendriers et autres enchères au profit de RSF. À cela s'ajoutent les dons et cotisations des membres (9 %), le mécénat par des institutions privées (24 %) comme la fondation du milliardaire George Soros, le Center for a Free Cuba, le National Endowment for Democracy créé sous le gouvernement Ronald Reagan lors de l'opération White propaganda (propagande blanche), la Fondation Ford ou encore la Fondation de France et enfin d'institutions publiques françaises (9 %) comme le bureau du premier ministre, le Ministère des Affaires étrangères ou encore l'Organisation internationale de la francophonie...

Un ancien rédacteur en chef du journal La Croix, Dominique Gerbaud, a été le président de RSF de 2009 à 2013.. Le , Alain Le Gouguec, journaliste à France Inter, prend la présidence de l'organisationhttp://fr.rsf.org/france-le-journaliste-alain-le-gouguec-11-07-2013,44931.html. Le , il est remplacé par Éric Chol (Courrier international). Le , Pierre Haski (cofondateur de Rue89, journaliste à L'Obs), lui succède à la présidencePierre Haski prend la présidence de Reporters sans Frontières, L'Obs, 28 juin 2017..

D' à , son secrétaire général était Jean-François Julliard, qui avait succédé à Robert Ménard, secrétaire général de 1985 à 2008. Il est remplacé par Christophe Deloire (2012-2024) puis Thibaut Bruttin (2024-).

Actions thumb|Le secrétaire-général de RSF, Jean-François Julliard (au centre), reçoit, au nom de RSF, la médaille Charlemagne pour les médias européens. RSF use de divers modes d'action : dénoncer par des actions de communication les atteintes à la liberté de la presseCinq prédateurs de la presse dans le viseur de RSF, Le Point, 3 mai 2013 ; aider les journalistes et leurs collaborateurs qui sont persécutés à cause de leur activité professionnelle (plus de 200 bourses d'assistance sont distribuées chaque année à des journalistes et médias en difficulté) ; aider les journalistes et blogueurs réfugiés ; soutenir les familles des journalistes persécutésJournée de la liberté de la presse - Le travail du photographe Paolo Pellegrin présenté dans un ouvrage au profit de RSF, La Libre Belgique, 3 mai 2013 ; aider à poursuivre devant la justice les personnes ou institutions coupables de persécutions à l'encontre des journalistes et de leurs collaborateurs ; rassembler des pétitions nominatives de soutien à ses actions, les publier et les présenter auprès des autorités compétentes en termes d'action judiciairePétition pour la libération de 58 journalistes détenus en Iran, Direct Matin, 23 février 2013 ; promouvoir son action auprès de la communauté publique internationale et publier les résultats de son action.

Classement mondial de la liberté de la presse

RSF publie chaque année un rapport sur l'état de la liberté de la presse dans le monde pour lequel elle a forgé la notion de prédateurs de la presse pour les chefs d'État, chefs de guerre et dictateurs, qui privent les journalistes de la liberté nécessaire à leur travail. Et qui, non seulement ne les protègent pas, mais les maltraitent, les persécutent, jusqu'à l'assassinat.

Reporters sans frontières définit ainsi la liberté de la presse: "La liberté de la presse est la possibilité effective pour les journalistes, en tant qu’individus et en tant que collectifs, de sélectionner, produire et diffuser des informations dans l’intérêt général, indépendamment des interférences politiques, économiques, légales et sociales, et sans menace pour leur sécurité physique et mentale."

Journalism Trust Initiative La Journalism Trust Initiative (JTI) élabore et met en œuvre des indicateurs de fiabilité du journalisme et, par conséquent encourage et récompense le respect des normes professionnelles et de l'éthique. Elle a été lancée et est gérée par RSF avec le soutien de partenaires tels que la European Broadcasting Union (EBU) et l'Agence France Presse (AFP)..

La JTI a été élaborée par un panel de 130 experts sous l'égide du Comité européen de normalisation (CEN) et publiée en tant que Workshop Agreement CWA 17493 en . En , la Journalism Trust Initiative (JTI) franchit le cap des 2 000 médias inscrits et s’impose comme la norme internationale pour la transparence journalistique.

Internet thumb|350px|Carte des entraves à la circulation de l'information sur le réseau (en 2009) :

RSF dénonce aussi le filtrage d'Internet, suit les évolutions des techniques numériques qui menacent les libertés publiques (y compris quand elles sont spécifiques à certains pays où la censure est systématisée), et alerte le grand public sur ces sujets. Le contrôle d'Internet est le fait, pour une part, de pouvoirs publics autoritaires, et pour une autre, de plateformes numériques privées au pouvoir grandissant (privatisation de la censure). Cette double menace peut détériorer, voire empêcher, la présentation objective des évènements, en rendre difficile ou impossible la vérification, contrevenir à la pluralité des sources d'information, et exposer la vie privée des utilisateurs.

Depuis , avec son opération Collateral Freedom., RSF met en ligne plusieurs dizaines de sites miroirs de sites d'information censurés Bahrain Mirror, Dan Lam Bao, Fergananews.com, Gooya News, , Gulf Center for Human Rights, Hablemos Press, Mingjing News et Tibet Post InternationalAmaelle Guiton, #CollateralFreedom, l'opération de RSF contre la cybercensure, Libération, 12 mars 2015..

Héros de l'information RSF nomme chaque année des journalistes au titre de « héros de l'information », généralement à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Ont été honorés notamment Ali Abdulemam en 2014. ou encore Adnan Hassanpour., Can Dündar, , Antoine Kaburahe, Narges Mohammadi, Lotfullah Najafizadeh..

Actions et prises de position concernant le pluralisme et la liberté de la presse en France L'organisation RSF intervient à propos de la liberté de la presse en France. Ainsi en 2010, celle-ci est classée au (elle était au en 2009) loin derrière les bons élèves que sont selon RSF « la Finlande, l'Islande, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse ». RSF précise que « L'année 2010 a été marquée par plusieurs agressions contre des journalistes, des mises en examen, des violations ou tentatives de violations du secret des sources »RSF épingle la France dans son dernier rapport sur la liberté de la presse France 24 du 20 octobre 2010.

Selon Robert Ménard, RSF n'intervient pas au sujet des dérives déontologiques, financières et économiques des médias « parce que, ce faisant, nous risquions de mécontenter certains journalistes, de nous mettre à dos les grands patrons de presse et de braquer le pouvoir économique. Or, pour nous médiatiser, nous avons besoin de la complicité des journalistes, du soutien des patrons de presse et de l’argent du pouvoir économique ». Cette orientation provoque un conflit avec Jean-Claude Guillebaud, l'un des responsables de RSF, qui quitte l'organisation.

À l'automne 2021, RSF a alerté contre la censure répétée d'enquêtes dans les médias de Vincent Bolloré"Europe 1 ne digère pas la patte Bollo", Libération, 22 juin 2021"Liberté de la presse : que montre le documentaire de Reporters sans frontières sur le groupe Bolloré ?" le 15/10/2021 sur France Télévisions "Le Système B" : un documentaire de Reporters sans frontières dénonce les méthodes de Vincent Bolloré" par Maxime Tellier, le 14/10/2021 sur France Culture “Le Système B”, un docu choc sur la méthode Bolloré contre la liberté d’informer" par Richard Sénéjoux le 14/10/21 dans Télérama "Concentration des médias : une commission et des propositions sur la table" par Aude Carasco, le 24/11/2021 dans La Croix, mais aussi dans d'autres médias, afin de limiter les enquêtes sur , qui . En 2009, une , rappelle RSF. Elle émane du journaliste de France Inter Benoît Collombat, selon qui Bolloré va ensuite .

Dénonçant des , l'ONG a diffusé en ligne et produit le documentaire Le Système B, dans lequel .