Cet article retrace la chronologie de l'évolution territoriale des États-Unis. Il liste les modifications géographiques intérieures et extérieures de ce pays.

Vue d'ensemble Après la déclaration d'indépendance de 1776, reconnue en 1783 par le traité de Paris, les États-Unis s'étendirent vers l'ouest, élargissant leur territoire à sept reprises, dont deux par incorporations majeures de colonies britanniques et espagnoles. L'union des treize États originaux s'accrût jusqu'à comprendre cinquante États, dont la plupart avaient débuté comme de simples territoires. De façon générale, après une expansion territoriale, des territoires organisés étaient créés à partir des zones nouvellement acquises, et les frontières de ces territoires étaient éventuellement modifiées avant leur accession au statut d'État. Seuls deux États, le Nevada et le Missouri, accrurent significativement leur superficie après leur accession, alors que quatre autres, le Massachusetts, la Caroline du Nord, le Texas et la Virginie, perdirent une partie de leur territoire, à chaque fois pour former de nouveaux États.

Notes Cet article n'examine pas le cas des territoires non incorporés ni des pays en libre association, passés ou présents. Le terme « territoire non organisé » n'est pas un nom officiel. Il signifie simplement que le Congrès n'a pas voté de loi organique pour ce territoire. Dans la plupart des cas, le but initial d'un territoire non organisé était de constituer une terre de peuplement amérindienne. Par la suite, le dernier territoire non organisé fut le « territoire indien » (ici encore pas une dénomination officiel). Les derniers territoires acquis par les États-Unis, l'Alaska, Hawaï et la cession mexicaine, étaient à l'origine « non organisés », non pas que ces terres aient été mises de côté pour les Amérindiens, mais simplement parce qu'ils n'avaient pas fait l'objet de décision « organisation » du Sénat. Sur les cartes, les lignes pointillées aux frontières signifient que la zone fait partie d'un pays qui n'est pas intégralement dessiné, les cartes se limitant aux frontières actuelles des États-Unis. Une exception est l'Oregon Country, dont le territoire partagé s'étendait au-delà des frontières actuelles des États-Unis. Certains conflits territoriaux et certaines frontières du début de l'histoire des États-Unis sont peu clairs. C'est le cas, par exemple, de la frontière entre la Floride occidentale et la Floride orientale. Par simplification, cet article utilise la frontière originale, le fleuve Apalachicola, bien que des cartes ultérieures semblent la décaler vers l'ouest vers le fleuve Perdido. La loi organique pour la Floride spécifiait qu'elle incluait des parties des deux Florides ; si la frontière avait été fixée à la Perdido, le territoire de Floride n'aurait inclus aucune partie de la Floride Occidentale. Certaines modifications de très petites portée figurent dans cette liste, mais pas sur les cartes : l'échange de deux comtés entre la Virginie et la Virginie-Occidentale à la fin de la guerre de Sécession ; la dispute de la frontière de l'Alaska, causée par une absence complète de démarcation plutôt qu'un litige sur des lignes démarquées ; lors de sa création, le territoire du Dakota incluait des zones au sud du et au nord de la Keya Paha et de la Niobrara, zones transférées au Nebraska le ; deux petits ajustements du territoire indien ; divers litiges avec le Mexique le long du Río Grande.

Chronologie

1783 Par le Traité de Paris signé le , la Grande-Bretagne reconnaît l'indépendance des États-Unis d'Amérique. Ils sont alors constitués de treize États : le New Hampshire, le Massachusetts, le Rhode Island, le Connecticut, New York, la Pennsylvanie, le New Jersey, le Delaware, le Maryland, la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et la Géorgie. Jusqu'en 1789, les États-Unis sont gouvernés par les Articles de la Confédération. Ce régime est très souple, chaque État jouissant d'un très large pouvoir dans de nombreux domaines, notamment en matière de politique fiscale et commerciale, la seule institution fédérale du pays étant le CongrèsRichard Morris, The Forging of the Union, 1781-1789 (1988), is the standard scholarly history. Mais les treize États, quoique fédérés, ont des différends et certains contestent leurs frontières.

Celles-ci établies aux termes de l'article 2 du traité de Paris donnèrent pourtant lieu à quelques désaccords. Par exemple, il était spécifié que la frontière avec la Grande-Bretagne était définie comme s'étendant depuis le lac des Bois vers l'ouest jusqu'au Mississippi ; or on ignorait à l'époque que la source du fleuve était située au sud d'une telle ligne, et la frontière fut par la suite redéfinie comme allant depuis ce même lac vers le sud jusqu'au fleuve.

Plusieurs États avaient reçu de la part de la couronne britannique une reconnaissance de souveraineté s'étendant d'un océan à l'autre. Ils ne les abandonnèrent pas sans difficulté. En général, ils cédèrent ces territoires au gouvernement fédéral avant l'adoption de la Constitution, en paiement des dettes accumulées pendant la guerre d'indépendance. Cependant, la Géorgie ne le fit que plus tard, alors que le Connecticut céda la plupart de ses terres tout en conservant la Western Reserve. Pour sa part, la Virginie renonça à ses revendications sur le territoire au nord et à l'ouest de l'Ohio, qui devint un territoire non organisé. La Caroline du Nord renonça également à ses comtés occidentaux, mais le Congrès n'accepta officiellement cette cession qu'en 1790. L'État de New York renonçant à ses prétentions sur le triangle d'Érié, celui-ci devint propriété du gouvernement fédéral.

La Floride occidentale revendiquait une frontière plus au nord que celle que les États-Unis avaient estimée. Lorsque l'Espagne avait cédé la région au Royaume-Uni, cette frontière était située sur le . Le Royaume-Uni déplaça ensuite la frontière par 32°38' Nord. Lorsque la Floride espagnole fut rétrocédée à l'Espagne en 1783, le Royaume-Uni mentionna la frontière originale sur le , mais l'Espagne revendiqua la frontière modifiée. Par ailleurs, les frontières entre la région nord du district du Maine du Massachusetts et la colonie du Nouveau-Brunswick, et entre la zone au nord-ouest du lac Supérieur et la Terre de Rupert demeurèrent litigieuses.

, zone contestée depuis le , demeura un point litigieux entre le Delaware et la Pennsylvanie jusqu'en 1921.

La république du Vermont fut un problème complexe, avec des zones revendiquées par New York et le New Hampshire, mais exista comme une nation indépendante de fait, quoique non reconnue.

Ces difficultés rencontrées sont résolues par l'abandon des Articles de la Confédération et par l'adoption d'une nouvelle Constitution, rédigée en 1787, qui devient effective le .

1789 Le Congrès organise le territoire du Nord-Ouest par l'ordonnance du Nord-Ouest. Ce territoire regroupe les États actuels de l'Illinois, de l'Indiana, du Michigan et du Wisconsin, ainsi que le nord-est du Minnesota et la majeure partie de l'Ohio. Il avait préalablement été organisé sous les Articles de la Confédération le et fut légèrement modifié par la nouvelle constitution.

1790 Le Congrès accepte la cession des comtés occidentaux de la Caroline du Nord, initiée le . La région devient un territoire non organisé.

1790 L'ordonnance du Sud-Ouest organise le territoire du Sud-Ouest, qui correspond à l'actuel État du Tennessee.

1791 La république du Vermont, pays indépendant de fait mais non reconnu par les États-Unis, est admise dans l'Union comme État, le Vermont.

1791 Le district de Columbia, district fédéral, est formé par cession de terres du Maryland et de la Virginie ; la portion cédée par la Virginie lui sera rétrocédée en 1847.

1792 Le gouvernement fédéral vend le Triangle d'Érié à la Pennsylvanie.

juin 1792 Les comtés occidentaux de la Virginie situés au-delà des Appalaches en sont séparés et sont admis comme État, le Kentucky.

1795 Le traité de Madrid règle la frontière nord de la Floride occidentale sur le .

juin 1796 Le territoire du Sud-Ouest devient le État, le Tennessee.

1798 À la suite du scandale de Yazoo Land, une loi est signée par le président John Adams, l'autorisant à appointer une commission pour négocier avec la Géorgie la cession des territoires occidentaux de cet État. La loi crée également le territoire du Mississippi dans la zone cédée par la Floride occidentale, correspondant au tiers sud des États actuels du Mississippi et de l'Alabama à l'exception de leur panhandle, lesquelles font alors toujours partie de la Floride Occidentale.

Années 1800

1800 Le territoire de l'Indiana est formé à partir de la région ouest du territoire du Nord-Ouest. Il correspond aux actuels États de l'Illinois, de l'Indiana, du Wisconsin et du nord-est du Minnesota, ainsi qu'à la moitié ouest de la péninsule inférieure du Michigan et toute la péninsule supérieure à l'exception de la pointe est. Le territoire du Nord-Ouest ne comporte plus que la majeure partie de l'actuel Ohio et le reste du Michigan.

1800 Le Connecticut cède sa Western Reserve au gouvernement fédéral, qui l'ajoute au territoire du Nord-Ouest ; elle correspond à la partie nord-est de l'actuel Ohio.

1802 La Géorgie cède finalement ses revendications occidentales, les Yazoo lands, au gouvernement fédéral ; elles deviennent un territoire non organisé. Par ailleurs, le , le traité de San Ildefonso transfère la Louisiane de l'Espagne à la France.

mars 1803 La portion sud-est du territoire du Nord-Ouest est admise comme État, l'Ohio. La partie restante est transférée au territoire de l'Indiana.

1803 Vente de la Louisiane, étendant les États-Unis à l'ouest du Mississippi. À l'est, une controverse éclata avec la Floride occidentale pour savoir jusqu'où la Louisiane s'étend. Le territoire vendu s'étend légèrement au nord des frontières actuelles, car il est seulement défini par le bassin du Mississippi. Il comprend la totalité des actuels Arkansas, Kansas, Iowa, Missouri, Nebraska et Oklahoma, et des portions du Colorado, Louisiane, Minnesota, Montana, Nouveau-Mexique, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Texas et Wyoming. Il inclut également le sud des actuelles provinces canadiennes de l'Alberta, du Manitoba et de la Saskatchewan.

1804 Le territoire cédé par la Géorgie est ajouté au territoire du Mississippi, lequel est constitué de la totalité des actuels États du Mississippi et de l'Alabama, sans leur panhandle, laquelle fait alors partie de la Floride occidentale.

octobre 1804 Le territoire acquis lors de la vente de la Louisiane est divisé entre le district de Louisiane, temporairement placé sous l'autorité du territoire de l'Indiana, et le territoire d'Orléans, organisé, qui correspond à l'actuelle Louisiane et une petite partie du Texas. La frontière ouest du Territoire d'Orléans provoque un conflit avec la Nouvelle-Espagne à propos d'une région située entre la Sabine à l'ouest et l'Arroyo Hondo à l'est, qui sera plus tard connue sous le nom d'État libre de la Sabine. Le traité d'Adams-Onís confirmera la souveraineté américaine sur la zone en 1819.

1805 Le territoire du Michigan est séparé du territoire de l'Indiana et inclut la totalité de la péninsule inférieure de l'actuel Michigan, mais seulement la pointe est de la péninsule supérieure.

1805 Le district de Louisiane est organisé et devient le territoire de Louisiane.

mars 1809 Le territoire de l'Illinois est séparé du territoire de l'Indiana. Il inclut les actuels États de l'Illinois et du Wisconsin, ainsi que le nord-est du Minnesota.

Années 1810

Avril 1810 L'archipel d'Hawaii est unifié et devient le royaume d'Hawaï.

1810