Ahmed Huber, également Ahmed Abdallah Ramadan al-Swissri, né Albert Friedrich Armand Huber le dans le canton de Fribourg et mort le à Muri bei Bern, est un gestionnaire de banque et un journaliste suisse.

Converti à l'islam, il est l'un des cinq dirigeants de la banque Al-Taqwa qui est au centre d'une controverse à la suite des liens qu'elle entretient avec des organisations islamistes terroristes telle qu'Al-Qaïda, selon l'administration BushL. Komisar, Shareholders in the Bank of Terror?, (2002), sur le site Salon.com... Les autorités allemande, suisse et américaine, le considèrent également comme un extrémiste de droite ainsi qu'une « passerelle mondiale entre le négationnisme et l'antisémitisme islamisteSelon l'Office fédéral de protection de la constitution (dans son rapport Die Bedeutung des Antisemitismus im aktuellen deutschen Rechtsextremismus, Cologne, 2002, ), l'Office brandebourgeois de protection de la constitution (Das Feindbild verbindet: Rechtsextremisten und Islamisten daté du , ) et le ministère fédéral de l'Intérieur (dans son rapport de 2003, Verfassungsschutzbericht 2002, ). ».

Biographie Ahmed Huber naît dans une famille protestante fervente sous le nom d'Albert Friedrich Armand Huber. À la fin des années 1950, il est actif dans le Parti socialiste suisse (il en sera exclu en 1994Jay Bushinsky, Swiss probe anti-U.S. neo-Nazi, in San Francisco Chronicle, mars 2002.) et il noue alors des rapports avec l'islam lors de son soutien au mouvement indépendantiste algérien pendant la Guerre d'Algérie. Il étudie ensuite l'islam à Genève dans un centre des Frères musulmans, puis part pour l'Égypte sur les conseils de l'ambassadeur d'Égypte en Suisse, Fathi al-Dhib, et s'y convertit à l'islam sunnite en 1962.. Il prend pour nom « Ahmed Abdallah Ramadan al-Swissri ».

Jusqu'en 1981, Ahmed Huber travaille principalement comme rédacteur du Palais fédéral pour le département suisse de l'agence de presse Deutscher Depeschendienst à Berne, sous la direction rédactionnelle de Wolfgang Kenntemich, puis sous celle d'Urs C. Grassi. Huber travaille ensuite pour la maison d'édition Ringier.

Après avoir publiquement admis à des journalistes ses liens auparavant non divulgués avec les cercles néo-nazisJürg Frischknecht : Alliance entre Crescent et Swastika. Dans : WoZ . 27 août 1993 ; Peter Niggli, Jürg Frischknecht : Réseaux de droite. Comment les « étranges patriotes » ont maîtrisé l’effondrement du communisme. Rotpunktverlag, Zurich 1998, p. 692 et suiv., Huber est expulsé du Parti social-démocrate en 1994.

Relations avec le nazisme et l'islamisme En Égypte, il fait la connaissance de Mohammed Amin al-Husseini (1895-1974), grand mufti de Jérusalem, collaborateur nazi ainsi que membre de la SS, à propos duquel Huber s'exprime positivement en 1965 lors d'un entretien, et de Johann von Leers (1902-1965), l'un des auteurs antisémites les plus radicaux du Reich, qui s'est également converti à l'islam sous le nom d'« Omar Amin von Leers »Les amis de Faurisson : l'islamiste Ahmed Rami et qui tient un rôle-clé en tant que propagandiste pour l'Égyptien Gamal Abdel Nasser (1918-1970).

Après son retour en Suisse, Huber devient un familier de l'avocat et banquier François Genoud (1915-1994), exécuteur testamentaire d'Adolf Hitler et de Joseph Goebbels, et financier de droite impliqué dans des activités anti-israéliennes. Dans les années 1970 et 1980, Huber intensifie ses contacts avec l'extrême gauche et les islamistes, principalement avec le régime chiite de l'Ayatollah Khomeini qu'il admire et désigne comme la « continuation vivante d'Adolf Hitler »Steven Emerson, American Jihad: The Terrorists Living Among Us, Simon & Schuster, 2003, p. 106.

À partir de 1989, Huber agi pour renforcer la coopération entre les extrémistes de droite et les islamistes contre Israël et les États-Unis (« États-Unis juifs d'Amérique », selon son expression lors d'un entretien avec CNN)Liens entre groupes terroristes américains et européens. CNN.com. Diffusion le 5 mars 2002.http://transcripts.cnn.com/TRANSCRIPTS/0203/05/i_ins.01.html. Aux États-Unis, par exemple, il intervient comme orateur lors de la Nation of Islam et au Congrès européen de 2000 des Jeunes Démocrates Nationalistes (JN), il aborde le thème de « L'islam et la nouvelle droite ». Une conférence prévue en mars 2001 à Beyrouth, intitulée « Révisionnisme et sionisme », est interdite par le gouvernement libanaisWhine 2006, p. 181 ; Office fédéral pour la protection de la Constitution 2002, p. 24 ; Eschenhagen 2003, p. 15 ; Tobias Kaufmann : Coalition du mal. Dans : Kölner Stadt-Anzeiger . 23 août 2007 ; Office de Brandebourg pour la protection de la Constitution 2006, p. 4.

https://www.ksta.de/koalition-des-boesen-13126904.

Révisionnisme Huber est également connu depuis des années comme révisionniste historique, particulièrement en ce qui concerne la Shoah. En Angleterre, il participe à des événements organisés par le négationniste David Irving ; en 1996, il évoque le « canular de l’Holocauste » lors d’une interview accordée à la station de radio musulmane sud-africaine Radio 786 ; en 2002, il prend la parole lors d’une manifestation néonazie contre l’exposition sur la Wehrmacht à Munich, dont le slogan est : « Contre les mensonges historiques des idéologues politiques – Pour l’honneur de notre Wehrmacht »Whine 2006, S. 181; Milton Shain: Vom Opfer zum Nutznießer? Die südafrikanischen Juden und die Rassenpolitik. In: Irmtrud Wojak, Susanne Meinl (Hrsg.): Grenzenlose Vorurteile. Frankfurt/New York 2002, S. 164 A39; Bundesministerium des Innern 2003, S. 102.

Relations internationales À partir de 2001, Huber est le seul citoyen suisse figurant sur la liste des organisations et individus soupçonnés de terrorisme établie par le département d'État américain, ainsi que sur une liste du département du Trésor des États-Unis, ce qui légalise le gel de ses avoirs et de ses transferts de fonds, en le considérant comme un financier du terrorismeEdward F. Mickolus, Susan L. Simmons, The Terrorist List, ABC-CLIO, 2011, p. 131. La même année, il figure également sur les listes de terrorisme du Conseil de sécurité des Nations Unies. À partir de 2002, Huber est également soumis à des mesures restrictives au sein de la Communauté européenne. La Suisse applique également les sanctions de l'ONU.

En raison de l’interdiction de voyager imposée par le Comité du Conseil de sécurité de l’ONU, qui oblige les États membres à refuser l’entrée aux personnes et entités figurant sur la liste, Huber devait « s’attendre à être refoulé aux frontières à l’étranger », selon Roland E. Vock du Secrétariat d’État suisse à l’économie (SECO). Huber lui-même confirme en 2007 qu’il ne peut se rendre ni aux États-Unis, ni au Canada, ni en Angleterre, ni dans les Caraïbes. Interrogé sur son souhait d’être retiré de la liste, Huber répond qu’il considère comme « un honneur » d’y figurer, parmi les « détenteurs du pouvoir » qui « inondent le monde de menaces, d’agressions et de néocolonialisme »Stefan von Bergen: Der Bösewicht auf der Blacklist. In: espace.ch. 31. August 2007..

Fin de vie Marié à une Égyptienne et réputé affable et charmant dans la vie privée, Ahmed Huber vit d'une modeste pension dans sa maison de Muri, près de Berne, après avoir été déshérité de son frère Peter, lui aussi journaliste, en raison de soupçons de terrorisme. Père de deux fils et collectionneur passionné de tableaux et d'objets nazis , il y meurt le 15 mai 2008, à l'âge de 81 ans, des suites d'une longue maladieStefan von Bergen: Der Bösewicht auf der Blacklist. In: espace.ch. (Espace Media Groupe) 31. August 2007..

Cinéma Il apparaît dans le documentaire L'Avocat de la terreur de Barbet Schroeder, témoignant des relations existantes entre l'avocat Jacques Vergès et le banquier admirateur du national-socialisme François Genoud.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie En français : Pierre Péan, L'extrémiste. François Genoud, de Hitler à Carlos, Fayard/Le Livre de Poche, . En allemand : Thomas Greven et Thomas Grumke, Globalisierter Rechtsextremismus? Die extremistische Rechte in der Ära der Globalisierung, Wiesbaden, Verlag für Sozialwissenschaften, 2006 . Ulrich Stern, Die Rolle des Antisemitismus im transatlantischen Netzwerk des neuen Rechtsextremismus und seine Verbindungen zu islamistischen Extremisten, Berlin: Diplomarbeit Freie Universität, 2003. En anglais : . , edited by Helga Zepp-Larouche, Chapter 4, The Grand Mufti and Hitler: National Socialist Networks in the Mideast (Ben Franklin Booksellers, 1984 )

Liens externes

En français : Ahmed Huber, un administrateur aux sympathies islamistes et nazies, un article du Monde, disponible dans son intégralité ici. Al-Taqwa, la banque islamique qui refuse de livrer ses secrets, un article du Monde. En allemand : Traduction, en allemand, de l'article de Kevin Coogan The Mysterious Achmed Huber Stefan von Bergen: Der Bösewicht auf der Blacklist, . Markus Dütschler: Unheimlich freundlich – und unheimlich. in Der Bund, , page 28 (rubrique nécrologique) En anglais : Links Between American, European Terrorist Groups, transcription d'un rapport de CNN et d'un entretien avec Huber datant du . Shareholders in the Bank of Terror? Ahmed Huber and Al Taqwa Trans-National Hate: Technology Unites Antisemites and Haters around the Globe

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