Da Vinci Code (titre original : ) est un roman policier de Dan Brown, publié en 2003, composé de 105 chapitres et composant le deuxième volet de la pentalogie du personnage de fiction Robert Langdon. Le titre de la première édition francophone était Le Code de Vinci. Il est adapté au cinéma par Ron Howard, en 2006. Best-seller, le livre s'est vendu à 86 millions d'exemplaires dans le monde ()Hubert Artus, « Dan Brown et le Symbole perdu : plus de chiffres que de lettres », Rue89, nouvelobs.com, 3 décembre 2009.

Résumé Robert Langdon, un symbologue américain, est entraîné malgré lui, lors d'un voyage à Paris, dans l'affaire du meurtre de Jacques Saunière, conservateur au Musée du Louvre. Langdon est soupçonné du meurtre, principalement à cause d’un message que Saunière a écrit sur le sol avant de mourir, s’achevant par la phrase « P.S. Trouver Robert Langdon ». Seule Sophie Neveu, cryptologue et petite-fille de Saunière, croit en l’innocence de l’Américain. Persuadée que le message de son grand-père s'adresse à elle en particulier, Neveu demande à Langdon de l'aider à en comprendre le sens (le message pouvant d'ailleurs leur permettre de comprendre qui est le vrai meurtrier). En retour, elle l'aide à échapper au commissaire Fache, lancé à ses trousses...

Langdon et Neveu découvrent par la suite que Saunière était à la tête du Prieuré de Sion, une ancienne et puissante confrérie, et qu'il a été assassiné par un membre de l'Opus Dei. L'assassin voulait protéger un secret dont le conservateur du Louvre avait connaissance, un secret susceptible d’ébranler les fondements de la foi chrétienne : Jésus de Nazareth aurait eu un enfant avec Marie Madeleine. Touché d’une balle dans le ventre, agonisant, Saunière a eu peur que le secret ne se perde après sa mort, et a donc cherché à le transmettre à sa petite-fille. Pour cela, il a écrit sur le sol un message abscons, espérant qu'elle seule pourrait le comprendre, à condition qu'elle soit aidée par le symbologiste Langdon, qu'il connaissait et en qui il avait confiance (d’où le « Trouver Robert Langdon », qui n’est nullement une accusation contre l'Américain). Il a également choisi de mourir dans une position symbolique rituelle, rappelant celle de l’Homme de Vitruve, de Léonard de Vinci, permettant ainsi à Langdon et à Neveu de comprendre que le secret a un rapport avec le peintre italien : en effet, celui-ci aurait été le chef du Prieuré de Sion et aurait cherché à exprimer à travers ses œuvres, de façon indirecte, ses idées sur la nature de la relation entre Jésus et Marie Madeleine.

Le thème central du Da Vinci Code est la lutte secrète entre les instances dirigeantes de l'Église catholique romaine et le Prieuré de Sion. L'objet de cette lutte est un secret connu des deux organisations, à savoir la paternité du Christ. La divulgation de ce secret menacerait le pouvoir de l'Église et risquerait d'ébranler les fondements de la civilisation occidentale. Soucieuse de conserver son pouvoir, l'Église semble donc chercher à détruire tout détenteur du fameux secret (dont le Prieuré), tandis que les membres du Prieuré luttent pour la préservation de ce même secret, qu'ils se transmettent de génération en génération. Sont par ailleurs évoquées en arrière-plan les deux idées selon lesquelles l'Église Catholique, voulant acquérir et garder le pouvoir, s'est interposée et imposée comme intermédiaire entre l'homme et Dieu, et l'union sexuelle, qui laisse toute la place à l'altérité homme - femme et qui est un moyen privilégié d'entrer en contact direct avec Dieu (voir la scène du Hieros Gamos, Union sacrée), est déclarée péché.

Personnages

Les principaux personnages de l'histoire sont : Robert Langdon : professeur de symbologie et d'iconographie religieuse à l'université Harvard Sophie Neveu : la petite-fille de Jacques Saunière, ce qui n'est pas le cas dans le film, où elle est seulement sa protégée, celui-ci lui ayant fait croire qu'il était son grand-père. C'est une cryptographe de la police française, qui a étudié à l'Université de Londres - Royal Holloway. Elle est bilingue (anglais et français). Son petit frère et elle sont les derniers descendants de Jésus Christ et Marie-Madeleine Jacques Saunière : conservateur du Musée du Louvre et Grand-Maître du Prieuré de Sion, assassiné au début du livre Bézu Fache : commissaire de la police judiciaire française Sir Leigh Teabing : historien anglais, chevalier de la Couronne, spécialiste du Graal, proche de Langdon, maitre voulant à tout prix le Graal pour révéler le fameux secret du prieuré Silas : moine albinos, colosse d'une force extraordinaire dévoué à l'Opus Dei Jérôme Collet : inspecteur de la police judiciaire française Rémy Legaludec : domestique et chauffeur de sir Leigh Teabing Monseigneur Manuel Aringarosa : directeur de l'Opus Dei à New York André Vernet : directeur de nuit de la banque de Zurich à Paris en France

Lieux de l'histoire

Musée du Louvre à Paris Église Saint-Sulpice de Paris Château de Villette à Condécourt Aéroport de Paris - Le Bourget Hôtel Ritz Paris Banque suisse (située au 24 rue Haxo à Paris dans le roman. Cette adresse n'existe pasLes numéros pairs de 18 à 34 ne sont pas attribués, puisque les terrains attenants sont occupés notamment par le réservoir de Ménilmontant et le débouché de la rue Darcy.) Bois de Boulogne à Paris (explication Saint-Graal)

Aérodrome de Londres Biggin Hill Église du Temple à Londres Abbaye de Westminster à Londres The National Gallery à Londres (La Vierge aux rochers de Léonard de Vinci)

Chapelle de Rosslyn

Commentaires Thriller en forme de jeu de piste construit à partir de nombreux éléments historiques et religieux, exploitant la théorie du complot.

Le nom de Saunière faisant référence au nom de l'abbé Bérenger Saunière, qui fut à l'origine de l'affaire du trésor de Rennes-le-Château à la fin du . Le nom de Langdon est une allusion à John Langdon, auteur des ambigrammes du précédent livre de Dan Brown, Anges et Démons. Bézu Fache est quant à lui un clin d'œil aux faux-monnayeurs du Bézu qui fondaient de la monnaie à Rennes-le-Château.

Ce roman est un phénomène de l'édition au niveau mondial. Il a été vendu à plus de vingt millions d'exemplaires en moins de deux ans, dont plus d'un million et demi en France. La majeure partie de l'action se déroule en France puis en Angleterre. Son succès a engendré tout un mouvement économique, notamment avec un lot de livres « décodant » les environnements dans lesquels évoluent les personnages, des circuits touristiques sur les traces de ceux-ci, quantité d'émissions de radio et de télévision, des débats, une moisson d'articles, etc. Certains pensent que le succès du roman s'explique par le fait que c'est un efficace « roman de l'été ».

Critiques

Le Da Vinci Code a été présenté comme une fiction et non une thèse (malgré la préface du livre disant le contraire). Il peut cependant s'agir d'un procédé littéraire, voire marketing, comparable à celui utilisé par Victor Hugo présentant son roman Notre-Dame de Paris comme une œuvre historique. Brown fait la même chose, en entretenant la confusion, mêlant réalité, vraisemblance et pure invention. De nombreux ouvrages, publiés peu après le roman, ont effectué une analyse complète des théories prétendues dans le roman. Notamment Code Da Vinci : l'enquête, de Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir., et Da Vinci : la grande mystification d'Amy WelbornAmy Welborn, Da Vinci : la grande mystification, édition Le Forum Diffusion, 2005. . L'auteur évangélique Claude Houde rappelle les faits historiques dans son livre, Les mensonges du Da Vinci Code« Les mensonges du Da Vinci code », Gospel Diffusion. Ces ouvrages permettent de remettre facilement en cause les prétentions de l'auteur sur sa connaissance « nouvelle » de l'histoire. La communauté chrétienne contredit les allégations de Brown« Pourquoi sommes-nous si friands de théories du complot ? », Christianisme Aujourd'hui« Tour du monde des opposants au Da Vinci Code », LCI-TF1, 18 mai 2006.« Da Vinci Code et l'évangile de Judas, le triomphe du soupçon », Le Figaro, 16 mai 2006« Les deux Babylones », Le Monde de Demain« Faire la lumière sur le Code Da Vinci », Église de Pentecôte de Drummondville« L’archéologie chrétienne – pourquoi est-elle importante ? », GotQuestions.org« Faut-il croire Da Vinci Code ? », Chaback« Da Vinci Code : les éclairages de Mgr Victor Tonye Bakot », L'Effort Camerounais. Journal de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun.

Données historiques

Selon le Da Vinci Code, la mission du Prieuré de Sion (établissement condamné comme frauduleux par la justice française) serait de protéger la dynastie mérovingienne, qui descendrait directement de Jésus le Christ ou Oint et Marie Madeleine (les Évangiles mentionnent six femmes du nom de Marie, il s'agit ici de Marie de Magdala, disciple de Jésus qui le reconnut ressuscité près de son tombeau, confondue avec les autres par une tradition séculaire. Ces autres femmes sont notamment la femme “pécheresse” qui oignit de parfum les pieds du sauveur et obtint son pardon, Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et de Lazare qui oignit la tête et les pieds de Jésus et une autre pécheresse que Jésus sauva de la lapidation). Au chapitre 58, Dan Brown indique que Jésus et Marie Madeleine étaient tous deux d’ascendance royale, Jésus appartiendrait à la maison de David et Marie Madeleine, à la Tribu de Benjamin. Dan Brown base aussi ses affirmations sur l'Évangile selon Philippe, évangile apocryphe classé postérieur à la rédaction des évangiles canoniques, écrits au . Ce texte est connu depuis les débuts du christianisme et n’a jamais été caché par l’ÉgliseIl est par exemple critiqué dans le Panarion d'Épiphane de Salamine rédigé vers 374-378, contrairement aux affirmations de Dan Brown, mais seulement écarté par celle-ci comme aussi douteux que les autres apocryphes. Au chapitre 60, il affirme que leur enfant était une fille prénommée Sarah (qui signifie "princesse" en hébreu) et que le Graal n'est pas une coupe ayant servi au Christ lors de son dernier repas avec ses apôtres, c'est Marie elle-même. Après la mort de Jésus, sa lignée se serait ensuite mêlée à celle des Mérovingiens. Le Vatican aurait œuvré pour que l’existence d’une lignée descendant du Christ reste secrète. C’est pour cela qu’il aurait fait assassiner son descendant Dagobert II par Pépin de Herstal mais la lignée se serait prolongée avec un fils, Sigisbert II. Godefroy de Bouillon, fondateur du Prieuré de Sion, ferait partie de cette lignée. Seul l'assassinat de Dagobert par Pépin de Herstal est avéré historiquement. Pour justifier l'affirmation de l'union du Christ à une femme, le roman indique que dans le contexte social de l'époque, le célibat après l'âge de vingt ans était inenvisageable, en citant, entre autres, les Manuscrits de la mer Morte. Ces documents relatent l'Ancien Testament tel que le vivait la secte des Esséniens.

Point de vue sur l'Église catholique

L'intrigue repose sur des faits touchant à la religion catholique et notamment à la papauté, au Prieuré de Sion et à l'Opus Dei.. Dan Brown utilise l'histoire de l'Église catholique et celle de l'Opus Dei. L'avertissement ouvrant le livre, placé, du moins dans la version française, avant le terme « Roman » est : « Toutes les descriptions de monuments, d'œuvres d'art, de documents et de rituels secrets évoqués sont avérées ». Cela a suscité maintes interrogations.

Dan Brown a voulu, dans une certaine mesure, ménager les institutions : dans le chapitre 99, il s’avère que le mystérieux commanditaire des assassinats de Saunière et des sénéchaux n’a rien à voir avec l’Opus Dei ni avec le Vatican, contrairement à ce que Langdon et Neveu avaient cru. L’auteur avance par ailleurs, au chapitre 62, l’idée selon laquelle le Vatican contemporain ne tolérerait jamais un meurtre, quel que soit l’intérêt qu’il pourrait en tirer.