La cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth est une cathédrale catholique romaine située à Vaison-la-Romaine, dans le département français de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Elle ne doit pas être confondue avec l'autre cathédrale de la ville, la cathédrale Sainte-Marie-de-l'Assomption. Elle illustre diverses phases par laquelle est passé l'art chrétien depuis son origine jusqu'au et laisse présager d'une certaine grandeur de la ville jusqu'au Moyen Âge. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1840.

Historique L'architecture mérovingienne, le style roman et le style gothique s'y côtoient. Son intérieur est élégant et l'architecture est noble, mais sa décoration a été saccagée par deux de ses évêques qui, pour enrichir leur palais épiscopal, se sont conduits en vandales. L'un l'a dépouillée de son jubé et l'autre enleva au chœur ses marbres. L'abside à la décoration en colonnes antiques nous est restée à peu près intacte. Voûtée en petit appareil, elle rappelle l'église mérovingienne primitive. Ses deux absidioles l'accompagnent et lui sont contemporaines. Dans celle du nord, un autel tabulaire, richement décoré, passe pour être la pièce la plus artistique de la cathédrale. En 1897, elle devient église paroissiale.

Depuis 2009, elle est le siège de l'évêque titulaire de Vaison.

Architecture extérieure

Chevet et clocher À l'est, la cathédrale présente un chevet tripartite constitué d'une abside rectangulaire flanquée de deux absidioles semi-circulaires..

L'abside, composée d'un épais massif rectangulaire de maçonnerie en moellons très irréguliers que soutiennent deux petits contreforts, est percée d'une fenêtre axiale de style ogival tandis que les absidioles sont percées de petites fenêtres cintrées.

Les fondations de l'abside, mises à nu, montrent des tronçons de colonnes antiques.. Le pignon triangulaire qui surmonte l'abside est orné d'une frise sculptée, d'une frise de denticules et d'un pilastre cannelé.

Un clocher carré s'élève au-dessus de la dernière travée du collatéral nord, contre l'absidiole septentrionale. La partie supérieure de ce clocher est percée de trous de boulin et ornée d'une frise de rinceaux, d'une corniche à modillons et d'ouvertures décorées de colonnettes. Les ornements de la frise du clocher rappellent ceux du portail de l'église Saint-Michel de Salon-de-Provence.

Dans la face orientale de cette tour d'apparence crénelée est encastré le cippe funéraire à portrait de Publius Atilius Ingenuus...

Cloître vignette|droite|redresse=1.25| vignette|droite|redresse=1.25| Accolé à la façade septentrionale de la cathédrale, le cloître comporte quatre galeries sans étage entourant un jardin. Ce cloître, qui communique avec la cathédrale par deux petites portes, desservait jadis les logements, le réfectoire, le dortoir et la salle capitulaire des douze chanoines appartenant au chapitre, mais ces locaux ont aujourd'hui disparu.

La fondation du cloître et des bâtiments qui ont servi au logement des chanoines remonte au premier quart du : cette première édification du cloître peut être datée précisément de 1010 à 1030. Le cloître a été tellement restauré qu'il est bien difficile d'en dater les différentes parties. Certaines colonnettes de la galerie occidentale au fût dépourvu de base pourraient remonter au mais il serait excessif d'affirmer qu'elles remontent toutes à cette époque : . La galerie méridionale, longeant le collatéral nord de l'église a été entièrement détruite et a été réédifiée lors d'une restauration de la cathédrale et du cloître opérée au .

Les galeries du cloître sont ajourées de petites arcades groupées par trois sous de puissants arcs de décharge cintrés, sauf le centre de la galerie septentrionale, qui est percé de deux grandes baies cintrées.

De nombreuses colonnettes sont surmontées de chapiteaux à feuilles d'eau, mais certains chapiteaux sont figuratifs, dont plusieurs chapiteaux de la galerie orientale que l'on peut dater du début du .

Comme le souligne L.-H. Labande .

Le cloître, dont la quiétude fait un agréable lieu de visite à l'atmosphère sereine, sert actuellement de dépôt lapidaire. Y sont conservés les restes du monument à Guillaume II de Cheisolme et à Guillaume III de Cheisolme, évêques de Vaison.

Façade méridionale La cathédrale présente au sud, face à l'avenue Jules Ferry, la haute façade du collatéral sud, édifiée en moellons et soutenue par quatre hauts contreforts en pierres de taille marquées de nombreuses marques de tâcheron.

Cette façade est percée d'une porte dont les larges piédroits ornés de belles marques de tâcheron (dont de belles croix à mi-hauteur) portent un grand arc en plein cintre dont les claveaux très réguliers encadrent un tympan plat. L'extrados est protégé par un larmier constitué de pierres irrégulières en forte saillie. Cette porte est surmontée d'une belle fenêtre cintrée entourée, elle aussi, de nombreuses marques de tâcheron très visibles.

La façade du collatéral est sommée d'une belle frise de rinceaux et d'une corniche à faux modillons décorés de rinceaux et de palmettes.

Au-dessus de la façade du bas-côté, et en retrait par rapport à celle-ci, la partie haute de la façade de la nef est édifiée en pierre de taille assemblée en grand appareil et percée de belle fenêtres ornées de fines colonnettes à l'ornementation torsadée dont les chapiteaux portent un arc en plein cintre très orné. Cette façade se termine par une frise plate composée de bandeaux séparés par des rangs de perles, et une corniche ornée d'oves, de denticules et de rais-de-cœur.

Architecture intérieure Abside Plan en arc outrepassé L'abside et ses absidioles présentent un intérêt historique majeur, car elles sont une des preuves de ce que l'arc outrepassé n'est pas d'origine orientale, mais est une évolution de l'arc en plein cintre, apparue durant le Bas-Empire romain et utilisé par l'architecture paléochrétienne comme ici où on le trouve en plan dans l'abside et les absidioles à la fin du André Corboz, Haut Moyen Âge, éd. Office du Livre, 1970, ..

Selon l'historien de l'art André Corboz .

Maçonnerie et ornementation L'abside principale, couverte d'une voûte en cul-de-four, montre un moellonnage se rapprochant du petit appareil gallo-romain, mais moins régulier.

Elle est décorée de cinq arcatures en plein cintre dont les claveaux reposaient initialement sur six colonnes en marbre blanc ou gris, probablement .

Comme le décrit L.-H. Labande .

Au fond de l'abside, précédé de trois marches, trône le siège épiscopal en pierre entouré des trois degrés du banc presbytéral.

Nef et collatéraux La cathédrale se compose d'une nef centrale de trois travées, flanquée de deux collatéraux sans transept. La nef est voûtée en berceau brisé sur doubleaux tandis que les collatéraux ont des voûtes rampantes.

Voir aussi

Articles connexes Archidiocèse d'Avignon Cathédrale Sainte-Marie-de-l'Assomption de Vaison-la-Romaine Chapelle Saint-Quenin de Vaison-la-Romaine Liste des monuments historiques protégés en 1840 Liste des monuments historiques de Vaucluse Liste de cathédrales catholiques en France

Liens externes

Vaison-la-Romaine : cathédrale N.-D. de Nazareth, ArabHistory Cathédrale de Vaison la Romaine (Notre Dame de Nazareth), Messes.Info

Bibliographie .

Références

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