La rue Chanoinesse est une rue de l’île de la Cité, en plein cœur de Paris, dans le .

Situation et accès vignette|gauche|Entre la cathédrale et la Seine, le quartier du cloître Notre-Dame, traversé par la rue Chanoinesse.|300x300px

Située sur la pointe est de l'île de la Cité qui fait face à l'île Saint-Louis, la rue doit son nom aux nombreux chanoines qui l'ont habitée. Ces membres du clergé étaient attachés au service de la cathédrale Notre-Dame à proximitéFélix et Louis Lazare, Dictionnaire des rues et monuments de Paris, 1855. Consulter en ligne.. Une maison de chanoine construite en 1512 est toujours visible au ..

La rue Chanoinesse était la principale artère du cloître Notre-Dame, quartier délimité par l'église métropolitaine, l’Hôtel-Dieu et le fleuve, qui .

Origine du nom Voisine de la cathédrale, elle porte ce nom en souvenir de l'habitation des Chanoines.

Historique vignette|gauche|upright=0.8|Section de l'ancienne rue des Marmousets, absorbée en 1874 par la rue Chanoinesse, gravure de Maxime Lalanne (années 1860). La rue Chanoinesse date de l'époque carolingienne« La rue Chanoinesse», parisrues.com.. Au Moyen Âge, l'accès au cloître Notre-Dame, contrôlé par quatre portes que l'on fermait la nuit, était interdit aux personnes étrangères à la communauté des chanoines et notamment aux femmes. Cet « enclos canonial« Les quartiers canoniaux des cathédrales en France », persee.fr. » était constitué de propriétés exemptées d’impôt en vertu d’un édit de Charlemagne. Les nobles ont obtenu au le droit de louer les maisons des chanoines, avec pour bénéfices l'immunité face à la justice du roi et l’exemption fiscaleHistorique du restaurant Le Bougnat..

L'actuelle rue Chanoinesse a un temps porté, entre la rue de la Colombe et la rue d'Arcole, le nom de « rue des Marmousets » (laquelle ne doit être confondue avec l'actuelle rue homonyme située dans le arrondissement) ou en 1387, l'affaire de la rue des Marmousets s'y serait déroulée à l'angle de la rue des Deux-Hermites.. La porte Marmouset, qui était encore visible en 1791, s'élevait à l'angle de la rue de la Colombe..

Une anecdote remontant au illustre l'indépendance du cloître vis-à-vis de l'autorité royaleBathild Bouniol, Les Rues de Paris. Biographies, portraits, récits et légendes, Bray et Retaux, Paris, 1872. :

Au , ont été découvertes des pierres tombales provenant probablement des nombreuses églises du quartier aujourd'hui disparues. Ces pierres aux inscriptions en partie effacées ont été utilisées pour daller la cour du 26.. Ce numéro abrite également les restes de la nef de l'ancienne chapelle Saint-Aignan fondée en 1120.

Des vestiges du mur d'enceinte de Lutèce ont été trouvés rue Chanoinesse à la fin du Commission du Vieux Paris, Procès-verbal de la Commission du Vieux Paris, 28 janvier 1898, ..

Une tour haute d'une quinzaine de mètres, appelée « tour Dagobert », qui s'élevait au numéro 20, aurait servi de fanal à l'ancien port Saint-Landry.. Elle a été détruite en 1909.

Le 2 avril 1918, durant la Première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose au rue Chanoinesse..

En 2021, un bâtiment de la rue continue d'accueillir les six chapelains de Notre-Dame, des bureaux et des salles de réunion pour le personnel de la cathédrale..

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Un certain nombre de personnages illustres, notamment des clercs, prêtres ou hommes de lettres, ont marqué la rue de leur empreinte.

Au croisement avec la rue du Cloître-Notre-Dame Anciennes dépendances du BHV et doté de deux tourelles d'angle surmontées d'un dôme en façade de la rue du Cloître-Notre-Dame, un immeuble a été réalisé en 1893 par l'architecte Ernest Papinot. De nos jours, il accueille la fondation Louis-Lépine, soit les services sociaux de la préfecture de police toute proche.Fabien Oppermann, « Les écuries du B.H.V. », in Autour de Notre-Dame, ouvrage collectif, éditions Action artistique de la Ville de Paris, 2003..

Numéro 8 Le 8 abrite les locaux parisiens de l'École nationale de la magistrature (ENM) qui s'étendent jusque sur le quai aux Fleurs bordant la SeineLe déménagement de l'antenne est envisagé au nouveau palais de justice à Batignolles (Paris ) après 2017, .. Le bâtiment qui est de couleur rouge brique date de 1853, est de style romantique avec de typiques lucarnes, des détails moyenâgeux et des décors polychromes en façade. Il a été occupé jusqu’en 1868 par l’état-major des pompiersvoir ..

Numéro 10 vignette|Plaque au 10. Au , l'emplacement du 10, rue Chanoinesse était occupé par la maison du chanoine Fulbert, qui donna pour précepteur à sa nièce Héloïse le philosophe Abélard. C'est du moins ce que l'on croyait au , sans doute par confusion avec la chapelle Saint-Aignan (cf. infra, ), construite en 1116 par un supposé autre oncle d'Héloïse, Étienne de Garlande, dont l'hôtel occupait toute cette partie du cloître Notre-Dame jusqu'au rempart. Fulbert, a-t-on découvert depuis, était en effet chanoine extra-muros, c'est-à-dire qu'il était affecté non au cloître Notre-Dame, qui servait d'école cathédrale, mais à l'hôpital des Pauvres, embryon de l'actuel Hôtel-Dieu.

Une plaque commémorative rappelle que le chansonnier Pierre Trimouillat y vécut de 1890 à 1929.

Numéro 12 Il s'agit d'un ancien logis du , l'hôtel du Grand Chantre, dépendant du cloître du même nom. Au , la partie nord du a été louée à l’Aga Khan et à sa famille. Ce bâtiment abrite une construction médiévale, où on voit une cour intérieure avec un ancien puits. Pierres sculptées, lanternes décoratives, maisons à pan de bois, les vestiges ont conservé leur aspect médiéval, même si l'ensemble a été remanié au cours des années 1920.

Numéro 14 Le médecin, biologiste et physiologiste Xavier Bichat est mort le au 14, rue Chanoinesse.

Numéro 16 Entre 1673 et 1676, le dramaturge Jean Racine habite au deuxième étage de l’hôtel des Ursins, situé au numéro 7 de la rue du même nom, donnant sur le 16, rue ChanoinesseLe cloître, rue des Chantres, d'après Paris, 450 dessins inédits d'après nature, paru en 1890.Charles Lefeuve, Histoire de Paris, rue par rue, maison par maison, 1875. Lire en ligne..

L'écrivain Henri Bremond a vécu au numéro 16Marquis de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris. , 1910..

Le journaliste Hubert Beuve-Méry, fondateur du quotidien Le Monde, passa son enfance au 16, rue Chanoinesse.

Numéro 17 Le cardinal de Retz, archevêque de Paris de 1654 à 1662, célèbre mémorialiste et homme politique qui fut le chef de l'opposition à Mazarin pendant la Fronde, aurait fait du 17, rue Chanoinesse son quartier général Michel de Saint-Pierre, Sous le soleil de Dieu, 1984, .Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris. , 1910. Consulter en ligne.Société historique et archéologique des , , et arrondissements de Paris. Consulter en ligne..

Le prédicateur Henri Lacordaire a vécu au numéro 17. L'intérieur conserve une belle cour du .

Numéros 18-20 À cet emplacement se trouvait la tour Dagobert, un édifice du qu'aurait porté le fanal signalant le port Saint-Landry.. Il fut abattu en 1908 pour la construction des entrepôts des frères Allez, gérants d'un grand magasin de quincaillerie au Châtelet. Depuis 1945, ils furent reconvertis pour accueillir la compagnie motocycliste de la Direction de l’ordre public et de la circulation et ses 250 motardshttp://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/La-prefecture-de-police/Missions-de-police/La-direction-de-l-ordre-public-et-de-la-circulation/Le-service-des-compagnies-motocyclistes-de-la-direction-de-l-ordre-public-et-de-la-circulation.. Rattachés organiquement à la préfecture de police dont le siège est tout proche, ce garage est partiellement souterrain. Il sert également de locaux administratifs et de vestiaires aux fonctionnaires de l'unité.

Numéro 19 Bâtiment industriel construit par Paul Friesé en 1908-1909 pour accueillir une sous-station électrique destinée à alimenter la nouvelle ligne 4 du métro de Paris, alors que le chantier de la station Cité est en cours.. Les édifices qui se trouvaient sur ce terrain, propriété des frères Allez, sont détruits pour permettre la construction du nouveau bâtiment. La sous-station est mise en service en 1910 mais, devenue obsolète dans les années 1960 avec la modernisation des équipements électriques, elle est reconvertie par la RATP en service technique.Il existe plusieurs autres sous-stations du même type, à l'architecture similaire : la sous-station Bastille (4 arrondissement), la sous-station Sèvres (6, rue Juliette-Récamier, 7 arrondissement), la sous-station Opéra (9 arrondissement), la sous-station Temple (10 arrondissement), la sous-station Grenelle (135 boulevard de Grenelle, 15 arrondissement), la sous-station Necker (5 impasse de l'Enfant-Jésus, 15 arrondissement) et la sous-station Auteuil (16 arrondissement)..

Numéros 22-24 Emplacement des boutiques du barbier et du patissier qui furent incriminés dans l'affaire de la rue des Marmousets« La rue Chanoinesse», paristoric.com..

Numéro 24 L'immeuble du 24, rue Chanoinesse est composé de deux bâtiments faisant l'objet à des titres divers d'un classement aux monuments historiques : à gauche, une devanture et une grille de débit de boissonMaison d'un chanoine de la cathédrale, elle est construite en 1512 et abrite aujourd'hui le restaurant Au Vieux Paris d'Arcole. Cf. Historique du restaurant Au Vieux Paris d'Arcole. et, à droite, un second bloc dont l'une des cours intérieures renferme des vestiges de l'ancienne chapelle Saint-Aignan.

Numéro 26 Ancien passage menant à la rue des Ursins. Le sol est partiellement constitué de dalles funéraires provenant d’églises de la Cité et du couvent des Jacobins..

Autres Le poète Joachim du Bellay est mort le dans une maison qui se trouvait à l'angle des rues Chanoinesse et Massillon.

Dans la littérature Dans le roman Blèche (1928), de Pierre Drieu la Rochelle, Blaquans habite rue Chanoinesse.

Dans le roman d'Honoré de Balzac L'Envers de l'histoire contemporaine (1848), le héros, Godefroy, est logé chez madame de la Chanterie, rue Chanoinesse..

Fait divers au Moyen Âge La « légende du barbier et du pâtissier sanguinaires » est parfois improprement située dans cette rue, alors que les supposés faits se seraient déroulés sur la rue des Marmousets, au coin de la rue des Deux-Ermites, dans sa section disparue à la suite de la construction de l'Hôtel-Dieu à partir de 1866.

Notes et références

Pour approfondir

Bibliographie Ouvrage collectif, Autour de Notre-Dame, éditions Action artistique de la Ville de Paris, 2003. .

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

Chanoinesse Catégorie:Aménagement urbain autour de Notre-Dame de Paris Catégorie:Voie de l'île de la Cité