Le Shas (en ) est un parti politique israélien traditionnellement séfarade et religieux ultra-orthodoxe créé en 1984. Le président du Shas est Aryé Dery. Son chef spirituel était le grand-rabbin Ovadia Yosef.

Le nom Shas vient des initiales de Sefardim Shomréi Tora (Séfarades orthodoxes pour la Torah).

Histoire Le Shas a été fondé en 1984 à l’initiative de rabbins dissidents, pour représenter les Juifs séfarades et mizrahim ultra-orthodoxes (souvent issus d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient ou d’Asie) qui estimaient être marginalisés — socialement, économiquement et culturellement — par l’establishment politique et religieux dominé jusqu’alors par les Juifs ashkénazes.

L'essor du parti Shas s'inscrit dans une tendance sensible à partir des années 1980 en Israël, la « communautarisation », ou la « mobilisation politique de l’ethnicité »Alain Dieckhoff. Israël : la pluralisation de l’identité nationale In : Nationalismes en mutation en Méditerranée orientale [en ligne]. Paris : CNRS Éditions, 2002 (généré le ). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/editionscnrs/2402>. . DOI : 10.4000/books.editionscnrs.2402, dont on trouve un autre exemple dès les années 1990 avec le succès des partis russophones, porté par les Juifs originaires de l’ex-URSS. « De tels phénomènes auraient été inimaginables dans les années de fondation de l’État où la puissance de l’idéologie de la fusion nationale disqualifiait toute entreprise de mobilisation sur une base ethnique. Il n’en va plus de même désormais, à l’heure où la stratégie d’absorption dans un creuset commun a montré d’évidentes limites » écrit Alain Dieckhoff.

Les séfarades sont traditionnellement assez attachés à la pratique religieuse du judaïsme. Depuis l'indépendance, une partie de cet électorat a émis des votes de contestation face aux appareils politiques dominés par les ashkénazes, en soutenant des listes ethniques telles que l'Association yéménite, l'Union séfarade ou le Tami marocain. En effet, les candidats séfarades étaient très rares dans l'ensemble des partis politiques. Ces partis ethniques furent cependant éphémères et durèrent rarement plus d'une législature.

Une partie des immigrants séfarades a placé ses enfants dans le système scolaire ultra-orthodoxe. En conséquence, une population séfarade ultra-orthodoxe est apparue, qui votait généralement pour l'Agoudat Israel, parti ultra-orthodoxe d'origine européenne. Le refus de ce parti de présenter des candidats séfarades a conduit à la création du Shas en 1984, avec la bénédiction d'un des rabbins mitnagdim les plus influents de l'époque, le rav Elazar Shach.

Les dirigeants du Shas ont su élargir leur électorat au-delà des cercles ultra-orthodoxes pour attirer les séfarades de tout niveau de pratique religieuseEncyclopædia Britannica Online, « Shas », Encyclopædia Britannica.

Le Shas a été victime d'importants scandales. Aryé Dery, dirigeant du parti, a même purgé une peine de prison après une condamnation pour corruption.

Par ailleurs, le rabbin Ovadia Yosef, ancien dirigeant spirituel du parti, était familier des déclarations controversées : il affirma ainsi lors d'un cours hebdomadaire que les jeunes victimes juives de la Shoah étaient des âmes réincarnées qui avaient ainsi expié les fautes commises dans des existences antérieures. En , Ovadia Yossef a déclaré : son porte-parole précisant qu'il ne parlait que des Arabes terroristes et non des Arabes en général pour l'anéantissement des Arabes et a réitéré en 2010 envers les Palestiniens et Mahmoud Abbas. et en 2012 envers l'Iran..

Le Shas quitte en le gouvernement Netanyahou en raison de l’échec de ce dernier à faire adopter une loi garantissant l’exemption de conscription militaire pour les jeunes ultra-orthodoxes. Il continue toutefois d’appartenir à la coalition pro-gouvernementale au Parlement.

Structure Depuis le décès du Rav Ovadia Yosef en 2013, Shas est dirigé par un conseil des sages dominé par le rabbin jusqu'à sa mort le .

La gestion courante du parti est dévolue à son chef politique qui est Aryé Dery depuis 2013 Aryeh Deri restored as Shas leader, Eli Yishai is out.

Le succès du Shas s'explique par l'efficacité de son réseau d'organisations caritatives, sociales et scolaires qui soutiennent les populations séfarades démunies. Ces populations constituent la majorité des habitants des villes de développement du Néguev et de Galilée. Le Shas a ainsi développé un réseau scolaire destiné aux Séfarades originaires des anciens pays soviétiques.

Programme politique vignette|redresse|Aryé Dery, président du parti depuis 2013.|gauche Le Shas se définit comme un parti religieux, attaché à la pratique religieuse et à la souveraineté juive en Israël.

Il défend aussi une certaine politique sociale. Il insiste sur la sauvegarde des services sociaux et au fonctionnement des Yeshivot. Il souhaite réduire le chômage et encourager les employeurs à créer de nouveaux emplois. Shas souhaite apporter une aide particulière aux femmes ou à toute personne par l'octroi d'aide aux entreprises pour leur promotion professionnelle. Shas projette d'établir une charte sociale et économique afin de créer sur le marché un dénominateur commun. Le parti souhaite aussi corriger ce qu'il considère comme ..

Au niveau constitutionnel, le Shas se base sur le principe selon lequel l'État d'Israël est l'État du peuple juif. Ainsi, Shas veille au respect de l'identité juive dans toutes ses décisions, et refuse l'instauration d'un État laïc, et du mariage civil.

L'adhésion au sionisme, historiquement très réservé comme chez tous les haredim, n'a cessé de se renforcer, jusqu'à l'annonce en 2010 de la volonté d'adhérer à l'Organisation sioniste mondialeHaviv Rettig Gur, « Consternation surrounds Shas joining Zionist group », The Jerusalem Post, 28 mai 2010.. À cette occasion, un représentant du Shas, Yaakov Margi, a déclaré « nous nous définissons comme un parti sioniste, en tant que Juifs pratiquants qui aiment Israël ».

Concernant le rapport aux Palestiniens, le Shas est ambivalent. En effet, la loi religieuse lui impose de lutter pour le maintien de l'ensemble de la terre d'Israël sous souveraineté juive. Elle lui permet cependant d'appuyer des concessions territoriales si ces dernières permettent de sauver des vies.. Le Shas est formellement opposé à la construction et à l'habitation de colonies d'implantations juives dans les territoires conquis lors de la Guerre des Six Jours, hormis dans Jérusalem-Est mais il est opposé à l'établissement d'un État palestinien. Sa position sur la question des Territoires occupés varie souvent en fonction de ses intérêts politiques et des coalitions gouvernementales dans lesquelles il se trouve. Il a ainsi soutenu les accords d’Oslo de 1993. Le rabbin Ovadia Yosef, ancien dirigeant spirituel du parti, était connu pour ses déclarations haineuses à l'encontre des Palestiniens. Il a notamment déclaré que « le Seigneur retournera les actions des Arabes contre eux-mêmes, épuisera leur semence et les exterminera ».

Résultats électoraux Année Chef de file Voix % Sièges Rang Gouvernement 1984Yitzhak Haim Peretz 3,1 Peres I (1984-1986), Shamir II (1986-1988) 1988 4,7 Shamir III (1988-1990), Shamir IV (1990-1992) 1992Aryé Dery 4,9 Rabin II (1992-1993), Opposition (1993-1996) 1996 8,7 Netanyahou I 1999 13,0 Barak (1999-2001), Sharon I (2001-2003) 2003Eli Yishaï 8,2 Opposition 2006 9,5 Olmert 2009 8,5 Netanyahou II 2013 8,7 Opposition 2015Aryé Dery 5,7 Netanyahou IV 04/2019 6,0 Pas de gouvernement 09/2019 7,4 2020 7,7 Netanyahou V 2021 7,2 Opposition 2022 8,2 Netanyahou VI (2023-2025) Soutien sans participation (depuis 2025)

Députés Knesset (depuis 2022) Aryé Dery Ya'akov Margi Yoav Ben-Tzur Michael Malchieli Haim Biton Moshe Arbel Yinon Azulai Moshe Abutbul Uriel Buso Yossi Taieb Avraham Betzalel

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Ovadia Yosef

Liens externes

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