Les Journées internationales du film de court-métrage ont eu lieu à Tours de 1955 à 1968.
La genèse : les Journées du cinéma (1951-1961)
En 1951, dans le cadre de l'Association française pour la diffusion du cinéma fraîchement créée (et dont Roger Leenhardt a pris la tête), Pierre Barbin, Michel Boschet et André Martin (qualifiés ultérieurement de par Jean de Baroncelli) fondent les Journées du cinéma., conçues comme une manifestation itinérante visant à les populations locales.
En juin-, cette fois sous l’égide de l’Association international des amis de la radio, du cinéma et de la télévision parrainés par Jean Cocteau, et sous la direction de Jean-Maurice Bugat entouré des animateurs de l’AFDC, la manifestation investit la cité de CarcassonneLes Journées de Carcassonne ou le cinéma dans la rue, ’’La Croix’’, 9 juin 1951, p. 3.. Sur un écran géant adossé au théâtre antique, on voit en avant-première ‘’Anone’’ de Gilbert de Daunant ou le ‘’Napoléon’’ de Jean Tedesco, mais aussi des films qui n’ont pas rencontré le succès escompté dans la capitaleUn écran géant dans la cité de Carcassonne où des cinéastes font appel, ’’Le Figaro, 28 juin 1951..
Bénéficiant d'une subvention gouvernementale, elle se tient ensuite à Versailles du 20 au , sous la direction de la Fédération centrale des ciné-clubs (ce alors que Barbin anime le ciné-club versaillais) ; on y voit, outre la première mondiale d'Un grand patron, des films français, italiens, russes, tchécoslovaques, anglais et mexicains« Versailles prépare son festival international du film », Libération, 14 novembre 1951.. Les journées s'accompagnent d'une exposition et de projections de courts métrages sur la vie locale, d'un concours de vitrines, ou encore d'une conférence de Rodolphe-Maurice Arlaud sur l'art de la réalisation. Chaque jour est dédié à une nationalité ou un genre (animé). Cette première expérience, soutenue par les commerçants de la ville, rencontre un fort succès critique. En outre, dans la ville, la fréquentation des salles obscures augmente de 21 % — indice de la faveur du public.
En Jean Pelleautier, « Le cinéma engage en ce moment sa bataille de Troyes », Combat, 29 mai 1953., annoncée aussi un temps à Rouen« Les Journées du cinéma à Rouen et à Troyes », Paris-Comœdia, 3 mars 1953. la première édition provinciale est à TroyesAndré Lafargue, « La jeune équipe des Journées du cinéma a engagé une nouvelle guerre de Troyes », Le Parisien, 2 juin 1953.. Ce n'est autre que Jacques Flaud, directeur général du Centre national de la cinématographie, qui l'inaugure.. Cette fois, sont aussi organisées des projections-surprises. Chacun des sept exploitants de la ville accepte de projeter un film tour à tour (comme Umberto D., le Japonais Rashomon' ou Europe 51L'Indépendant de l'Aube, 25 mai 1953.). Le samedi, une Nuit noire se tient. L'exposition et le concours de vitrines sont réédités. Pour L'Est-Éclair, il ne s'agit de rien de moins que , après le festival de Cannes« Les Journées du cinéma du 13 au 20 mai », L'Est-Éclair, 30 avril 1953..
Les Journées sont à Nevers en Les Journées du cinéma de Nevers, ‘’Le Patriote’’, 11 juin 1954.. Jean Mitry présente lui-même ses films. L’exposition est accueillie dans une église. C’est ensuite Roanne qui accueille l’édition du mois d’octobre, la même année. Malgré les défections de plusieurs acteurs, sont notamment présents Marthe Mercadier, Arlette Sauvage et Robert DalbanDans le cadre des Journées du cinéma un exceptionnel week-end, ‘’La Tribune du Journal de Roanne’’, 31 octobre 1954.. ‘’Le Progrès de la Loire’’ va jusqu’à parler de Les Journées du cinéma ont terminé en apothéose la série des brillantes manifestations du mois d’octobre, ‘’Le Progrès de la Loire’’, 3 novembre 1954..
En , l’année de la naissance des Journées du court à Tours, les Journées du cinéma se prolongent à Sens, et explorent à la fois le court métrage, le film d’actualité, l’animé où le cinéma publicitaireDu 23 au 26 mars les Journées du cinéma de Sens chercheront le cinéma où il se trouve, ‘’L’Eclaireur de l’Yonne’’, 13 mars 1955.. Elles rencontrent un nouveau succèsDès la première des Journées du cinéma, Sens a été touché par le virus cinématographique, ‘’L’Yonne républicaine’’, 25 mars 1955.. On y voit cette fois encore plusieurs vedettes lors des premières, dont Isabelle PiaLes Journées du cinéma, ’’Le Senonais libéré’’, 30 mars 1955..
C'est ensuite Calais en octobre de la même année« Les grandes journées du cinéma », Nord Littoral, 14 septembre 1955.. Claire Olivier et Jean-Jacques Delbo s'y rendent. En bilan, Liberté parle de « Calais a été pendant huit jours le fief des contrebandiers du cinéma », Liberté, 30 octobre 1955., tandis que Le Parisien note que si les deux premières journées furent peu courues, la suite de la manifestation connut un vif succèsAndré Lafargue, « À Calais, il n'y a pas que les bourgeois pour assister aux Journées du cinéma », Le Parisien, 31 octobre 1955..
Entre 1953 et 1959, est édité un organe, Les Journées..
En 1956, l'édition tourangelle est saluée par François Truffaut, qui juge qu'elles permettent de pour le cinémaFrançois Truffaut, « Les Journées du cinéma de Bourges ont réveillé les spectateurs », Arts, , 3 octobre 1956. ; et de louer le de ses animateurs, permettant une . Une soirée est consacrée, cette année-là, au western.
Le festival se poursuit encore sous cette forme jusqu'en 1961.
Après 1955 : Tours Ce festival est la première manifestation cinématographique exclusivement consacrée au court métrage. Il s'ouvre en 1955, du 23 au : quarante-quatre films y sont présentés, dont neuf français. Le jury comprend notamment Abel Gance, Francis Poulenc, André Bazin et Roger Leenhardt. Quatre mille entrées sont enregistrées à l'occasion de huit séances organisées dans une seule salleHenry Moret, « Petite histoire du festival de Tours », Image et Son, n° 150-151, avril-mai 1962, pp. 37-38.
En dépit de son succès et de sa renommée, le festival doit quitter Tours pour Grenoble après son édition de 1968, victime d'une décision du maire de la ville, Jean Royer« Le festival du court métrage a dû décamper après notamment la censure du film Hanoï présenté par Cuba en 1968 » (Michel Jouet, Jean-Jacques Martin, Jean Royer : un réformisme autoritaire, Éditions sociales, 1975, p. 79).
Une nouvelle édition a été lancée en 1970, mais ses organisateurs précisèrent alors qu'il ne s'agissait pas d'une reprise de la formule adoptée en 1955Bernard Briais, « À Tours, un festival du « court-métrage » qui « tourne court » ! », sur le site almanachs.fr .
Films ayant obtenu le Grand Prix 1955 : Royaumes de ce monde de Roger Livet 1956 : Dimanche à Pékin de Chris Marker 1957 : La Joconde de Henri Gruel 1958 : Sept Arts de Ion Popescu-Gopo 1959 : We Are the Lambeth Boys de Karel Reisz 1960 : Actua-Tilt de Jean Herman 1961 : La Rivière du hibou de Robert Enrico 1962 : Les Mammifères de Roman Polanski 1966 : La Surface perdue de Dolorès Grassian 1968 : Vous êtes des hommes comme les autres de Bryan Stanley Johnson
Bibliographie Pierre Billard, « Courts métrages français, capitale : Tours », Cinéma 57, , André Bazin, « Tours, la Venise du court métrage », France Observateur, Jacques Rivette, « Un festival sans suspense : 1er prix à la Joconde d'Henri Gruel », Arts , - , p. 8. Marcel Martin, « Trois petits Tours et puis s'en vont... », Cinéma 62, , , pp. 41-44. Bernard Cohn et Michel Perez, « Tours, premier bastion de la culture UNR », Positif, , Donatien Mazany, Tours, capitale du court métrage - Les journées internationales du court métrage, 1955-1971, Anovi, 2015Léo Souillés, note de lecture, 1895, , 2016 .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Vidéos
Articles connexes Liste de festivals de courts métrages en Europe
Liens externes
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