Arthur de Montalembert né le à Wezembeek-Oppem et mort le dans le camp de concentration de Mauthausen, est un résistant et un agent français de la section F du SOE britannique pendant la Seconde Guerre mondiale.
Biographie Arthur de Montalembert naît le à Wezembeek-Oppem dans le Brabant flamand (Belgique)., fils d'André de Montalembert et d'Anne de Hemricourt de Grunne. Mobilisé en avec le grade de lieutenant de réserve, il est blessé en et démobilisé en août.
RésistantDossier 16P 174109, Service historique de la Défense, Vincennes à Ancinnes (Sarthe), il est recruté par France Antelme, chef du réseau BRICKLAYER, pour intégrer la section F (pour France) du Special Operations Executive (SOE) et les réseaux Buckmaster en France, où il obtiendra le grade de lieutenant de l’armée britannique (matricule 309241)Estevès rapporte qu'Arthur de Montalembert aurait suivi un entrainement en Grande-Bretagne après son recrutement et qu'il serait revenu en France en avril 1943, mais cette information n'est pas étayée ni confirmée par ailleurs.. Sous le nom de guerre de « Bistouri », il rejoint le réseau SATIRIST d'Octave Simon à sa création début 1943, avec le groupe de résistants ancinnois qu'il a formé, et participe à la réception de plusieurs parachutages dans l’Orne et la Sarthe, notamment le sur les terres de l’Hermitière (Val-au-Perche).
Un parachutage a lieu sur les terres de Vaubezon (Ancinnes) dans la nuit du 14 au , au lieu-dit « La Valtaurine », suite au message sur la liste du mois de juin de la BBC : « Elle est bleue aux fleurs rouges ». Outre Arthur de Montalembert, l’équipe de réception comprend Octave Simon, André Malo, un gendarme, Paul Lottin, un garagiste, Paul Drecq, un facteur, et Jean Célier, un propriétaire terrien du voisinage.
Dans le cadre de la vague d’arrestations qui frappe le réseau PROSPER Physician de Francis Suttill à partir du , la Gestapo débarque le à Ancinnes et arrête plusieurs membres du groupe, dont Paul Lottin qui mourra en déportation. Absent d’Ancinnes ce jour-là, Arthur de Montalembert échappe au coup de filet et se réfugie quelques jours à Paris chez une amie.
La Gestapo arrête alors le son père, André de Montalembert, et le retient en otage à la prison de Fresnes jusqu’à reddition ou arrestation d’Arthur.. Entretemps, celui-ci a rejoint Henri Garry et le seconde, avec la radio Noor Inayat KhanC'est cette agente britannique du SOE (d'origine indienne et américaine), premier agent féminin à être envoyé en France comme opérateur radio, qui annoncera à Londres le 4 octobre l'arrestation d'Arthur de Montalembert., dans la création du réseau « BELLIARD Phono » (sous-réseau de « PROSPER Physician ») actif dans la Sarthe et la Mayenne, avec lequel il réceptionne un dernier parachutage dans la nuit du 15 au , à la ferme Chambrin, au nord de Luché-Pringé (Sarthe) à la suite du message de la BBC : « Une mansarde à Paris, une chaumière en Touraine ».
Arthur de Montalembert est finalement arrêté au Mans (Sarthe) le , et ramené le jour même à Paris par la GestapoCertificat du Ministère des Anciens combattants du 20 mai 1948. Dans une lettre du , sa mère, Anne de Grunne-Montalembert, raconte l’arrivée d’Arthur, encadré par deux policiers en civil de la Gestapo, à la Gare Montparnasse où elle se trouvait par hasard avec son fils ainé, Jean-Charles. Ce dernier est interpellé sur le champ mais relâché le soir même, ainsi qu’André de Montalembert le après trois mois d’emprisonnement à Fresnes.
Après avoir été interné plusieurs mois à Fresnes, Arthur passe en jugement à Vichy en « pour actions contraires aux intérêts de la France » ; le représentant de l’Irlande auprès du gouvernement de Vichy est intervenu en sa faveur. Dans le même temps, le SOE adresse cette demande à la hiérarchie militaire : Dossier militaire britannique HS9 / 1052 / 8.
Transféré au camp de Royallieu (stalag 122) à Compiègne, Arthur de Montalembert (matricule 30415) est déporté le par le convoi I.203. Il arrive au camp de Neue Bremm (Sarre) le et finalement au camp de Mauthausen le Dossier AC 21 P 442 596 au Service historique de la Défense, Caen, où on lui donne le matricule 64577 et le code NN (Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard) réservé aux déportés qui ne doivent pas sortir vivants des camps. De plus, il ne peut pas faire l’objet de réponse aux éventuelles demandes d’information émanant des autorités françaises ou de la Croix-Rouge. Arthur de Montalembert est soumis aux travaux forcés à Melk le , au camp central le (à la carrière de sinistre mémoire), à Peggau le , et de nouveau au camp central le Dossier du matricule 64577 aux archives du Monument Mauthausen III à Mauthausen. Il décède le à l’infirmerie du camp central par suite de mauvais traitementsLe certificat du Sanitätslager de Mauthausen signé par la Blockäteste et par le Blockführer date la mort au 16 décembre 1944 à 7h du matin, alors que indiquent le 17 décembre. (cf. le témoignage d’un co-détenu, Philippe Freyre.). Ce n’est pas avant le que les services britanniques, par un courrier signé de Vera AtkinsAdjointe du colonel Buckmaster, Chef de la Section F basé à Londres., sont en mesure de confirmer sa mort à la famille.
Reconnaissance
Monuments Valençay. En tant qu'un des 104 agents de la section F morts pour la France, Arthur de Montalembert est honoré au Mémorial de Valençay (Indre, France). Brookwood. Le nom d’Arthur de Montalembert figure sur le Brookwood Memorial (panneau 22, colonne 1) au cimetière de Brookwood (Surrey) au sud-ouest de Londres, où sont honorés les et hommes morts en action et dont les dépouilles n’ont pas pu être retrouvées et enterrées. Mauthausen. Le nom d’Arthur de Montalembert est l’un des six inscrits sur une plaque commémorative apposée au mémorial de l’ancien camp de concentration de Mauthausen (Autriche). Cette plaque, réalisée à l’initiative de The Secret WW2 Learning Network, a été inaugurée le . La Roche-en-Brenil. Le nom d’Arthur de Montalembert est l’un des huit inscrits sur le monument aux morts de La Roche-en-Brenil (Côte-d'Or) au titre de la Seconde Guerre mondiale. Paris. Le nom d’Arthur de Montalembert est inscrit sur plusieurs plaques commémoratives à Paris : à la mairie du 7e arrondissement ; à la basilique Sainte-Clotilde ; au cimetière de Picpus.
Voies Ancinnes. Le nom d’Arthur de Montalembert est l’un des quatre inscrits sur les plaques de la rue des Déportés et Résistants 1939-1945, à Ancinnes (Sarthe) Ormesson-sur-Marne. Une rue porte le nom d’Arthur de Montalembert à Ormesson-sur-Marne (Val-de-Marne)
Distinctions à titre posthume « pour services de guerre exceptionnels » (décret du ).. . La mention « Mort pour la France » est portée sur l'acte de décès le Certificat du Ministère des Anciens combattants n° ECD.2 CD/JB 107 du 23 août 1948..
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
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Dossier 16P 174109, Service historique de la Défense, Vincennes. Dossier AC 21 P 442 596, Service historique de la Défense, Caen.
Articles connexes Famille de Montalembert
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