Le tin whistle, aussi appelé tin(-)whistle, whistle, penny whistle, Irish whistle, feadóg, feadóg stáin, ou flûte irlandaise au Canada, est un instrument à vent de type bois. Il s’agit d'une flûte droite à six trous, généralement en métal et couramment utilisée dans la musique des îles Britanniques (Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande). Elle dispose d'un conduit permettant de canaliser l'air émis par le musicien vers le biseau. Ce type de conception se retrouve également avec le flageolet et la flûte à bec. Un joueur de tin whistle est appelé tin whistler ou simplement whistler dans la langue du pays d'origine. Le tin whistle est également désigné par le terme généraliste de flûte irlandaise.
Histoire
Prédécesseurs Le tin whistle dans sa forme moderne provient d’une large famille de flûtes, que l’on retrouve sous de nombreuses formes et dans beaucoup de cultures à travers le monde. En Europe ce type d’instrument possède une riche histoire et prend des formes variées ; les plus connues sont la flûte à bec, le tin whistle, le flabiol ou le txistu.
Presque toutes les cultures primitives possédaient un type de flûte, qui est probablement le premier instrument de ce type utilisé par l’homme. Parmi les plus anciens exemples, on trouve une flûte du Néanderthal datée de 53000 à 81000 The Neanderthal Flute, Crosscurrents #183 1997 Greenwich Publishing Canada The Clarke Tin Whistle By Bill Ochs, une flûte allemande datée de 33000 ou encore une flûte en os de mouton trouvée dans le Yorkshire de l'Ouest et datée de l’âge du fer. Des écrits décrivent un type de flûte présente dans la Rome antique et la Grèce antique, respectivement l’aulos et le tibia.
Au tout début du haut Moyen Âge les peuples d’Europe de l’Ouest se servaient d’instruments comme des flûtes en os au en Angleterre English Medieval Bone Flutes c.450 - c.1550 AD. By Helen Leaf ou en Irlande.
À partir du apparurent des flûtes italiennes de différentes taillesThe Cambridge Companion to the Recorder John Mansfield, Thomson et al, 1995 CambridgePerformance practice: a dictionary-guide for musicians By Roland John Jackson, on retrouve en Irlande des flûtes en os, et au en Écosse, un Tusculum whistle, une flûte métallique de
Au , les flûtes étaient appelées flageolets, un terme désignant une flûte avec une tête fabriquée en France. Ces instruments sont liés au développement du flageolet anglais, français et de la flûte à bec à la Renaissance et à la période BaroqueWhistler's Pocket Companion By Dona Gilliam, Mizzy McCaskill. Le terme flageolet est encore préféré aujourd’hui par certains fabricants de tin whistles, plus à l’aise avec ce nom désignant une large gamme de flûtes incluant le tin whistle Mel Bays Complete Irish Tin Whistle Book By Mizzy McCaskill, Dona Gilliam.
tin whistle Le tin whistle moderne provient des îles Britanniques, en particulier d’Angleterre où il fut produit en série par Robert Clarke (1840 - 1882) à Manchester et plus tard New Moston. Jusqu’en 1900, ces tin whistles étaient appelés «», ou plus simplement «». Le système de doigté à six trous est similaire au système simple des flûtes anglaises («simple» par opposition au système Boehm). Toutefois l’échelle diatonique des six trous est également utilisée pour les flûtes baroques, et était parfaitement connu bien longtemps avant que Robert Clarke ne lance la production de son tin whistle autour de 1843. Son premier tin whistle, le Meg, était accordé en La aigu, et fut par la suite produit en d’autres clés, adaptées pour la «». Robert Clarke dévoila ses tin whistles lors de l’Exposition universelle de 1851.
Le tin whistle de Clarke s'apparente en quelque sorte à un tuyau d'orgue dont on aurait aplati une extrémité pour former le becThe Oxford companion to musical instruments By Anthony Baines, et est généralement fait d'une feuille de fer blanc ou de laiton enroulée. Des tin whistles industriels apparurent sur le marché à partir de 1840, et furent produits en masse et largement diffusés en raison de leur prix modique.
Le penny whistle étant généralement considéré comme un jouet une hypothèse serait que ce nom provient du penny dont les enfants ou les musiciens des rues qui en jouaient étaient récompensés par leurs auditeurs. En réalité, c'est du faible prix d'achat de l'instrument qu'est née l'appellation : les tin whistles de Clarke étaient vendus pour un penny et c'est ainsi que les surnoms de penny whistle ou tin whistle sont parvenus jusqu'à nous.
Le nom tin(-)whistle apparaît dès 1825Oxford English Dictionary online edition, mais il faut attendre le pour que les termes tin whistle ou penny whistle s'imposent dans le langage courantOn ne les trouve en effet dans aucun dictionnaire, lexique ou encyclopédie du début du .
L'instrument devint populaire dans plusieurs familles de musique traditionnelle, telles que celles d'Angleterre, d'Amérique du Nord, d'Écosse et d'Irlande. Son prix très abordable fit de lui un instrument populaire aussi présent que l'harmonica. Dans la seconde moitié du , d'autres industriels comme Barnett Samuel et Joseph Wallis se mirent également à commercialiser ce genre de flûtes, mais en cuivre. Comme beaucoup de flûtes anciennes, elles présentaient une embouchure partiellement en plomb. Ce dernier élément étant toxique, il est recommandé de prendre des précautions lorsque l'on joue d'une flûte de ce type.
La flûte Generation apparut au début du , également caractérisée par un tube en laiton et une embouchure en plomb. Après quelques années, le plastique remplaça le plomb.
Bien que ces flûtes aient été conçues pour des registres élevés, le low whistle (flageolet grave, 1 octave en dessous) n'est pas un inconnu des historiens. Le Museum of Fine Arts de Boston recèle un exemplaire d'un low whistle du , provenant de la fameuse collection Galpin. Les années 1960, caractérisées par la renaissance de la musique traditionnelle irlandaise (les Dubliners), virent la redécouverte du low whistle par Bernard Overton, à la demande de .
Sa popularité croissant au fil des festivals de musique celtique, le penny whistle fait à présent partie intégrante de nombre d'univers musicaux traditionnels, notamment en Angleterre, en Écosse et en Irlande, compte tenu de son prix modique (moins de 10 dollars [~ 8,50 €]) et de sa relative facilité d'accès (absence d'embouchure compliquée et doigté quasi identique à celui de la flûte traditionnelle à six trous). Le tin whistle est l'instrument populaire par excellence de la musique traditionnelle irlandaise d'aujourd'hui et al., p. 397.
Facture Les tin whisles modernes sont composés le plus souvent d'un tube en laiton, ou en laiton plaqué de nickel, et d'une embouchure en plastique. Se classent dans cette catégories les flûtes Generation, Feadóg, Oak, Acorn, Soodlum's (dénommées désormais Walton's). On trouve également des flûtes coniques en métal, avec une tête en bois placée à l'extrémité la plus large ; la marque Clarke est la plus représentative de cette catégorie. Enfin, des types moins communs tout en métal, en PVC, en bois ou la flûte Flanna à section carrée viennent compléter l'éventail de l'offre.
Les dernières années ont vu l'apparition d'instruments plus élaborés, fabriqués à la main, d'un prix plus élevé que le penny whistle standard (quelques centaines de dollars l'unité, ce qui reste néanmoins moins chers que la plupart des instruments). Les fabricants de ces flûtes sont en général des artisans individuels ou des petits groupements d'artisans. On les retrouve communément chez les luthiers d'Irish flute et d'Uilleann pipes, qui produisent des instruments à l'unité.
Low whistles
Il existe des whistles plus longs, et d'un diamètre plus grand, et qui par conséquent, produisent des sons une octave (plus rarement deux) plus bas. Les flûtes de cette catégorie possèdent un tube métallique ou en plastique. On les nomme généralement low whistles, mais aussi concert whistles (whistle de concert). La technique de jeu du low whistle est similaire à celle des whistles standards, mais la tradition veut que ces flûtes soient considérées comme des instruments distincts.
Le terme whistle soprano est parfois utilisé pour les tin whistles quand il nécessaire de les distinguer des low whistles.
Le jeu La tonalité
Le tin whistle est un instrument diatonique, c’est-à-dire qu’il peut être utilisé pour jouer en deux tons majeurs, ainsi que dans leurs gammes relatives mineures. Le tin whistle est identifié par sa note la plus basse, qui est la note tonique de la gamme majeure la plus basse. Cette méthode de détermination de la tonalité de l’instrument diffère de celle utilisée pour les instruments chromatiques, basée sur la relation entre notes écrites et son émis. Les tin whistles sont disponibles en un grand nombre de clés.
Les tin whistles les plus courants utilisent les gammes de ré et sol majeur. Ré étant la note la plus grave, ces flûtes sont appelées tin whistle en ré. On trouve ensuite des tin whistles en do (pour les tonalités en do et fa majeurs). Ces derniers sont communément utilisés en musique folk nord-américaine, alors que les flûtes en ré sont les plus présentes dans les musiques irlandaises et écossaises.
Bien que le tin whistle soit un instrument diatonique, il est néanmoins possible d’obtenir des notes qui n’appartiennent pas à ces deux tonalités majeures, soit en bouchant partiellement un trou (half-holing ou demi-trou), soit en combinant ou croisant des doigtés. Le half-holing étant néanmoins d’une justesse approximative, et les tin whistles étant disponibles dans la plupart des tonalités, un whistler choisira une flûte adaptée au ton de la pièce à jouer, et réservera les demi-trous pour les altérations accidentelles. On trouve des tin whistles dont l’embouchure mobile peut s’adapter sur plusieurs tubes de tonalités différentes.
Doigtés et registres Les notes sont obtenues en ouvrant tous les trous avec les doigts. Une fois tous les trous bouchés, le tin whistle produit sa note la plus basse, la note tonique de la gamme majeure. En ouvrant l'un après l'autre les trous en commençant par le bas, on obtient successivement les autres notes de la gamme : la seconde avec un seul trou débouché, puis la tierce avec deux doigts levés, et ainsi de suite. L'ensemble des trous ouverts produit la septième.
Comme pour la plupart des instruments à vent, les registres supérieurs sont obtenus par une plus forte pression du souffle, ou de la vitesse du flux gazeux, dans le sifflet, ce qui augmente la fréquence des vibrations de l'air (voir l'allée de tourbillons de Karman). Par comparaison, ce phénomène sur une flûte traversière est généralement obtenu en réduisant l'ouverture de l'embouchure. Pour un tin whistle, à l'instar des autres flûtes à bec qui ont une ouverture et un flux gazeux de directions fixes, c'est la vitesse de l'air qui est utilisée.
Les doigtés de l'octave supérieur sont pratiquement les mêmes que pour l'octave de base, bien que des combinaisons soient parfois nécessaires sur les sons les plus aigus pour corriger l'effet d'abaissement des sons provoqué par une colonne d'air plus dense. De plus, la note tonique du deuxième octave est en général jouée avec le trou supérieur de la flûte partiellement débouché ; ce doigté empêche un retour indésirable dans le registre bas, et participe à la correction de la justesse. Pour obtenir le même effet, les flûtes à bec classiques utilisent le trou situé sous la flûte, à l'emplacement du pouce gauche.