Albert MaignanNé Albert Pierre René Maignan., né à Beaumont-sur-Sarthe (Sarthe), le et mort à Saint-Prix (Val-d'Oise), le , est un peintre et illustrateur français. La majeure partie de son œuvre est consacrée à la peinture d'histoire.

Biographie

Famille

Le père d'Albert Maignan, François Prudent Maignan était notaire. Il quitta sa charge notariale en 1853 pour s'installer à Paris avec son épouse Delphine Bline (qui est également la mère de l’artiste) et sa famille. En 1856, la famille s'installa au Mans puis retourna à Paris, en 1864.

En 1878, Albert Maignan épousa Étiennette Larivière, une pastelliste et portraitiste, fille du peintre Charles-Philippe Larivière. Le couple n'eut pas d'enfantBruno Foucart, François Legrand, Véronique Alemany-Dessaint, et al., Albert Maignan : peintre et décorateur du Paris fin de siècle, cat. exp. Paris, Fondation Taylor, - , Paris, éd. Norma, 2016..

Jeunesse et formation

Dès son enfance, Albert Maignan montra des aptitudes pour le dessin. Il effectua de 1857 à 1863, ses études secondaires au lycée Montesquieu du Mans. En 1864, il étudia le droit à Paris et obtint sa licence en 1866. Parallèlement, à partir de 1865, il commença à fréquenter l'atelier du peintre Jules Noël qui devint son maître. Il rencontra à la même époque le peintre Eugène Isabey.

En 1867, il présenta une première fois au Salon des artistes français deux œuvres : Luxeuil et Intérieur de ferme (Sarthe) ; il exposa des œuvres au Salon régulièrement toute sa vie. En 1868, il voyagea en Andalousie et en Hollande et peignit des vues de Rouen, de Cordoue, de Séville, et du canal de Suez un an avant son inauguration.

En 1869, il intégra l'atelier d'Évariste-Vital Luminais puis fréquenta, en 1871, l'Académie suisse de Paris.

Un artiste confirmé

En 1872, il devint membre de l'Association des artistes, peintres; sculpteurs graveurs et dessinateurs, créée par le baron Taylor, en 1844.

En 1874, il obtint une médaille de troisième classe du Salon des artistes français pour Le Départ de la flotte normande pour la conquête de l'Angleterre ; en 1876, une médaille de deuxième classe pour Frédéric Barberousse aux pieds du pape ; en 1879, la médaille de première classe pour Le Christ appelle à lui les affligés.

Sa notoriété s'affirma avec sa médaille d'honneur du Salon de 1892 pour La Mort de Carpeaux, acquis par l’État pour le musée du Luxembourg, désormais dans les collections du musée de Picardie à Amiens. Il reçut une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889 et la Légion d'honneur en 1895. Enfin, en 1905, il devint membre de l'Institut de France.

Il peignit aussi des portraits. C'est peut-être sous l'influence d'Henri Regnault qu'il composa également des sujets espagnols et orientaux.

Les Voix du tocsin

Les Voix du tocsin, tableau monumental que le peintre considérait comme « son œuvre capitale » commencée en 1882, lui demanda six années de travail, nourri de l’étude des grands maîtres italiens, Raphaël et Michel-Ange. Il représente une énorme cloche actionnée par des génies tirant des cordes qui barrent la composition. Derrière un épais panache de fumée, on reconnaît des toitures en feu et, dans le lointain, la silhouette de la cathédrale de Strasbourg ravagée par des bombardements prussiens de 1870. Au premier plan un drapeau français en lambeaux orné d’un crêpe noir gît au sol.

Cette œuvre achetée par l'État fut exposée au Salon de 1888, à l’Exposition universelle de 1889, puis à l’Exposition française de Moscou en 1891. Elle fut déposée au musée de Picardie à Amiens en 1892. Le tableau parla au cœur du public picard qui lui fit un accueil chaleureux ce qui émut Albert Maignan.

Peintre décorateur

Dans une seconde partie de sa carrière, vers 1889, Albert Maignan se tourne vers l'illustration et les travaux décoratifs, notamment par ses contributions au décor mural ou d'illustration d'ouvrages.

vignette|250px|Panneau du restaurant Le Train bleu, gare de Lyon à Paris. S'étant déjà essayé à la peinture murale en participant à la décoration du Salon des Lettres de l'Hôtel de ville de Paris et de la Salle des fêtes de l'Exposition Universelle en 1889, il est de plus en plus sollicité pour ce type de travaux à partir du début des années 1890. Les premiers à faire appel à lui pour une décoration murales sont les responsables de la Chambre de commerce et d'industrie de Saint-Étienne pour laquelle il réalise le décor de la salle principale (1895-1896). Il fournit, par la même occasion, des cartons de tapisserie pour la même salle.

L’État lui commande, dans les mêmes années, (1895 - 1899), un cycle de tapisseries qui ornent aujourd'hui la salle des conférences du Palais du Luxembourg.

En cette fin de siècle, il participe avec d'autres peintres à la décoration du foyer de l'Opéra-Comique de ParisInauguré en 1898 par le président Émile Loubet.. Il participe également à la décoration à fresque de Notre-Dame-de-la-Consolation, rue Jean Goujon à Paris, chapelle expiatoire des victimes de l'incendie du du Bazar de la Charité.

Il réalise en 1900 deux fresques pour le restaurant parisien Le Train bleu de la gare de Lyon. La première, située dans la Grande Salle, représente le théâtre d'Orange en présence des comédiennes Sarah Bernhardt, Réjane, Mademoiselle Bartet et Edmond Rostand ainsi que Stéphane Adolphe Dervillé, Président du Conseil d'administration de la Compagnie P.L.M. de 1899 à 1925. La seconde dans la Salle dorée, représente les Vendanges en Bourgogne. alt=Atelier de peintre de Albert Maignan, situé à Saint-Prix, transformé en maison individuelle.|vignette|Atelier de Peintre - Albert Maignan (Saint-Prix).

L'atelier du peintre à Saint-Prix, où Maignan a réalisé certaines de ses créations, témoigne de son attachement au calme et à l’inspiration offerte par le cadre bucolique du village. Rénové depuis plusieurs années, ce lieu chargé d’histoire a été transformé en une maison individuelle de . Alliant patrimoine et modernité, la demeure conserve l’empreinte artistique de son illustre occupant tout en offrant un confort contemporain.

Un collectionneur Albert Maignan possédait une vaste collection d’objets archéologiques et médiévaux qui étaient visibles dans son atelier parisien ainsi que dans sa résidence de Saint-Prix. Sa collection d’objets médiévaux était composée de sculptures romanes et gothiques, d’ivoires et de pièces d'orfèvrerie. Sa collection archéologique comportait des antiques égyptiens, grecs, romains et locaux réalisés dans des matériaux divers.

Postérité

Albert Maignan légua au musée de Picardie d'Amiens ses collections d'objets archéologiques et médiévaux, son fonds d’atelier, auquel s’ajouta plus tard celui du legs de son épouse Étiennette Larivière composé - en outre - du fonds d'atelier de son père, le peintre Charles-Philippe Larivière.

En 1929, la ville d'Amiens fit construire le pavillon Maignan-Larivière à l'arrière du musée de Picardie qui devait accueillir les collections léguées par l'artiste.

Liste des œuvres

Tableau Titre Date Dimensions Notes Lieu de conservation Gustave Worms dans le rôle de Don Carlos 1867 Paris, Comédie Française L'archiduchesse Elisabeth quitte l'Allemagne pour se rendre à la cour de Charles IX 1868 Localisation actuelle inconnue Napoléon et Marie-Louise, le jour de leur mariage, parcourant la grande galerie du Louvre 1869 Localisation actuelle inconnue Le Favori de la veille (Malaga), 1873 Localisation actuelle inconnue L'éducation du dernier roi de Grenade (esquisse) 1873 Collection particulière L'éducation du dernier roi de Grenade 1873 Localisation actuelle inconnue Départ de la flotte normande pour la conquête de l'Angleterre, Dives, 1066 1874 Paris, musée d'Orsay 190px L'Insulte aux prisonniers 1875 Amiens, musée de Picardie 190px Le portail central de Saint-Marc de Venise (esquisse) 1875 Musée Paris, musée d'Orsay Frédéric Barberousse aux pieds du pape 1876 Localisation actuelle inconnue L'attentat d'Agnani ou La foule en révolte 1877 Collection particulière 190px L'amiral Carlo Zeno 1878 Lille, musée des Beaux-Arts Louis IX console un lépreux 1878 Angers, musée des Beaux-Arts Le Christ appelle à lui les affligés 1879 pour l'église Saint-Nicolas-des-Champs Ivry-sur-Seine, Dépôt de la COARC de Paris Renaud de Bourgogne affranchit Belfort 1879 Belfort, mairie Les derniers moments de Chlodobert 1880 Melbourne, National Gallery of Victoria Religieuse dans un parc vers 1880 Amiens, musée de Picardie Mathilda (esquisse) 1881 Amiens, musée de Picardie Dante rencontre Mathilda (esquisse) 1881 Amiens, musée de Picardie Tête de Mathilda 1881 Amiens, musée de Picardie Dante rencontre Mathilda 1881 Amiens, musée de Picardie Dante rencontre Mathilda (réduction) vers 1881 Collection particulière Les Voix du Tocsin, le beffroi de Saint-Prix 1882 Amiens, musée de Picardie Le Sommeil de Fra Angelico 1882 Saint Valery en Caux