Guillaume de Genève, mort le , est un comte de Genève (1220/25 à 1252), à la suite de son frère Humbert de Genève, sous le nom de .
Biographie Jeunesse Guillaume (Willelmus/Willelme) de Genève naît à une date inconnue.. L'année 1185 est parfois donnée comme point de repère. Il est le fils du comte de Genève et de sa seconde épouse Béatrice (Béatrix)... Elle est considérée comme la fille du seigneur de Faucigny, , et de sa femme Clémence, qui appartient très probablement à la famille de Briançon.
Guillaume a un frère aîné, Humbert, issu d'un premier mariage et qui succède à leur père, ainsi que deux autres frères et sœurs issus du second mariage, notamment Amédée, qui devient évêque de Maurienne (1213-1220).
Il est mentionné pour la première fois, après la mort de son père († ), dans un acte daté de (présentation en ligne ou numérique REG 0/0/1/493).. Guillaume, qualifié de (« homme prudent et noble »), accorde des lettres de protection au prieuré de Chamonix.
Conflit de succession vignette|gauche|Le château de Novel, résidence des comtes de Genève dans la ville d'Annecy jusqu'en 1219.|alt=Vue du château de Novel.
Le comte meurt le (lire en ligne ou numérique REG 0/0/1/460)., au château de Novel à Annecy.Acte du (REG 0/0/1/493).. Son frère aîné, Humbert, succède à leur père, et Guillaume reçoit une part de la succession, notamment le protectorat du prieuré de Chamonix. Il est mentionné en 1220, dans un acte concernant le prieuré Saint-Victor, aux côtés de son frère aîné et cité comme ( (lire en ligne ou numérique REG 0/0/1/582). ou )). Il est également mentionné comme comte dans un hommage à l'archevêque de Tarantaise, en .
En sa qualité de noble, Guillaume est appelé à participer, en , à la croisade contre les albigeois (lire en ligne ou numérique REG 0/0/1/508).... On le trouve au sac de Béziers, en 1209Acte de juillet 1208 (REG 0/0/1/508). (lire en ligne ou numérique REG 0/0/1/515).. Il apparaît sous le nom de . L'historien Pierre Duparc note que le futur comte .
Guillaume épouse, en 1220, Alice qui appartiendrait, selon certains historiens dont Pierre Duparc (1978), à la famille de La Tour du Pin, une puissante famille originaire du Dauphiné, rivale des Savoie. Le médiéviste Matthieu de La Corbière (2002) considère qu'elle appartient la famille de Faucigny..
À la disparition d'Humbert, entre 1220 et 1225, Guillaume s'empare du titre de son aîné, alors que deux neveux se trouvent pourtant dans la droite ligne de succession et n'ont pas renoncé à leurs droits.. Il apparait pourtant déjà avec le titre de comte lors du traité de Desingy, en 1219Acte du (REG 0/0/1/574).. Les deux neveux évincés se rendent en Angleterre, à la cour du roi dont la femme Éléonore de Provence est une parente. L'un d'eux, Ebal, dans son testament de 1259, reconnaît céder et donner à son cousin, le seigneur Pierre de Savoie, (lire en ligne ou numérique REG 0/0/1/912).. Cette disposition est à l'origine du conflit opposant le comte Guillaume au seigneur, puis futur comte .
Règne Début de règne : le traité de Desingy Le Guillaume est déjà mentionné comme comte, associé avec son frère, lors du traité de Desingy en 1219. Desingy est un bourg situé à proximité de Seyssel. Le traité est considéré comme marquant la fin du conflit entre les comtes et les évêques de Genève.. Ce conflit a débuté avec le comte un siècle plus tôt. Tout comme le traité de Seyssel de 1124, l'accord de Desingy oppose le comte Guillaume à l'évêque de Genève, Aymon de Grandson.. L'arbitrage est confié à l'archevêque de Vienne, Jean de Bernin.
À la suite de cet accord, le comte de Genève doit reconnaître qu'il est le vassal de l'évêque pour une partie du comté.. Il doit également reconnaître pour la cité de Genève.
L'une des principales conséquences du traité est surtout l'affaiblissement des comtes face à l'autre puissance montante de la région, la maison de Savoie.
Enfin, c'est en raison de ce traité que le comte de Genève décide de faire du château comtal d'Annecy sa résidence..
Dans un acte de l'année 1220, préparé notamment par l'évêque de Maurienne, Amédée, le frère du comte, Guillaume doit reconnaître que toute la vallée de Luce (l'actuel Beaufortain) avait été donnée au premier évêque de Tarentaise, Jacques d'Assyrie, et que les comtes de Genève la détenaient .. La vallée retrouve ainsi le domaine de l'archevêque de Tarentaise, qui la . Guillaume jure fidélité à l'archevêque Bernard de Chignin.
En 1225, il doit donner l'ensemble de ses droits sur Laconnex en réparation des « torts et injustices » envers le prieuré Saint-Victor de GenèveActe du (REG 0/0/1/614)..
Conflits avec le seigneur de Faucigny Les tensions entre le comte de Genève et le seigneur de Faucigny, dont la famille est vassale des comtes de Genève, sont devenues de plus en plus en courantes à partir de 1205... Celles-ci concernent notamment un droit de protection accordé, quelques années auparavant, au par le comte de Genève Humbert et l'évêque de Genève, et contesté par le comte Guillaume. Il semble, par ailleurs, qu'à la suite du conflit ayant opposé le seigneur de Nangy au comte , l'affaiblissement des Nangy a permis aux Faucigny d'étendre leur influence sur la partie haute de la vallée de l'Arve.
Une guerre semble se dérouler entre les deux maisons sans qu'on ait de mentions particulières si ce n'est un traité de paix. Ainsi, lors de la sentence rendue en , le comte réclame au sire de Faucigny, , les dots de sa mère, mais aussi celle de son épouse AliceSentence du (REG 0/0/1/613).. Selon l'historien, Matthieu de La Corbière, cette revendication indiquerait qu'Alice n'appartiendrait pas à la famille de La Tour du Pin mais à la famille de Faucigny. En effet, un acte de la comtesse Béatrice de Faucigny, fille de Pierre de Savoie, indique dans un acte de 1253, qu'elle serait la nièce de GuillaumeActe du (REG 0/0/1/856).. Lors de cette sentence, on relève d'autres litiges entre les deux seigneurs, notamment l'implantation du seigneur de Faucigny en pays de Vaud où il aurait obtenu l'hommage du comte de Gruyères, alors que celui-ci est le vassal du comte de Genève. L'arbitrage est aussi l'occasion de revenir sur la garde du prieuré de Chamonix. Il faut cependant attendre un traité de 1229 pour que Aymon de Faucigny rende la protection du prieuré au comteTraité du (REG 0/0/1/645).. D'autres points de litiges concernant des héritages ou divers droits sont abordés.
Malgré ces discussions, le conflit reprend et un nouveau traité de paix est signé en Traité du (REG 0/0/1/643).. À l'issue de ce traité le seigneur de Faucigny se doit de reconnaître que le château de Langin et ses dépendances appartiennent à la famille de Genève. Et il se reconnaît aussi homme-lige du comte.
Conflit avec Pierre de Savoie vignette|upright=1|100px|gauche|Dessin du cénotaphe du comte , dans l'abbaye d'Hautecombe.|alt=Dessin en noir et blanc en pied représentant un homme en cotte de maille et tenant un bouclier. a entrepris un rapprochement de sa famille avec les comtes de Savoie, dont les possessions tendent à encercler, et donc menacer, le comté de Genève. Cette alliance trouve son apogée en 1234 avec le mariage de Pierre de Savoie avec la seconde fille d', Agnès de Faucigny. Pierre de Savoie s'implante par ailleurs progressivement dans le Pays de Vaud, sur la frontière nord du comté de Genève. Le conflit entre les deux familles, devenus inévitables est parfois comparé à une véritable « guerre de Cent Ans », débute vers 1234..
En , , cousin germain et vassal du comte Guillaume, rend hommage à Pierre de Savoie pour le château et fief de Gex, ainsi que pour les terres détenues entre Divonne et la cluse de Gex..Acte du , « Amédée, seigneur de Gex, fait hommage à Pierre de Savoie, fils de feu le comte Thomas, en réservant la fidélité due au comte de Genevois. (...) » (REG 0/0/1/668).. Le seigneur de Savoie est par ailleurs soutenu par son beau-père .
Les deux seigneurs reprennent le conflit en 1237, mais cette fois-ci Pierre de Savoie intervient pour soutenir son parent par alliance... Au cours d'une trêve, Rodolphe, le fils aîné du comte Guillaume capture Pierre, l'enlève et le blesse.. Face à cet acte, la famille de Genève est condamnée à payer une amende considérable de Sentence du (REG 0/0/1/708) et attestation du (REG 0/0/1/716).. Le comte Guillaume ne peut réunir cette somme et donne en gage des biens fonciers et des châteaux. En 1250, la somme n'étant pas remboursée, une seconde sentence est donnée, avec cette fois la mise en gage de la seigneurie d'Arlod, un point stratégique pour le comté de Genève.. En effet, le château contrôle la frontière occidentale du comté de Genève. L'arrangement sera complété par une troisième sentence en 1260.
En 1241, le comte Guillaume pour contrer une alliance entre les seigneurs du Dauphiné et les Faucigny, organise le mariage de son fils avec la fille d', seigneur de La Tour du Pin et de ColignyDocument du (REG 0/0/1/737)... L'année suivante, il perd une position stratégique avec le château d'Arlod.
En 1249 ou 1250, la guerre reprend entre Pierre de Savoie et Guillaume.. Le seul fait connu reste la prise du château de Genève, jugé par l'historien Pierre Duparc comme « un coup de maître ». Un compromis entre les deux seigneurs est signé sous l'arbitrage de l'archevêque de Lyon, Philippe de Savoie, qui se trouve être également le jeune frère de Pierre, et choisi par les deux seigneursActe du (REG 0/0/1/821).. Cet acte du indique que Pierre de Savoie met en gage le château de Genève qu'il vient de prendre ainsi que celui d'Alinge (les deux ont été réunis avec le mariage de Pierre de Savoie et la dame de Faucigny). Le comte de Genève et ses fils Rodophe et Henri mettent en gage ceux de Ternier, de La Roche en Genevois et des Clées en Vaud, ainsi que les fiefs de Ballaison, de Rue et de Langin. Guillaume doit aussi donner ..
En 1251, Guillaume signe à Annecy un document attestant devoir une somme d'argent à son fils Rodolphe, en apportant en garantie le château d'Annecy, le bourg et le mandementActe du (REG 0/0/1/836)..
Politique religieuse La politique envers la Papauté reste un axe important pour le comte Guillaume, tout comme nombre de ses contemporains. Le comte profite d'avoir de nombreux enfants, et notamment quatre de ses plus jeunes garçons ainsi que sa fille, pour leur faire embrasser une carrière ecclésiastique.Édouard Mallet, « Du pouvoir que la maison de Savoie a exercé dans Genève », (présentation en ligne) paru dans Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 1849.. Ainsi Amédée de Genève devient évêque de Die en 1245-1276). Son cadet, Aimon, est fait prévôt de Lausanne en 1251, avant d'être chantre de Genève l'année suivanteLéon Kern, Études d'histoire ecclésiastique et de diplomatique, Payot, Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire de la Suisse romande, Lausanne, 1973, 221 pages, .. Il est fait évêque de Viviers en 1255. Robert, après avoir été chanoine de Vienne en 1252, succède à son frère en tant que prévôt de Lausanne 1272, pour terminer sa carrière comme évêque de Genève en 1276. Gui est élu évêque de Langres en 1266. Enfin, leur unique sœur en vie, Agathe, devient abbesse de Sainte-Catherine du Mont.