Le quai de Conti, ou plus couramment « quai Conti », est un quai situé le long de la Seine, à Paris, dans le .

Situation et accès Long de , il commence au 2, rue Dauphine et se termine place de l’Institut. Il est à sens unique, dans le sens est-ouest.

Origine du nom Cette voie porte ce nom car l'hôtel de Conti y avait sa principale entrée. C'est sur son emplacement que l'on commença, en 1771, à bâtir l'hôtel des Monnaies.

Historique Les plans de Merian (1615) et de Gomboust (1652) mentionnent « quai de Nevers ».

Il est cité sous le nom de « rue du quay, allant du bout du Pont neuf à la porte de Nesle » dans un manuscrit de 1636.

En 1655, le projet de construction d'un quai voit le jour :

En 1662, le gros œuvre de la construction du quai est déjà commencé, et le projet est finalisé :

Ce quai, d'abord nommé « quai de Nesle », en raison de la tour de Nesle qui en occupait toute la largeur, prit ensuite le nom de « quai Guénégaud » en raison hôtel de Guénégaud qui en était voisin, avant de prendre le nom de « quai Conti ».

En 1769, des lettres patentes prévoient l'élargissement du quai Conti :

Ces dispositions n'ont toutefois pas été exécutées.

Par arrêté du 14 fructidor an VI () le quai de Conti prend le nom de « quai de la Monnaie » :

Deux décisions ministérielles, l'une en date du , signée Monlalivet, l'autre du , ont déterminé l'alignement de ce quai. L'hôtel des Monnaies et les constructions situées entre l'impasse de Conti et l'Institut de France sont alignées ; le surplus est soumis à un retranchement considérable.

Un arrêté préfectoral du lui rendit le nom de « quai de Conti ».

Des travaux de reconstruction du quai ont été effectués entre 1851 et 1853. Il en a résulté un élargissement de la voie publique, notamment devant l'Institut de France, où la circulation était, déjà difficile et dangereuse à cette époque.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|1. Sous l'arche passe la rue de Nevers. Au débouché de la rue Mazarine, face au pont des Arts, sur l'actuel quai de Conti à la hauteur de la place de l'Institut, se trouvait l'ancien « quai des Nations » que l'on trouve sur le plan de Paris de Delagrive de 1760 à 1771. À la descente du Pont-Neuf, au coin de la rue de Nevers se trouvait en 1729, la boutique de la Veuve Pissot, libraire qui vendait le Mercure françois à l'enseigne de la Croix d'OrMercure français 1729. : Carrefour Curie. La construction du pont Neuf entraîna, à son débouché sur le quai, une forte déclivité, source d’encombrements et d’accidents. Le , le physicien Pierre Curie est écrasé par une charrette tirée par deux chevaux. Sa mort suscita une vive émotion et incita le conseil municipal à aménager l’endroit. Il est décidé d’élargir le carrefour et d’y créer une place demi-circulaire. Les immeubles avoisinants la place (rue Dauphine, quai des Grands-Augustins, quai de Conti et rue de Nevers) sont détruits. Trois immeubles sont construits en 1932, rappelant l'architecture en brique et pierre du début du de la place Dauphine, conçus par l'architecte Joseph Marrast et le sculpteur Carlo Sarrabezolles.. Ces immeubles devaient, dans le projet initial, avoir leur pendant de l’autre côté de la rue Dauphine, franchie par une arche semblable à celle de la rue de Nevers, page 134.. : emplacement de la boutique de curiosités et bijoux au Petit Dunkerque, créée vers 1760 par Granchez, natif de Dunkerque et bijoutier de la reine Marie-Antoinette. : l'hôtel des Monnaies qui abrite la Monnaie de Paris, établissement public assurant, entre autres, la gestion du musée de la Monnaie de Paris, dans l'ancien hôtel de Conti. En 1562, lors des guerres de Religion, la municipalité parisienne fait construire un ouvrage défensif en face de l’hôtel de Nevers, sur le « quai de Nevers » en bordure de la Seine. Il est appelé « Château-Gaillard ». Les plans de Truschet et Hoyau, Merian et Gomboust le représentent. Il est détruit en 1675.. À ce niveau, entre le quai et la pointe aval du square du Vert-Galant, était établi, sur la Seine, le barrage-écluse de la Monnaie. Mis en activité en 1853, il a fonctionné jusqu’à la crue de 1910 et a été détruit en 1923.. : Centre de secours (CS) La Monnaie, appartenant à la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Celui-ci n'est pas un bâtiment mais une péniche. C'est là que sont basés les pompiers plongeurs parisiens. Sur le quai, on peut notamment y apercevoir la planche de rétablissement utilisée chaque jour en exercice. : hôtel de Sillery-Genlis.; Bonaparte y résida. : ici se trouvait la librairie Maire-Nyon en 1824. Le préfet Pierre Jouhanneaud y habite à la suite de son limogeage au sujet de l'assassinat d'Alexandre de Yougoslavie. : lieu où a été conçu l'écrivain Patrick Modiano, pendant l'OccupationEmily Barnett, « Modiano fait du data », Vanity Fair, , novembre 2017, .. : l'ancien collège des Quatre-Nations abritant l'Institut de France. À son emplacement s'élevait la tour de Nesle, partie de l'enceinte de Philippe-Auguste.Statue de Condorcet par Jacques Perrin, inaugurée pour le centenaire de sa mort, le . L'homme politique est lié à l'histoire du quartier : en effet, il fut inspecteur général de l'hôtel des Monnaies et secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, à l'Institut. Par ailleurs, à une époque où la Troisième République cherche à valoriser dans la pierre des figures des Lumières, le scientifique Condorcet fait pendant au littéraire Voltaire, dont la statue est élevée de l'autre côté de l'Institut de France, quai Malaquais (de nos jours place Mahmoud-Darwich, remplacée par la statue La République). La statue de Condorcet est fondue sous l'Occupation puis une nouvelle est érigée en 1991, peu après le bicentenaire de la Révolution« La statue de Condorcet », paristoric.com, consulté le 19 février 2021..Le , une manifestation en faveur du droit de vote des femmes, organisée par Séverine et réunissant , se déroule entre le jardin des Tuileries et la statue de Condorcet. Il s'agit du premier rassemblement public démonstratif de ce type en France.Saskia Hanselaar, « La marche du 5 juillet 1914 pour le droit de vote des femmes », https://histoire-image.org/, consulté le 19 février 2022..En 1820-1822, domicile de Guillaume Guillon-Lethière (1760-1832), directeur de l'Académie de France à RomeBottin de 1820.. : le sculpteur Auguste Dumont (1801-1884) y a vécu et est mort.

Dans la littérature Dans le roman À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, le salon des Verdurin se trouve quai de Conti.

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie . Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1812.

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

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