Clausen est l'un des de Luxembourg-ville.

En 2026, il compte , dont 72% de non-luxembourgeoishttps://www.vdl.lu/sites/default/files/media/ni/document/Etat%20de%20la%20population%202025sommaire_0.pdf.

Situation géographique Le quartier Clausen a une surface de 36.06 ha et se situe au centre de la capitale. Il est limitrophe au nord, de Kirchberg, à l’est, de Neudorf/Weimershof et Cents, au sud, du Grund, et à l’ouest, de Pfaffenthal. L’Alzette traverse le quartier et le divise en deux parties. Il est situé juste à l’est du Pfaffenthal et juste au sud-ouest du Kirchberg. Il fait partie des vieux quartiers de la ville.

Historique et origine gauche|vignette|Château La Fontaine, par Johannes Blaeu|350x350px Clausen est un quartier bas, enclavé entre les hautes falaises des plateaux qui forment la ville. Il est traversé par l'Alzette, un affluent de la Sûre.

À l'origine on trouve un ermitage dépendant de l'abbaye de Neumünster, d'où le quartier tire son nom (de claustra, clôture). En 1563, Pierre-Ernest de Mansfeld, gouverneur du Luxembourg, en négocie le rachat pour y établir un immense château renaissance, l'un des plus beaux d'Europe, doté d'un remarquable parc à fabriques. Il profite de ce que le terrain est doté de nombreuses sources pour y créer une multitude de fontaines, d'où le nom de l'ensemble : château La Fontaine. À sa mort, il le lègue au roi d'Espagne, espérant qu'il sera plus à même de l'entretenir que ses héritiers. Fatale erreur : le roi le dépouille de toutes ses sculptures, puis s'en désintéresse. Il va rapidement tomber en ruine et quasiment disparaître. Le quartier sombrera ainsi dans la banalité. il est néanmoins aussi marqué par l'implantation de nombreuses brasseries. Clausen est un faubourg de la ville proche de l’Alzette peuplé depuis le Moyen Âge. Sur le Plateau Altmünster surplombant l’Alzette se trouvait depuis le 11e siècle l’abbaye bénédictine de Munster, transférée au Grund après 1543. Peu de temps après, Clausen a été marqué par l’empreinte du comte de Mansfeld, gouverneur de la ville de 1545 à 1604. Les vestiges de son somptueux château et ses jardins sont aujourd’hui protégés par les sites et monuments et intégrés dans un parc. S’y ajoutent les bâtiments de brasseries aujourd’hui désaffectées, dont certains déterminent encore l’image de ce quartier vivant.

Les brasseries de Clausen Les brasseries occupent une place importante dans l’histoire du quartier de Clausen. Elles ont été étudiées par Jules Lefort (À propos des anciennes brasseries d’Altmunster et de Pierre de Mansfeld), Marcel Schmit (Der Lebensweg einer vierhundert-jährigen), Robert Bassing (Clausen, cité de la bière) et Alphonse Kemp (La Brasserie de Clausen à Luxembourg : aperçu historique depuis sa création par le comte P.-E. de Mansfeld jusqu’à nos jours : 1563 – 1930).

De la brasserie Mansfeld à celle de Clausen vignette|Ancienne brasserie Mansfeld Après avoir entrepris, en 1563, de construire son château, le comte Pierre-Ernest de Mansfeld fit édifier une brasserie au bord de l'Alzette. Lors de travaux en 1929, on retrouva dans les vestiges de l’ancienne salle de brassage les initiales de l’ancien gouverneur du duché de Luxembourg (P. E. M.) surplombées d’une couronneJoseph-Henri-Alphonse Kemp, La Brasserie de Clausen à Luxembourg : aperçu historique depuis sa création par le comte P.-E. de Mansfeld jusqu’à nos jours : 1563 – 1930 (Luxembourg: Victor Buck, 1930), 17; Jules Lefort, « À propos des anciennes brasseries d’Altmunster et de Pierre de Mansfeld », in Centenaire de la Fanfare grand-ducale de Clausen : 1851-1951 : programme officiel, éd. Fanfare grand-ducale (Luxembourg: Impr. P. Linden, 1951), 119.. Après la mort du gouverneur Mansfeld, ses biens immobiliers furent laissés à l’abandon : les pierres des bâtisses furent réutilisées pour construire la cathédrale Notre-Dame des Jésuites et les habitants de Clausen profitèrent de cette carrière de pierre pour construire leurs maisons. La brasserie et la conciergerie de l’époque de Manfeld survécurent néanmoins au processus de démolitionRobert Bassing, « Clausen, cité de la bière », Ons Stad 22 (1986): 7. D’après Alphonse J.-H. Kemp, tous les biens de Mansfeld avaient été vendus aux enchères, c’est ainsi que la brasserie fut acquise par l’Ordre teutonique. L’ancienne brasserie, devenue la commanderie de l’ordre militaire, resta en leur possession jusqu’à la Révolution françaiseKemp, La Brasserie de Clausen à Luxembourg : aperçu historique depuis sa création par le comte P.-E. de Mansfeld jusqu’à nos jours : 1563 – 1930, 17..

En 1757, la brasserie avait été louée à Hubert Thyes. La famille de brasseurs Thyes était toujours locataire de la brasserie en 1781. Le , alors que la brasserie était aux mains de l’État, Henri Thyes, fils de Hubert Thyes, décida de la racheter pour une somme de 1.400.500 francsBassing, « Clausen, cité de la bière », 7; Kemp, La Brasserie de Clausen à Luxembourg : aperçu historique depuis sa création par le comte P.-E. de Mansfeld jusqu’à nos jours : 1563 – 1930, 21. Mais il connaît des difficultés financières qui l’empêchent de régler toute la somme à l’État, qui conserve les droits sur la brasserie. Ce n’est qu’en 1800 que Michel Thyes, le fils de Henri, rachète à l’État la brasserie de Clausen pour la somme de Bassing, « Clausen, cité de la bière », 7; Schmit, « Der Lebensweg einer Vierhundertjährigen », 21.. La brasserie de Clausen devient une brasserie familiale, mais le décès de François Thyes, fils de Michel Thyes complique le destin de ce site industrielBassing, « Clausen, cité de la bière », 7; Kemp, La Brasserie de Clausen à Luxembourg : aperçu historique depuis sa création par le comte P.-E. de Mansfeld jusqu’à nos jours : 1563 – 1930, 21, qui passe à son épouse, Odile Erdmer. Le , celle-ci se remarie avec le brasseur Philippe Funck. La brasserie Thyes est rebaptisée « Brasserie Funck-Erdmer », l’une des plus importantes du Luxembourg. En véritable homme d’affaires, Philippe Funck va faire en sorte de moderniser les équipements de la brasserie Funck-ErdmerKemp, La Brasserie de Clausen à Luxembourg : aperçu historique depuis sa création par le comte P.-E. de Mansfeld jusqu’à nos jours : 1563 – 1930, 21.. À la mort de Philippe Funck en 1863, son fils Philippe reprend les affaires, malheureusement ce dernier décède rapidement sans héritier légitime. La brasserie revient ainsi à sa sœur Anne FunckBassing, « Clausen, cité de la bière », 7; Schmit, « Der Lebensweg einer Vierhundertjährigen », 24.. En 1907, celle-ci décide de renommer la brasserie, qui devient « Brasserie Funck-Erdmer Anna Funck et Cie »Bassing, « Clausen, cité de la bière », 7; Schmit, « Der Lebensweg einer Vierhundertjährigen », 25..

Le , la « Brasserie Funck-Erdmer Anna Funck et Cie » se transforme en société anonyme sous le nom de « Brasserie de Clausen »Bassing, « Clausen, cité de la bière », 7; Kemp, La Brasserie de Clausen à Luxembourg : aperçu historique depuis sa création par le comte P.-E. de Mansfeld jusqu’à nos jours : 1563 – 1930, 23; Schmit, « Der Lebensweg einer Vierhundertjährigen », 25.. Le premier président du conseil d’administration de la Brasserie de Clausen est Hubert Loutsch, marié à Emmy Herchen. Loutsch est remplacé en 1934 par Guillaume Soisson qui va se consacrer à améliorer l’organisation interne de la brasserieSchmit, « Der Lebensweg einer Vierhundertjährigen », 25.. La brasserie de Clausen connaît rapidement un grand succès, grâce aux différentes modifications apportées au site et à la qualité des équipements. Le , Eugène Reichling est nommé directeur de la Brasserie de Clausen. En 1936, Joseph Engel prend la suite, remplacé en 1949 par Lucien DurySchmit, « Der Lebensweg einer Vierhundertjährigen », 26.. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les actionnaires décident de moderniser et d’agrandir la brasserie. Le site de Clausen est ainsi doté d’une salle des machines, de réfrigérateurs modernes, d’une nouvelle chaudière, de caves de garde, de soutirages pour bouteilles et fûts, d’un garage, d’un bâtiment d’administration. Ces modifications ont pu être financées grâce à l’afflux de capitaux étrangers dans l’entrepriseSchmit, « Der Lebensweg einer Vierhundertjährigen », 28.. En 1971, la brasserie de Clausen fusionne avec la Brasserie de Luxembourg anct. Mousel & Cie, le site brassicole est rebaptisé « Brasseries Réunies de Luxembourg Mousel et Clausen – Société anonyme »Bassing, « Clausen, cité de la bière », 6-7.. En 1985, une partie de la brasserie de Clausen est démolie»Brasserie Clausen », consulté le 4 avril 2012, https://www.industrie.lu/brasserieclausen.html..

De la brasserie Münster à celle de Mousel vignette|Ancienne brasserie Mousel vignette|Les Rives de Clausen en 2012 L’histoire de la brasserie commence avec la fondation de l’abbaye de Münster par le comte Conrad de Luxembourg sur le plateau Altmünster, non loin du château comtal. Les moines de cette abbaye bénédictine furent les premiers à avoir brassé de la bière au Luxembourg. À travers certaines sources datant de la première moitié du (vers 1511), les historiens ont localisé l’emplacement de la brasserie sur celui de l’actuel site des rives de ClausenLefort, « À propos des anciennes brasseries d’Altmunster et de Pierre de Mansfeld », 114.. On estime que les premières productions brassicoles issues de l’abbaye de Münster datent du début du . Les moines de Münster cultivaient eux-mêmes les céréales et le houblon. Les meules brassaient jusqu’à dix fois par anLefort, « À propos des anciennes brasseries d’Altmunster et de Pierre de Mansfeld », 112-113.. Après la destruction par les troupes de Charles Quint de l’abbaye de Münster en 1543, seuls les moulins, les fours et les bâtiments brassicoles situés près de la rivière, furent plus ou moins épargnés. Lors de la prise de la ville de Luxembourg en 1684 par Louis XIV, Clausen est l’un des premiers quartiers touchés par l’assaut. La brasserie et certains moulins ont beaucoup souffert des attaques. Après l’assaut, les religieux n’ont pas cherché à reprendre la brasserie. Elle est reprise par Charles-Guillaume Kellner et à son épouse Anne Ransonnet. En 1750, la brasserie est vendue aux enchères et rachetée par Anne Nillen, une cohéritière de la famille Welfring-HensgenLefort, « À propos des anciennes brasseries d’Altmunster et de Pierre de Mansfeld », 116..

La mauvaise gestion de la brasserie va contraindre les propriétaires à revendre celle-ci à Antoine Pescatore et à son épouse Marie-Catherine Buisson, le . Jusqu’au , la brasserie va rester aux mains de cette famille. Après la mort de Joseph-Antoine Pescatore, son épouse Angélique Naveau décide de vendre la brasserie à Nicolas Schmit et Suzanne RahmLefort, « À propos des anciennes brasseries d’Altmunster et de Pierre de Mansfeld », 117.. C’est à Nicolas Schmit que Michel Mousel va racheter la brasserie, le . À partir de 1826, la famille Mousel a apporté des améliorations à l’équipement de la brasserie qui permettent de produire ainsi une plus grande quantité de bière de qualité. Michel Mousel (1794-1845) va gérer la brasserie de 1826 jusqu’à sa mort. En 1845, son fils Jacques Mousel (1818-1856) lui succède. Jacques et son épouse, Suzanne Trierweiler vont diriger ensemble la brasserie sous le nom de « Brasserie Française et à Vapeur Mousel-Trierweiler ». Après la mort de ce dernier en 1856, Suzanne Trierweiler reprend en main l’entreprise familiale. Au fil de ces années, la brasserie n’a pas cessé de se développer. Le couple Mousel-Trierweiler a eu trois enfants, Emile, Albert et Jules, mais seuls Emile et Albert se destineront à la carrière de brasseur. En 1872, Suzanne Trierweiler-Mousel lègue la « Brasserie Française et à Vapeur Mousel-Trierweiler » à son fils Emile Mousel (1843-1910), futur député et bourgmestre de la Ville de LuxembourgBassing, « Clausen, cité de la bière », 6-7; Lefort « À propos des anciennes brasseries d’Altmunster et de Pierre de Mansfeld », 118..