Hallelujah (en hébreu « Louange à Yah) dans la Bible hébraïque et exprime l'allégresse des fidèles lors de prières ou dans des psaumes de David, est une chanson écrite par le Canadien Leonard Cohen, enregistrée pour la première fois sur son album de 1984 intitulé Various Positions.
Elle est reprise sept ans plus tard par John Cale puis, notamment, par Jeff Buckley en 1994, qui connaît un succès mondial à travers de nombreuses autres interprétations d'artistes, entrant dans le Hot 100 américain et recevant un Grammy Hall of Fame Award après la mort de son auteur en 2016.
Historique gauche|vignette|Leonard Cohen (1988) L'auteur-compositeur-interprète canadien Leonard Cohen (1934-2016) aurait écrit entre 80. et 180 ébauches de couplets pour sa chanson Hallelujah ; il en a revendiqué 150, corroborées par ses carnets contenant de multiples révisions et ajouts, et par des entretiens contemporains..
Dan Geller et Dayna Goldfine, auteurs du film documentaire de 2022 Hallelujah, les mots de Leonard CohenHallelujah, les mots de Leonard Cohen est un long métrage documentaire biographique de 2022 créé par Dan Geller et Dayna Goldfine retraçant l'histoire de Leonard Cohen, en se concentrant sur sa chanson « Hallelujah »., indiquent que Cohen a mis environ cinq ans à écrire la chanson et l'a reconfigurée à de nombreuses reprises pour ses représentations. À Bob Dylan qui lui dit composer quelques-uns de ses plus grands titres en quelques minutes ou dans un taxi, Leonard Cohen avouera modestement avoir mis « deux ans pour composer cet hymne », alors qu'il lui en a fallu plus du double encore.
En 1979, le dernier album classique de Cohen Recent Songs n'obtient pas succès. Le poète, âgé de 50 ans, « entre alors dans une période de remise en question qui le pousse à reconfigurer en profondeur son écriture ». Une première version du texte de Hallelujah, constituée de cinq à huit couplets ou strophes, est accouchée dans la douleur en 1980, avec deux conclusions, l'une plus pessimiste que l'autre.
Aux côtés de Dance me to the end of love, Hallelujah figurait initialement la première chanson sur le deuxième côté du septième album studio Various Positions de Cohen, à la production duquel son directeur musical, , collabore notamment à l'arrangement de HallelujahReynolds, Anthony (2010). Leonard Cohen: A Remarkable Life. Omnibus Press. p.184–195. . L'album est cependant rejeté par Columbia Records., notamment en la personne de son président Walter Yetnikoff, considérant qu'il était « mal mixé et trop intimiste ». ou qu'il « n'aimait pas le mélange ». Cohen a raconté que Columbia lui avait dit : « Nous savons que tu es génial, mais nous ne savons pas si tu es bon ». Ce rejet affecte profondément Leonard Cohen.
La chanson « triste et joyeuse, sacrée et profane à la fois » est également ignorée aux États-UnisNote : L'album Various Positions, qui contient deux des chansons les plus célèbres de Cohen, Dance me to the end of love et Hallelujah, remporte en revanche un bon succès en Europe. après sa sortie en 1984 grâce à un label texan indépendant, sans écho quand Bob Dylan la chante lors de quelques concerts ou Cohen lui-même l'interprète lors d'une tournée de plus de 80 concerts à la fin des années 1980, le menant jusqu'en Pologne, là encore sans grand succès, avant d'être « découverte » lors de la version légèrement différente de John Cale en 1991, qui permet au titre d'accéder à la notoriété.
À la fin des années 2000 et jusqu'aux dernières années de sa vie, en 2012-2013, Leonard Cohen entreprend des tournées à travers le monde où il interprète ses meilleurs succès lors de concerts où le public semble le redécouvrir. Sa chanson Hallelujah y est particulièrement appréciée quand elle est chantée, généralement à la fin et souvent à genoux. Quand il se produit en Israël en 2008, au stade Ramat Gan de Tel Aviv, il offre en second partie un Hallelujah plein d'émotion mystique, qu'il termine en bénissant les 50 000 personnes de son public avec la bénédiction des prêtres juifs.
Si après l'interprétation de John Cale en 1991, la chanson est reprise et interprétée par des centaines artistes, à travers les décennies, et parfois avec bonheur —notamment par Jeff Buckley en 1994 (voir infra) —, la version originale de Hallelujah n'atteint pas les classements internationaux avant la mort de son auteur en . Elle se classe alors à plusieurs reprises, notamment en France, où Cohen obtient – de façon posthume – le premier numéro un de sa carrière. et se positionne dans le Billboard Hot 100 aux États-Unis à la place et à la place des ventes numériques sur le territoire américain, cette année-là... Elle est depuis classée 11 sur la liste des 100 meilleures chansons canadiennes de tous les temps de la chaîne CBC Music.
Les différentes interprétations artistiques de la chanson peuvent inclure des couplets différents, choisis sur plus de 80 couplets que Cohen a écrits à l'origine, et des modifications ponctuelles des paroles.
De nombreux observateurs considèrent Hallelujah comme « l’une des plus grandes chansons de tous les temps ». La chanteuse et compositrice Regina Spektor la qualifie de « prière contemporaine » et de « manuel de survie moderne ». Le réalisateur d'un documentaire sur elle considère que la chanson est devenue « un véritable hymne international, religieux ou non ». Pour Le Figaro, elle reste « sans doute la prière profane la plus populaire de l'histoire de la musique ». Dans son livre intitulé The Holy Or the Broken: Leonard Cohen, Jeff Buckley, and the Unlikely Ascent of 'Hallelujah', paru en 2012, Alan Light remarque que « contre toute attente, elle est incontestablement devenue un classique moderne […] , elle est désormais universelle ».
Interprétations notables
Léonard Cohen Après sa première version parue sur l'album studio Various Positions de 1984, avec une voix plus grave et râpeuse que précédemment, et chantant dans un registre de baryton qu'il gardera, Leonard Cohen interprète la chanson originale lors de sa tournée mondiale de 1985. Ses concerts de 1988 et 1993 présentent presque systématiquement des paroles très différentes de la version originale : les accents religieux de la première version qui figure sur l'album studio et la seconde, au romantisme profane.. De même, Dan Geller, co-auteur d'un documentaire sur la chanson, fait remarquer que les interprétations de Hallelujah par Cohen — à mesure qu'il vieillit — se donnent avec des couplets et des sentiments différents. Pour le troubadour canadien lui-même, « il existe de nombreux alléluias différents » qui se reflètent dans des reprises variées avec des intentions ou des tons très différents, permettant à la chanson d'être « mélancolique, fragile, édifiante [ou] joyeuse »..
John Cale John Cale, ex-violoniste-bassiste gallois du Velvet Underground, enregistre en 1991 une nouvelle version plus érotique de Hallelujah. qui paraît sur l'album hommage à Leonard Cohen, I'm Your Fan, produit par le magazine français Les Inrockuptibles, en compagnie de 17 autres artistes ou groupes. Parmi les 15 pages de paroles que lui avait faxées Cohen, Cale n'a retenu que les couplets les plus « insolents ou malicieux ». Sa version épurée se donne juste avec une voix et un piano. Elle « séduit toute une nouvelle génération par sa gravité émotionnelle » et constitue ainsi la base de la plupart des performances ultérieures, y compris celle de Cohen lors de sa tournée mondiale 2008-2009.
Jeff Buckley En 1994, l'Américain Jeff Buckley, inspiré par John Cale, « renchérit dans l'érotisme avec son interprétation désormais mythique d'Halleluyah, auquel le jeune artiste apporte... sa sensualité démoniaque et sa mélancolie absolue », dans son premier et unique album Grace. Cette version, parmi les plus acclamées, présente 7 minutes d’un homme seul à la guitare. L'année suivante, Buckley chante son sensuel Hallelujah notamment sur les scènes parisiennes du Bataclan et de l'Olympia, « une longue incantation, chantée et parlé » ; il meurt deux ans plus tard.. Son succès devient quasi planétaire et sa reprise de la chanson de Cohen va tant marquer les esprits qu'on lui en attribuera la paternité. La version de Buckley ressort en single en 2007, soit dix ans après sa mort.
Rufus Wainwright En 2001, l'auteur-compositeur-interprète canado-américain Rufus Wainwright, beau-fils de Leonard Cohen, « livre de sa voix rauque et éraflée une interprétation lancinante du titre » pour la bande originale de Shrek , intitulée Shrek: Music from the Original Motion Picture, et choisie par DreamWorks Pictures — bien que la version de John Cale soit celle qui est entendue dans le film.. Si le choix semble improbable, Vicky Jenson, la réalisatrice de Shrek a pensé que « cela correspondait à ce mélange complexe de sentiments, rare dans un film familial » quand Shrek se lamente sur la princesse Fiona captive.
k.d. lang En 2004, la chanteuse canadienne k.d. lang offre une interprétation considérée comme impressionnante de Hallelujah sur son album Hymns of the 49th Parallel, et plus encore avec sa reprise lors du gala des prix Juno l'année suivante à Winnipeg, à l'occasion de l’intronisation de Leonard Cohen au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens en 2006, ainsi que lors des cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. Sa version émeut particulièrement Leonard Cohen.
Alexandra Burke En 2008, la Britannique Alexandra Burke est la gagnante de l'émission de téléréalité The X Factor avec sa reprise condensée de la chanson Hallelujah qui est immédiatement enregistrée et publiée en guise de récompense. Elle atteint la première place du classement des singles britanniques à Noël de la même année. Son succès suscite de l'intérêt pour les versions précédentes de la chanson voire de la rivalité.
Autres De nombreux chanteurs mélangent les paroles des deux versions, dont celle de John Cale de 1991, choisissent d'autres couplets, et parfois modifient les paroles directement ; par exemple, à la place de « holy dove » de Cohen, Rufus Wainwright dit « holy dark », tandis que l'auteure-compositrice-interprète canadienne Allison Crowe chante « holy ghost ».
Depuis 1991, Hallelujah a été interprété par plus de 300 chanteurs et artistes dans de nombreuses langues. Les statistiques de la Recording Industry Association of America (RIAA), de la Canadian Recording Industry Association, de l'Australian Recording Industry Association et de la Fédération internationale de l'industrie phonographique montrent que, fin 2008, plus de cinq millions d'exemplaires de la chanson ont été vendus au format CD. Elle figure également sur les bandes originales de nombreux films et émissions de télévision.
Après la sortie en 2009 du film Watchmen où l'on entend Hallelujah, un critique demande à ce qu'il y ait un moratoire sur cette chanson dans les films, les séries et les émissions de télévision. En réponse, Leonard Cohen dit trouver « ironique et amusant » le grand nombre de reprises de sa chanson, étant donné que sa maison de disques Columbia Records avait refusé de la publier lorsqu'il l'avait écrite pour la première fois au début des années 1980. Il ajoute : « Je suis plutôt d’accord […] je pense que c’est une bonne chanson, mais que trop de gens la chantent... on devrait cesser de la chanter pendant un moment. »« Leonard Cohen's victory march: but please, no more Hallelujahs »
Canwest News Service - April 10, 2009. Deux ans plus tard, le site Web Salon publie un article... intitulé « The criminal overuse of "Hallelujah » (La surutilisation criminelle d’« Hallelujah ») ». À l'inverse, Cohen en 2012 se dit qu'après réflexion, il est « très heureux » que sa chanson soit autant chantée.
Paroles et composition