Robert Buron, né le à Paris et mort le à Paris , est un homme politique français. Il est maire de Villaines-la-Juhel puis brièvement de Laval, député MRP de Mayenne et ministre sous les et Républiques.
Premières années
Jeunesse et études Robert Buron est né en 1910 dans une famille catholique de la bourgeoisie moyenne. Son père Henri Buron (1878-1930) est un ancien médecin, externe des Hôpitaux de Paris, devenu imprimeur, et membre du CIPF affilié à l'Action française ; sa mère est sage-femme.
Il est élève au lycée Montaigne, puis au lycée Henri-IV à Paris où il obtient le baccalauréat mathématiques élémentaires. Il envisage alors une préparation à l'École navale. Adolescent, il fréquente les Camelots du Roi à l'âge de 15 ans, et est un anti-capitaliste convaincu. Il est présent en 1927 à la cérémonie de souvenir du décès de Philippe d'OrléansL'Action française, 27 mars 1927, ..
En 1928, il est immobilisé dans un sanatorium à Berck dans le Pas-de-Calais au . où il reste deux ans. Il sera marqué par cette période de souffrance et d'inactivité physique. Il y prépare par correspondance le concours de l'École libre des sciences politiques. Il fonde le avec Suzanne Fouché (1901-1989) et quelques sympathisants l'Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées. Cette maladie lui laisse une légère claudication et le conduit à de nombreux séjours à l'hôpital.
Rentré à Paris, il est élève à la faculté de droit de l'université de Paris et achève sa scolarité à l'École libre des sciences politiques en 1931. Il suit les cours d'André Siegfried. Il sort major dans la section économique et financière. Il est docteur en droit la même année.
Au début des années 1930, il est secrétaire de la conférence Olivaint (1929-1930), cercle d'étudiants catholiques qu'il présidera ensuite. Il participe en à la fondation d'un bulletin Réaction pour l'ordre. Cette revue est royaliste et ouvertement réactionnaire. Elle est également proche du personnalisme d'Emmanuel Mounier et des « non-conformistes des années 30 » et ne cache pas sa sympathie pour le fascisme et la montée des régimes autoritaires.
Organisation professionnelle et patronale En 1932, il débute alors dans les organisations professionnelles comme secrétaire du conseil d'administration de diverses firmes coloniales. En 1933, il travaille pour le service d'études économiques de la chambre de commerce de Paris.
Ses liens avec les Croix de feu L'entre-deux-guerres voit naître des ligues républicaines d’extrême droite, notamment les Croix-de-Feu, cercle d'anciens combattants à l'origine, regroupés tout d'abord autour de Maurice d'Hartoy puis du lieutenant-colonel François de La Rocque. Politiquement, Robert Buron est à droite, voire à l'extrême droite.
Il fonde avec Suzanne Fouché en 1933 la Fédération des amicales des malades, puis en 1936 l' Union nationale des tuberculeux civils (U.N.T.C.). Le docteur Guy Hausser reprochera à l'U.N.T.CLe Populaire, 7 mai 1937, , et une proximité avec le Parti social français.
Robert Buron participe avec les Croix de feu et les Jeunesses patriotes aux évènements du 6 février 1934 à la place de la Concorde.
Comme Suzanne Fouché, il fait la connaissance de François Mauriac, écrivain catholique proche des Bénédictins de la rue Monsieur de Paris. Dans ce cercle on compte des convertis au catholicisme dans la lignée de Paul Claudel et de Jacques et Raïssa Maritain. Pour eux, la souffrance n'est pas un mal mais un chemin vers Dieu. Ce dolorisme, très présent dans la littérature d'avant garde du début du , témoigne d'un mal être du siècle où la technique ne répond plus aux besoins fondamentaux de l'homme.
En 1935, il veut préparer avec Roger Ribadeau-Dumas un ouvrage sur la décolonisation qu'ils méditent pendant deux ans. Il n'y aura pas de suite : la parution en 1937 du livre d'Henri Decugis connu pour ses idées eugénistes, Le destin des races blanches, sera la présentation de ces idées.
Engagement et enseignement professionnel Il devient secrétaire général de la Chambre syndicale nationale des Chocolatiers de France en 1937, puis de Directeur du Groupement d'importation et de répartition des cacaos jusqu'en 1940.
Il s'intéresse alors de très près à la formation des permanents patronaux. Membre du Comité central de l'organisation professionnelle (CCOP), proche du Confédération générale du patronat français, il enseigne puis dirige à partir de 1938 l'École d'application des collaborateurs et secrétaires de syndicats patronaux. Celle-ci, connue sous le nom d'École d'organisation professionnelle (EOP), est installée dans les locaux du CCOP au 23 rue Chauchat à Paris 9e. En 1941, l'École est rebaptisée École supérieure d'organisation professionnelle (ESOP). À la première section appelée "Contrôle comptable", dirigée par Paul Caujolle, s'ajoute en juillet 1941 celle de "production industrielle" dont Robert Buron devient directeur des travaux pratiques de la production industrielle. Il laissera le poste de directeur de l'ESOP en 1941 à Achille Dauphin-Meunier. L'école formait les cadres des Comités d'organisation, un ensemble d'instances créées par le régime de Vichy pour contrôler et diriger l'économie française.
Rapprochement vers la Démocratie populaire L'influence philosophique et religieuse de Jacques Maritain sur certains jeunes intellectuels proches ou ayant été proches de l'Action française, tel que Robert Buron, et comme ses encouragements aux initiatives d'Emmanuel Mounier et à la création de la revue Esprit vont contribuer, au début des années 1930, à favoriser la naissance du personnalisme des non-conformistes des années 30. Comme Maritain, Buron va être amené à approfondir parallèlement la réflexion politique et sociale, en le rapprochant des milieux de la démocratie-chrétienne. Ses convictions démocrates chrétiennes, les accords de Munich (1938) font adhérer Robert Buron sur les conseils de Georges Bidault. en 1938 aux Jeunesses Démocrates Populaires, mouvement de jeunesse du Parti démocrate populaire dans la perspective des élections législatives de 1940. Il est le délégué départemental du département de la Seine. Francisque Gay témoignera l'avoir connu aux groupes d'Amis du journal L'Aube où il aurait mené campagne contre les accords de Munich.
Famille Il se marie en avec Marie-Louise Trouillard (1910-2006) dont il a une fille, Martine.
Pendant la guerre Avant l'entrée de la France dans la Seconde Guerre mondiale, il est chargé par Georges Mandel de la mise en œuvre des campagnes de propagande en faveur des produits coloniaux.
Vichy Comité d'organisation Il est secrétaire général au Comité d'organisation des cacaos, chocolaterie et confiserie, dirigé par Pierre Abelin, créé par le gouvernement de Vichy. Il est aussi conférencier du Commissariat à la famille.
Le cinéma Il devient à partir de 1941, grâce à son ami Guy de CarmoyRégis Boulat, Jean Fourastié, un expert en productivité: la modernisation de la France, 2008 ., inspecteur des finances, et sur la demande de Évrard Bourlon de Rouvre et à la suite de son expérience dans l'organisation professionnelle, secrétaire général du Comité d'organisation de l'industrie cinématographique (COIC). Il le demeure jusqu'en 1944. Il s'agit d'un Comité d'organisation, un organisme professionnel permettant de réunir les professionnels du cinéma et de définir le cadre de leurs activités, créé par le régime de Vichy.
Robert Buron rencontre en 1942 Lucien RebatetRobert Buron est évoqué dans le tome II des Mémoires d'un fasciste de Lucien Rebatet comme ..
D'après le journaliste collaborationniste et antisémite Henry CostonContributions à la biographie de M. Robert Buron, Lectures françaises, avril-mai 1961. Henry Coston, Dictionnaire de la politique française, Paris, La librairie française, t. I, ., il aurait procédé à des liquidations d'entreprises juivesRéférence à une note pour M. Jean Coupan datée du 8 mai 1941, et concernant la liquidation des affaires israélites en Afrique du Nord, où Robert Buron se prononce pour la liquidation des entreprises juives ».
Il fait partie du jury en 1942 sur un concours organisé par le secrétariat d'État à la Famille et à la Santé et le Comité d'organisation de l'industrie cinématographique chargé de choisir parmi les meilleurs scénarios de films documentaires sur le problème de la dénatalité et sur la famille. Deux prix importants sont accordés à Atlantic-Film et aux Films Jean Mineur, présentant avec le concours de l'Alliance nationale contre la population un projet de Marc Cantagrel. Il donne à Craon en Mayenne le La Gazette de Château-Gontier, 19 avril 1942, . une conférence sur la Famille à l'occasion de la semaine de la propagande familiale.
Le corporatisme Robert Buron participe à partir de 1943 avec Alfred Sauvy, Louis Salleron et Antoine de Tavernost à un groupe de réflexion sur la population et l'action démographique. Il est aussi membre du comité consultatif institué par la loi du modifiant le régime du dépôt légal.
En ., il présente avec Marty, Georges Ardiot et Marcel Letué les grandes lignes de la future « Corporation du cinéma » promue par le régime de Vichy : c'est l'organisation corporatiste prévue par la volonté du maréchal Pétain pour servir de point d'appui dans le monde du cinéma à la Révolution nationale.
Une campagne de presse sera menée en 1945 par le Canard enchaîné concernant le rôle de Robert Buron pendant cette périodele 28 février 1945: Buronneries à la radio d'Henri Jeanson, le 7 mars 1945: Mine d'aryen, le 25 avril 1945 : L'estampillage des faux jeton.. Ces notes ressortent en 1961 dans des lettres confidentielles lorsque Robert Buron est ministre du général de Gaulle.
Contacts avec la Résistance Parallèlement à ses activités officielles, membre de l'Organisation civile et militaireDébats de l'Assemblée consultative provisoire, 1945, volume 2., il participe clandestinement à partir de 1943 au Groupe de la rue de Lille autour d'Émilien Amaury. Il participe à la rédaction des Cahiers du travaillisme français entre et aux côtés d'autres démocrates chrétiens. Il établit dans l'ombre des contacts avec le réseau Alliance où il rencontre notamment Georges et Jean-Philippe Salmson, fils et petit-fils d’Emile Salmson.
Pendant l'hiver 1943, il prend contact avec Henri Alexandre Chappoulie, représentant de l'épiscopat près du régime de Vichy, et cherche à lui faire prendre contact avec des responsables de la Résistance intérieure sur le sujet de l'école privée. Cette démarche échoue à la suite d'une série d'arrestations par la Gestapo dont sa mère internée à la prison de Fresnes, qui l'oblige à se cacher. Il est membre à partir de 1943 sous la clandestinité du Comité général d'études du Conseil national de la Résistance.
Il rejoint aussi au printemps 1944 le Comité de résistance de l'industrie cinématographique (CRIC) via la publication d'un bulletin clandestin Opéra. Le CRIC est constitué essentiellement de membres du COIC. Appartenant au réseau Opéra, Buron était l'agent de liaison entre les industriels français appartenant à la Résistance et certains dirigeants de la France libre de Londres et de New-York.
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