Le comteCréation du ; date choisie par Nicolas , s'agissant du du juriste. Les armes du nouveau comte portent en chef l'aigle impériale parée du chiffre de l'empereur, honneur extrêmement rare et témoignage de l'amitié et de la reconnaissance du prince pour son sujet. Mikhaïl Mikhaïlovitch SperanskiOu Michel Mikhaïlovitch Spéransky. (en ), né le à petit village de la région de Vladimir, et décédé le à Saint-Pétersbourg, est un homme d'État russe.
Juriste et homme politique russe, il servit Alexandre et Nicolas ; franc-maçon, il fut surnommé le Père du libéralisme russe. Il fut l'ami d'Alexandre Radichtchev (1749-1802).
Biographie Né Mikhaïl Mikhaïlovitch TrétiakoffCertaines sources contestent ce patronyme, soulignant l'ascendance servile du comte..., fils d'un pauvre prêtre de villageMikhaïl Speranski avait gardé un souvenir ému de ses dures et heureuses années d'enfance ; chaque janvier (date de son anniversaire), il dormait avec délices sur une couche faite d'une couverture jetée sur un banc., il fit ses études au Séminaire de Vladimir (c'est là qu'il adopte comme patronyme SpéranskyÉtant d'origine servile, il n'en avait pas. L'octroi d'un patronyme soulignait son accès aux classes sociales supérieures., tiré du latin speransEspérant.. Selon la légende familiale, ce serait son parent, Mathieu Bogoslovsky, qui dirigeait le séminaire, qui lui proposa ce nom) puis fut choisi pour enseigner les mathématiques et la physique dans le Grand séminaire de Saint-Pétersbourg. Ses brillantes qualités intellectuelles attirèrent l'attention du gouvernement, il devint le secrétaire du prince Kourakine. Rapidement, il devint l'homme le plus compétent parmi les fonctionnaires impériaux.
Carrière politique
L'un des moments les plus importants de sa carrière politique fut le jour où Alexandre I le prit à ses côtés afin de prendre part au congrès d'Erfurt ( au ). Le tsar chargea Speranski de s'entretenir avec Napoléon . À l'initiative d'Alexandre I, Speranski eut de longs entretiens avec le tsar concernant le projet de réforme de la Russie. La même année le souverain le nomma adjoint du ministre de la Justice.
Réformes
Le projet de réforme mis en place par Speranski se base sur la création de différentes doumas : l'assemblée cantonale (volost) qui élisent une douma de district, lesquelles élisent une douma de gouvernement, lesquelles élisent la Douma d'Empire. Après sa médiation entre le pouvoir autocrate et la Douma, il fut nommé au Conseil d'État.
Ce projet de réforme élaboré en 1809 fut presque totalement abandonné, seul le Conseil d'État vit le jour en janvier 1810, mais néanmoins Speranski domina l'histoire constitutionnelle de la Russie impériale des . En 1810, le tsar le nomma secrétaire d'État. En 1905, sera créée la Douma de l'Empire, qui porte un nom suggéré par Speranski.
Mikhaïl Mikhaïlovitch Speranski proposa l'institution d'une autonomie locale pour les districts et les régions (le zemstvo, créé en 1864). Ses travaux portèrent également leurs fruits dans la constitution qu'accorda le tsar à la Finlande et à la Pologne. Il fut le premier secrétaire d’État du Grand-Duché de Finlande de 1809 à 1811.
De 1809 à 1812, Speranski devint un homme très puissant à la Cour : il remplaça les anciens favoris, les membres du comité officieux auprès d'Alexandre , et l'empereur lui accorda sa pleine confiance, et il devint ainsi pratiquement l'unique ministre de l'Empire. Chaque question qu'il posait était débattue entre l'empereur et lui. Toutefois, l'arrivée du tout-puissant ministre de la Guerre, le comte Arakcheïev, ami et confident de l'empereur, relégua Speranski au second plan des confidents d'Alexandre. Il tenta d'utiliser son influence à des fins personnelles, ce qui précipita sa chute.
En 1810 et au cours des six premiers mois de l'année 1811, Speranski conserva la faveur de l'empereur. Il fut notamment le confident d'Alexandre dans la diplomatie secrète précédant l'invasion de l'empire russe par l'armée napoléonienne.
En 1809, Speranski commit une grave erreur, car, lui-même fervent franc-maçon, il conçut l'idée de réorganiser l'ordre en Russie, avec l'aide de Fessler, qu'il fit venir à Saint-Pétersbourg dans ce but. Il tenta de modifier la position du clergé de l'Église orthodoxe à l'endroit de la Maçonnerie, et, si l'empereur accepta d'abord les premières mesures prises, il restait méfiant envers les sociétés secrètes, et contraignit Speranski à abandonner son projet, projet qui n'avait fait qu'attiser l'animosité du clergé à son endroit.
À la veille du conflit opposant Napoléon à Alexandre, l'empereur, conscient de son impopularité, commença à changer d'attitude vis-à-vis de son favori, dont la familiarité agaçait de plus en plus. En le mettant sur la touche, l'empereur put raviver le sentiment patriotique de l'aristocratie pour en obtenir le soutien contre la France révolutionnaire. Et le favori accéléra sa propre chute par ses nombreuses maladresses : les espions rapportèrent à l'empereur les critiques qu'il formulait en privé concernant les actes des ministres et de l'empereur.
Quelques hauts personnages de l'empire russe, comme la grande-duchesse Catherine, Fessler, Nikolaï Karamzine, le comte Rostopchine et le général suédois Armfeldt ourdirent un complot afin que Speranski soit accusé de haute trahison. Si l'empereur Alexandre refusa d'écouter leurs accusations, il tint Spéranski pour responsable de son impopularité, provoquée par les réformes honnies de l'aristocratie, et procéda finalement à son renvoi en .
En 1816, Mikhaïl Mikhaïlovitch Speranski fut toutefois rappelé au service et nommé gouverneur général de Sibérie, où il établit un nouveau système de gouvernement. En 1821, il fut admis au Conseil de l'Empire. Nicolas le mit à la tête de la deuxième section de la Chancellerie impériale. En 1826, Mikhaïl Mikhaïlovitch Speranski fut l'un des membres du Tribunal suprême chargé de juger les Décembristes. Pour ce faire, il étudia les lois remontant à l'époque médiévale, afin de répondre aux mesures d'exception exigées par l'empereur Nicolas , s'évertuant à découvrir si d'autres faits similaires avaient déjà été jugés dans l'histoire russe. Ce travail déboucha sur l'étude systématique des lois existant dans l'Empire. Nicolas le nomma à la tête d'un comité pour la codification du droit russe. Sous sa direction, le comité a produit une publication de la collection complète des lois de l'Empire russe, contenant 35 993 lois, regroupées en 65 volumes de près de huit cents pages chacun. Cette codification, connue sous le nom de Collection complète des lois (Polnoye Sobraniye Zakonov), fut publiée en 1830 en soixante-cinq volumes, d'environ huit cents pages chacun. Il en rédigea quelques commentaires. Elle fut proposée à Nicolas qui en fit le socle du Recueil des lois de l'Empire russe (Свод зако́нов Росси́йской импе́рии : Svod Zakonov Rossiskoy Imperii). Ce code est entré en vigueur le et a constitué le droit applicable dans l'Empire russe jusqu'à la Révolution.
Les idées libérales développées par Speranski ont été étudiées par Kavéline (1818-1885) et Tchitchérine (1828-1904).
Bibliographie
Nicolas Ier de Russie, Alexandre Ier de Russie de Henri Troyat Georges Florovsky, Les Voies de la théologie russe, Paris, 1937, en brosse un portrait intellectuel sévère et insiste sur ses liens avec la franc-maçonnerie: « Il n'était courageux et fort que dans les constructions intellectuelles et les schémas abstraits, dans la réalité, il perdait tout de suite pied, incapable d'observer un certain decorum moral »Georges Florovsky, Les Voies de la théologie russe, Paris, 1937 ; trad. et notes de J.-C. Roberti, Paris, Desclée de Brouwer, 1991, .. « Son intelligence claire n'était pas profonde et son monde était mou et silencieux, sans vigueur ni courage » Georges Florovsky, Les Voies de la théologie russe, Paris, 1937; trad. et notes de J.C. Roberti, Paris, Desclée de Brouwer, 1991, . La guerre et la paix de Léon Tolstoï, le prince Andreï Bolkonsky un des personnages principaux du roman est un adepte de Speranski, l'écrivain montre par ce biais le besoin de réforme de la Russie tsariste du début du , ainsi que l'éternelle lutte des anciens et modernes.
Voir aussi Articles connexes Insurrection décabriste Sophiologie Mikhaïl Magnitski
Sources
Dictionnaire biographique russe, Tome 19, pages 193-241Une des biographies les plus étoffées du dictionnaire, signe du respect encore témoigné au comte 80 années après sa disparition. , , 1909.
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Personnalité libérale russe Catégorie:Personnalité politique russe Catégorie:Philosophe russe Catégorie:Membre du Conseil d'État de l'Empire russe Catégorie:Naissance en janvier 1772 Catégorie:Naissance dans le gouvernement de Vladimir Catégorie:Décès en février 1839 Catégorie:Décès dans l'Empire russe Catégorie:Décès à Saint-Pétersbourg Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière Tikhvine Catégorie:Personnalité de la franc-maçonnerie russe Catégorie:Noblesse russe du XIXe siècle Catégorie:Décès à 67 ans Catégorie:Gouvernement d'Irkoutsk