La centrale nucléaire de Cattenom est une centrale nucléaire exploitée par Électricité de France (EDF), située en Lorraine sur la commune de Cattenom, sur les bords de la Moselle à de Thionville.

La centrale est constituée de quatre réacteurs à eau pressurisée de deuxième génération, appartenant au palier P'4. Mises en service de 1987 à 1992, les tranches peuvent fournir chacune une puissance maximale nette de .

Situation géographique Le centre nucléaire de production électrique (CNPE) de Cattenom est située sur la rive gauche de la Moselle, sur la commune de Cattenom dans le département de la Moselle en région Lorraine (maintenant Grand Est). Le CNPE est à de Thionville, et des frontières allemandes et luxembourgeoises..

Le risque sismique est extrêmement faible à Cattenom, qui n'est pas placée dans une zone à aléa sismique significatifAléa sismique de la France - Carte du Ministère de l'écologie, 2008..

La centrale est implantée sur le lieu d'un ancien casernement du d'infanterie, chargé de la défense des ouvrages de la ligne Maginot situés dans la forêt de Cattenom : ouvrage du Galgenberg, ouvrage du Kobenbusch, ouvrage du Bois-Karre.

Histoire La décision d'implantation de la centrale date de 1978 sous le gouvernement de Raymond Barre. Cette décision a été fortement contestée par le Luxembourg à l'époque (cf paragraphe Opposition). Le décret d'utilité publique (DUP) est obtenu en .

Le chantier du premier réacteur de la centrale débute en 1979 et celui du quatrième et dernier réacteur se termine en 1991.

Le premier bâtiment tertiaire basse consommation de France 100 % électrique et sans panneau photovoltaïque est construit sur le site de la centrale en 2011. Il est utilisé par des équipes d’ingénierie, d’arrêt de tranche, de tranche en marche et de sécurité du CNPE..

Caractéristiques des réacteurs Le centre nucléaire de production électrique (CNPE) de Cattenom dispose de quatre réacteurs nucléaires à eau pressurisée (REP) de mégawatts électriques chacun, et appartenant au palier P'4 (comme les réacteurs des centrales nucléaires de Belleville, de Nogent, de Golfech et de Penly). Ce sont des réacteurs de deuxième génération. Les quatre réacteurs sont construits par Framatome et exploités par EDF. Le combustible nucléaire est fait d'uranium faiblement enrichi. Aucun réacteur n'est autorisé à utiliser du combustible MOX.

Les caractéristiques détaillées de chaque réacteur sont les suivantes : Nom du réacteurPuissanceDébut de constructionPremière divergenceRaccordement au réseauMise en service commercialNette (MWe)Brute (MWe)Thermique (MWt)Cattenom-1.Cattenom-2.Cattenom-3.Cattenom-4. Refroidissement vignette|La centrale devant le « Lac du Mirgenbach ».

La centrale prélève de l'eau dans la Moselle pour assurer son refroidissement, et dispose de quatre tours aéroréfrigérantes. La centrale étant située à quelques kilomètres de la Moselle et plus haut, EDF créé à proximité une retenue d'eau artificielle : le lac du Mirgenbach, alimenté par le pompage des eaux de la Moselle.

Pour soutenir le débit de la Moselle en amont de la centrale en cas de sécheresse, un lac d'approvisionnement est créé en 1985 en bordure du massif des Vosges : le lac de Pierre-Percée retenu par le barrage de Vieux-Pré.

Production et maintenance

Production En 2023, l'exploitation des quatre réacteurs emploie plus de (salariés d'EDF et prestataires externes). Leur production électrique total couvre 70% des besoins en électricité de la région Grand-Est, et représente 7 à 8 % de la production nationale d'EDF..

Avec de puissance installée totale, le CNPE de Cattenom est la troisième centrale nucléaire de France derrière la centrale de Gravelines () et la centrale de Paluel ().. Le record de production annuel des quatre réacteurs date de 2005 avec 38,2 TWh..

À l'été 2024, le réacteur est mis à l'arrêt pour cause de surproduction d'électricité et afin d'économiser du combustible, ce qui est une situation inédite.. Plus de de maintenance sont réalisés durant cet arrêt..

Maintenance

Visites décennales

Comme pour les réacteurs nucléaires français de deuxième génération, les réacteurs de Cattenom sont conçus pour une durée d’exploitation d'au moins . Pour atteindre voire dépasser cette durée de fonctionnement, une réévaluation et un réexamen de sûreté ont lieu tous les dix ans lors des visites décennales. En fonction de l'évolution de la réglementation, des progrès technologiques et du retour d'expérience de l'ensemble des installations nucléaires dans le monde, des modifications sont nécessaires, et sont effectuées pour respecter le niveau de sûreté requis. Une fois terminées, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) peut autoriser une poursuite de l'exploitation pour dix années supplémentairesRappels sur la visite décennale des réacteurs nucléaires en France connaissancedesenergies et AFP, 28 juin 2019. Pendant les périodes de visite décennale des réacteurs, elle fait appel à près de supplémentaires.. +Calendrier des visites décennales de la centrale de Cattenom visite décennale visite décennale visite décennaleCattenom-11997 au . au .Cattenom-21998 au . au .Cattenom-32001 au . au .Cattenom-42003 au . au .

Surveillance de l'environnement vignette|300px|Vue d'ensemble de la centrale de Cattenom

EDF a l'obligation, de par un arrêté interministériel de 2004, de surveiller l'environnement. La centrale opère les installations de mesures suivantes . : 4 stations de prélèvements de poussières atmosphériques ; 4 balises permettant de mesurer le débit de dose à ; 4 balises permettant de mesurer le débit de dose à ; 10 détecteurs mesurant le débit de dose à la clôture du site ; 11 détecteurs dans l'environnement mesurant le débit de dose à ; 5 mesures dans les eaux souterraines (3 dans le site et 2 à l'extérieur). Des échantillons sont prélevés dans l'environnement (sol, rivière, production de lait). Les données mensuelles sont accessibles sur ..

Le laboratoire de la centrale réalisant ou faisant réaliser ces mesures a reçu en 2008 un agrément délivré par le COFRAC, ce qui implique des programmes d'assurance qualité. Les résultats des mesures réglementaires sont consignés dans des registres qui sont communiqués mensuellement à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui en assure un contrôle.

L'environnement autour de la centrale de Cattenom est surveillé de manière indépendante par : l'Association Lorraine pour la qualité de l'Air créée en à l’initiative du Conseil régional de Lorraine, et dont les résultats de mesure sont accessibles sur le site de ATMO Lorraine.. L'association dispose de. : 8 capteurs de rayonnements gamma ambiant (à Thionville, Malling, Breistroff-la-Grande, Stenay, Fixem, Bar-le-Duc, Nancy et Plainfaing), 4 capteurs de rayonnements alpha et bêta artificiels, 1 radiamètre portable à scintillateur plastique, 1 spectromètre gamma NaI, et 1 analyseur radon en continu. l'État, au travers de l'établissement public IRSN et son réseau de balises. anciennement dénommé « Teleray ». IRSN opère une station de prélèvements de poussières atmosphériques, deux balises aériennes à et à Roussy-le-Village, ainsi qu'une sonde dans l'eau sur la Moselle à Apach. Les résultats en temps réel sont accessibles sur InternetRésultats de mesure de l'IRSN en France (zoomer sur la Lorraine pour avoir les valeurs autour de Cattenom).. l'ASN s'assure, par des inspections inopinées, que les exploitants respectent bien les dispositions réglementaires. Au cours de ces inspections, des inspecteurs font prélever des échantillons dans les effluents ou l'environnement et les font analyser par un laboratoire spécialisé et indépendant. En 2007, l'ASN a réalisé une inspection avec prélèvement à Cattenom, où aucune irrégularité n'a été constatée. le Grand-Duché de Luxembourg, qui dispose de 23 stations de mesure, dont une en territoire français, à mi-distance entre la centrale et la frontière franco-luxembourgeoise, à Roussy-le-Village, en vertu d'un accord international de 1994 Enregistrement de l'accord auprès de l'ONU.. La division de la radioprotection dépendant du Ministre de la Santé et de la Sécurité sociale a commencé dès 1983 à installer un réseau de mesure et d'alerte automatiques sur le sol luxembourgeois.. II s'y ajoute un programme d'échantillonnage dans divers milieux biologiques, comme les eaux et les boues de la Moselle, et dans la chaîne alimentaire. Tous ces échantillons sont mesurés par le laboratoire de radiophysique de la division de la radioprotection. Les résultats mensuels de ces mesures sont accessibles sur Internet.. le Land de Sarre en Allemagne, qui dispose de 3 stations de mesure de la radioactivité le long de la frontière avec la France, à Perl, Biringen (Rehlingen-Siersburg) et Berus (Überherrn)Page spécifique du site de l'administration du Land de Sarre pour l'environnement.. Les mesures en temps réel sont accessibles sur le site du Land de Rhénanie. le Land de Rhénanie-Palatinat, qui dispose d'un réseau de stations de mesure, dont 4 placées entre Trèves et la France. Les mesures sont accessibles en temps réel sur Internet..

Les mesures réalisées en France sont regroupées dans le Réseau National de mesure de la Radioactivité et accessible sur internet.

Un parcours extérieur à la centrale, composé de panneaux réalisés avec le concours de l'ONF et de la réserve géologique naturelle d'Hettange permet à tous les promeneurs de se renseigner sur cette surveillance.

C'est la première centrale à avoir publié, en , un rapport de développement durablerapport de développement durable..

Évaluations post-accident de Fukushima

Mi-, EDF remet le rapport du stress-test appliqué à la centrale de Cattenom à l'Autorité de Sûreté Nucléaire, à la suite de l'accident de Fukushima. .

Fin est mené un exercice conjoint entre l'Allemagne, la Belgique, la France et le Grand-Duché du Luxembourg. D'autres exercices impliquant ces quatre pays sont prévus en et au printemps 2013Article du 29 juin 2012 sur Lor'Actu.

En 2012, le rapport final sur les tests de résistance des réacteurs nucléaire européens, dirigé par Günther Oettinger (alors commissaire européen chargé de l'énergie) et remis à l'ENSREG. : . Le président du Parlement luxembourgeois Laurent Mosar commente Le Luxembourg mobilisé contre la centrale nucléaire française de Cattenom - Le Monde du 12 octobre 2012..

Certifications .

Rejets de tritium En , des militants de Greenpeace manifestent contre le projet d'EDF d'augmenter la limite des rejets radioactifs liquides en tritium.. Dans le même temps, la CRIIRAD accuse EDF de ne pas justifier l’évolution à la hausse de ces rejets et de ne pas analyser les conséquences pour la population autour de Cattenom - CRIIRAD. Selon Yves Marignac et Xavier Coeytaux, du cabinet Wise-Paris, la demande d’EDF ne serait pas conforme aux obligations d’information du public, de minimisation de l’ensemble des impacts sur l’environnement et de justification de ces impacts Revue sommaire du dossier d’enquête publique sur le renouvellement des autorisations de rejets et de prélèvements de la centrale..

Évènements marquants

Années 2000 En , évacuent le bâtiment réacteur par précaution, à la suite d'une alarme intempestive liée au radon naturellement présent dans le sable utilisé pour le sablage de bétons. Selon l'AFP, les agents présents dans le bâtiment réacteur auraient subi une exposition aux radiations . L'Autorité de sûreté nucléaire confirme cependant qu'il n'y a pas eu de fuite radioactive et qu'aucune personne n'a été contaminée ou irradiée..

Toujours en , un problème de rupture des gaines de combustible survient. Des défauts d'étanchéité conduisent à une augmentation de la radioactivité de l'eau du circuit primaire du réacteur .. L'événement est classé au niveau 1 de l'échelle INES.