La rue de la Santé est une voie marquant la jonction des 13 et de Paris. Par métonymie, la locution « rue de la Santé » désigne parfois la prison qu'elle abrite.
Situation et accès Orientée globalement nord-sud, la rue de la Santé commence au boulevard de Port-Royal et finit place Coluche. Elle est située dans le périmètre des Carrières des CapucinsVoir le site de la SEADACC, association chargée de la restauration et de la mise en valeur de la carrière des Capucins, qui sont indépendantes du « Grand réseau sud » des anciennes carrières souterraines de ParisVoir la carte des risques souterrains sur la page « Rue de la Sante » du site bercail.com..
Elle est accessible par la station Glacière de la ligne 6 du métro de Paris.
Origine du nom La rue de la Santé doit son nom à la maison de santé ou hôpital Sainte-Anne, fondé par Anne d'Autriche, . en 1651.
Historique Avant le 19 siècle La rue est un ancien chemin de campagne qui menait de la porte Sainte-Geneviève de l’enceinte de Philippe Auguste aux villages de Gentilly et d’Arcueil..
Cette voie est présente sur le plan de Jouvin de Rochefort de 1672 sous le nom de « chemin d'Arcueil ».
La création de l’hôpital Sainte-Anne nécessite sa légère déviation vers l’est. Son ancien tracé emprunte l’actuelle rue Ferrus.
Le 19 siècle La partie située entre le boulevard Saint-Jacques et la rue de la Glacière était autrefois l'ancien « chemin de Gentilly », une voie du Petit-Gentilly appartenant au territoire de la commune de Gentilly. Le , elle est rattachée à la voirie de Paris.
Dans les années 1870, deux affaissements des galeries souterraines d'un ancien lieu d'extraction de « pierre à bâtir », situé à l'aplomb d'une partie de la voie et des parcelles qui la bordent, affectent la rue de la Santé, sans faire de victimes. Plusieurs maisons sont entièrement détériorées (voir et )Émile Gérards, Les catacombes de Paris, Chamuel, 1892, (en ligne)..
Le 20 siècle Dans la première moitié du , le trottoir situé devant la prison de la Santé, à l'angle de la rue de la Santé et du boulevard Arago devient le lieu d'exécution publique parisien de la peine capitaleDe 1851 à 1899, les exécutions publiques avaient lieu devant la « La Grande Roquette » ().. En trente ans, de 1909 à 1939, l'une des deux guillotines, habituellement remisée dans un local de la prison voisine depuis 1911Jusqu'en 1911, les guillotines — dont une servait pour les exécutions en province — étaient entreposées dans un hangar de la rue de la Folie-Regnault (Cf. Ludovic Pinchon, Code de la guillotine, introduction, librairie générale de Droit et de Jurisprudence, 1910, (en ligne) sur le site gallica.bnf.fr de la BnF., y est montée une quarantaine de fois. La première exécution, en ce lieu, d'un condamné à être guillotiné est celle du parricide Georges Duchemin (), la dernière celle de l'assassin Max Bloch (). Celle-ci fut l'avant-dernière exécution publique en France. La guillotine continua néanmoins à fonctionner derrière la muraille de la prison.
En 1933, le médecin et écrivain Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) évoqua dans une lettre en partie inéditeLettre de Céline à Henri Mahé, octobre 1933, citée dans Le bulletin célinien, , 1994, . l'exécution publique de l'assassin Roger Ducreux (), boulevard Arago, à laquelle il aura « bien plaisir d'aller au matin blême cueillir la tête ». Son ami le peintre Henri Mahé (1907-1975) en commenta un extrait et relata, de mémoire, la réaction de Céline dans La Brinquebale avec Céline, paru en 1969Henri Mahé, La Brinquebale avec Céline, La Table Ronde, 1969, réédition L'Archipel, 2013. Selon un journaliste présent lors de l'exécution de Ducreux, Céline aurait dit Journal Marianne (rubrique échos) du 25 octobre 1933, cité dans Le bulletin célinien, , 1994, ..
Le , une colonne de véhicules de la 2ème DB du Gal Leclerc passe rue de la Santé en provenance de la porte de Gentilly par la rue de l'Amiral-Mouchez. Elle stoppe un court instant et ma mère en profite pour me hisser sur la chenille d'un engin. Un soldat m'applique deux bises bien senties et me repose. Inoubliable souvenir...! La colonne redémarre vers le Bd Saint-Jacques. (Un tout jeune témoin de 2 ans-et-demi...)
Depuis 2000 En 2020, un effondrement de la voirie au niveau du cause des dommages sur le réseau de canalisations de la Compagnie parisienne de chauffage urbain, nécessitant une intervention d'urgence et le barrage de la rue de la mi-août à la fin du mois de septembreNotice « CPCU : Travaux d'urgence », août 2020..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Du boulevard de Port-Royal au boulevard Arago 3 : la marquise Marie-Louise Arconati-Visconti (1840-1923) y a vécu. 10 : l'hôpital Cochin, dont l'entrée principale se trouve 27, rue du Faubourg-Saint-Jacques. : entrée du square de Port-Royal. Jusqu'en 2011, emplacement du Bistrot Irlandais, célèbre Pub .. À l’intersection avec la ruelle des Capucins était l’endroit où étaient fusillés les Gardes françaises condamnées à mort.. 29 : hospice pour personnes âgées construit entre 1836 et 1840, pour les Dames Augustines du Sacré-Cœur-de-Marie par l'architecte Antoine Chaland car leur établissement de la rue de l'Arbalète devenait trop petit. Elles y établirent une clinique, un dispensaire pour les indigents, un pensionnat de jeunes filles et y accueillirent des dames pensionnaires. Parmi celles-ci Sophie Swetchine, Madame Villemain épouse d'Abel-François Villemain admise en 1840 et pendant quelques mois en 1846 la princesse Mathilde Bonaparte. En 1984 la clinique fut fermée ; le bloc opératoire transformé en cabinets médicaux et les étages en pré-séminaire du diocèse de ParisPaul Bernard, Vie de la Révérende Mère Sainte-Angèle, Paris, Beauchesne, 1916. En 2011 ce pré-séminaire quittera les lieux pour la rue de Picpus. L'ensemble est remarquable pour sa chapelle centrale et pour son parc. : domicile du peintre Edward Munch (1863-1944)Collectif, Étrangers célèbres et anonymes du , Mairie du de Paris, octobre 2011, .. 42 : entrée principale de la prison de la Santé, construite en 1867 par l'architecte Joseph Auguste Émile Vaudremer, dernière prison intra-muros de Paris. 44 : maison provinciale des marianistes.
Du boulevard Arago au boulevard Saint-Jacques : parcelles impactées en 1867 par le premier des deux affaissements de terrain qui se sont produites dans cette rue. Cet accident, dû à la présence des anciennes carrières situées à l'aplomb, cause la détérioration complète de trois maisons. L'année suivante, dans la nuit du 28 au , les maisons portant alors les s'affaissent à leur tour. : groupe scolaire (école, collège, lycée) privé catholique sous contrat Notre-Dame de France, dont l'origine remonte à 1848« Histoire de l'établissement », notredamedefrance.fr, consulté le 24 avril 2024..
Du boulevard Saint-Jacques à la place Coluche : voir et historique de la rue ci-dessus. 106 : l’hôpital Sainte-Anne, bien que son entrée officielle soit située rue Cabanis, possède une entrée sur la rue de la Santé. Installé à son emplacement actuel depuis 1651, il ne devint hôpital psychiatrique qu'en 1867. 125 : Ancien emplacement du Prieuré des religieuses-infirmières de Saint-Joseph, surnommées dans le quartier "les sœurs de la Sainte-Agonie", du vocable de la chapelle paroissiale desservant le quartier. Dans ce prieuré se trouvait le refuge d'aviateurs anglais durant les hostilités de 1940 à 1944. Ils y attendaient un rapatriement vers les Îles britanniques par l'Espagne ou directement en avion par la Résistance. Ce prieuré accueillait le siège parisien de service de renseignements "Jade-Amicol" très actif durant les hostilités. On dit même que l'Amiral Canaris, chef du Contre-espionnage allemand en France, y rencontra un émissaire du réseau afin de transmettre un message à Londres, message sans réponse positive de W. Churchill.
Champignon de Paris Le maraîcher Chambry eut l’idée, en 1814, d’exploiter les carrières désaffectées proches de son domicile, rue de la Santé. Il avait constaté que le crottin de cheval, infiltré dans un puits d’accès, avait favorisé le développement de tout un essaim de champignons de couche. Il entreprit d’en faire le commerce. L’initiative fut saluée par l’inspecteur général des carrières, Héricart de Thury. Devant le succès sur les marchés, il décida d’étendre sa champignonnière de l’hôpital Cochin au boulevard Saint-Jacques.
Notes et références
Articles connexes Liste des voies du arrondissement de Paris
Catégorie:Rue dans le 13e arrondissement de Paris Catégorie:Rue dans le 14e arrondissement de Paris Catégorie:Voie à Paris s'étendant sur deux arrondissements