Sous les Carolingiens, le chancelier dirigeait les clercs et secrétaires du palais chargés de rédiger les actes officiels (diplômes, capitulaires). Cet office fut créé par Pépin le Bref, qui choisit en 757 Badilon. Les successeurs de Badilon étaient presque exclusivement des clercs francs, dont un bâtard et un petit-fils de Charlemagne puis, à partir du l'office échut systématiquement à l'archevêque de Reims.

Les fonctions de chancellerie consistent à mettre en forme d'acte rédigé les décisions royales. Elles sont assurées par des scribes (notarii ou cancellarii). À l'époque mérovingienne, il s'agissait d'un personnel laïque placé sous l'autorité des référendaires, dont l'un apposait le sceau authentifiant les actes. Sous les Carolingiens, le personnel devint ecclésiastique, car seuls les clercs religieux connaissaient la nouvelle langue légale, le latin. On les recrutait dans la chapelle du roi, et leur supérieur, le chapelain, devenait de facto le chancelier, chargé lui-même d'apposer le sceauCf. Maillet, .

À la mort du dernier chancelier carolingien, Adalbéron de Reims, le premier roi capétien, Hugues Capet, ne nomma plus de chancelier. Le chef de la chancellerie du royaume de France portera désormais le titre de chancelier de France. Avec l'avènement des Ottoniens en 962, la Francie orientale céda le pas au Saint-Empire romain germanique, qui devait en principe réunir sous une même autorité les trois royaumes de Germanie, d'Italie et de Bourgogne, mais la nouvelle fonction d’archichancelier, qui prenait le relais de la chancellerie carolingienne, ne se formalisa véritablement qu'avec l'évêque Willigis de Mayence : désormais, cette fonction allait échoir aux archevêques de Mayence.

Liste des chanceliers carolingiens Liste des chanceliers carolingiensListe chronologique des chanceliers depuis Pépin le Bref jusqu'à nos jours, page 471 et 472 dans Dictionnaire encyclopédiqueTome 4 (1841) de Philippe Le Bas Badilon, 757-766 Ithier, abbé de Saint-Martin de Tours, 766-776 Radon, abbé de Saint-Vaast, vers 776-avant 797 Erchambaud, avant 797-812 Jérémie, 813 attesté Hélisachar, abbé de Saint-Aubin d’Angers, 814-819 Frédegis, abbé de Saint-Martin de Tours, 819-832 Théoton, abbé de Marmoutier, 832-834 Hugues, bâtard de Charlemagne, abbé de Saint-Bertin, de Lobbes et de Saint-Quentin, 834-840 (Carolingiens) Louis, abbé de Saint-Denis, petit-fils de Charlemagne, 840-867 (Rorgonides) Gauzlin, abbé de Jumièges, puis abbé de Saint-Germain-des-Prés, demi-frère de Louis, 867-879 (Rorgonides) Wulfhard, abbé de Flavigny, 879-881 (Girardides) Gauzlin, abbé de Jumièges, puis abbé de Saint-Germain-des-Prés, , 883-884 Liutward, évêque de Verceil, 885-887 Liutbert, archevêque de Mayence, 887 Ebles (lat. Ebalus), Abbé de Saint-Germain-des-Prés, fils du duc Ramnulf II de Poitiers, 888-891 Anschéric, évêque de Paris, 892 Augier (Adalgaire, Adalgarius), évêque d'Autun, 893 Anschéric, archevêque de Paris, , 894-896 Gautier, archevêque de Sens, 894-898 Foulques le Vénérable, archevêque de Reims, 898-900 Anschéric, évêque de Paris, , 900-910 Hervé, archevêque de Reims, 910-919 Radbod, archevêque de Trèves, 913 attesté en Lotharingie Rudgar, archevêque de Trèves, 916-923 Abbon, évêque de Soissons, 922-931 Ansegisel, évêque de Troyes, 931-936 Artaud, archevêque de Reims, 937-940 Héry, évêque de Langres, 940-942 Hugues de Reims, archevêque de Reims, attesté en 943 Géronce de Déols, archevêque de Bourges, 944-948 Achard, évêque de Langres, attesté en 946 Artaud, archevêque de Reims, 949-961 Odelrich, archevêque de Reims, 961-969 Adalbéron, archevêque de Reims, 969-989

Notes et références

Bibliographie .

Articles connexes Chancelier Chancelier de France

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