L'appellation « écrivains du Montana » regroupe un certain nombre d’écrivains américains contemporains résidant ou travaillant dans l’État du Montana. On parle parfois d'une « école du Montana », de « génération Montana » ou de « »Transfuge, septembre 2004, entretien avec Yves Charles Grandjeat.

Le Montana, ultime incarnation de l'Ouest américain

Le Montana est en effet un vaste État de l’Ouest des États-Unis, constitué à l’Est par les Grandes Plaines et à l’Ouest par les montagnes Rocheuses. Au quatrième rang par sa superficie, le Montana a l'une des plus faibles densités des États-Unis ( habitants pour environ ). Le climat y est rude (jusqu’à moins en hiver), l’isolement important et les paysages démesurés : dans ces conditions, , explique Pete Fromm Entretien avec Pete Fromm de Cindy Heidemann pour la Pacific Northwest Booksellers Association.

Depuis les années 1960, Missoula, la deuxième plus grande ville de l’État avec un peu moins de habitants, regroupe une concentration d’écrivains telle qu'elle a été comparée au Montparnasse des années 1920Maureen Freely commence ainsi son article sur Thomas McGuane dans The Independent du 24 janvier 1993 : [https://www.independent.co.uk/arts-entertainment/books--lonesome-cowboy-is-he-fifties-man-or-hemingway-with-styling-mousse-novelist-thomas-mcguane-has-remade-the-regular-guy-1480487.html : une petite centaine"Today, writers like James Crumley and William Kittredge have homes here, as do many more of the hundred or so other authors whose faces adorn the entryway of Fact & Fiction" in Article de Tim Neville dans le New York Times, 15 juillet 2005., sans compter les dont certains suivent les ateliers d'écriture (creative writing). Si Missoula est devenue un Missoula: a Literary Haven., c'est d'abord parce que jusque dans les années 1970, elle était encore une petite ville provinciale au niveau de vie modeste, perspective intéressante pour des écrivains parfois désargentés in Missoula: a Literary Haven.. Ensuite, Missoula a pu séduire pour sa longue tradition universitaire en ateliers d'écriture in Missoula: a Literary Haven.. Cette émulation entre les ateliers d'écriture et les écrivains déjà installés a favorisé la venue de nouveaux venus, à la suite de Raymond Carver, de Richard Brautigan et du poète Richard Hugo.

École du Montana L'école du Montana relève de la littérature des grands espaces et du nature writing par l'importance que prend la nature dans le récit. Professeur de littérature américaine à l'université de Bordeaux, Yves Charles Grandjeat distingue deux branches dans la «  ». Pour la première, même si la : on y retrouve Raymond Carver, Richard Ford, Thomas McGuane ou Thomas Savage. Pour la seconde, l'anthropocentrisme est banni, la nature est primordiale et elle voisine souvent avec l'écologie politique, on y retrouve Rick Bass, Annie Dillard ou Barry LopezTransfuges, septembre 2004, entretien avec Yves Charles Grandjeat.. Rick Bass explique ainsi :

La pertinence du terme « école » est souvent critiquéeJérôme Dupuis, Lire, juin 2008 : « ce que l'on a parfois abusivement appelé "l'école du Montana" » ; le journaliste littéraire Pierre Assouline la considère ainsi comme « fumeuse »Blog de Pierre Assouline, 9 octobre 2004..

Les auteurs eux-mêmes l'ont parfois dénoncé, comme Richard FordThierry Gandillot, L'Express, 17 octobre 2002 : article en ligne. ou Rick Bass qui écrit : Michel Le Bris de son côté préfère parler d'Site du festival Étonnants Voyageurs..

Sur son site consacré aux écrivains du Montana, Monique Brisset reconnaît :

Si la désignation est contestée, un fait demeure : la centralité du Montana dans l'œuvre ou dans l'apprentissage du style littéraire. Les écrivains qui relèvent de la ont en effet en commun de vivre au Montana, soit toute l'année comme William Kittredge, soit quelques mois dans l'année comme Jim Harrison. Ils se sont en outre rencontrés lors des ateliers d'écriture de l'université du Montana à Missoula, les uns comme enseignants, les autres comme étudiants, ou lors des nombreuses rencontres littéraires qui animent certaines villes du Montana et Missoula en particulier. Comme l'écrit Monique Brisset,

Les écrivains du Montana recourent à différents genres littéraires.

Pour ce qui est de la forme, l'on trouve des romans comme The Big Sky d'Alfred B. Guthrie (1947), des nouvelles comme Légendes d'automne de Jim Harrison (1979), de la poésie comme A Run of Jacks de Richard Hugo (1961) ou encore des essais comme Owning it all de William Kittredge (1987).

Pour ce qui est du contenu, certaines productions de la appartiennent à la littérature de voyage (travel writing), comme La Route mode d'emploi de James Crumley. D'ailleurs, pour célébrer les dix ans du festival de Saint-MaloÉtonnants Voyageurs, festival créé par Michel Le Bris., Saint-Malo a été jumelée avec Missoula l'espace de deux printemps. Relevant assez largement du , le style du Montana rejette comme lui la recherche de l'exotisme qui caractérise souvent la littérature de voyageOlivier Gallmeister considère ainsi qu' Enquête de Lire sur le nature writing, juin 2008..

Pour ce qui est des thèmes, il serait tentant de réduire l'école du Montana à des récits tournant autour de la nature et notamment de la pêche à la moucheBlog de Vanessa Postec, 28 novembre 2007. : cela s'explique principalement par le succès au cinéma du film Et au milieu coule une rivière de Robert Redford, adaptation du récit éponyme de Norman Maclean. La pêche est certes aussi présente dans d'autres œuvres de l'école du Montana, ainsi dans les poèmes de Raymond Carver tel que The Current, mais aussi en toile de fond de sa nouvelle So much Water so close to Home (Neuf histoires et un poème, 1996). Le héros du Chant du coyote de Colum McCann, Michaël l'Irlandais, pratique également la pêche à la mouche. Mais l'école du Montana ne se résume pas à des histoires de pêche.

Certains écrivains du Montana ont ainsi opté pour le roman policier comme La Mort et la belle vie de Richard Hugo (1980), Un trop plein de ciel de Robert Sims Reid (1988) ou, plus récemment, Lone Creek de Neil McMahon (2008).

D'autres écrivains du Montana se sont essayés au roman d'apprentissage comme Mildred Walker dans Blé d'hiver (1947)Page personnelle de Paul Malvaux sur Blé d'hiver de Mildred Walker, Norman Maclean dans Montana 1919 (1976) ou, plus récemment, Judy Blunt avec Breaking Clean (2003).

Quelques écrivains du Montana

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Nature writing

Liens externes et sources Site de Monique et Gilbert Brisset, consacré aux écrivains du Montana, avec une large bibliographie et de nombreux liens Transfuge, , entretien avec Yves Charles Grandjeat sur l'école du Montana. « Missoula, la Mecque des écrivains américains », article paru dans Le Point () du . Consultable en ligne

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