vignette Le 100 mètres est une épreuve d'athlétisme consistant à parcourir, en ligne droite, un sprint sur une distance de . Au niveau professionnel, il est couru en moins de chez les hommes ainsi qu'en moins de chez les femmes. Historiquement, la course de vitesse est l'une des plus anciennes de l'athlétisme puisqu'on en retrouve la trace plusieurs siècles avant l'organisation des premiers Jeux olympiques antiques.

Considérée comme l'épreuve reine de l'athlétisme, le est la discipline la plus prestigieuse des compétitions de ce sport, du fait de son histoire et de l'intérêt qu'elle suscite auprès des spectateurs.

Des sprinteurs de renom, pour la plupart américains ou jamaïcains, ont marqué l'histoire de la discipline : de Jesse Owens dans les années 1930, à Jim Hines, premier homme à descendre sous la barrière des dix secondes avec l'arrivée du chronométrage électronique en 1968, en passant par Bob Hayes à la carrière fulgurante. Plus récemment, Carl Lewis a assis sa domination durant les années 1980, le canadien Donovan Bailey et l'américain Maurice Greene durant les années 1990. Dans les années 2000, le jamaïcain Usain Bolt, succédant à son compatriote Asafa Powell, domine la discipline et établit le record du monde actuel en (2009).

Chez les femmes, la première à descendre sous les est l'Allemande Marlies Göhr en 1977. L'Américaine Florence Griffith-Joyner établit en 1988 le record du monde, entachée de lourdes suspicions de dopage ou de fraude (le vent indiqué étant nul), avec un temps de .

Histoire Hommes Des Jeux olympiques antiques à l'époque moderne vignette|gauche|upright=0.6|alt=Photographie d'une amphore grecque figurant des coureurs à pied|Course à pied, amphore panathénaïque, v. 500 av. J.-C., musée du Louvre Lors des Jeux olympiques antiques, les athlètes participent déjà à des courses de vitesse, notamment le qui, comme son nom l'indique, est long d'un stade — celui d'Olympie mesure , soit la longueur du pied d'Héraclès. C'est la course la plus courte du sport grec, qui ne connaît pas le moderne, page 182, et elle est l'épreuve reine des Jeux : le vainqueur donne son nom à l'olympiade. Selon Pausanias, les concurrents sont parfois si nombreux qu'il est nécessaire de procéder à deux courses éliminatoiresPausanias, VI, 13, 4.. Le stádion est la seule épreuve lors des premiers Jeux olympiques en 776 av. J.-C., remportée à cette occasion par Corèbe d'Élis. La distance suivante pratiquée est le , correspondant à deux stádions, soit environ .

Parmi les athlètes de l'Antiquité, on retient Léonidas de Rhodes qui remporte le stádion, le díaulos et la course en armes (un díaulos en portant un bouclier) aux Jeux olympiques de 164 av. J.-C. ainsi qu'aux trois olympiades suivantes, ou encore Astylos de Crotone qui remporte le stádion et le díaulos lors de trois olympiades consécutives, de 488 av. J.-C. à 480 av. J.-C.. Les derniers jeux sont traditionnellement fixés en 393 ap. J.-C., peu après l'édit de Théodose ordonnant l'abandon des lieux de culte de la religion grecque. Le sprint n'est alors plus pratiqué dans des compétitions organisées avant le .

En effet, les Britanniques initient au des courses athlétiques en déclinaison de leur système de mesure basé sur le mile () : le demi-mile, le quart de mile, le huitième de mile et enfin le () représentant environ 1/ du mile.

: les précurseurs vignette|Course de au Detroit Athletic Club en 1888. Les couloirs sont délimités par des cordes.|alt=Photo en noir et blanc. Deux coureurs coupent la ligne d'arrivée. Les couloirs sont délimités par des cordes.

Les premières courses de sprint court des temps modernes se disputent dès le milieu du dans les campus universitaires du Royaume-Uni où des courses de () sont recensées en 1850 au Collège d'Exeter d'OxfordWojciech Liponski, L'encyclopédie des sports, Poznan, Atena, Paris, Grund et UNESCO, 2005, 119 . Les mesures de performance correspondent alors à la généralisation du chronométrage. Le premier enregistrement date de mars 1864 lorsque B. S. Darbyshire, étudiant à Oxford, est chronométré à sur . Quatre ans plus tard, à Cambridge, le champion de cricket Charles Absalom est crédité de tout juste (soit environ au ). Parallèlement à l'émulation naissante du sprint en Grande-Bretagne, les premières compétitions se déroulent aux États-Unis. William B. Curtis est considéré comme le pionnier du sprint chronométré, même si sa performance supposée de au n'est jamais prise au sérieux, en raison notamment de l'inexactitude de la distance, et d'un départ anticipé (le coup de feu du starter n'existant pas encore à l'époque)Compte-rendu d'un meeting d'athlétisme en 1880, archives du New York Times, consulté le .. En 1887, lors d'une compétition universitaire, un général américain du nom de Charles Sherill innove dans la discipline en creusant légèrement la piste derrière la ligne de départ dans le but d’obtenir une meilleure impulsion au démarrage après un départ en position accroupie . Cette innovation, appelée alors le est à l’origine de l’invention des starting blocks. Avec son temps de sur , l'Américain John Owen remporte en 1890 le Championnat des États-Unis . Ce record reste invaincu durant plusieurs années.

En cette fin de siècle, les amateurs et les professionnels se partagent les compétitions d'athlétisme de chaque côté de l'Atlantique. En Grande-Bretagne, Harry Hutchens, un ancien livreur, concourt dans des défis rémunérés et donnant lieu à des paris. Les courses de sont alors disputées sur des pistes en herbe au sein d'hippodromes. En 1891, le premier chronomètre sur la distance métrique est réalisé à Paris par l'Américain Luther Cary en . D'autres athlètes s'illustrent par ailleurs, notamment le Britannique Charles Bradley (quatre fois champion d'Angleterre de 1892 à 1895), ou l'Américain Bernie Wefers qui ne dispose d'aucun rival dans son pays durant trois années Bernie Wefers introduit à l' en 2008, supersport.co.za, consulté le .. Sa modeste université de Georgetown n'a cependant pas les moyens de financer le voyage de ses athlètes pour se rendre aux Jeux olympiques d'Athènes en 1896. L'épreuve est remportée par son compatriote Thomas Burke dans le modeste temps de , sur une piste sablonneuse en mauvais état« Les grands moments de l'athlétisme », Dyligences, décembre 2005..

1900-1945 : la fin du professionnalisme

Lors des débuts du renouveau olympique, seuls les athlètes amateurs peuvent participer aux Jeux olympiques. En effet, à cette époque, le Comité international olympique ne tolère pas le professionnalisme ni l'amateurisme marron.

À Paris, lors des Jeux olympiques de 1900, Frank Jarvis remporte le titre du , devançant son compatriote américain Arthur Duffy, titulaire pourtant à l'époque des meilleures performances chronométriques sur le sprint. Quelques années plus tard, ce dernier est destitué par la Fédération internationale pour cause de professionnalisme Biographie de Franck Jarvis, Nationmaster.com, consulté le . Archie Hahn décroche le titre olympique en 1904Article sur Archie Hawn sur le site johistoire, consulté le avant qu'un Sud-Africain ne vienne stopper la domination américaine. En , Reginald Walker s'impose en finale des Jeux olympiques de Londres de 1908 . Quatre ans plus tard, le premier record du monde officiellement reconnu par l’Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF) est détenu par Donald Lippincott en . Ce dernier est cependant battu par Ralph Craig lors des Jeux de Stockholm. En cette même période, le monde de l'athlétisme assiste à l'avènement de Howard Drew, premier sprinteur noir de classe mondiale Informations sur Howard Drew, site de l'African American Registry, consulté le , puis de Charley Paddock, coureur petit et musculeux, qui décroche la médaille d'or du aux Jeux olympiques d'Anvers en 1920. Il s'adjuge par ailleurs les records du monde du (91,44m) et du . Entre 1924 et 1935, des athlètes non américains parviennent à contester la suprématie des États-Unis dans le sprint, à l'image du Britannique Harold Abrahams, vainqueur des Jeux de Paris Harold Abrahams dans la mémoire du sport britannique, English Heritage, consulté le , et du Canadien Percy Williams, médaillé d'or lors des Jeux d'Amsterdam en 1928 . Les premiers starting-blocks sont mis au point à cette époque et seront officialisés dès 1937À l'origine, les startings-blocks étaient interdits, Sport.fr, consulté le . Leurs inventeurs prétendent alors que leur utilisation permet de faire gagner de secondes à un athlète lors du départ. À partir de 1929, l'athlète noir américain Eddie Tolan redore le blason du sprint des États-Unis. Il remporte la finale des Jeux de Los Angeles en 1932 Biographie d'Eddie Tolan sur le site , consulté le , mais se voit concurrencé rapidement par son compatriote Ralph Metcalfe qui le devance aux Championnats universitaires américains. En 1935, Jesse Owens, un autre noir américain, parvient à mettre fin à la domination sans partage de Metcalfe. Lors d'un meeting à Ann Harbor, dans le Michigan, Owens améliore ou égale quatre records du monde. Parmi ceux-ci, celui du en . Quelques mois plus tard, lors des Championnats nationaux, il établit un nouveau record du monde du en . Au sommet de son art, il remporte la finale des Jeux de Berlin ()Jesse Owens, le héros de Berlin, site du Comité international olympique, consulté le . Face aux performances des coureurs noirs, Adolf Hitler voit une preuve d'une "différence raciale", en l'occurrence d'"une supériorité des Noirs en course à pied de courtes distances"Nicolas Herbelot, « Sprinteur, mais blanc », dans L'Équipe du mercredi , ..

À partir de 1938, année de la retraite d'Owens et de Metcalfe, une nouvelle règlementation impose une limite de vent inférieure à par seconde (7,2 kilomètres par heure) pour qu'une performance soit officiellement validée. L'arrivée de la Seconde Guerre mondiale marque le ralentissement des compétitions d’athlétisme, notamment en Europe. Seuls les États-Unis parviennent à faire éclore de nouveau talents. On peut citer notamment Clyde Jeffrey ( au en 1939) ou Harold Davis, qui domine les épreuves de sprint durant la guerre .

1946-1967 : l'émulation américaine vignette|Bob Hayes, premier athlète à descendre officieusement sous les dix secondes au .|alt=Photo en noir et blanc d'un athlète, de face, courant sur une piste en cendrée.