Le 400 mètres est une épreuve de l’athlétisme appartenant à la catégorie du sprint long. Elle consiste à parcourir un tour complet de piste d'athlétisme en extérieur, soit une distance réglementaire de , ou deux tours de piste en salle sur un anneau de . Cette distance correspond approximativement à l’ancien 440 yards, utilisé dans les pays anglo-saxonsLe 440 yards correspond à environ ; cette distance n’est plus disputée depuis la généralisation du système métrique..

Spécificités Déroulement de la course thumb|Départ d'un à l'aide de starting-blocks. Le 400 mètres se court sur un tour de piste en extérieur et sur deux tours de piste en salle. En extérieur, la piste doit mesurer rigoureusement , bien que certaines installations plus anciennes présentent des longueurs différentes (350, 333, 300 ou ). Elle comprend deux lignes droites parallèles et deux virages de rayon identique, qui ne sont pas nécessairement des demi-cercles.

Chaque athlète dispose d’un couloir individuel d’une largeur standard de , délimité par des lignes blanches d’une largeur de 5 cm Règles des compétitions, World Athletics, p. 114.. La course peut être décomposée en plusieurs phases distinctes.

Le départ Comme pour les autres épreuves de sprint, les coureurs prennent le départ à l’aide de blocs de départ. Ils doivent conserver le couloir qui leur est attribué tout au long de la course, sans empiéter sur la ligne intérieure de celui-ci.

Sur 400 mètres, le départ revêt une importance moindre que sur le 100 ou le 200 mètres. Le temps de réaction y est en moyenne légèrement plus élevé. Les blocs de départ sont orientés légèrement vers l’intérieur de la piste, afin de faciliter l’entrée dans le premier virage.

Le premier virage Après le départ, les sprinteurs accélèrent dans le virage. À mesure que la vitesse augmente, la force centrifuge s’accroît, ce qui conduit les athlètes à incliner le corps vers l’intérieur de la piste afin de maintenir leur équilibre.

La première ligne droite À l’entrée de la ligne droite opposée, les athlètes atteignent généralement leur vitesse maximale. Les meilleurs spécialistes franchissent les entre environ et chez les hommes, et entre et chez les femmes. Cette phase marque la transition entre l’accélération initiale et la phase de décélération progressive jusqu’à l’arrivée. thumb|Arrivée du 400 m aux Jeux olympiques de Pékin.

Le deuxième virage À partir d’environ , la vitesse des athlètes diminue progressivement. La fatigue musculaire liée à l’intensité de l’effort entraîne une baisse de la puissance, variable selon les athlètes et les conditions de course.

La dernière ligne droite Après la sortie du second virage, la perte de vitesse s’accentue, notamment dans les derniers . Cette phase est caractérisée par un effort physique et mental important. Les meilleures performances se situent généralement entre chez les hommes et entre chez les femmes.

Aspects techniques Le est généralement qualifié de sprint long ou de , car il combine les qualités de vitesse propres au sprinteur et les capacités de résistance à l’effort du coureur de demi-fond court, notamment sur . Cette épreuve sollicite fortement les filières énergétiques anaérobies et requiert une gestion précise de l’allure tout au long de la course.

Contrairement aux sprints plus courts, la fin de l’épreuve est marquée par une accumulation importante d’acide lactique dans les muscles, entraînant une diminution progressive de la puissance musculaire et une sensation de fatigue intense. Aucun athlète ne peut maintenir sa vitesse maximale sur l’ensemble de la distance, ce qui rend la répartition de l’effort déterminante pour la performance.

Une bonne vitesse sur ou constitue un atout pour les spécialistes du 400 mètres, à condition d’être associée à une capacité suffisante de résistance à la fatigue. La qualité de la foulée et la gestion de la fréquence de course jouent également un rôle essentiel.

Les coureurs de 400 mètres proviennent généralement soit du sprint, soit du demi-fond court. Certains athlètes présentent un profil hybride, combinant puissance et endurance. Michael Johnson, champion olympique du et double champion olympique du , illustre ce type de profil, de même que Tommie Smith, champion olympique du en 1968 et ancien détenteur des records du monde du et du . À l’inverse, des athlètes comme Jeremy Wariner présentent un profil davantage orienté vers le demi-fond court.

Chez un coureur expérimenté, l’écart entre le record personnel sur et le temps de passage aux 200 premiers mètres d’un est généralement d’environ une seconde. Cet écart peut atteindre deux secondes chez les athlètes moins expérimentés. Une méthode d’estimation couramment utilisée consiste à doubler le temps réalisé sur et à y ajouter environ .

Les sprinteurs disposent en général d’un avantage sur la première moitié de la course, tandis que les athlètes issus du demi-fond court sont souvent plus performants dans les derniers . Toutefois, la réussite sur cette distance dépend principalement de la capacité à concilier vitesse et endurance sur l’ensemble de l’épreuve.

Historique Hommes : les pionniers thumb|Laurence Myers Inspiré du diaulique des Grecs (double stade, soit ), le dérive d' une création des Britanniques qui, au , en assurent le découpage à partir du mile anglais : le 440 yd. Celui-ci, représente un quart de mile (). La première trace chronométrique connue remonte à 1799 lorsque l'un des capitaines des troupes de l'amiral Nelson parcourt cette distance en 56 secondes. Il faut toutefois attendre la deuxième moitié du pour voir le quart de mile prendre son essor, tout d'abord en Angleterre, puis aux États-Unis.

À partir des années 1840, des athlètes professionnels venus des États-Unis et de Grande-Bretagne s'affrontent dans des réunions donnant lieu à des paris. Le , à Dublin, est enregistré le premier record du monde sur 440 yd. Il est l'œuvre du Britannique E.L. Hunt en 53 s 7. Quelques mois plus tard, à Londres, ce record est pulvérisé de plus de trois secondes par un autre Britannique, Charles Guy-Pyn, qui se rapproche de la barrière des cinquante secondes (50 s 3).

Trois ans plus tard, en 1868, lors des championnats d'Angleterre, se mesurent les deux meilleurs coureurs de l'époque Ed Ridley et Edward J. Colbeck athletix.org Co-recordman du monde non officiel du 440 yd en 50 s 3 le à Londres.. Cependant ce duel tourne court par la faute d'un mouton présent en plein milieu de la piste cendrée. Mais le premier « phénomène » dominant véritablement la discipline vient de l'autre côté de l'Atlantique : du 100 yd (environ 91 m) aux 880 yards (804 m), rien n'échappe à Laurence Myers de 1879 athletix.org Recormdan du monde du 440 yd en 49 s 2. à 1886. Acceptant les propositions des promoteurs américains, il se livrera jusqu'à la fin de sa carrière à des défis rémunérés de chaque côté de l'Atlantique. Vers la fin du , le Britannique Charles Lennox Tindall réussit 48 s 5 au 440 yards, performance inégalée jusqu'en 1895. À New York, des organisateurs mettent en place des courses en ligne droite sur hippodrome.

1896-1948 : l'hégémonie américaine thumb|120px|left|Harry Hillman, champion olympique en 1904

Pendant la première moitié du , plusieurs athlètes font évoluer la discipline : l'Américain Thomas Burke, premier champion olympique du 400 m de l'histoire en 1896 (54 s 2) et son compatriote Maxey Long imbattable au début des années 1900 et champion olympique à Paris. Quatre ans plus tard, à Saint Louis, Harry Hillman remporte la médaille d'or sur son sol. Aux Jeux olympiques de Stockholm de 1912, le est couru pour la première fois en couloirs et bénéficie d'un chronométrage au dixième de seconde. l'Américain Charles Reidpath remporte le titre olympique. Durant la Première Guerre mondiale, son compatriote Ted Meredith domine les épreuves du 440 yards et améliore le record du monde de Maxey Long en 47 s 2.

En 1924, le Britannique Éric Liddell, devient champion olympique à Paris en établissant un nouveau record du monde du (47 s 6) alors qu'il n'avait jamais couru en moins de 49 secondes avant. Il sera à jamais immortalisé dans le film Les Chariots de feu de Hugh Hudson. À partir de 1928, les Américains reprennent la main sur la distance par l'intermédiaire d'Emerson Spencer ou de Ray Barbuti, champion olympique en 1928. Plus tard, Benjamin Eastman surnommé « » et initiateur d’un nouveau souffle (46 s 4 en 1932 lors des Jeux olympiques de Los Angeles), révolutionne la discipline par ses départs rapides et sa puissance de foulée. Eastman est bientôt supplanté par Bill Carr (46 s 2 lors de ces mêmes Jeux) ou encore Archie Williams, chef de file de la nouvelle génération de « » américains (46 s 1 en 1936).

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Rudolf Harbig, athlète allemand de 25 ans venu du fond et du demi-fond, redynamise la discipline, notamment grâce à ses duels avec l'Italien Mario Lanzi, spécialiste du . Harbig établit un nouveau record mondial en 46 s 0.

1948-1968 : la contestation jamaïcaine Après la Seconde Guerre mondiale, la Jamaïque vient troubler la domination des athlètes anglais et américains. Arthur Wint remporte l'or olympique à Londres en 1948 alors que perce un nouveau phénomène du 400 m, Herbert McKenley, qui établit un nouveau record du monde du 440 yards (46 s 2). Spécialiste du sprint court, McKenley règne sur la discipline en utilisant toujours la même tactique : effectuer un départ rapide et maintenir une vitesse maximale le plus longtemps possible. Le , il réalise le temps de 45 s 0 sur 440 yard en ligne droite, performance non homologuée par l'IAAF. Le à Milwaukee, il réalise 45 s 9 sur 400 m, soit le nouveau record du monde. Il sera dépossédé de son bien deux ans plus tard par son compatriote George Rhoden (45 s 8), champion olympique en 1952 à Helsinki.

Les athlètes américains reprennent le pouvoir au milieu des années 1950. Lou Jones, ancien joueur de football américain a réalisé 47 s 7 dès sa première compétition. En 1956, lors du meeting de Los Angeles, il améliore le record du monde du 400 mètres en 45 s 2. Quelques semaines plus tard, aux Jeux olympiques de Melbourne, il doit cependant subir la loi de son compatriote Charlie Jenkins qui s'avère le plus résistant dans une course marquée par une forte bourrasque de vent. Dès 1959, l'athlète allemand Carl Kaufmann, spécialiste du 200 mètres, fait le pari du tour de piste. Ainsi, il améliore en 1959 le vieux record d'Europe de Rudolf Harbig en 45 s 8, et réalise 45 s 4 l'année suivante. La riposte américaine ne se fait pas tarder. Otis Davis, ancien basketteur converti au sprint, descend sous la barre des 46 secondes dès ses premières courses. Il remporte le titre olympique des Jeux de Rome en devenant le premier homme à franchir la barrière des 45 secondes (44 s 9). Davis et Kaufmann sont départagés à l'aide de la photo-finish. Le réservoir des quarter-miler américains semble inépuisable. À Tokyo en 1964, Michael Larrabee, alors âgé de trente-deux ans, s'impose en finale olympique. En 1967, Tommie Smith, spécialiste du 200m améliore à son tour le record du monde de la distance en 44 s 5.

1968-1988 : l'ère des 43 secondes thumb|Lee Evans