Jacques Coitier est né vers 1430 à Poligny en Franche-Comté et mort le à Paris. Il fut premier médecin de et aussi président de la Chambre des comptes.
Son nom a été diversement orthographié, le plus souvent CoictierOrthographe employée notamment par Victor Hugo dans son roman Notre-Dame de Paris., mais aussi Coittier, Cotier, Coytier ou Coctier. C'est l'analyse approfondie de ses signatures par Achille Chéreau qui a permis de la fixer en Coitier, nom sous lequel il est le plus souvent cité dans les annales médicalesAchille Chéreau, Jacques Coitier, médecin de Louis XI, roi de France, Mareschal, 1861.
Biographie Des origines incertaines Peu d'informations nous sont parvenues de la naissance de Jacques Coitier, sinon qu'elle eut lieu vers 1430 à Poligny, petite ville du comté de Bourgogne. On en sait aussi peu sur son enfance dans un milieu bourgeois que sur la faculté qui lui délivra son titre de docteur. Les recherches effectuées à la faculté de médecine de Paris ainsi qu'à celle de Montpellier sont restées vaines. On peut éventuellement envisager la faculté de Dole, comtoise, mais le premier client attitré de Coitier ayant été Philippe de Bresse, fils du duc de Savoie et beau-frère de , incarcéré à Loches de 1463 à 1466, il est également possible qu'il ait fait ses études en Italie, peut-être à Turin. On peut alors penser que c'est à cette occasion qu'il fut remarqué par . C'est en tous cas à cette époque que celui-ci l'engagea comme médecin personnel pour 400 livres tournois par an.
Mariage Jacques Coitier épouse Marguerite Le Clerc, fille de Jean Le Clerc, écuyer, seigneur du Tremblay, conseiller au Parlement de Paris, et de Catherine de Vaudetar. Elle était l'arrière-grand-tante du père Joseph, né François Le Clerc du Tremblay, l'éminence grise de Richelieu
Tous deux n'eurent pas d'enfant.
Médecin de Louis XI L'ascension du médecin dans les faveurs du roi fut rapide et son emprise sur le souverain dura pendant les dix-sept ans qui suivirent, jusqu'au décès de , le . Outre ses indéniables talents médicaux, le docteur Coitier sut trouver la faille de son protecteur, notoirement connu pour son caractère hypocondriaque et sa superstition. Il sut le convaincre que sa santé était précaire et que lui seul pouvait le maintenir à l'abri d'une mort précoce. Si l'on en croit Philippe de Commines, il traitait sans ménagement son royal patient :
Ce qui fit écrire à Voltaire ce jugement aussi abrupt que définitif :
Les faveurs royales Si ces connaissances médicales sont attestées par une vingtaine de lettres qui lui furent envoyées, il sut tirer d'immenses profits de sa situation auprès du roi mais aussi de beaucoup d'autres ; Louis XI le couvrant d'or, de titres et d'honneurs à chaque occasion. La première faveur royale fut sa naturalisation accordée par une ordonnance en : « Louis XI, par la grâce de Dieu, roi de France. Savoir faisons à tous, présent et avenir. Nous avons reçu l'humble supplication de notre ami et féal conseiller et médecin ordinaire, Maître Jacques de Coitier, écuyer, docteur en médecine, natif de Poligny au comté de Bourgogne, compte tenu qu'il est venu depuis demeurer en notre royaume auquel il s'est depuis tenu et vit encore à notre service, y a acquis des biens, en espérant d'y faire sa résidence toute sa vie. » Suivirent sa nomination comme clerc à la Chambre des comptes (), son anoblissement (), la vice-présidence de ladite Chambre (1480)Fonction crée spécialement pour lui avec dispense d'en assumer les obligations tout en conservant les revenus., la charge de bailli et concierge du Palais ()Place qui lui rapportait livres tournois sans compter les revenus locatifs des échoppes qui entouraient la cour du Palais., puis, enfin, sa nomination à la présidence à cette Chambre des comptes, le , après en avoir fait destituer son prédécesseur, Jean de la Drièche. En outre, il reçut la châtellenie de RouvresAujourd'hui, Rouvres-en-Plaine, en Côte-d'Or., domaine des derniers ducs d'une Bourgogne désormais rattachée au royaume (), les châtellenies de Saint-Germain-en-Laye, Poissy, Triel et Saint-James (), celles de Grimont et de Poligny (). Toujours en , il reçut la clergie et le greffe du bailliage d'Aval. L'année suivante, il reçut encore, toujours en Bourgogne, les châtellenies de Saint-Jean-de-Losne et de Brazey ()... Au regard des dates, on s'aperçoit que la plus grande partie de ces bénéfices ont été accordés dans les derniers mois de la vie du souverain, alors qu'il était déjà gravement malade.À la mort de Louis XI, le parlement cassa la donationTout au moins la donation faite sur Saint-Germain-en-Laye comprenant la place, le château, la prévôté et la seigneurie de Saint-Germain-en-Laye. faite par le roi et rendit à la couronne les propriétés aliénées.
Après Louis XI À la mort de (), qu'il assista jusqu'au dernier moment, Jacques Coitier était si riche qu'il put prêter à livres tournois qui lui furent remboursées par annuités. Ce dernier le rétrograda au titre de vice-président de la Chambre des comptes mais en lui conservant ses autres titres et possessions et en lui reconnaissant : « Les grands et agréables services que Maitres Jacques de Coitier a fait a feu notre seigneur et père, durant sa maladie, en grande cure, peine, travail et assiduité de sa personne, de jour et de nuit. » À son tour, lui conserva les mêmes avantages.
Jacques Coitier avait acquis en 1482, de ses propres deniers cette fois, la seigneurie de Nonneville à AulnayAttache des gens des comptes notifiant au prévôt de Paris l'hommage rendu par Jacques Le Clerc dit Cottier, vice-président en la chambre des comptes pour la seigneurie de Nonneville., 1496 et un terrain à Paris, à l'extrémité de la rue Saint-André-des-Arts, où il fit construire la maison dite « de l'éléphant » où il se retira en 1490. Cette demeure, construite en 1490 et détruite en 1735, était ainsi désignée parce qu'au-dessus de la porte donnant sur la rue Saint-André-des-Arts était sculpté un éléphant portant une tour. On y trouvait également ses armes (un abricotier) sculptées sur la porte, dans lesquelles l'historien Germain Brice (1652-1727) voyait un calembour avec « abri-Coitier », ainsi que des effigies de la sainte Vierge, de saint Jacques et d'un évêque non identifié avec l'inscription suivanteGermain Brice, Description nouvelle de tout ce qu'il y a de remarquable dans la ville de Paris, J. M. Gandouin et T. Le Gras, Paris, 1725, , T3, . :
Il y mourut le et fut inhumé en l'église Saint-André-des-ArtsCette église, située dans la rue du même nom, fut vendue le 4 fructidor an V et démolie peu après, sous les dalles d'une chapelle dédiée à Saint-Nicolas et Saint-Claude qu'il y avait fait ériger le et où furent aussi inhumés après lui des descendants de la famille Le Clerc du Tremblay.
En 1504, lui et son épouse avaient substitué en la maison des Le Clerc le fief et seigneurie de Nonneville et Aulnay, au profit de leur neveu, Jacques Le Clerc, écuyer, plus tard conseiller au Parlement de Paris, et ses enfants. La descendance de Jacques Le Clerc, avec la famille de Gourgues à partir du siècle, conserve la terre et le château d'Aulnay-sous-Bois jusqu'au début du siècle.
Armes
Dans la littérature Jacques Coitier, orthographié Coictier, est un personnage secondaire important du roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Mémoires de Philippe de Commines in Mémoires pour servir à l'histoire de France, Michaud et Poujalat, Paris, 1837 Nouvelle biographie générale : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, tome 11, Firmin Didot, 1855, (lire en ligne) Achille Chéreau, Jacques Coitier, médecin de Louis XI, roi de France, Mareschal, 1861
Masson et Asselin, Dictionnaire Encyclopédique des Sciences Médicales, t. 18, 1876, Bulletin de la Société française d'histoire de la médecine, , 1912, Docteur J. Colombe, Portraits d’ancêtres - I - Jacques Coitier, Hippocrate revue d'humanisme médical, , ,
Articles connexes Louis XI Philippe de Commines Notre-Dame de Paris Château de Rochefort (Asnières-en-Montagne) Château d'Aulnay sous Bois
Liens externes
Jacques Coitier (Coytier) dans le dictionnaire géographique, historique et statistique des communes
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