vignette|Bannière de manifestants à Copenhague en 2007 affichant « » (« On nique la loi »). vignette|Affiche d'une manifestante américaine en 2017 avec l'adverbe fucking utilisé pour accentuer son propos.
est un mot anglais qui, en tant que verbe, signifie « avoir un rapport sexuel », dans un registre généralement considéré comme vulgaire, voire ordurier. peut être traduit en français par le verbe « baiser » ou ..
Il peut aussi être utilisé en tant que nom pour décrire une personne désagréable, offensante, ou de mauvais caractère (le terme fucker peut également être utilisé dans cette acception, signifiant alors ).
On l'utilise encore comme terme de renforcement d'un verbe (exemple dans le faux conte pour enfant intitulé Go the fuck to sleep., que l'on peut traduire par « va au dodo bordel » ou ), où le mot fuck ou l'adverbe fucking prend ici plus le sens du juron de type ou .
Dans un sens général, le terme est considéré comme vulgaire et obscène. Une des premières apparitions du mot remonte à avant 1500 dans un poème contenant un mélange de latin et d'anglais.
Histoire du mot D'après The American Heritage Dictionary O.E.D. edition, le premier usage écrit du verbe date de 1535, dans un poème intitulé Flen flyys et écrit dans un mélange d'anglais et de latin : « (…) Non sunt in celi quia fuccant uuiuys of heli (…) ». Une traduction approximative donne : « Ils ne sont pas au paradis parce qu'ils baisent les femmes de Heli » (Heli étant un lieu, non une personne).
Le mot est d'origine germanique et partage les racines du mot allemand ficken .
Légendes sur la signification du mot Sur Internet, se propagent de nombreuses légendes urbaines qui en font l'acronyme de diverses phrases. Une version prétend par exemple que ce mot prendrait ses origines vers le , en Angleterre, où une loi imposait la réglementation des naissances, et les gens voulant avoir un enfant allaient prendre un papier spécial sur lequel était écrit (« fornication sous le consentement du roi ») et l'affichaient sur leur porte.
Dans son roman Le miroir de CassandreBernard Werber, Le miroir de Cassandre, Éditions Albin Michel, 2009, page 297., l'écrivain Bernard Werber cite cette légende sans la dénoncer comme telle.
Usages en français Le terme fuck est utilisé de façon anecdotique mais néanmoins croissante dans la langue française contemporaine pratiquée en France. Au Québec son utilisation est particulièrement répandue, le terme étant même déformé et francisé (« fucké » par exemple, traduction approximative de fucked up, signifiant « foiré », « foutu en l'air »). Il est à noter que toute la portée blasphématoire et offensante du terme est évacuée dans son usage au Québec, source notable de malentendus avec certains anglophones choqués par l'usage répété de termes considérés comme très grossiers en anglais.
Les qualificatifs orduriers étant beaucoup plus variés en français qu'en anglais (et ce d'autant plus qu'ils sont extensibles par des « ... de ... de ... »), la traduction de la forme récurrente « fucking + nom » (ou « fucking + adjectif ») peut s'avérer difficile, et le remplacement systématique par « putain de + nom » conduit à un résultat relativement terne. On peut donc être amené à varier avec « foutu + nom » ou « connerie de + nom », ou à renoncer à une traduction littérale tout en préservant la connotation ordurière, par exemple en ajoutant un « bordel » en fin de phrase.
Usages en anglais Le mot fuck est rarement imprimé en anglais et souvent remplacé par les abréviations euphémistiques f-word ou f***, ou encore the four letter word.
Les termes fuck et fucking sont très utilisés dans certains films anglophones traitant de milieux où l'usage d'un langage vulgaire est compréhensible : milieu du banditisme entre autresVoir par exemple les films Snatch ou Arnaques, Crimes et Botanique de Guy Ritchie, ou les films de Quentin Tarantino.
Un sketch parodique des Inconnus, conçu comme la bande-annonce d'un film fictif, intitulé Fuck You, avec « Al Pas-de-chez-nous » et « Robert de Négro », montre cette tendance croissance à partir du début des années 1980 (par exemple, avec le Scarface de Brian De Palma, sorti en 1983, qui est l'un des premiers films à faire un usage massif de ce terme), ainsi que la tendance des adaptateurs français à édulcorer les termes injurieux dans les sous-titres (dans le sketch des Inconnus, la tirade If you fuck me, I'll fuck you! devient « Si tu m'embêtes, je t'embêterai aussi ! », etc.) et à commettre des contresens (comme lors du plan final et absurde du sketch des Inconnus, où un « phoque » est traduit en « enculé »).
Plus récemment, sont apparus sur Internet de nombreux montages réalisés par des amateurs juxtaposant tous les fuck et dérivés des films ou séries en faisant un usage particulièrement abondant (en particulier dans les films Scarface, Casino, The Big Lebowski, les séries Les Soprano, Dexter).
Un article sur la version anglophone de Wikipedia établit un classement des en listant ceux qui en comportent un nombre significatif, avec également la mention du nombre par minute. Pendant un temps, le premier du classement, hormis deux documentaires consacrés au phénomène, était de loin le film Le Loup de Wall Street (2013) de Martin Scorsese, avec un compte de 569 (pour une durée de 180 minutes) ; mais, si l'on se réfère au « score par minute », on trouve en tête deux films sortis en 1997, Twin Town et Ne pas avaler (avec respectivement 3,34 et 3,21 mots fuck par minute), Le Loup de Wall Street venant derrière avec 3,16 mots fuck par minute. Depuis, Swearnet: The Movie (2014) a battu ce record avec 935 occurrences de ce mot dans un film (8,35 par minute).
Au-delà du simple usage, le mot représente en lui-même un angle de réflexion sur le fonctionnement de la société des États-Unis d'Amérique. Pour le professeur de droit Christopher M. Fairman (université de l'OhioPrésentation de Christopher M. Fairman sur le site internet Moritz College of Law de l'université de l'Ohio, consulté en avril 2010.), l'étude du mot est riche d'enseignement dans au moins quatre domainesChristopher M. Fairman, Fuck, Ohio state public law working paper No. 59, Center for interdisciplinary law and policy studies working paper series No. 39, mars 2006. : le Premier amendementVoir également Merle Hope Weiner, Dirty Words in the Classroom: Teaching the Limits of the First Amendment, Tennessee Law Review, Vol. 66, p. 597, 1999., la réglementation sur la diffusion (télévision et radio), le harcèlement sexuel et l'éducation. Pour Fairman, comprendre l'application du droit réprimant l'usage du mot nécessite de prendre en considération le fort tabou culturel qui lui est liéVoir également Patty Campbell The pottymouth paradox, Horn Book magazine, 2007..
Notes et références
Articles connexes
Juron Vulgarité Fuck, un documentaire de 2005 consacré à ce mot. Seven dirty words, sept mots interdits dans les programmes à la télévision et la radio aux États-Unis. Doigt d'honneur, un geste obscène apparenté.
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