Alexandre Nikolaïevitch Tarassov (en ), né le à Moscou, est un sociologue, politologue et culturologue russe, également écrivain et philosophe. Penseur de gauche radicale, il s'est longtemps revendiqué du courant post-marxiste Тарасов, А.Н. "Полемика Полемика с Александром Шубиным". Из книги: "Революция не всерьёз. Штудии по теории и истории квазиреволюционных движений". Екатеринбург, издательство "Ультра.Культура", 2005. (Tarasov, A. « Polémique avec Alexandre Shoubin », dans La Révolution pour rire : Etudes sur la théorie et l'histoire des mouvements quasi-révolutionnaires, Iekaterinbourg : Ultra.Kultura, 2005). . Тарасов, А.Н. "Сакральная функция революционного субъекта. Встреча в Византийском клубе 20 апреля 2001 года. Интервью Аркадия Малера с Александром Тарасовым". Журнал "Скепсис", 20 апреля 2001. (Tarasov, A. « La fonction sacrée du sujet révolutionnaire. Rencontre au Club Byzantin le 20 avril 2001. Interview d'Arkady Maler avec Alexandre Tarasov », revue Skepsis, 20 avril 2001). aux côtés d'István Mészáros et d'un certain nombre de philosophes marxistes yougoslaves appartenant au groupe « Praxis ». Depuis le début des années 2000, le terme de post-marxisme a néanmoins été approprié par des philosophes comme Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, et Alexandre Tarassov (de même qu'István Mészáros et les philosophes yougoslaves précités) a cessé de se rattacher à ce courant Паульман, В.Ф. "Танцы вокруг парового котла". (Paulman, V. "Danses autour de la chaudière à vapeur")..
Biographie
Activisme politique et internement forcé
En – , Tarassov fonde, aux côtés de Vasily Minorsky, un groupe clandestin de gauche radicale, le « Parti des nouveaux communistes » ou PNC (en russe : Партия новых коммунистов, ПНК). Il en devient le leader officieux au cours de l'été 1973. En 1974, le PNC fusionne avec un autre groupe de gauche radicale clandestin, « l'École de Gauche » (en russe : Левая Школа), pour former le « Parti néo-communiste de l'Union Soviétique » (PNCUS) (en russe : Неокоммунистическая партия Советского Союза, НКПСС). Tarassov devient l'un des leaders et théoriciens du PNCUS et écrit en 1974 le programme du parti, « Les principes du néo-communisme » (en russe : Принципы неокоммунизма).
En 1975, Tarassov est arrêté par le KGB. Après avoir été emprisonné, puis interné pendant un an dans un hôpital psychiatrique spécial, il est libéré, le dossier concernant le PNCUS n'étant finalement jamais porté devant les tribunaux. Durant son internement forcé, Tarassov subit des traitements cruels et des tortures (passages à tabac, thérapie électroconvulsive, comas insuliniques, injections de fortes doses de neuroleptiques), causant des troubles somatiques sévères (hypertonie musculaire, spondylarthrite ankylosante, maladies du foie et du pancréas) dont il souffre depuis sa remise en liberté, le rendant partiellement invalide Erlich, Reese. "Soviet Dissidents. Gone With the Wind of Change". "Chicago Tribune", December 11, 2001. (Erlich, Reese. « Les dissidents soviétiques. Partis avec le vent du changement », Chicago Tribune, 11 décembre 2001).. Des médecins (?) d'État ont examiné Tarassov en 1988 et n'ont diagnostiqué chez lui aucun trouble mental, récusant ainsi les raisons qui auraient pu justifier son internement Тарасов, А.Н. "Возвращение на Лубянку: 1977–й". Журнал "Неприкосновенный запас", 2007, No. 2. (Tarasov, A. « Retour à la Loubianka – 1977 », revue Neprikosnovennyj Zapas, 2007, ). (Voir également : Psychiatrie punitive en URSS).
Après sa libération, Tarassov participe à la restauration du PNCUS, qu'il dirige jusqu'à l'auto-dissolution du parti en .
Éducation et carrière
Tarassov a exercé de nombreuses fonctions : il a travaillé en tant que dessinateur, laborantin dans un institut de recherche et de conception de structures métalliques, gardien au cimetière Vagankovo de Moscou, machiniste, réparateur de chaudières, libraire, éditeur, aide-médecin, comptable, éclairagiste au théâtre de l'Ermitage de Moscou, chercheur associé au Centre pour l'Analyse Scientifique de l'Académie des sciences de Russie, professeur d'université, consultant pour le Ministère de l'Éducation et des Sciences, chroniqueur politique, expert au Centre d'information et d'analyse « Panorama » (Moscou) et au Comité des droits de l'Homme de Moscou, etc.
Par ses études supérieures, il s'est spécialisé en économie et en histoire : il possède un diplôme d'économie de l'Institut d'Etat russe d'apprentissage à distance pour l'économie et la finance, ainsi qu'un diplôme d'histoire commencé à l'Université pédagogique d'État de Moscou et terminé à l'Université d'État de Moscou. Néanmoins, lorsque débute la perestroïka, c'est en tant que sociologue et politologue qu'il s'affirme et se professionnalise.
Activités scientifiques et éditoriales
Tarassov commence à publier ses travaux sous un pseudonyme en 1984, aussi bien dans des samizdats (publications clandestines) soviétiques que dans la presse étrangère. À partir de 1988, ses articles (toujours sous un pseudonyme) apparaissent dans la presse indépendante, et depuis 1990 il publie dans la presse indépendante et officielle sous son propre nom.
En 1988, il fonde les « Archives indépendantes » (renommées en 1990 « Archives indépendantes – Service sociologique indépendant »). Il collabore aux travaux du Centre « Phénix » pour une Nouvelle Sociologie et l'Étude de la Politique Appliquée (en russe : Центр новой социологии и изучения практической политики «Феникс») à partir de 1991. En 2004, il devient le codirecteur de « Phénix », et en , son directeur.
Durant la première moitié de 1993, Tarassov est l'un des trois rédacteurs en chef d'un magazine mensuel appelé « La Maison des Syndicats » (en russe : Дом союзов), publié par la même équipe que « Solidarnost » (en russe : Солидарность, solidarité), le journal fondé par la Fédération des Syndicats de Moscou (et désormais le journal de la Fédération des syndicats indépendants de Russie). Le magazine a alors un tirage de . Dans son adresse aux lecteurs du premier numéro, Tarassov affirme que « La Maison des Syndicats » se donne pour mission de « mettre à jour la pensée socialiste » et de « créer une théorie qui corresponde à la réalité d'aujourd'hui ». Cinq numéros sont publiés avant que le rédacteur en chef de « Solidarnost », Andreï Isaïev, décide la fermeture du magazine, déclarant ce dernier non conforme à la ligne politique de la Fédération des Syndicats de Moscou en raison d'un radicalisme « excessif » Потапов, В. "Дом Союзов". Журнал "Община", No.49. (Potapov, V. « La Maison des syndicats », revue Obshchina, )..
Tarassov est l'auteur de plus de en sociologie (principalement en études sur la jeunesse Tarasov, A. "Provinces Grow Restive". "The Moscow Times", January 17, 1998. (Tarasov, A. « Les provinces s'agitent », The Moscow Times, 17 janvier 1998)., sur les questions d'éducation et de résolution des conflits), en science politique Tarasov, A. "Soviet Trade Unions on the Road to a Shameful Fall". "Russian Labour Review", 1993, No.1. (Tarasov, A. « Les syndicats soviétiques sur la route d'une chute honteuse », Russian Labour Review, 1993, ). (sur les processus politiques contemporains, le radicalisme politique en Russie et à l'étranger, ou encore les mouvements sociaux de masse), en histoire (sur l'histoire 1Tarasov, A. "Lessons of Novocherkassk". "Russian Labour Review", 1993, No 2. (Tarasov, A. « Leçons de Novocherkassk », Russian Labour Review, 1993, ). mouvements révolutionnaires Tarasov, A. "World Revolution 2: the Return to a Global Revolutionary Strategy Based on the Experience of the 20th Century". "The Future Present", 2011, Vol.1, No.1. (Tarasov, A. « La révolution mondiale 2: le retour à une stratégie révolutionnaire globale basée sur l'expérience du siècle », The Future Present, 2011, vol.1, ). et des guérillas), en culturologieTarasov, A. "http://www.screen.ru/Tarasov/Kil%20the%20Yankees.htm Kill The Yankees – a Mantra of Counterculture". "The Moscow Times", April 26, 2000. (Tarasov, A. « Tuer les Yankees, un mantra de la contre-culture », The Moscow Times, 26 avril 2000.) Tarasov, A. "Ten Years of Shame: Arguments About Blame". "Russian Politics and Law", May–June 2000, Vol. 38. No 3. (Tarasov, A. « Dix années de honte : Débats sur la responsabilité », Russian Politics and Law, mai-juin 2000, vol.38, .) (sur la culture de masse et les contradictions interculturelles et intercivilisationnelles) et en économie Tarasov, A. "Super-etatism and Socialism: Towards a Statement of the Problem". (Tarasov, A. « Le super-étatisme et le socialisme : Vers une énonciation du problème ».) (recherche comparée). Il est également un critique littéraire et de cinéma (littérature et cinématographie contemporains, culture de masse et politique, histoire et théorie du cinéma des années 1960 et 1970). Il est le premier à étudier et décrire la sous-culture des skinheads néonazis en Russie Tarasov, A. "Offspring of Reforms – Shaven Heads Are Skinheads. The New Fascist Youth Subculture in Russia". "Russian Politics and Law", January–February 2001, Vol.39, No.1. (Tarasov, A. « La progéniture des réformes: les têtes rasées sont des skinheads. La nouvelle sous-culture jeune fasciste en Russie », Russian Politics and Law, janvier-février 2001, vol.39, ). Tarasov, A. "http://www.screen.ru/Tarasov/Rise_of_Skinhead_Movement.htm Leading Expert Traces Rise of Skinhead Movement". "The Current Digest of the Soviet Press", July 14, 2004. (Tarasov, A. « Un expert éminent retrace la montée du mouvement skinhead », The current Digest of the Soviet Press, 14 juillet 2004.) Tarasov, A. "Russian Skinheads: a Social Portrait (Analysis of Social Motives Behind the Skinhead Movement in Russia)". "Kontinent", August 2002, No.32. (Tarasov, A. « Les skinheads russes : un portrait social (Analyse des motivations sociales derrière le mouvement skinhead en Russie) », Kontinent, août 2002, .) Tarasov, A. "The Skinheads Are Coming". "What The Papers Say" – Russian Press Digest, June 18, 2004. (Tarasov, A. « Les skinheads arrivent », « What the Papers Say » - Russian Press Digest, 18 juin 2004.), et est également l'auteur de la première recherche approfondie sur l'influence des idées et des organisations d'extrême-droite sur la sous-culture des supporters de football en Russie (en 2009-2010) Тарасов, А.Н. "Субкультура футбольных фанатов в России и правый радикализм". Из сборника статей: "Русский национализм между властью и оппоцизией". Москва, Центр "Панорама", 2010. (Tarasov, A. « La sous-culture des supporters de football en Russie et le radicalisme de droite », dans Le nationalisme russe entre le pouvoir et l'opposition, Moscou, Centre « Panorama », 2010.) .. Outre ses travaux politiques et scientifiques, Tarassov est, depuis 1992, l'auteur d'écrits littéraires poétiques et en prose. Depuis 1997, il a également traduit des œuvres de l'anglais et de l'espagnol vers le russe. Ses travaux ont été publiés en Russie, aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Suède, en Italie, en Espagne, en Grèce, en Finlande, en Hongrie, en Inde, au Japon, en Corée du Sud, en Argentine, au Panama, en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, au Kazakhstan, en Moldavie, en Azerbaïdjan, en Transnistrie, à Cuba et en Ukraine. Il est le lauréat de prix de plusieurs magazines littéraires : Droujba Narodov (« L'amitié des peuples », en russe : « Дружба народов ») (2000) Radio Liberty — Culture News. 1 февраля 2001. (1 février 2001)., Younost (« Jeunesse », en russe : «Юность») (2001) et Oktyabr (« Octobre », en russe : «Октябрь») (2011) "Литературный журнал "Октябрь" вручил премии за лучшие публикации 2011–го года". Новости литературы, 21 декабря 2011. ("Les prix des meilleures publications de 2011 annoncés par la revue littéraire « Oktyabr », Novosty literatury, 21 décembre 2011.).