Le FAL (pour « Fusil Automatique Léger ») est un fusil de combat pouvant tirer en automatique et semi-automatique de calibre 7,62 OTAN de conception belge, fabriqué par la Fabrique nationale Herstal (FN Herstal).
Il connaît une large diffusion, particulièrement en Afrique. Pendant la guerre froide, il est surnommé (). C'est un jeu de mots (en anglais) puisque les mêmes mots signifient également « bras droit » et « arme juste » dans l'expression d'origine. Cela marquait la différence avec les deux autres armes emblématiques de cette période : l'AK-47 associé au bloc de l'Est d'une part, et le fusil M16 des États-Unis d'autre part ; les pays qui adoptaient l'un ou l'autre « choisissaient leur camp ».
Le FAL a aussi été développé en version automatique pour pouvoir tirer en rafales, ce qui le rapproche alors d'un fusil d'assaut. Cette version a été très peu utilisée, le recul dû à la puissante munition de entraînant une dispersion difficile à contrôler par le soldat moyen.
Historique vignette|redresse=1.5|FN FAL version Para.
L'histoire du FAL commence en 1946 lorsque la firme belge FN Herstal charge une équipe d'étudier un nouveau fusil. Cette équipe est dirigée par Dieudonné Saive.
Le prototype voit le jour en 1948. À l'époque, une des originalités de ce fusil est d'être équipé d'une poignée de pistolet en avant de la crosse. La maintenance de l'arme est facilitée par un démontage extrêmement aisé. Le recul se fait de manière rectiligne, sans relèvement du canon, grâce à l'emplacement du centre de gravité placé dans l'axe du canon. L'ingéniosité et la simplicité du mécanisme limitent fortement le risque d'enrayage. Ces premiers prototypes sont utilisent d'abord le 7,92x33 kurz, puis 2 prototypes (un bullpup, et un normal) sont faits en .280 British. C'est cette cartouche, avec la configuration normale du fusil qui est retenue dans un premier temps, jusqu'en 1952.
En 1954, sous l'influence des États-Unis, l'OTAN adopte un nouveau calibre de , aussi appelé 7,62 OTAN. En conséquence, la FN Herstal s'empresse d'adapter le FAL à la nouvelle munition.
Dès 1955, le Canada, devançant la Belgique (qui l'adopte en 1956), acquiert ce nouveau fusil pour ses forces armées, devenant le premier pays de l'OTAN à l'adopter. Par la suite et jusqu'à l'adoption du 5,56 mm OTAN, le FAL devient le fusil le plus répandu dans les armées des pays non-communistes.
Modèles belges vignette|upright=2|FN FAL version crosse fixe.
De nombreux modèles du FAL existent mais ce sont des dérivés de trois modèles principaux qui furent en service dans l'armée belge où il côtoie puis remplace le SAFN 1949 : le modèle standard ; existe en version semi-auto et une autre avec un sélecteur de mode de tir, auto/semi-auto ; le modèle lourd, en fait un fusil-mitrailleur appelé FALO (canon plus épais et bipied) ; le modèle para dit aussi M3 (canon plus court et crosse repliable pour le saut en parachute).
Caractéristiques techniques communes Mécanisme : emprunt de gaz, tir semi-automatique, tir automatique (550 coups par minute) Dispositif de pointage : œilleton et guidon Hausse : graduée de 200 à Garnitures : bois et/ou polymère Poignée de transport : optionnelle Du fait du recul dû à la munition, le sélecteur de tir est souvent bloqué en coup par coup.
+ Modèle Munition Emploi Longueur mini/maxi Canon Masse à vide Chargeur FAL Standard (50-00) 7,62 OTAN fusil 20 cartouches FAL Standard avec crosse pliante (50-61) 7,62 OTAN fusil 845/ 20 cartouches FAL PARA/canon moyen (50-64) 7,62 OTAN fusil 790/ 20 cartouches FAL PARA /canon court (50-63) 7,62 OTAN fusil 770/ 20 cartouches FALO 7,62 OTAN fusil-mitrailleur d’appoint 30 ou 20 cartouches
Accessoires Baïonnette ; Tromblon : pour le tir de grenades antichars (Energa), défensives ou fumigènes ; Lunette de tir : pour le tir de précision ; Trépied : aide pour le tir automatique.
Pays utilisateurs (versions belges) vignette|centré|redresse=1.8|Carte des utilisateurs du FN FAL dans le monde. Plus de ont adopté le FAL au sein de leurs forces armées:
- remplacé par le HK G3 en 1959. - adopté en 1960. - adopté en 1955. - adopté en 1968. - adopté en 1954.
- adopté en 1963. - adopté en 1968. - remplacé par une version modifiée du M16 américain, le C7. - adopté en 1960.
- livraison en 2008. - adopté en 1956. - adopté en 1959. - adopté en 1959. (Dubaï) - adopté en 1969. - adopté en 1960. - remplacé par le fusil CETME en 1958.
- adopté en 1965. - adopté en 1968. - adopté en 1969. - adopté en 1958. - adopté en 1961.
- adopté en 1957. - adopté en 1956. - adopté en 1963. - adopté en 1955. - adopté en 1956.
- adopté en 1974. - adopté en 1963. - adopté en 1980.
- adopté en 1956. - adopté en 1961. - adopté en 1958. - adopté en 1961. - adopté en 1956. - adopté en 1963. - adopté en 1956. - adopté en 1966.
- adopté en 1961. - adopté en 1967.
- adopté en 1954, remplacé par l'AK 103 en 2007-2008.
Pays fabricants vignette|upright=1.5|Un FAL version G1 (RFA) : le Stg 58 autrichien est identique. vignette|upright=1.35|Un FALO israélien : le garde-main est caractéristique des FAL produits par IMI.
Le FAL a été fabriqué légalement dans une dizaine de pays et a reçu quelquefois une autre appellation. La Fabrique nationale de Herstal accorda une licence de production aux pays suivants : Royaume-Uni (L1A1) RSA (R1/R2) Brésil (M1964 et M1969A1) Australie (L1A1/L2A1) Canada (C1/C2) Israël (IMI Romat) Autriche (Stg 58) Argentine (Fusil Automatico Liviano)
Afrique du Sud vignette|Le FAL sud-africain R1 (bas) et son successeur le R4 (haut) Entre 1963 et le début des années 1980, la firme Armscor (RSA) produisit, avec une licence belge, les FAL standard et Para sous les noms de R1 et R2 : les modèles sud-africains se différenciant du belge par le cache-flamme, le levier d'ouverture et le bouchon du cylindre à gaz qui porte une réglette mobile destinée au lancement des grenades à fusil. Cette arme fort appréciée servit lors de la guerre de la frontière de l'Afrique du Sud. Elle fut aussi fournie aux militaires des pays limitrophes : ,
/
En 1982, les SADF le remplacèrent par le fusil d'assaut R4 dérivé du Galil israélien et lui-même produit sous licence.
Argentine Les Forces armées argentines adoptèrent le FAL au début des années 1960. Buenos Aires en acquit ensuite la licence (comme elle fit avec la FN MAG et le Browning GP lançant la production de versions locales. Cette dernière pris fin au milieu des années 1990.
FAL argentins furent ainsi produits par la firme FM (Fabricaciones Militares) dans les locaux de la Fabrica Militar de Armas Portatiles « Domingo Matheu » (FMAP DM). L'acronyme FAL resta identique, puis qu'en espagnol le nom d'origine devient « Fusil Automatico Liviano ».
Les FM FAL argentins comprennent les versions « Standard » et « Para » du fusil belge. Le sélecteur de tir était en option (the full auto fire option). Une version à canon lourd, connu comme le FAP (« Fusil Automatico Pesado », d'une masse de ) équipa également l'armée argentine. FAP seulement sortirent des chaînes de production argentine.
En 2010, l'inventaire déposé au Registre des armes classiques des Nations unies« Registre des armes classiques », sur le site de l'ONU, http://www.un.org (consulté le 21 août 2015). fait état de et de .
vignette|Soldats de l'armée argentine utilisant des FM FAL lors de la guerre des Malouines.
L'armée argentine s'en servit lors de la guerre des Malouines puis dans différentes opérations de maintien de la paix. Le FM FAL fut acheté par plusieurs pays :
livrés au Contras
Aussi les FMAP FAL furent employés dans le Conflit armé péruvien.
Autriche En 1958, la jeune Bundesheer adopte une variante du FAL que lui fournit la firme belge. Ce Sturmgewehr 1958 ou Stg 58 se distingue par son garde-main en acier rainuré. Son canon mesure pour une longueur totale d' et une masse de . Sa hausse est graduée jusqu'à . Son cache-flamme lui permet de tirer des grenades sans autres modifications. Il est ensuite produit pour la seule Autriche par Steyr-Daimler-Puch entre 1959 et 1975. Le Stg 58 est remplacé en 1978 par le Steyr AUG.
Brésil vignette|Troupes d'infanterie de la jungle de l'armée brésilienne utilisant le FAL.
Les usines d'Itajubá appartenant au groupe public brésilien IMBEL fabriquèrent la version standard et Para M3 du FAL sous les désignations militaires respectives de M/964 et M/969. Elle produisirent une variante civile sous le nom de SAR-4800 vendue aux États-Unis par la firme Springfield Armory. Doté d'une crosse à trou ce FAL américano-brésilien mesure pour . IMBEL a aussi produits des versions allégés tirant la 5,56 mm Otan (chargeur du M16) sous la forme des MD2 et MD97.
Canada Voir la notice sur le C1/C2.
États-Unis Plusieurs firmes privées américaines produisent des copies et dérivés du FN FAL. Ainsi DSA Arms, prenant le relais d'Hesse Arms, produit le modèle SA 58 à partir des plans et de l'outillage du Stg 58 autrichiens sous la forme des : SA-58 Standard, SA-58 Carbine, SA-58 Medium Contour, SA-58 Bull Barrel, SA-58 Predator, SA-58 Graywolf, SA-58 Congo & Para Congo, G-1 FAL (réplique du modèle de la Bundesheer autrichienne), SA-58 T-48 (copie du modèle des tests du M14), SA-58 Tactical Carbine (visant le marché des SWAT Teams), le SA-58 OSW et le SA 58 SPR. Le modèle SA-58 OSW est en service limité dans les Forces spéciales américaines et connut le feu en Afghanistan et en Irak.
Israël vignette|Des soldats de l' Armée de défense d'Israël armés d'IMI Romat photographiés en 1965. Les FDI adopte le FAL en remplacement du Mauser-CZ, en 1955. Ces FAL 50-00, 50-61 et FALO furent produits par les IMI contre la cession de la licence de l'Uzi à la FN Herstal. Ces armes, connues sous le nom d'IMI Romat, subissent quelques modifications : canon et cache-flamme lisse, extracteur en deux parties, crosse pleine en bois avec plaque de couche en tôle emboutie et ondulée, poignée-pistolet et poignée de transport en bois puis en ryslan. Mais les différences principales concerne le garde-mains constitué de 2 demi-coques en bois striés pour sa partie postérieure et une partie antérieure métallique perforée. Portant des marquages en langue hébraïque, les FAL d'IMI connurent la Crise de Suez, la guerre des Six Jours puis la guerre du Kippour.
Dans les années 1970, le Mossad était chargé de la formation de la garde présidentielle de Madagascar. Un certain nombre de FAL de fabrication israélienne sont achetés par l’État malgache dans le cadre de ce contrat de formation ( environ). Ces armes sont employées comme armes collectives au sein de la police nationale malgache. Ces fusils sont plutôt encombrants et ne sont pas adaptés aux opérations de police en raison de leur forte puissance.
Mexique Le Mexique assembla des fusils complets avec des pièces venant de Liège dans l'arsenal de Mexico.
Royaume-Uni, Inde et Australie Voir les notices sur les L1A1/L2A1 et Fusil 1A/1C.
Venezuela En 1954, le Venezuela passe commande pour 5000 FAL. Le FAL adopté par l'Armée vénézuélienne vers 1962, initialement chambré en 7 x 49 mm, est retransformé. L'arme est aussi assemblée au Venezuela ( par la CAVIM pour le compte de la Garde nationale vénézuélienne).
Le FAL dans les conflits (depuis 1954) En un peu plus de d'utilisation dans le monde, la FAL est présent dans de nombreux conflits. Au cours de la guerre des Malouines, le FN FAL a été utilisé par les deux parties : il a été utilisé par les forces armées argentines, et le L1A1, une version semi-automatique du FAL (qui arma les soldats australiens et néo-zélandais au Viêt Nam, a été utilisé par les forces armées britanniques. Ainsi la Guerre froide vit un usage massif du FAL (souvent au côté ou face au HK G3, AIM et autres Vz. 58).
: Guerres coloniales portugaises. Crise du canal de Suez Débarquement de la baie des Cochons Guerre du Bush de Rhodésie du Sud Guerre de la frontière sud-africaine Guerre des Six Jours