Tech3 est une équipe française de compétition motocycliste présente aux championnats du monde MotoGP et Moto3 sous le nom de Red Bull KTM Tech3. L'équipe a été fondée en 1989 par Hervé Poncharal, ancien pilote, Guy Coulon et Bernard Martignac.

En MotoGP, Tech3 est le team satellite de l'équipe officielle KTM.

En , l'écurie Tech3 est racheté par l'ancien team principal de Haas F1 Team, Günther Steiner

Historique

Les années

Création de l'équipe avec Honda France

Après avoir passé plusieurs années en tant que pilote / responsable d'équipe chez Honda France., Hervé Poncharal décide en 1989 de créer la structure Tech3 avec l'ingénieur Guy Coulon et le technicien Bernard Martignac.. L'origine du nom de l'équipe fait référence à l'High tech, la technique et le fait que étaient à l'origine du projet... Dès sa création, l'équipe est basée à Bormes-les-Mimosas, dans le Var..

L'équipe commence la compétition dans la catégorie dès 1990 avec le soutien de Honda et du cigarettier Rothmans.. Au guidon d'une Honda NSR 250 d'usine, le pilote Dominique Sarron, (frère de Christian, pilote ), réussit une première saison prometteuse avec plusieurs top 5. Blessé en cours de saison, il est remplacé par l'Autrichien Andreas Preining pendant deux meetings. Finalement, ce premier exercice voit Sarron finir au classement général.

Dominique Sarron ayant fait le choix de partir vers Yamaha, Jean-Pierre Jeandat est choisi pour représenter l'écurie en 1991 sur une Honda RS cliente. S'il n'a pas la vitesse de Sarron, la régularité de Jeandat lui permet d'accéder à 12 top 10 en 15 courses. Néanmoins, l'année 1991 est moins prolifique que la précédente avec les 59 points de la place au tableau final, Honda cliente.

Attiré par le sérieux de cette jeune écurie, Suzuki se rapproche de Tech3 pour intégrer la catégorie .

1992 - 1994 : Passage sur Suzuki et années noires Fort d'une belle montée en puissance en avec Kevin Schwantz, Suzuki et son sponsor titre Lucky Strike choisissent l'équipe Hervé Poncharal pour intégrer la catégorie inférieure. Tech3 devient donc une équipe d'usine en 1992 et engage le prometteur Wilco Zeelenberg qui sort de 2 saisons dans le top 5 final de la catégorie. Herri Torrontegui, pilote espagnol qui a montré de belles qualités en , est engagé à ses côtés,. Alors que les ambitions étaient élevées, l'année est finalement décevante, avec uniquement trois top 5 pour le pilote néerlandais et cinq top 10 pour Torrontegui, respectivement et au général.

Pour 1993, Suzuki veut à tout prix réussir et s'en donne les moyens : elle engage au guidon de la de Tech3 John Kocinski, champion en 1990 sur Yamaha et qui venait de terminer du championnat . Pilote au caractère bien trempé, l'Américain exige d'être le seul représentant de l'écurie, ce qui est accepté. Les débuts sont encourageants, avec le premier podium de la marque et de l'équipe dans la catégorie lors du premier Grand Prix, en Australie. Les courses suivantes sont cependant plus décevantes, avec des places d'honneur, jusqu'au Grand Prix des Pays-Bas sur le circuit d'Assen.

Parti dernier sur la grille, le pilote américain remonte tout le peloton, meilleur tour en course à l'appui, et lutte pour le podium. Deuxième à l'entame du dernier tour, Kocinski se fait doubler par Tetsuya Harada et finit à la dernière marche du podium. L'Américain ne supporte pas cet échec et, dans le tour de décélération, casse sciemment le moteur de sa moto, puis la jette à terre. Revenu au stand, il refuse de monter sur le podium et de se rendre à la conférence de presse. Ces affronts sont jugés inacceptables pour le cigarettier Lucky Strike, sponsor de l'équipe, du pilote et du Grand-Prix des Pays-Bas : le pilote est licencié par Tech3 le soir-même.

L'écurie française termine la saison en engageant Simon Crafar, pilote Superbike et . Trop grand pour la moto comparé à Kocinski, le Néo-zélandais ne réussit qu'un top 10 sur les 7 dernières courses de la saison. La saison qui devait être l'année de la réussite se termine par le retrait de Suzuki de la catégorie le .

À moins de 3 mois du nouveau championnat, l'écurie doit trouver une moto, des sponsors et des pilotes. Hervé Poncharal se tourne alors vers son ancien partenaire Honda et le sponsor Motul, qui apportent leur soutien. Les Français Noël Ferro et Frédéric Protat sont engagés au guidon de Honda RS clientes. L'équipe s'inscrit aussi pour la première fois en , avec une moto partagée entre Nicolas Dussauge et Bertrand Stey.

Avec un budget trop faible et une moto presque vierge de sponsor, l'année 1994 est terrible pour Tech3 et aucun des pilotes et ne marque de point. Alors que l'écurie songe à arrêter les Grand Prix, son salut viendra de Jean-Philippe Ruggia.

1995 - 1998 : Retour glorieux avec Honda et début de l'ère Olivier Jacque En 1995, Jean-Philippe Ruggia possède un solide palmarès fait de podiums en et de victoires en . Après deux saisons sur Aprilia, le pilote français veut changer d'écurie et se tourne vers Hervé Poncharal, à la condition d'avoir une Honda d'usine. L'accord conclu avec la marque ailée, Poncharal réussit à transférer avec Ruggia Chesterfield et Elf, alors sponsor des motos italiennes. Comme deuxième pilote, Tech3 choisitle champion d'Europe en titre : Olivier Jacque. Ce dernier dispose d'une moto cliente. Pour la première fois depuis la création de l'équipe, le terme Tech3 apparaît dans la dénomination officielle de l'équipe.

Fort de cette nouvelle paire de pilote, l'écurie renoue avec les avant-postes. Si aucun podium n'est à signaler, l'expérimenté Ruggia signe six top 5 et cinq autres top 10 sur 13 Grand Prix. De l'autre côté du box, le jeune Jacque commence l'année en dehors du top 10, mais en signe 5 sur les 6 dernières courses, dont deux place. Signe de sa vitesse, Olivier Jacque réussit pour sa première année à s'élancer de la première ligne lors des 3 dernières courses et à boucler ses premiers tours en tête lors du Grand Prix d'Argentine. À l'arrivée, les Français finissent respectivement et du championnat.

Pour la première fois depuis sa création, les pilotes et les machines de Tech3 restent identiques pour une deuxième année, le seul changement étant la dotation d'une deuxième moto d'usine pour Olivier Jacque. Cette année 1996 est celle de son explosion : si son début de saison est solide, avec trois top 5 et deux top 10 sur les sept premières courses, Jacque obtient la deuxième place lors du Granbd Prix d'Allemagne. Loin d'être un acte isolé, le Français ne descend pas du podium de l'année, sauf pour abandonner en Autriche. La consécration pour Jacque et pour Tech3 arrive à Rio de Janeiro avec leur première victoire en devant Ralf Waldmann et Jürgen Fuchs. Finalement, Olivier Jacque conclut l'année avec deux place, quatre place et une victoire, ce qui lui permet de terminer à la place du championnat.

Du côté de Ruggia, la saison 1996 est difficile avec seulement trois top 5 et sept autres top 10, loin de la réussite de Jacque. Avec la place du championnat, il décide de quitter le monde des Grand Prix à la fin de l'année.

L'année 1997 voit donc l'arrivée d'un nouveau pilote pour épauler Olivier Jacque. Hervé Poncharal décide de miser sur William Costes, pilote français vainqueur en 1996 du Bol d'or et du trophée Thunderbike (ex championnat du monde ) pour défendre les couleurs de Tech3 sur une Honda client. Néanmoins, sa première année dans la catégorie est très compliquée, puisqu'il ne rentre dans les points qu'à 4 reprises, pour 23 points et la place du championnat.

Faisant maintenant partie des favoris de la catégorie avec Max Biaggi ou Ralf Waldmann, également sur Honda, la saison d'Olivier Jacque démarre de la même manière qu'avait fini la précédente, avec une troisième place lors du premier Grand Prix. Il ajoute à son palmarès deux autres place, trois place et surtout deux nouvelles victoires, en Autriche et à nouveau à Rio de Janeiro. Cela n'est cependant pas suffisant pour gagner le titre, car malgré un bilan de l'année 1997 supérieur à celui de 1996, avec 201 points contre 193, Jacque ne termine qu'à la place du championnat, devancé par les deux favoris et Tetsuya Harada, ce que Poncharal considère comme une petite déception.

Pour 1998, l'équipe mise sur la stabilité et espère enfin concrétiser le potentiel d'Olivier Jacque. La Honda NSR 250 ne fait cependant pas le poids face aux italiennes d'Aprilia et le pilote français se blesse à la cheville au Mugello, handicapant une bonne partie de sa saison. Même s'il obtient quatre place supplémentaires, le bilan de l'année n'est pas satisfaisant et la place du championnat marque encore un recul face aux concurrents. Dans l'autre garage, William Costes ne montre pas de signe d'évolution, avec seulement trois top 10 sur les neuf premières courses disputées. Devant ce bilan, Costes quitte l'équipe en cours de saison, remplacé par Matthieu Lagrive qui ne marque aucun point durant les six derniers Grand Prix. Julien Allemand fait aussi 3 courses pour l'écurie, avec une place lors du Grand Prix de France.

Bien conscient de la dépendance de l'équipe à Olivier Jacques, Hervé Poncharal demande à Honda de lui confier une deuxième moto d'usine et le pilote Tohru Ukawa, alors seul pilote de l'écurie officielle de la marque ailée. Le refus de l'entreprise d'Hamamatsu oblige le manager français à revoir sa stratégie, surtout face à la prise de contact de Yamaha.

1999 : Changement décisif vers Yamaha Souhaitant étendre sa présence en et disposer d'une équipe officielle, Yamaha prend contact en 1998 avec Hervé Poncharal. Après négociation, le manager français réussit à convaincre la marque aux diapasons de lui confier deux Yamaha YZR250 d'usine et le prometteur Japonais Shinya Nakano, lors de sa seule apparition en 1998. Le cigarettier Chesterfield et Olivier Jacque continuent l'aventure avec l'équipe varoise..

Le partenariat démarre sur les chapeaux de roue, avec la de Nakano en Malaisie après avoir longtemps mené, suivi à la par Jacque. Dès le deuxième Grand Prix, au Japon, le Japonais s'impose. Du côté d'Olivier Jacque, le Français se blesse gravement lors de la course suivante à Jerez, compromettant sa saison avec six Grand Prix loin de la piste. Il est remplacé consécutivement par Naoki Matsudo, Jamie Robinson et , sans grand succès.

Nakano, de son côté, confirme sa forme tout au long de l'année et ajoute deux , une autre et neuf sur toute l'année, lui garantissant les de la au général. Olivier Jacque reprend le guidon de la Yamaha en Allemagne et monte en puissance sur les huit courses restantes. Un premier podium (une ) avec Yamaha à Imola, puis une en Australie suivie d'une autre en Afrique du Sud laissent espérer au pilote français l'arrivée d'une première victoire avec Yamaha. Elle arrive finalement au dernier Grand Prix de la saison, en Argentine. Avec la du championnat malgré sa longue absence, l'année 2000 promet alors de voir Olivier Jacque et son coéquipier Shinya Nakano parmi les favoris.

Pour la saison 2000, peu de changements sont à noter, hormis le remplacement de Mobil 1 par BP au niveau des partenaires techniques. Les 6 premiers Grand Prix sont dominés par Nakano, le Japonais inscrivant trois victoires, une place et une place. Jacque, de son côté, ne peut riposter qu'avec deux deuxième places, une place et trois places, rendant ainsi 18 points de retard sur son coéquipier au tiers de la saison. Le pilote français finit par hausser son niveau au cours des sept courses suivantes, toutes terminées sur le podium avec deux victoires, quatre place et une place. Malgré deux autres victoires et trois autres podiums, Nakano compte cette fois 22 points de retard avant d'attaquer les trois derniers Grand Prix de la saison. Derrière lui, Tohru Ukawa et Daijiro Kato comptent à ce moment de la saison respectivement 198 et 193 points, soit 21 et 26 points de retard sur leur compatriote japonais.