est une chanson des Rolling Stones sortie en single en , avec Ruby Tuesday. Elle est ensuite parue sur la version américaine de l'album Between the Buttons, puis sur la compilation Flowers.

Let's Spend the Night Together est célèbre surtout pour ses paroles très directes, qui ont fait scandale à l'époque au point que Mick Jagger a dû s'auto-censurer quand le groupe a interprété la chanson au cours du Ed Sullivan Show, à la télévision américaine. Au lieu de « let's spend the night », Jagger a marmonné à contrecœur quelque chose s'approchant de « let's spend some time » Hans-Jürgen Döpp, Musique & Eros, Parkstone International, 2012<ref>[https://books.google.fr/books?id=SdpzxD1oZXMC&pg=PA106&lpg=PA106&dq=let%27s+spend+the+night+together+%2B+censure&source=bl&ots=E5fkxjTALl&sig=4v1eTnLTeQU2ZVBrFDEhV4xnJo0&hl=fr&sa=X&ei=VIskU9GQJeOc0QXU5oGoAQ&ved=0CFYQ6AEwBA#v=onepage&q=let%27s%20spend%20the%20night%20together%20%2B%20censure&f=false Anne Benetollo, Rock et Politique. Censure, opposition, intégration, Éditions L'Harmattan, 1999]</ref>.

Genèse et enregistrement Let's Spend the Night Together est écrite par Mick Jagger après avoir passé une nuit dans un motel à Bristol avec sa petite-amie de l'époque la chanteuse Marianne FaithfullMarianne Faithfull, An Autobiography, New York, First Cooper Square Press, 2000.

Si les paroles sont de Mick Jagger, la musique est du guitariste Keith Richards qui l'a composé exceptionnellement au piano. La chanson marque un tournant pour le groupe car c'est l'une des premières enregistrée dans les studios Olympic à Londres, que le groupe fréquentera régulièrement jusqu'au début des années 1970.

La chanson comprend le piano du contributeur des Rolling Stones Jack Nitzsche, l'orgue de Brian Jones, la batterie de Charlie Watts, le piano, la guitare électrique et la basse de Richards, le chant principal de Jagger et les chœurs de Jagger et de Richards. Le bassiste habituel Bill Wyman n'apparaît pas sur l'enregistrement.

L'ingénieur du son s'appelle Glyn Johns et il raconte la session :

Le chauffeur d'Oldham s'empresse de quitter le studio avec les substances illégales, tandis que les deux policiers s'excusent d'être entré sans prévenir (ils pensaient prendre des cambrioleurs en flagrant délit). Glyn Johns raconte :

C'est ainsi que les deux policiers ont participé à l'enregistrement d'une chanson des Rolling Stones.

Parution et réception La chanson sort avec en single double face A le au Royaume-Uni (et le lendemain aux États-Unis). Au Royaume-Uni, le single se classe à la troisième place dès le , tandis qu'aux États-Unis, les deux chansons sont classées dans le Billboard Hot 100 le ., mais c'est qui arrive en tête de classement le suivant tandis que Let's Spend the Night Together est .. Toujours aux États-Unis, les deux chansons paraissent également dans la version américaine de l'album (alors absentes de la version originale britannique).

En raison du caractère explicitement sexuel des paroles, la chanson provoque un scandale retentissant au point qu'elle est censurée par certaines radios (surtout américaines) qui préfèrent Ruby Tuesday. Dans le classement américain Cash Box, basé uniquement sur les ventes, la chanson atteint la place.. Dans d'autres pays du monde, les deux faces du single sont classées séparément. En Irlande, par exemple, Ruby Tuesday est sixième, tandis que Let's Spend The Night Together a été classé séparément quatorzième, car le diffuseur national irlandais, RTÉ, considérait que Ruby Tuesday était plus approprié pour la diffusion radio.

Lors de leur apparition au Ed Sullivan Show du , le groupe s'est d'abord vu refuser la permission d'interpréter le numéro. Sullivan lui-même a même dit à Jagger : « Soit la chanson s'en va, soit vous partez »Christopher Sandford (1993, 1999). Mick Jagger: Primitive Cool, p.97.. Un compromis a été trouvé pour substituer les mots « passons du temps ensemble » à la place de « passons la nuit ensemble » ; Jagger a accepté de changer les paroles mais a ostensiblement levé les yeux au ciel devant la caméra de télévision tout en chantant la phrase en playback, tout comme Bill Wyman. À la suite de cet incident, Sullivan a annoncé que les Rolling Stones seraient à nouveau interdits de se produire dans son émission.. Cependant, les Stones sont de nouveau apparus dans la série et ont interprété trois chansons le ..

Néanmoins, lors de leur passage dans l'émission Sunday Night at the Palladium sur la chaîne britannique ITV, les Stones refusent d'apparaitre dans le cortège des célébrités qui conclut chaque émission, ce qui provoque la colère du producteur de l'émission Albert Locke : . Mick Jagger lui répond :

En avril 2006, pour leur toute première représentation en Chine, les autorités ont interdit au groupe d'interpréter la chanson en raison de ses « paroles suggestives »..

Autres parutions La chanson est publiée sur la version américaine de l'album Between the Buttons ainsi que sur les compilations suivantes :

Flowers (1967) Through the Past, Darkly (Big Hits Vol. 2) (1969) Hot Rocks 1964–1971 (1971) Rolled Gold: The Very Best of the Rolling Stones (1975) 30 Greatest Hits (1977) Singles Collection: The London Years (1989) Forty Licks (2002) Singles 1965–1967 (2004) GRRR! (2012) Une version live dans l'album Still Life (1982).

Analyse artistique

Analyse des paroles Le personnage de la chanson semble impatient de vouloir passer une nuit torride avec sa petite amie. Pourtant Mick Jagger a affirmé dans une interview au Melody Maker qu'il ne fallait pas voir dans la chanson une invitation à l'amour physique :

En dépit des déclarations de Mick Jagger, la chanson provoque un scandale retentissant lors de sa sortie en single.

Structure musicale La chanson commence par le piano, la basse et les chœurs. C'est l'arrangeur Jack Nitzsche qui se charge du piano avec Keith Richards qui le rejoint par moments en jouant sa partie avec un doigt. En l'absence du bassiste Bill Wyman, la basse est tenue également par Keith qui se double pour grossir le son. L'effet est puissant et assure une véritable ligne directrice rejointe par la batterie de Charlie Watts qui fait une rythmique très Tamla Motown. Keith Richards assure également la guitare rythmique mais elle est inaudible dans le mix (tout comme les clappements de mains). Les chœurs de Mick et Keith ont une couleur kitsch et même juvénile. On peut constater une évolution dans les harmonies vocales au fur et à mesure des compositions. C'est le cas notamment sur le pont vers 1:40 qui ressemble aux Beach Boys. Sur ce même pont où apparaissent les matraques des policiers enfouies dans le mix, Brian Jones introduit l'orgue qu'il joue jusqu'à la fin. Enfin, Mick Jagger excelle dans son interprétation, et il chante avec une fausse pudeur dans un rôle taillé sur mesure. Si c'est une très bonne chanson, on peut regretter un mixage confus.

Musiciens

Mick Jagger : chant, chœurs Keith Richards : basse, guitare rythmique, piano, chœurs Brian Jones : orgue, chœurs, piano Charlie Watts : batterie Jack Nitzsche : piano Andrew Loog Oldham : producteur Glyn Johns : ingénieur du son (assisté par Eddie Kramer)

Reprises et utilisations Cette chanson a notamment été reprise par David Bowie sur son album Aladdin Sane, en 1973. Muddy Waters l'a également reprise sur son album de 1968 Electric Mud. Le groupe britannique Girlschool a enregistré une version de cette chanson sur sa première démo parue en 1978. En 1979, Roger Chapman crée également une nouvelle version dans son album Chappo. En 1980, le groupe canadien Toronto a enregistré une nouvelle version sur l'album Lookin' for Trouble.Le groupe de glam metal nord-américain Keel enregistra deux versions de la chanson, l'une sur son premier album Lay Down the Law en 1984 et l'autre sur son successeur The Right to Rock paru en 1985. En 2008, la chanson est utilisée dans le film Good Morning England'' de Richard Curtis.

Références

Liens externes

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