Le Football Club de Mulhouse, couramment abrégé en FC Mulhouse ou FCM, est un club de football français fondé en 1893. En jouant sous le nom de , dans la mesure où l'Alsace était alors sous administration allemande, il dispute ses premières compétitions officielles à partir de 1903 au sein de la fédération allemande, avant de prendre son nom actuel et de rejoindre les compétitions françaises en 1919, après la reconquête de l'Alsace-Lorraine par la France. Le club emménage en 1906 au stade vélodrome de Mulhouse, puis déménage en 1921 au stade de Bourtzwiller, avant de s'installer définitivement à Dornach, où est construit le Stade de l'Ill.
Le club obtient le statut professionnel en 1932 et devient alors un des premiers clubs professionnels français. Il participa au premier championnat de France de Division 1, la même année. C'est pendant la Seconde Guerre mondiale qu'il réalise ses meilleures performances, avec trois titres en entre 1941 et 1944. Redevenu amateur en 1946, il retrouve la Division 2 en 1970 puis le statut professionnel en 1981 ; il atteint à deux reprises la Division 1 en 1982 et 1989, puis stagne en Division 2 dans les années 1990.
Les résultats intéressants du FC Mulhouse s'arrêtent avec la relégation en championnat National, le troisième niveau du football français, en 1998. Les problèmes financiers récurrents du club aboutissent à un dépôt de bilan prononcé en 1999 et une relégation administrative en championnat de France amateur. Le club évolue depuis entre CFA / National 2 (1999-2004, 2005-2017, à nouveau de 2019 à 2020) et CFA 2 / National 3 (2004-2005, 2017-2019 et 2020-2022). Le club tombe même en Régional 1 en 2022 avant de retrouver en 2025 le National 3, renommé depuis la saison 2026-2027 en National 2
Historique Des débuts dans le contexte impérial allemand (1892-1914)
thumb|L'équipe alignée par le club en 1894.|alt=une équipe de football
L'histoire du FC Mulhouse commence en 1892, après que l'Alsace a été rattachée à l'Empire allemand à la suite de la guerre franco-prussienne de 1870. Deux jeunes Anglais , dont W.E. Kearns, élèves de l'école de chimie de Mulhouse , apportent dans leur malle un ballon de football et forment une équipe avec quelques condisciples. L'année suivante, le football s'implante définitivement à Mulhouse grâce à la fondation du . Dès 1895, le club présidé par Émile Reis prend part à un match international en affrontant les voisins suisses du Grasshopper de Zurich. Un match « retour » a lieu à Zurich en 1897.
Vers 1901, les élèves de l’ et du , membres des , rejoignent le que préside M. Platen. Les « jeunes » prennent le pouvoir au club et Fritz Mennecke hérite de la présidence jusqu’en 1906. Le s’affilie alors au , c'est-à-dire la Fédération allemande de football, en 1904 et se range parmi les meilleures formations d'Allemagne du sud, atteignant notamment la troisième place, derrière le Bayern Munich et le Karlsruher FV, du championnat de en 1904-1905, après avoir remporté la compétition à trois (aux dépens du FC Freiburg et Strasbourg SV) de l'.
En 1902 ou 1906 selon les sources, Alfred Schwartz obtient de son père l'autorisation d'utiliser le stade vélodrome de Mulhouse pour la modique somme d'un mark par an. Le club s'installe sur ce terrain clos et sa situation financière s'améliore après une saison 1905-1906 néanmoins catastrophique . Après cette crise éphémère, le retour à la compétition est cruel. Le encaisse ainsi un cinglant 12-0 face à en championnat d'Oberrhein. Deux ans plus tôt, c'était pourtant Mulhouse qui remportait le titre de l.
Dès ce début de siècle, le FC Mulhouse traverse une première crise, et pour la saison 1907-1908, le club est retiré des championnats. Les deux saisons suivantes voient le club réaliser de mauvaises performances, qui se traduisent par la première relégation de l'histoire du club, en deuxième série de la Fédération de football d'Allemagne du Sud pour la saison 1910-1911. Le FCM survole ces championnats, et en 1912, il obtient un titre de deuxième série.
En 1910, Joachim Bloch prend en main les destinées du club. Il conservera son fauteuil présidentiel jusqu'en 1938.
Juste avant la Grande Guerre, Mulhouse signe de brillants succès et entreprend une tournée en France. Le CA Paris, récent champion de France, est même battu par les Mulhousiens. L'Olympique lillois, quant à lui, arrache un match nul. À la Pentecôte 1914, les Dogues battent le en Alsace. En janvier 1914, quelques joueurs quittent le club et en fondent un nouveau : le . En même temps, le fusionne avec le FC Victoria. Lorsque la guerre éclate, la dissolution du club est prononcée par les autorités allemandes .
La Division d'Honneur (1918-1932) thumb|left|alt=Le groupe, pris en photo de face|La première formation du FC Mulhouse après la Grande Guerre, en 1919
Une fois la guerre achevée, la ville de Mulhouse, comme le reste de l'Alsace, réintègre le territoire français. En 1918, un seul match est joué, contre le régiment d'infanterie coloniale du Maroc, match gagné par le club mulhousien.
Les matchs officiels reprennent à l'automne 1919. Le FC Mulhouse est affecté au groupe Haut-Rhin de la Division d'Honneur nouvellement créée. Il est par ailleurs important de préciser que le FCM est, avec le SC Sélestat et l'AS Strasbourg, à l'initiative de la création d'une première organisation collective, future Ligue d'Alsace de football association (LAFA).
Dès 1921, le club remporte le titre de champion d'Alsace. C'est cette saison qu'un premier joueur du FCM est sélectionné en tant qu'international français : il s'agit de Paul Bloch, choisi lors d'un match opposant la France à l'Irlande . La même année voit l'inauguration du stade de Bourtzwiller dont le FC Mulhouse sera résident jusqu'en 1979.
En 1922, le club brille moins en championnat. À cette période, la suprématie sur la ville est partagée avec l'AS Mulhouse, contre qui le FCM fait deux nuls en 1922-1923. L'équipe, qui acquiert une certaine notoriété, multiplie les matchs internationaux et bat notamment le Péra Club Constantinople sur le score de 2-1. Le match retour est cependant perdu.
Pour la saison 1923-1934, l'équipe termine à une décevante cinquième place en championnat mais réalise de bons matchs amicaux. Le FCM est le premier club alsacien à se doter d'une structure pré-professionnelle, avec la nomination de Henri Schumacher comme président de la Commission technique et manager de l'équipe première, et de Pierre Weiblen comme vice-président chargé de l'administration sportive. En 1924-1925, l'équipe ne brille ni en Coupe d'Alsace, ni en Coupe de France. En DH, il finit du groupe B et n'est pas qualifié pour la poule finale. Il joue donc la poule de classement, qu'il remporte avec cinq victoires, quatre nuls et une défaite.
En 1926 le FCM renoue avec le haut de classement, et confirme sa suprématie sur la ville de Mulhouse en battant l'AS Mulhouse sur des scores impressionnants. Les Fécémistes finissent premier du groupe B, puis deuxième de la poule finale derrière le Racing Club de Strasbourg, à cause d'une erreur d'arbitrage reconnue sous le nom d'''Affaire Lange. De grands joueurs, comme le Hongrois Joseph Remay, arrivent au club. La saison 1926-1927 se termine sur une quatrième place obtenue difficilement grâce à un nul sur l'AS Strasbourg.
En 1927-1928, l'Autrichien Gustav Putzendopler prend les commandes de l'équipe. C'est cette année que le FCM atteint les demi-finales de la Coupe de France, et est éliminé par le CA Paris. En championnat, il finit largement premier de la poule unique mise en place. Dans l'équipe, il y a notamment le jeune Marcel Kauffmann. Le FCM récidive en 1928-1929, finissant premier avec plus de cinq points d'avance sur son dauphin, l'AS Strasbourg.
La saison 1929-1930 est considérée comme une référence. Le FCM enchaîne les scores impressionnants, que ce soit en championnat ou en matchs amicaux contre le CA Paris, battu 4-1, ou les Old Boys Bâle, battus 8-2 et 4-2. En championnat, le FC Mulhouse gagne ses 14 matchs, étant sacré avec 11 points d'avance sur le deuxième, le FC Bischwiller. Le titre est conservé facilement en 1930-1931. C'est cette même année que le club participe pour la première fois à la Coupe Peugeot, précurseur d'un championnat de France.
En 1931-1932, le club remporte une cinquième fois le championnat d'Alsace. Il participe une deuxième fois à la Coupe Peugeot, qui rassemble cette fois vingt clubs parmi les plus prestigieux de France. Il y réalise des performances remarquables, battant tous ses adversaires sur des scores très déséquilibrés, écartant le Red Star en demi-finale au Tivoli à Strasbourg, puis remportant la compétition face au CA Paris sur le score de 4-1. Avec de tels résultats, il semble naturel que le club mulhousien participe au nouveau championnat national professionnel.
Première période de professionnalisme et affres de la guerre (1932-1946) En 1932-1933, le club haut-rhinois devient officiellement professionnel et s'inscrit à la première édition du Championnat de France de football, la Division Nationale, dans le groupe A. À cause du refus de participation de trois Allemands recrutés, ainsi que d'une blessure de Ferdinand Swatosch, l'entraîneur-joueur , le FCM termine à la et est ainsi, avec l'Olympique d'Alès, le premier club à finir dernier de Division 1 et à être relégué. Aussi, en 1933-1934, grâce au renfort d'Antonio Lozes et de l'Autrichien Karl Schott, le FC Mulhouse se classe du groupe Nord de Division et accède ainsi à nouveau à l'élite.
Son retour en est réussi, et en 1934-1935, le club termine sixième. Toutefois, ce résultat est considéré comme décevant, vu le nombre d'internationaux présents au début de la saison. Le groupe n'a en effet pas été épargné par les blessures. Il possède dans ses rangs le troisième buteur, l'Autrichien Franz Weselik, auteur de . Cependant, dès la saison 1936-1937, le club réalise des résultats moins satisfaisants : avec une et dernière place en Division 1, seulement 15 points d'engrangés en trente matchs, et une défaite 1-9 face au RC Strasbourg, le FC Mulhouse connaît une nouvelle descente en .
En 1940, l'Alsace étant annexée de fait à l'Allemagne à l'issue de la « drôle de guerre », le FC Mulhouse doit reprendre le nom de et abandonner le professionnalisme, interdit en Allemagne. C'est la fin de huit années de football professionnel dans le Haut-Rhin, les SR Colmar ayant été amenés à la même fin.
Ainsi, le FCM doit participer à la , le nouveau championnat d'Alsace, qualificatif pour la phase finale de la , le championnat d'Allemagne. Pour sa première saison en championnat allemand depuis 1914 le FC Mulhouse de l'entraîneur germanique Otto Schwab est vainqueur du championnat régional, battant en finale le , ancien RC Strasbourg (3-1, 1-2). Qualifiés pour la phase finale du , les Mulhousiens finissent derniers du Groupe 3 avec un match nul et cinq défaites, malgré la présence dans l'équipe de Pierre Korb, ancien attaquant de l'équipe de France.
En 1941-1942, le FC Mulhouse termine quatrième de derrière la , le , et le . L'arbitre mulhousien Charles Munsch, arbitre de la Coupe de France de football 1937-1938 entre l'Olympique de Marseille et le FC Metz, dirige une demi-finale du championnat d'Allemagne entre le SV Blau-Weiss Berlin et le First Vienna FC 1894. La saison suivante, les Mulhousiens remportent à nouveau la , devançant le à la différence de buts. Ils appliquent le système de jeu du « WM » importé par un nouveau venu, le joueur du VfB Stuttgart Ernst Otterbach, qui sera sacré champion d'Allemagne 1950. Mais en de finale du championnat d'Allemagne, le FC Mulhouse est lourdement défait et éliminé à Sarrebruck par le , futur finaliste.