Louis Franchet d'Espèrey, né le à Mostaganem (Algérie)à bord d'un bateau à voiles à destination du port de Mostaganem et mort le Sa notice biographique sur le site de l’Académie française indique le comme date de sa mort. à Saint-Amancet (Tarn), est un général, maréchal de France et membre de l’Académie française.

Saint-cyrien, breveté de l'École supérieure de guerre, il participe à l'expédition du Tonkin en 1885 et est fait chevalier de la Légion d'honneur l'année suivante. En 1900, il participe à la guerre contre les Boxers en Chine. En 1904, il est promu officier de la Légion d'honneur. En 1912, général de division, il participe à la pacification du Maroc au commandement des troupes d'occupation du Maroc occidental. Il est promu commandeur de la Légion d'honneur en décembre.

Lors de la Première Guerre mondiale, il commande en le corps d'armée puis la armée de début à . Il parvient à stopper l'armée allemande sur l'Oise, et prend une part considérable à la victoire de la Marne. Il est fait grand officier de la Légion d'honneur le . En , il commande le groupe d'armées de l'Est puis, fin décembre, prend le commandement du groupe d'armées du Nord. Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur en récompense de ses mérites le . En , Georges Clemenceau l'envoie sur le front d'Orient (front de Macédoine), commander en chef les armées alliées d'Orient (AAO), dont fait partie l'armée française d'Orient. Après une offensive éclair en septembre, marquée par la prise de Dobro Polje, il contraint la Bulgarie à signer un armistice et provoque l'armistice de l'Empire ottoman en octobre, ce qui contribue à la capitulation de l'Allemagne le 11 novembre. Il est décoré de la médaille militaire le .

Après la guerre, il est élevé à la dignité de maréchal de France le au même moment que les généraux Fayolle et Lyautey. Il est inspecteur général des troupes d'Afrique du Nord de 1923 à 1931 et est considéré à ce titre comme le créateur de la nouvelle armée d’Afrique. Il succède à Lyautey à l'Académie française en 1934.

Biographie Famille

Louis Félix Marie François Franchet d'Espèrey est né à Mostaganem en Algérie française en 1856. Il est le fils de Louis Franchet d'Espèrey (1824-1890), officier de cavalerie et de Louise de Dion-Wandonne. Il est le petit-fils de François Franchet d'Esperey.

Formation Après avoir fait une partie de sa scolarité aux lycées Hoche et Sainte-Geneviève de Versailles, il sort de Saint-Cyr en 1876.

Premières campagnes (Tunisie, Tonkin, Chine) Il est affecté au de tirailleurs algériens.

Admis en 1881 à l’École supérieure de guerre, le jeune lieutenant fait entre-temps ses premières armes pendant la campagne de Tunisie d'octobre à , et n'entame sa scolarité qu'avec la promotion suivante en 1882.

Il part en rejoindre le corps expéditionnaire du Tonkin en lutte contre l'armée chinoise et les Pavillons noirs.

Chef de bataillon en 1893, il prend en 1894 le commandement le de chasseurs à pied à Stenay.

Lieutenant-colonel en 1899, il prend part en 1900 à l’expédition de Chine contre les Boxers au cours de laquelle son cousin, l'ambassadeur allemand Clemens von Ketteler, trouve la mort.

Au d'infanterie à Reims depuis 1901., il est nommé colonel du d'infanterie de Besançon en 1903.

Pendant la guerre russo-japonaise, il manifeste son soutien à l'armée russe, avec laquelle il avait participé à des manœuvres dans le cadre de l'Alliance franco-russe.

Guerre du Maroc Il est nommé général de division en 1912, et le général Lyautey lui confie le commandement des troupes du Maroc. Pendant la période difficile des débuts du protectorat, il prend une part importante à la pacification et à l’organisation du pays.

Première Guerre mondiale Commandant de la armée puis des groupes d'armées de l'Est et du Nord Rappelé en France, Franchet d’Espèrey reçoit en le commandement du corps d'armée à Lille. Il se distingue à la bataille des Frontières d’, puis en rejetant sur l’Oise, à Guise, le corps allemand de la Garde.

Le généralissime Joffre lui confie, le , le commandement de la , en pleine retraite et menacée d’être encerclée et coupée. Franchet d'Espèrey se montre à la hauteur de la situation. Faisant faire demi-tour à ses hommes, il attaque, entraînant à ses côtés l’armée britannique du général French, se précipite dans la brèche entre les armées Bülow et Kluck ; il joue un rôle capital dans la décision et l’exécution de la grande bataille. « Son rôle, écrit Joffre dans ses mémoires, mérite d’être souligné devant l’histoire. C’est lui qui a rendu possible la victoire de la Marne ».

Franchet d'Espèrey commande le groupe d’armées de l’Est en , puis le groupe d'armées du Nord à partir de fin décembre.

Il perd son fils, Louis, sous-lieutenant d’infanterie, tué à Douaumont, et son frère, colonel commandant le d'infanterie (lui restent sa fille, Jacqueline, et sa sœur).

Commandant en chef des armées alliées en Orient En , il est appelé à Salonique au commandement en chef des armées alliées, pour prendre la suite de l'expédition de Salonique. Les armées alliées en Orient (AAO) placées sous son commandement comprennent environ hommes dont de l'armée française d'Orient (AFO), commandée par le général Henrys, Grecs, Britanniques, Serbes et Italiens. Il obtient, après une campagne de quatorze jours, la capitulation du groupe d'armées germano-bulgare.

L'armistice mettant fin au conflit sur le front d'Orient, signé à Salonique le 29 septembre 1918, ouvre de vastes perspectives. Le haut commandement allemand, qui en est conscient, se décide alors à demander l'armistice sur tous les fronts. L'armistice ne permet pas à Franchet d'Espèrey d'exploiter sa victoire et son commandement général sur les armées alliées se trouve vidé de son sens concret par l’indépendance de facto des troupes anglaises en Turquie.

Après la défaite des empires centraux à l'issue de la Première Guerre mondiale et conformément aux ordres de Georges Clemenceau, une partie de l'armée Franchet d'Espèrey n'est pas démobilisée mais envoyée combattre contre les bolcheviks, d'une part dans le Banat aux côtés des Serbes et des Roumains contre la république des conseils de Hongrie et d'autre part en Crimée et à Odessa pour intervenir aux côtés des Russes blancs dans la guerre civile russe. Si l'intervention en Europe centrale l'été 1919 réussit, en revanche l'intervention en Russie au printemps de la même année, échoue face à la cohésion des bolcheviks et aux mutineries de la mer Noire : beaucoup de marins français sont solidaires des communistes russes. Franchet d'Espèrey réussit à éviter la débandade devant l'offensive de l'Armée rouge dans le Sud de l'Ukraine, ce qui permet une évacuation en bon ordre.

Il conserve le commandement des armées alliées, qui s'est déplacé en de Salonique à Constantinople, jusqu'au . Il reste dans la ville jusqu'en afin de participer à la réorganisation du pays.

Il devient membre du Conseil supérieur de la guerre, poste qu'il conserve jusqu'en 1938.

Après la guerre Maréchal de France et inspecteur général des troupes d'Afrique du Nord thumb|left|Bubry : stèle à la mémoire de Louis Franchet d'Espérey. Ces remarquables années de services lui valent, le , la dignité de maréchal de France et la dignité de voïvode du royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

En 1923, il devient inspecteur général des troupes d'Afrique du Nord, au moment où l'on veut unifier le dispositif militaire français au Maroc, en Algérie et en Tunisie, poste qu'il conserve jusqu'en 1931. Il est considéré à ce titre comme le créateur de la nouvelle armée d’AfriqueMichel Klen, L’Académie française et les militaires dans Revue Défense Nationale, 2018/10, , p. 116-119 Lire en ligne..

Le , il participe à la deuxième mission Gradis transsaharienne.

Le , il représente la France à la cérémonie du couronnement de l'empereur d'Éthiopie, Haïlé Sélassié .

Il est président de la Société de géographie de 1931 à 1938 et il est élu membre de l'Académie française le , le même jour que Léon Bérard.

En 1935, il fonde le , œuvre d’entraide aux militaires d'Afrique du Nord. vignette|Le Maréchal Franchet d'Espèrey par Antony Troncet dans L'Illustration, n° 5184, 18 juillet 1942, planche hors-texte. D'après le commandant Georges Loustaunau-Lacau, le maréchal Louis Franchet d’Espèrey, en fidélité aux idées de son grand-père François Franchet d'Esperey, aurait financièrement aidé son service de renseignement clandestin (les ) ainsi que l'Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale (Osarn), dite la ..

Dernières années Le maréchal Franchet d’Espèrey meurt à 86 ans le en zone libre, à Saint-Amancet dans le Tarn.

Il est tout d’abord inhumé provisoirement en la chapelle , dite des Trois Maries, de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, en attendant des jours meilleurs. Les honneurs militaires lui sont rendus par le général de Lattre, commandant la militaire de Montpellier.

Son corps est transféré aux Invalides en 1947, lorsqu’il est possible d’organiser des obsèques dues à son rang de maréchal de FranceOù est donc enterré Louis Franchet d’Espèrey, maréchal de France et voïvode de Yougoslavie ?. : les maréchaux de France, depuis 1929, sont inhumés dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides, sauf dispositions testamentaires contraires.

Son épouse meurt en 1967, à 97 ans.

Grades 1876 : sous-lieutenant. 1881 : lieutenant. 1885 : capitaine. 1893 : chef de bataillon. 1899 : lieutenant-colonel. 1903 : colonel. : général de brigade. : général de division. : général de division maintenu exceptionnellement en activité au-delà de la limite d'âge. : général de division maintenu en activité sans limite d'âge. : élevé à la dignité de maréchal de France.

Affectations 1901 : lieutenant-colonel au d'infanterie à Reims 1903 : colonel au d'infanterie à Besançon au : commandant de la d'infanterie au : commandant de la d'infanterie et des subdivisions de région d'Annecy, de Vienne, de Chambéry et de Bourgoin au : commandant des troupes d'occupation du Maroc Occidental. au : commandant du corps d'armée. au : commandant de la armée. au : commandant du Groupe d'armées de l'Est. au : commandant du Groupe d'armées du Nord. au : commandant en chef des Armées Alliées en Orient. à 1938 : membre du Conseil supérieur de la guerre.

Décorations

() (Nota : la médaille militaire se porte avant la LH pour les officiers généraux ayant commandé au front, attention selon La Grande Chancellerie aucun texte officiel n'existe et il s'agit d'une simple habitude) ; () () () (), des mains du général Deckherr (), des mains du général Jamont 50px Croix de guerre 1914-1918, avec 3 palmes ; avec agrafes « Tonkin » et « Maroc » ; (1909) ;

avec 1 palme ;

Grand-croix ;

Grand-croix avec épées ;

.

Armoiries Écartelé d'azur à un pélican dans son aire d'argent, surmonté en chef d'un soleil rayonnant d'or, et d'azur à la croix d'or, cantonnée de quatre lionceaux du mesme, lampassés de gueules.

Hommages À Paris, l'avenue du Maréchal-Franchet-d'Espérey, est ouverte en 1930 et porte son nom dès cette date, soit avant sa mort, ce qui est un fait exceptionnel pour les odonymesJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, éditions de Minuit, .. À Reims, une école, un boulevard, une gare et un arrêt de tramway portent son nom. Des voies à Lorient, Brest, Saint-Étienne, Versailles, Albi, Nancy, Montigny-lès-Metz, Nevers, Dinant, Vichy, Abidjan, Belgrade et Djibouti portent également son nom. Un timbre-poste à son effigie, dessiné et gravé par Albert Decaris, et d'une valeur de 30F, a été émis par la poste française le . Un autre timbre-poste à son effigie avec en arrière-plan sa ville natale de Mostaganem, dessiné par J. Ebstein et gravé par Albert Decaris, d'une valeur de 15 F, a été émis en Algérie française en 1956.

Enfin, la promotion 1955-1957 de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr a été baptisée en son honneur.

Publications Ouvrages Mémoires, 1925.