Pour l'Insee, les personnes sans domicile fixe en France peuvent être des sans-abri, mais également des résidents en habitations de fortune, en hébergements collectifs, en hôtel, en Centre d'accueil de demandeurs d'asile en France (CADA) ou hébergés dans un logement associatif à titre temporaire. Plus de 2 000 sans-abri décèdent chaque année en France, en moyenne à l'âge de 49 ans..

Près de étaient sans domicile fixe en France en 2020 (et non sans-abri, selon une erreur courante). C'est 2 fois plus qu'en 2012 et 1,5 fois plus qu'en 2018. Mais du fait même de la nature du problème, et de la difficulté à détecter les personnes dans cette situation, il est difficile de ne pas en sous-évaluer le nombre réel.

Histoire Sur le plan juridique La question des sans-abri est intégrée dans le premier programme de « lutte contre la pauvreté et la précarité » mis en place par l’État français en . Les plans suivant réservent une place de plus en plus grande à la réponse à apporter aux sans-abri en institutionnalisant des "plans hiver"La construction et la mise en œuvre des politiques publiques en faveur des personnes sans domicile. Revue des plans et programmes annoncés (Fiche n°6),in Les sans abri. Conférence de consensus, Paris, 29-30 Novembre 2007 (Consulté le 08/04/2020). , et impulsé tous les ans Plan d'Urgence Hivernale, L'échec du pilotage automatique de la prise en charge des sans-abri, Agathe Schvartz, décembre 2017 (Consulté le 08/04/2020).

En France, depuis 1998, les sans-domicile-fixe (SDF) bénéficient de tous les droits civiques, et la domiciliation virtuelle auprès d’un organisme d’accueil permet l’inscription sur les listes électorales...

Recensement Difficultés Si les enquêtes nationales logement de l'INSEE menées depuis 1955 donnent une indication du mal-logement et des personnes hébergées, les sans-abri échappaient aux recensements faits uniquement à partir du domicile. En 2001, l'INSEE fit une première enquête dans les divers lieux d'hébergement et en compilant des données extérieures telles que celles du Samu social.

Le nombre de sans domicile en France est difficile à évaluer, en partie en raison de l'absence d'outils statistiques appropriés, par la mobilité de cette population et par le fait qu'elle est par nature difficilement détectable. La crise du logement est l'une des causes principales expliquant l'absence d'accès à un toit.

Statistiques thumb|Tentes des Enfants de Don Quichotte au bord du canal Saint-Martin, Paris

L'enquête 2001 de l'INSEE dénombrait 86 000 sans-domicile en France. L’enquête l'Insee de 2012 comptabilisait sans-domicile, dont 10 % de sans-abri, en France.

Selon un rapport de la Cour des comptes., il y aurait environ 150 000 personnes sans domicile à la fin des années 2000, nombre repris par l'Assemblée nationale dans son rapport de sur l'évaluation de la politique de l'hébergement d'urgence, mais la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) évalue ce nombre entre 150 000 à 240 000 personnes.

Selon le rapport sur le mal-logement édité par la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés (FAP), le nombre de sans domicile a augmenté de 50 % de 2011 à 2014 pour atteindre le chiffre de 141 500 personnes, dont 30 000 enfants début 2012Soixante ans après l'appel de l'abbé Pierre, le mal-logement perdure, Le Monde, 30 janvier 2014.

En 2020, la Fondation Abbé-Pierre estime le nombre de sans domicile fixe à près de , soit deux fois plus qu'en 2012 et trois fois plus qu'en 2001..

Personnes privées de logement vignette|Habitat de fortune pour handicapé dans le sud de la France. Mai 2018. Selon une compilation 2002-2008 de l'INSEE parue en La France compte plus de 3 millions de mal-logés, selon l'Insee, AFP, 5 décembre 2011, la France comptait dans la décennie 2000 environ personnes privées de logement.

La France compte par ailleurs environ personnes accueillies pour des durées longues dans des services d'hébergement social (66 000 personnes dans des établissements sociaux du type Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ou dans un logement financé par l'allocation logement temporaire (34 000 personnes).

Outre ces personnes sans domicile, d'autres sont privées de logement personnel : en 2006, personnes vivaient à l'hôtel (dont 20 % de moins de 20 ans) dans des conditions médiocres, souvent sans sanitaire ou cuisine. L'hébergement chez des tiers concernait 643 000 personnes en 2013.

En 2012, l'INSEE comptabilise 142.500 personnes sans domicile fixe. En 2022, le nombre de sans domicile fixe est de , il est multiplié par deux en dix ans.

Mal-logés et mal-logement En France, 3,6 millions de personnes sont soit privées de domicile personnel (895 000 personnes), soit vivent dans des conditions très difficiles (privation de confort ou surpeuplement) (2 880 000 personnes), soit sont en situation d’occupation précaire (hôtel, caravanes…) selon la Fondation Abbé-Pierre.

Âge

Les SDF à Paris ont une structure par âge assez différente du reste de la population parisienne, avec par exemple beaucoup moins de personnes âgées de plus de 60 ans. La répartition par âge des hommes et des femmes sans domicile fixe y est la suivante : ÂgeHommeFemme16-30 ans22 %48 %31-51 ans57 %45 %51-64 ans19 %6 %65 +2 %1 %

Répartition en fonction du genre En 2018, 87 % des personnes sans domicile fixe décédées sont des hommes, les femmes représentaient alors 9 % des décès (8 % entre 2008 et 2010), un genre inconnu concerne 4 % des cas..

En 2012, 62 % des personnes sans domicile étaient des hommes, 38 % des femmes. La même année, les femmes comptaient pour seulement 5 % des sans-abris en France (SDF en situation directe de rue, sans solution d'hébergement par les services sociaux). Dans la tranche d'âges 18 à 29 ans, les femmes sans domicile sont presque aussi nombreuses que les hommes : 48 %.

À Paris, en 2019, les SDF vivant dans le métro sont à 82 % des hommes.

En 2012, les hommes seuls étaient plus souvent sans abri que les femmes seules, de plus ils étaient plus fréquemment hébergés dans des centres exigeant leur absence en journée (20 %) que les femmes (6 %). Les femmes étaient plus fréquemment hébergées dans des logements associatifs (31 %) que les hommes (19 %).

Situation matrimoniale des SDF 57 % des SDF sont célibataires. 8 % sont mariés. Plus de 1 SDF sur 3 est divorcé ou veuf.

Situation professionnelle 28 % des hommes SDF ont déclaré avoir eu, avant la rue, une profession itinérante, les conduisant à se déplacer de ville en ville durant des années (ouvriers bâtiment, routiers, déménageurs, mariniers, représentants commerce, restauration, spectacle).

Environ 25 % des hommes SDF déclarent travailler, soit en contrat de travail à durée déterminée (CDD), intérim ou contrat emploi solidarité (CES) ou autre petit boulot. 17 % des concernés sont en contrat de travail à durée indéterminée (CDI).

Catégories socio-professionnelles des parents de SDF 1 SDF homme sur 5 ne peut préciser le métier de son père, soit qu'il ne l'ait pas connu, soit que les liens avec lui aient été rompus très tôt. Pour les 4 SDF hommes restants, 49 % ont un père ouvrier. Les moins de 34 ans ont plus souvent que leurs aînés un père artisan ou commerçant.

Île-de-France Selon l'ethnologue-psychanalyste Patrick Declerck (2002), il y a à Paris un noyau dur de à personnes qui vivent habituellement et de manière continue dans la rue (les clochards fortement désocialisés). Au-delà de cette population stable, on trouve un groupe plus instable ou moins durable et deux fois plus grand ( à )Patrick Declerck, Les naufragés, éd. Plon, 2002.

La moitié des personnes sans-abri en France vivent dans la région Île-de-France..

On évalue à plus de 300 le nombre de personnes passant la nuit dans le métro parisien.

Morbidité Les principales pathologies des sans-abri sont liées à la malnutrition et notamment aux carences en vitamine C et en calcium : anémie, hémorragies, troubles neurologiques ou cardio-vasculaires, fractures. Le manque de suivi médical empêche la prévention de maladies bien traitées comme le diabète ou l'hypertension. À ceci s'ajoute une forte consommation d'alcool et de tabac, entraînant des maladies cardiovasculaires, des cancers ORL et des cirrhoses.

Décès thumb|Hommage spontané des riverains à une femme SDF décédée. Paris arrondissement, novembre 2011.

2005 Le collectif Les Morts de la Rue, créé en 2002 et regroupant une quarantaine d'associations, a recensé 112 morts de février à « Dans la rue, l'espérance de vie ne dépasse pas la cinquantaine », Tonino Serafini, Libération, . La variation saisonnière est peu importante, le froid a tué 5 personnes sur les 112. Ces personnes avaient en moyenne 49 ans, alors que l'espérance de vie est de 77 ans pour les hommes et de 84 ans pour les femmes, le plus jeune avait 31 ans et la moitié avaient moins de 50 ans. L'étude a également recensé 21 morts violentes : 8 assassinats, 7 morts dans des incendies et 6 chutes mortelles.

2006-2007 Le collectif Les Morts de la Rue a comptabilisé 145 décès de sans-abri de à , dont 91 en Île-de-France. La durée de vie moyenne de ces 145 morts a été de 49 ans (contre une moyenne nationale de 80 ans). Le collectif avait compté 122 « morts dans la rue » de à Libération, 26 mars 2007, « 145 «morts dans la rue» depuis novembre 2006 » lire en ligne. Sur ces 122 décès en 2005-2006, seuls cinq d'entre eux étaient imputables au froid (hypothermie). Les principales causes de mort sont en effet la malnutrition, tandis que le manque de suivi médical empêche la prévention de maladies bien traitées comme le diabète ou l'hypertension. À ceci s'ajoute une forte consommation d'alcool et de tabac, entraînant des maladies cardio-vasculaires, des cancers ORL et des cirrhoses. La création de la CMU par le gouvernement Jospin visait entre autres à améliorer le suivi médical de ces patients, afin de traiter les pathologies dès leur apparition, à moindre coût, plutôt que lorsqu'elles deviennent trop graves.

2013 En 2014, le collectif Les Morts de la rue annonce avoir recensé au moins 454 SDF morts en 2013 en FranceBilan provisoire de 453 morts : Au moins 453 SDF morts en France en 2013Bilan définitif à 454 morts : 454 sans-abri morts en 2013 en France, dont 15 enfants, liberation.fr, 25 août 2014.

Selon les mêmes données, plus de 90 % sont des hommes ; quinze enfants (moyenne d'âge 4 ans) sont également décédés, 9 de causes accidentelles, 4 en conséquence de maladies résultant de grossesses non suivies, 1 d'une infection non soignée ; la moyenne d'âge des adultes décédés était de 53,4 ans en Île-de-France, 48,4 ans pour les autres régions métropolitaines ; la durée du séjour en rue, lorsqu'il était connu, était en moyenne de 10 ans.

2018 En 2018, 566 personnes sans domicile ont été recensées mortes dans la rue en France, chiffre en augmentation par rapport aux années précédentes. Le nombre total de victimes se situerait autour de 3 000.

Espérance de vie Dans un éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaireLes inégalités sociales de santé en France en 2006 : éléments de l’état des lieux, BEH du 23 janvier 2007, InVS, Martin Hirsch faisait remarquer que « l’espérance de vie des plus pauvres en France est plus proche de l’espérance de vie au Sierra Leone (34 ans), pays qui a l’une des espérances de vie les plus courtes au monde, que de l’espérance de vie de l’ensemble de la population française. Autrefois, la pauvreté tuait brutalement. Aujourd’hui, elle tue tout aussi sûrement, mais plus lentement ».

L'association les enfants de Don Quichotte évalue l'espérance de vie d'un SDF à 49 ans en 2006« L'espérance de vie d'un SDF ? 43 ans. », Hubert Prolongeau, Nouvel observateur 4 janvier 2007.

Centres d’hébergement En France en , le gouvernement annonce la création de places en centres d’hébergement pour les sans-abri au titre du « plan hiver » (du au ).

Travailleurs pauvres