thumb|300px|Carte militaire historique des frontières des États du Sud. Phelps & Watson, 1866 Le terme États limitrophes, ou États frontaliers (anglais : Border States), fait référence aux cinq États esclavagistes américains du Delaware, du Kentucky, du Maryland, du Missouri et de la Virginie-Occidentale qui demeuraient membres de l'Union durant la guerre de Sécession, également désignés comme le Haut Sud. Tous ces États sauf le Delaware partagent des frontières avec des États ayant rejoint les États confédérés. Au Kentucky et au Missouri, il y avait deux types de factions gouvernementales, l'une pro-Confédérée et l'autre pro-Union. La Virginie-Occidentale fut formée en 1863 à partir des comtés du nord-ouest de la Virginie au moment où cet état faisait sécession de l'Union. Bien que chaque État esclavagiste contribua à former quelques troupes (sauf la Caroline du Sud) du côté de l'UnionHistory of the 1st Alabama Cavalry, USV.World History Blog: Pro-Union Southerners., la séparation fut plus sévère dans ces États limitrophes, avec des hommes de la même famille qui combattaient souvent dans des camps opposés.
Deux des territoires non encore constitués en États autorisaient aussi l'esclavage : le Territoire indien (actuel État d'Oklahoma), et le territoire du Nouveau-Mexique (aujourd'hui Arizona et Nouveau-Mexique). Mais très peu d'esclaves devaient réellement se trouver dans ces territoires en dépit du statut légal de l'esclavage dans leurs institutions.
Durant la guerre, la plupart des tribus indiennes de l'Oklahoma avaient signé une alliance avec les Confédérés et participaient à son effort militaire. Les résidents du territoire du Nouveau-Mexique étaient d'allégeances opposées. La région était divisée entre l'Union et la Confédération au .
L'Oklahoma est encore souvent qualifié de , mais l'Arizona et le Nouveau-Mexique sont rarement qualifiés de la même façon.
Avec des liens géographiques, sociaux, politiques et économiques avec le Nord et le Sud, les États limitrophes avaient une position critique dans le résultat de la guerre et délimitent encore la frontière qui sépare le nord et le Sud des États-Unis. Après la période de la Reconstruction, la plupart de ces États adoptèrent les lois Jim Crow ségrégationnistes ressemblant à celles décrétées dans le Sud, mais dans les décennies suivantes, certains d'entre eux (les plus notables étant le Delaware et le Maryland) adoptèrent une politique, une économie et des orientations sociales plus nordistes. D'autres (particulièrement le Kentucky et la Virginie Occidentale) adoptèrent un mode de vie sudisteEncyclopedia of Southern Culture, by Mary L. Hart, Charles Reagan Wilson, William Ferris and Ann J. Adadie, Univ. of N. Carolina Press, 1989. ..Telsur Southern Dialect Regional Map..
En 1863, la Proclamation d'émancipation de Lincoln, désignée comme mesure de guerre, ne s'appliquait seulement aux territoires non encore sous le contrôle de l'Union et donc pas aux États limitrophes. Le Maryland, le Missouri et la Virginie Occidentale changèrent leur constitution d'État pour interdire l'esclavage. L'esclavage au Kentucky et au Delaware, tout comme les restes de l'esclavage en Virginie Occidentale et au New Jersey, n'a pris fin qu'avec la ratification du amendement en 1865.
Les cinq États limitrophes Delaware
Les deux chambres de la législature d'État (le parlement) du Delaware rejetèrent la sécession. La Chambre des Représentants le fit unanimement.
Maryland
La législature du Maryland rejeta la sécession en 1861, le gouverneur Hicks vota contre cette dernière. En conséquence de l'importance de la présence de l'Armée de l'Union dans l'État et la suspension de l'habeas corpus par Abraham Lincoln, plusieurs législateurs du Maryland, tout comme le maire et le chef de police de Baltimore, qui soutenaient la sécession, furent arrêtés et emprisonnés par les autorités de l'Union. (La Virginie ayant fait sécession, les troupes de l'Union devaient traverser le Maryland pour atteindre Washington, D.C.). Si le Maryland avait rejoint la Confédération, Washington D.C. aurait été entièrement encerclé. Le Maryland a fourni des troupes à l'Union ( hommes) et aux Confédérés ().
Le Maryland n'était pas concerné par la Proclamation d'émancipation de 1863. Il adopta une nouvelle constitution d'État en 1864, qui interdisait l'esclavage et donc émancipait de fait les esclaves de l'État.
Kentucky
Le Kentucky était un lieu stratégique de la victoire de l'Union durant la guerre de Sécession. Je pense que perdre le Kentucky est presque la même chose que perdre la partie. Le Kentucky perdu, nous ne pourrons pas tenir au Missouri, ni au Maryland. Tout est contre nous, et le travail en nos mains est trop grand pour nous. Nous pourrions aussi bien nous résoudre à la séparation immédiate, dont la reddition de cette capitale ».
L'expression désigne Washington alors entourée par des États esclavagistes, la Virginie confédérée et le Maryland sous contrôle de l'Union. On rapporte en outre que Lincoln avoir Dieu de son côté, mais qu'il avoir le Kentucky.
Le Kentucky n'a pas fait sécession, mais une faction connue sous le nom de la forma un gouvernement confédéré du Kentucky qui était reconnu par les États confédérés d'Amérique comme État membre. Le Kentucky était représenté par l'étoile centrale du drapeau de guerre confédéré..
Le gouverneur du Kentucky Beriah Magoffin proposa que les États esclavagistes tels que le Kentucky devaient se conformer à la Constitution des États-Unis et rester dans l'Union. Quand Lincoln demanda hommes pour servir dans l'Union, Magoffin, un sympathisant sudiste, para à cela en assurant que le Kentucky ne .
Le Kentucky tenta de rester neutre, même avec la publication d'une proclamation le , demandant aux deux camps de rester en dehors. La neutralité fut brisée quand le général confédéré Leonidas Polk occupa Columbus, durant l'été 1861, bien que l'Union ait ouvertement enrôlé des troupes dans l'État avant cet épisode. En réponse, la législature du Kentucky passa une résolution qui demandait au gouverneur d'exiger l'évacuation des forces confédérées du sol du Kentucky. Magoffin mit son veto sur la proclamation, mais la législature outrepassa son véto. La législature décida plus tard de rappeler le général Ulysses S. Grant et ses troupes stationnées à Paducah, sur le sol où les Confédérés prirent leur engagement en entrant dans le Kentucky les premiers.
Les sympathisants sudistes furent outragés par la décision de la législature, défendant le fait que les troupes de Polk présentes dans le Kentucky étaient seulement en route pour contrer les forces armées dirigées par Grant. Plus tard, des résolutions législatives — telles qu'inviter le général de l'Union Robert Anderson pour enrôler des volontaires afin d'expulser les forces confédérées, demandant au gouverneur d'exiger la milice, et en nommant le général de l'Union Thomas L. Crittenden aux commandes des forces du Kentucky — ne firent qu'exaspérer les pro-sudistes. Magoffin mit son véto sur toutes les résolutions mais celui-ci fut à chaque fois outrepassé. En 1862, la législature fit passer un act (une loi) qui privait les citoyens s'étant engagés dans l'armée des États confédérés de leurs droits civiques. Le statut neutre du Kentucky a donc évolué vers un soutien à l'Union. La plupart de ceux qui cherchaient au départ la neutralité se tournèrent vers la cause unioniste.
Quand le général confédéré Albert Sidney Johnston occupa Bowling Green durant l'été 1861, les pro-Confédérés de l'ouest et du centre du Kentucky se sont déplacés pour établir un gouvernement confédéré. La se forma dans le comté de Logan le . Près de délégués de 68 comtés élus pour créer un gouvernement provisoire loyal au nouveau gouverneur confédéré non officiel du Kentucky . Le , le Kentucky devint le État admis dans la Confédération. Le Kentucky, avec le Missouri, était un État représenté dans les deux Congrès et avec des régiments dans les deux armées en présence.
Magoffin, étant toujours le gouverneur officiel à Frankfort, ne reconnaissait pas le Kentucky confédéré ni la tentative de ces derniers d'établir un gouvernement dans cet État. Il continua de déclarer que le statut officiel du Kentucky dans la guerre était neutre — même si la législature soutenait l'Union. Magoffin, sous la pression de la division de la population et de la législature, annonça une session spéciale de la législature et quitta son poste de gouverneur en 1862.
Bowling Green resta occupé par les Confédérés jusqu'en quand le général Grant partit du Missouri et traversa le Kentucky le long de la frontière avec le Tennessee. Le gouverneur confédéré Johnson fuit Bowling Green avec les registres de l'État confédéré, se dirigeant vers le sud, et rejoignant les forces confédérées du Tennessee. Après que Johnson fut tué lors de la bataille de Shiloh, Richard Hawes fut nommé gouverneur confédéré. Peu après, le Congrès provisoire confédéré fut ajourné au 1862, la veille de l'inauguration du Congrès permanent. Toutefois, comme les forces d'occupation de l'Union dominaient dorénavant l'État, le gouvernement confédéré du Kentucky, en date du 1863, n'existait que sur papier, et sa représentation dans le Congrès permanent était minimale. Il fut dissout quand la guerre de Sécession prit fin durant l'été 1865.
Missouri
Après la Sécession, le gouverneur nouvellement élu du Missouri appela la législature de l'État à autoriser une convention constitutionnelle d'État sur la sécession. Cette vota pour rester au sein de l'Union, mais rejeta la coercition des États Sudistes par les États-Unis. Le gouverneur pro-Sud Claiborne F. Jackson fut déçu par les résultats. Il rappela la milice d'État dans leurs districts pour leur entrainement annuel. Jackson avait des plans pour le St. Louis Arsenal et a entretenu une correspondance secrète avec le président confédéré Jefferson Davis afin d'obtenir de l'artillerie pour la milice de St-Louis. Au courant de ces développements, le capitaine de l'Union Nathaniel Lyon frappa en premier, encerclant le camp et forçant la milice à se rendre. Lors de la marche qui devait conduire les prisonniers à l'arsenal, une émeute mortelle eut lieu, l'affaire du camp Jackson.
Ces événements ont provoqué un soutien encore plus grand des Confédérés dans l'État. La législature, qui était déjà pro-sudiste, vota le projet de loi du gouverneur créant la . Le gouverneur Jackson nomma Sterling Price, qui fut président de la convention, au poste de général de division de sa milice réformée. Le commandant des districts de Price et d'Union, Harney vint à un accord connu sous le nom de qui calma les tensions dans l'État pendant plusieurs semaines. Après qu'Harney fut renvoyé et que Lyon prit sa charge, une rencontre se tint à St. Louis à la maison des Planteurs entre Lyon, ses alliés politiques Francis Preston Blair, Jr., Price, et Jackson. Les négociations ne conduisirent à rien et Lyon fit sa fameuse déclaration, « this means war !» (en français : « cela signifie la guerre! »). Price et Jackson partirent rapidement pour la capitale.
Jackson, Price, et la législature d'État furent obligés de fuir la capitale de l'État de Jefferson City le 1861, face à l'avancée rapide de Lyon contre le gouvernement d'État. En l'absence du gouvernement exilé, la convention constitutionnelle du Missouri fut reconvoquée fin juillet. Le , elle déclara les charges de l'État vacantes et désigna un gouvernement provisoire avec Hamilton Gamble en tant que gouverneur. L'administration du président Lincoln reconnut immédiatement le gouvernement de Gamble comme gouvernement légal, qui fournissait à la fois les milices pro-unionistes pour servir dans l'État et des volontaires pour les régiments de l'armée de l'Union.