Un symbole peut être un objet, une , un mot écrit, un son voire un être vivant, ou une marque particulière qui représente quelque chose d'autre par association, ressemblance ou convention.

Définition Certains domaines, notamment scientifiques et techniques, font un usage extensif du concept de symbole, qui désigne une écriture qui représente une abstraction. C'est ainsi que les mathématiques définissent le calcul symbolique.. En philosophie et en sciences humaines et sociales, on tend à distinguer un signe, qui a un sens précis , d'un symbole, qui renvoie à un ensemble plus confus de pensées.

Un symbole peut être un objet, une image, une forme reconnaissable éventuellement associée à un champ chromatique, un mot, un son, toute une marque qui représente quelque chose d'autre par association, ressemblance ou convention. Cela peut être une personne, une « figure symbolique » de quelque choseSymbole : — Larousse., une formule de reconnaissance d'individus appartenant à un groupe, un gestuel ou bien un signe dessiné ou sculptéCNRTL .. L'aspect culturel est prédominant.

Signe et symbole

Les sciences humaines et sociales distinguent symbole et signe. Les signes renvoient à une signification précise, conventionnelle, tandis que les symboles évoquent, laissant la possibilité d'associations mentales diverses.

En linguistique, on étudie une paire signifié et signifiant. Un signe linguistique est une forme contingente associée à un concept. Ce qu'évoque un symbole varie selon le contexte ; les individus penchent plus ou moins pour un sentiment ou une interprétation selon le contexte et selon leur évolution psychologique. La psychanalyse pose que tout évènement qu'une parole peut évoquer dans la cure peut s'entendre comme un symbole relié à un affect fondamental ..

Le symbole est la base pour des . Un signe peut trouver une application symbolique, quand son sens est manifestement incongru dans le contexte, ou que l'on fait un effort délibéré pour l'associer plus librement, au delà de la convention.

La sémiotique donne à signe un sens plus général qu'à symbole : un symbole peut aussi bien se comprendre comme un signe relié par des liens élastiques à des significations, qu'un signe comme un symbole dont une convention fixe la signification.

Perspective historique Le sens du mot « symbole » a varié au cours de son emploi, de sorte que les réflexions d'un auteur ancien peuvent porter à confusion.

Le mot « symbole » est issu du grec ancien , dérivé du verbe , « mettre ensemble, apporter son écot, comparer » (de , « avec », et , « lancer, jeter »). Un « sumbolon » était un tesson de poterie cassé en deux morceaux et partagé entre deux contractants. Pour liquider le contrat, il fallait faire la preuve de sa qualité en rapprochant les deux morceaux qui devaient s'emboîter parfaitement. Par la suite, des formes d'abstraction, comme le langage ou la gestuelle, ont pu remplacer les objets dans leur fonction de représenter un engagement, une promesse, une alliance, un contrat, un pacte scellé entre deux partenaires (par exemple, une poignée de main sera le symbole d'un accord). Dans ce sens, un symbole est donc un objet sensible qu'on « pose côte à côte avec » une réalité abstraite ou surnaturelle qu'il est destiné à représenter. Le symbole est le terme visible d'une comparaison dont l'autre terme est invisible.

Aristote emploie par métaphore « symbole » pour désigner une correspondance : .

L'herméneutique grecque distingue deux modes de réception du langage, la compréhension pour le langage clair, l'interprétation pour le langage obscur. Héraclite dit de l'Oracle de Delphes qu'il ; Porphyre de Tyr rapporte que Pythagore enseignait .

Jusqu'à la fin de l'époque classique, au début du , le symbole est une question de rhétorique. L'esthétique se fonde sur l'imitation de la nature dont l'image est le signe, idéalisé. On parle de symbole lorsque le spectateur peine à rapprocher ce qu'il voit d'une signification conventionnelle. L'époque romantique répudie ensuite la rhétorique, et avance deux traits de la conception moderne du symbole : les romantiques n'admettent pas de norme pour les productions artistiques ni pour leur interprétation , et l'interprétation du symbole n'est ni codifiée, ni codifiable notamment, cité par ..

Au début du , . Ce sens est proche de celui de la rhétorique. Mais Peirce distingue icone , indice et symbole Charles Peirce, Elements of logic (1903). Recueil, traduit : Écrits sur le signe, Seuil, 1978.. La sémiotique considère, à sa suite, que le symbole est une variété de signe, qu'il est possible d'associer, par une théorie appropriée, à une signification..

Paul Ricœur . Les auteurs doivent convenir qu'un symbole est passible d'interprétations variables selon le contexte et la personne qui le considère. Tzvetan Todorov écrit : . Jean Chevalier donne quelques caractéristiques qui amènent à interpréter, plutôt que comprendre : Obscurité : le symbole dépasse l'entendement intellectuel et l'intérêt esthétique. Il est . Pluridimensionnalité. Chaque symbole condense plusieurs faces, formes, sens, interprétations. Un personnage de Amadou Hampaté Bâ s'écrie : . Relativité. Les symboles varient selon le contexte, ils revêtent une grande diversité iconographique ou littéraire, ils sont perçus différemment selon qu'on est éveillé ou endormi, créateur ou interprète.

Fonctions du symbole vignette|La représentation d'une clé dans une serrure est souvent un symbole sexuel, mais pas toujours selon Carl-Gustav Jung.

La du symbole est la « fonction sémiotique » : . Le symbole est une représentation porteuse de sens. C'est un système signifiant relevant de la connotation, par exemple, le carré peut désigner le nombre quatre. Une deuxième fonction du symbole est la « fonction révélatrice ». Le symbole apparaît ainsi comme la réalité visible (accessible aux cinq sens) qui invite à découvrir des réalités invisibles. Ce qu'un signe ordinaire ne permet pas de dire, le symbole le permet. Le symbole traduit l'intraduisible, éclaire l'obscur. Par exemple : le Soleil, qui éblouit, permet de présenter l'inaccessibilité de Dieu ; l'océan figure l'infini de l'amour. « Fonction universalisante » : les symboles fondés sur une corrélation naturelle entre symbolisant et symbolisé sont de partout et de toujours. Par exemple, de nombreuses cultures symbolisent l'inaltérabilité par l'or. Une autre fonction est la « fonction transformatrice », pour le psychisme. Selon la psychologie des profondeurs (Carl-Gustav Jung), un symbole contient une grande énergie que l'homme peut transformer, en l'amplifiant, en la sublimant, en la réorientant… Par exemple, certains malades se guérissent en travaillant sur des couleurs, des sons, leurs rêves, leurs fantasmes conscients ou leurs fantasmes inconscients. Une autre fonction est la « fonction magique » : le symbole, de façon formelle ou de façon concrète, agit sur les choses, indirectement, analogiquement. Par exemple, un magicien croit - à tort ou à raison - que le nombre treize, par une « vertu occulte » qui échappe à la raison et à la science physique, porte malheur.

L'étude du symbole en général

Les disciplines sémiologie et sémiotique sont occidentales. Elles sont dans le français courant confondues.

Le schéma ou plan qui organise l'étude des signes et signaux symboliques se fait en plusieurs divisions ou sous-ensembles des objets d'étude. (La modélisation, le « référentiel » est plus ou moins « rigide » et adapté plutôt à une étude dont il est issu qu'à une autre). Le signe donné doit pouvoir « parler » comme symbole et donc être identifié comme symbole plus ou moins flouLa dénomination peut pour des cas d'étude être un identifiant., avec des termes qui ne sont pas forcément un nom mais des associations d's particuliers. L'effet étudié devient fonction étudiée. Les autres constituants deviennent information selon la modélisation des perceptions simples qui font l'objet de la constatation recherchée.

La sémiologie théorise au départ en deux divisions : Signifié et signifiant (-autrement énoncé aussi le « Signifiant et le signifié » suivant le point de vue adopté -). Ce couple ou duplet est étudié au sein de la vie sociale selon Ferdinand de Saussure en 1916 sur les bases de l'étude de la langue.

La sémiotique en théorise en général au départ trois divisions avec pour support les modes de production, de fonctionnement et de réception des signes mis en systèmes de pensée concernant les individus entre eux et dans leur rapport au groupe(s). (-Groupe a le sens du « méta-individu » qu'est le groupe social-).

Le « triangle sémiotique » est réarrangé dans leur importances des « faces » ou « facteurs », ou « fonctions » qui le constituent selon le modèle, la hiérarchie peut y exister (dépendance).

Dimension de domaine de culture: culture philosophique, culture scientifique, et dimension de domaine d'étude pour son application pratique : la médecine (la Sémiologie médicale), la science de la logique, la communication (avec le commerce…), etc.

Le nombre de facteurs étudiés donne parfois selon la théorie mise en place un des dépendances de fonctionnement « supérieur » à celui du « triangle ».

Le nombre des « faces » du schéma et ses dimensions « cause/effet »(ex / in). augmente dans l'histoire brève de ces sciences. La systémique nouvelle science en évolution constante, avec les recherches associées transversalement comprenant la psychologie étudie le monde complexe avec ses symboles, et la modélisation.

Schémas Le couple signifiant et signifié .

Selon Jean-Marie Schaeffer, dans la perspective de Saussure, la notion de dimension sémantique est .

Le triangle sens - dénotation - représentation Frege, en 1892, distinguait : Le sens (Sinn) - le sens est l'expression ou la proposition, c'est la signification, la pensée exprimée, il peut être commun à plusieurs personnes ; La référence (dénotation, Bedeutung)- la référence est l'objet désigné, ce qu'une expression linguistique désigne ; La représentation (Zeichen)- la représentation est une unité mentale subjective et individuelle.

Charles S. PeirceDès 1897, le logicien Charles Sanders Peirce estime que le signe est une triade : Écrits sur le signe, trad., 1978., en 1897, distinguait : representamen (signe matériel) qui dénote un object, un objet (un objet de la pensée) grâce à un interpretant (une représentation mentale faite dans la relation entre le representamen et l'objet thématique de la pensée), un sens porté par le signe.

Charles K. Ogden et Ivor A. Armstrong. distinguaient en 1923 : le symbole (terme, expression linguistique) ; la référence (concept, unité de pensée) ; le référent (objet, partie du monde perceptible ou concevable : la Tour Eiffel, la vitesse).

Charles W. Morris distingue trois « dimensions » du signe : Sémantique : la dimension sémantique regarde la relation entre le signe et ce qu'il signifie ; Syntaxique : la dimension syntaxique regarde la relation des signes entre eux ; Pragmatique : la dimension pragmatique regarde la relation entre les signes et les utilisateurs des signes.

Cinq composants et plus Mis en deux divisions schématiques de quatre, huit facteurs de domaine et d'étude :

Charles W. MorrisCharles W. Morris, Foundations of the Theory of Signs, article pour lInternational Encyclopedia of Unified Science, vol. I, , Chicago, 1938, , repris in Writings on the General Theory of Signs, La Haye, 1971. Trad. fr. par J.-P. Paillet, Langages, , septembre 1974, ., en 1938, distingue dans le signe quatre identifiants de dépendance fonctionnelle (4 uplets) : le véhicule du signe : ce qui agit comme signe le designatum : ce à quoi le signe réfère l'effet produit sur un certain interprète l'interprète : la personne pour qui le signe a fonction de signe. Et quatre usages en dépendance du signeCharles W. Morris, Signs, Language and Behavior, Englewood Cliffs, 1946. : l'information l'évaluation la stimulation la systématisation.