Le parc de Woluwe () (en néerlandais : Woluwepark), quelquefois abusivement appelé parc de la Woluwe () (bien que tenant son nom de la commune où il se trouve et non directement de la rivière Woluwe), est un parc belge de Bruxelles situé plus précisément dans la commune de Woluwe-Saint-Pierre.
Il s'étend sur 63Fiche du parc de Woluwe sur arbres-inventaire.irisnet.be à environ 69 hectaresFiche du parc par l'IBGE, bordé par le boulevard du Souverain (vallée de la Woluwe) et l'avenue de Tervueren. Il est prolongé à Woluwe-Saint-Pierre par le parc Parmentier et le parc des Étangs Mellaerts et à Auderghem par le domaine de Val Duchesse.
Historique vignette|redresse|Le pont du Diable.
Le parc a été aménagé sur une partie du bois de Mesdael, excroissance de la forêt de Soignes entre la vallée de la Woluwe et la chaussée de Wavre actuelle qu'il longeait entre Auderghem et Etterbeek, comme l'indique la carte de Ferraris (1771-1778).. Le bois était partagé entre les couvents de Jericho à Bruxelles et le prieuré de Val Duchesse à Auderghem. Joseph II et le régime français supprimèrent ces ordres et leurs domaines et les propriétés furent loties et vendues.
En 1863, il ne restait plus du Mesdaelbosch que l'actuel parc de Woluwe. Des parties du Mesdaelbosch furent utilisées comme lieu d'épandage (steut) pendant l'entre-guerre.
Le bois de Mesdael était traversé par un vallon dont une partie avait été nommé Duyveldelle (vallon du Diable), qui s’ouvrait près d’Auderghem, dans la partie basse de l’actuelle avenue des Traquets. L'on connait encore actuellement le pont du Diable, qui passe en dessous de l'avenue Vander Swaelmen.
En 1877 débuta la construction du chemin de fer Bruxelles-Tervueren allait délimiter le Mesdaelbos le long de la vallée de la Woluwe.
La création du parc de Woluwe est liée à l’organisation de l’Exposition universelle de 1897. Cette année-là fut terminé l'aménagement de l’avenue de Tervueren par Élie Lainé, reliant les deux sites de l'Expo, le parc du Cinquantenaire et le domaine de Tervueren. Léopold II voulait créer un immense parc le long de la nouvelle avenue pour la rendre plus attrayante et y attirer la bourgeoisie de l’époque. Les travaux d'aménagement sont terminés en 1899.
Le futur parc de Woluwe était, au moment du percement de l’avenue de Tervueren, occupé par les terres de la ferme du Bemel et, sur les hauteurs, par une zone boisée de 15 hectares, relique du Mesdaelbosch situé en périphérie de la forêt de Soignes. Ces terres appartenaient, pour partie, aux Hospices civils de la Ville de Bruxelles. La zone agricole et le fond de vallée humide appartenaient à François Mellaerts qui a accepté de les échanger avec Edmond Parmentier contre des terrains situés plus bas et occupés aujourd’hui par les étangs Mellaerts. Aussitôt acquis, Parmentier les a cédé à l’État. Il ne restait plus qu’à terminer l’aménagement du parc qui avait fait l’objet de plusieurs projets. C’est finalement le projet de l’architecte français Élie Lainé, fidèle collaborateur du roi, qui sera retenu. Les terres excavées des futurs étangs seront utilisées pour moduler le relief et surélever le talus du chemin de fer. Les plans d’exécution et le suivi de chantier ont probablement été réalisés conjointement par Louis Van der Swaelmen, inspecteur des plantations, et Victor Besme. Pour permettre le déménagement de la famille Mellaerts, ils n’ont toutefois pas été achevés avant 1906.
Milieu 1901 commencèrent les travaux du boulevard du Souverain, achevés en 1910.
Le percement du boulevard du Souverain entre 1901 et 1910 séparera la propriété Mellaerts du parc de Woluwe.
En 1909, le parc fait partie de la Donation royale à l'État belge.
Le parc a été restauré après la Première Guerre mondiale. Les premières activités sportives sont organisées dans le parc en 1920. Un complexe sportif est alors créé dont les installations sur la Plaine des Sports dans la partie haute, remontent aux années soixante.
Classé en 1972, ce site est géré par le service des espaces verts de l'IBGE.
Une voie traverse le parc de long en large : l' avenue du Parc, devenue en 1917 avenue du Parc de Woluwe. Elle part de l'avenue de Tervueren et aboutit à Auderghem où elle passait sous un pont ferroviaire étroit pour rejoindre le boulevard du Souverain.
C'est aussi à la fin du que la plupart des chemins du parc de Woluwe reçurent des noms.
On créa une promenade sur la voie de chemin de fer Bruxelles-Tervueren qui longe le parc. Cette promenade s'insère dans promenade verte. de la Région bruxelloise.
Entre 2005 et 2008, l'asbl Music Productive y a organisé le festival Rock the City qui avait pour but de mettre en avant de jeunes artistes belges.
Descriptif vignette|L'un des étangs artificiels du parc. vignette|Île artificielle sur l'un des étangs du parc.
Son style d'allure romantique est qualifié de paysage anglais. Grâce à d’importants travaux de terrassement, il va concevoir un ensemble paysager vallonné, articulé autour de longs chemins sinueux et ponctués de vastes plans d’eau et de bouquets d’arbres. Tirant profit d'une dénivellation de plus de , on creusa trois étangs artificiels en cascade alimentés par le ruisseau du Bemel. Le parc offre une mosaïque de pelouses, de sentiers et de bosquets.
Faune vignette|Les canards et les cygnes du parc, sous la neige.
Oiseaux aquatiques et de zones humides Le parc accueille de nombreux oiseaux d'eau comme le Cygne tuberculé, la Bernache du Canada, l'Ouette d'Égypte (ou Oie d'Égypte), le Canard colvert, le Canard chipeau, le Canard mandarin (Aix mandarin), le Fuligule milouin et le Fuligule morillon. On y observe également le Tadorne de Belon, le Grèbe huppé, le Grèbe castagneux, le Grand cormoran (Grand cormoran atlantique), le Héron cendré, le Martin-pêcheur, le Râle d'eau, la Foulque macroule, la Gallinule poule-d'eau (Poule d'eau), ainsi que le Chevalier cul-blanc, le Goéland argenté et la Mouette rieuse.
Rapaces et corvidés Les prédateurs ailés sont représentés par la Buse variable, l'Épervier d'Europe, le Faucon pèlerin, le Faucon hobereau et la nocturne Chouette hulotte. Du côté des corvidés, on peut croiser le Geai des chênes, la Pie bavarde, le Choucas des tours, le Corbeau freux et la Corneille noire.
Passereaux et petits oiseaux des jardins La diversité des passereaux est remarquable avec l'Accenteur mouchet, le Rougegorge familier, le Rougequeue noir, le Pinson des arbres, le Pinson du nord, le Verdier d'Europe, le Chardonneret élégant, le Tarin des aulnes et le Bouvreuil pivoine. Les mésanges sont bien présentes avec la Mésange charbonnière, la Mésange bleue et la Mésange à longue queue. On trouve aussi la Sittelle torchepot, le Grimpereau des jardins, le Troglodyte mignon, le Roitelet huppé, le Roitelet à triple bandeau, ainsi que le Moineau domestique et l'Étourneau sansonnet.
Oiseaux grimpeurs, migrateurs et autres espèces Le parc héberge le Pic vert, le Pic épeiche et le Pic mar. On y entend les chants de la Grive musicienne, la Grive litorne, la Grive mauvis, du Merle noir, du Pouillot véloce, du Pouillot fitis, de la Fauvette à tête noire, de la Fauvette grisette, de la Rousserolle effarvatte et de la Rousserolle verderolle. Enfin, le ciel est parcouru par l'Hirondelle rustique (Hirondelle de cheminée), l'Hirondelle de fenêtre, la Bergeronnette des ruisseaux, le Pigeon ramier, la Tourterelle turque et l'exotique Perruche à collier.
Mammifères La présence de mammifères est principalement marquée par les chauves-souris qui profitent des plans d'eau pour chasser. On y recense la noctule commune, la sérotine ainsi que la pipistrelle commune et la pipistrelle de Nathusius, qui trouvent refuge dans les cavités des vieux arbres du parc. On trouve aussi des écureuils et des renards, fréquents dans le quartier voisin du Chant d'Oiseau. En juin 2024, un sanglier mâle isolé a été observé dans le parc.
Amphibiens Les zones humides et les étangs du parc permettent la survie de plusieurs amphibiens, notamment le crapaud commun et la grenouille rousse. On note également la présence de la trachémyde écrite (tortue de Floride), souvent issue d'introductions humaines dans les plans d'eau urbains.
Lépidoptères Les espaces fleuris et les lisières boisées du parc favorisent l'observation de nombreux papillons, notamment les colorés argus bleu, vulcain, paon du jour, belle dame et petite tortue. On y croise régulièrement le Citron aux ailes caractéristiques, le grand porte-queue, la carte géographique ainsi que les diverses piérides comme la piéride du chou, la piéride de la rave et la piéride du navet. Les pelouses abritent des espèces plus discrètes telles que l'amaryllis, le myrtil, le tircis, le bronzé et l'hespérie du dactyle. Enfin, les zones arbustives permettent d'apercevoir l'azuré commun, l'azuré des nerpruns ou encore le plus rare thècle de l'orme.
Autres insectes Le parc constitue un habitat privilégié pour de nombreux insectes, en particulier les odonates qui patrouillent près des points d'eau. On y observe de grandes libellules comme l'Anax empereur, la Libellule déprimée, la Libellule à quatre taches et l'Orthétrum réticulé. Les demoiselles, plus frêles, sont représentées par le Caloptéryx éclatant, l'Agrion élégant et l'Agrion au corps de feu. En fin de saison, les sympétrums deviennent très visibles, notamment le Sympétrum sanguin, le Sympétrum strié et le Sympétrum vulgaire. Enfin, la faune terrestre et sonore du parc compte également le Hanneton commun ainsi que le Criquet duettiste.
Flore
Plantes à fleurs des sous-bois et clairières Dès le printemps, le sol se couvre d'anémone des bois, de jonquille, de primevère élevée et de gouet tacheté. La diversité se poursuit avec le sceau de Salomon commun, la sanicle, la circée de Paris, la luzule des bois et la fougère-aigle. On rencontre aussi l'alliaire, le lierre terrestre, le cerfeuil sauvage, ainsi que la berce commune - patte d'ours, le cirse des champs et le cirse maraîcher. On y trouve aussi la jacinthe sauvage.
Plantes des pelouses et milieux humides Les zones ouvertes et humides accueillent l'achillée mille-feuilles, la pâquerette, la grande marguerite, la centaurée jacée, la cardamine des prés et les renoncules comme la renoncule âcre et la renoncule rampante. Près des points d'eau, la flore est caractérisée par l'iris jaune, la reine-des-prés, la salicaire commune, l'eupatoire chanvrine, la menthe aquatique, le lycope, le myosotis des marais et la véronique des ruisseaux.
Arbres et arbustes vignette|Les arbres du parc en automne. vignette|Vue sous la canopée.
Le parc contient au total 180 essences différentes (courantes, exotiques ou très rares). Sept arbres ont reçu titre de « Champion de Belgique » pour leur aspect exceptionel par l'association « Belgische Dendrologie Belgique »ː il s'agit notamment d'un érable rouge (Acer rubrum), d'un chêne bicolore (Quercus bicolor) et d'un cormier (Sorbus domestica).
Ainsi, voici une liste de quelques-uns des plus gros arbres remarquables du parc répertoriés par la Commission des monuments et des sites : nom françaisnom latincir. en cm Séquoia géant Sequoiadendron giganteum 680 Peuplier du Canada Populus x canadensis 493 Hêtre pourpre Fagus sylvatica f. purpurea 441 Chêne des marais Quercus palustris 421 Tilleul argenté Tilia tomentosa 408 Chêne rouge d'Amérique Quercus rubra 402 Thuya du Pacifique Thuja plicata 374 Cyprès chauve de Louisiane Taxodium distichum 356 Robinier faux-acacia Robinia pseudoacacia f. tortuosa 341 Châtaignier Castanea sativa 340 If commun Taxus baccata 337 Érable argenté Acer saccharinum var. laciniatum 330 Peuplier noir Populus nigra 326 Hêtre d'Europe Fagus sylvatica 310 Tilleul commun Tilia x europaea 309 Platane à feuilles d'érable Platanus x hispanica 307 Marronnier commun Aesculus hippocastanum 306 Peuplier grisard Populus x canescens 304 Érable de Dieck Acer dieckii 300 Chêne écarlate Quercus coccinea 299