Histoires de robots est le deuxième volume de la première série de La Grande Anthologie de la science-fiction, paru en 1974.

Préfacé par Gérard Klein, l'ouvrage réunit dix-sept nouvelles publiées entre 1938 et 1965, c'est-à-dire représentatives de « l'âge d'or de la science-fiction ».

Publications Gérard Klein (dir.), Histoires de robots, Le Livre de poche , 1974 (rééd. 1985) Une anthologie réduite a été rééditée en 1997 contenant les nouvelles 2, 5, 8, 10, 13 et 17 : Gérard Klein (dir.), Histoires de robots - Les maîtres de la science-fiction, Le Livre de poche , 1997, 128 p., 11 x .

Extrait de la préface S'il est, dans l'univers de la science-fiction, un thème à la fois ancien, techniquement peu vraisemblable, et populaire parce que porteur de nombreuses et lourdes connotations émotionnelles, c'est bien celui du robot. (…)

(…) dès l'Antiquité, le thème du robot est presque complètement exploité : serviteur habile, gardien indomptable mais obtus, susceptible parfois par sa beauté toute humaine ou plutôt surhumaine d'inspirer la passion, le robot — dans sa diversité même — a traversé les millénaires sans beaucoup changer et il serait fastidieux d'en énumérer les variations (…).

(…) Ainsi les robots sont-ils à la fois des êtres et des choses, condamnés à vivre en la présence physique de leurs dieux et créateurs, et déchus en leur absence, susceptibles de grandeur, mais seulement par procuration, porteurs de valeurs, mais uniquement de celles de quelqu'un d'autre, n'ayant même pas la ressource de désigner en l'homme une création de leurs angoisses, une projection de leurs espoirs, en un mot radicalement étrangers à eux-mêmes. (...)

(…) Au total, rationalisation pseudo-scientifique d'un mythe très ancien plutôt qu'élaboration d'un mythe neuf à partir d'un possible scientifique, le thème du robot nous paraît se situer un peu en marge de la genèse habituelle des thèmes de la science-fiction. Et peut-être a-t-il fait son temps, car après la grande floraison d'histoires des années trente à soixante, le robot ne se manifeste plus guère dans les œuvres issues des courants les plus récents de la littérature de science-fiction.

Nouvelles

Un mauvais jour pour les ventes

Titre original : . Nouvelle écrite par Fritz Leiber, initialement parue dans , juillet 1953. Situation dans le recueil : à 36. Intrigue : Robie est un robot publicitaire qui exécute à la perfection ce qu'on attend de lui : vendre des journaux, donner des sucettes publicitaires, donner de la joie aux gens, être gentil et sympathique. Son comportement de joyeux luron devient particulièrement déplacé après que la bombe atomique a anéanti la ville.

Le Sixième Palais

Titre original : . Situation dans le recueil : à 53. Nouvelle écrite par Robert Silverberg, initialement parue dans , . Intrigue : Deux amis, Lipescu et Bolzano, se rendent sur une planète sur laquelle se trouverait un fabuleux trésor, gardé par un terrible robot appelé le Gardien du Trésor. Pour accéder aux richesses, il faut répondre aux questions du Gardien, qui ne connaît qu'une seule sanction : la mort immédiate par rayon laser. De nombreux aventuriers se sont déjà présentés devant le Gardien, et la légende dit que nul n'a jamais pu répondre à l'intégralité des questions du Gardien. Lipescu et Bolzano décident de tenter l’aventure.

L'Homme minimum Titre original : . Situation dans le recueil : à 98. Nouvelle écrite par Robert Sheckley, initialement parue dans , . Résumé : Anton Perceveral n'a décidément pas de chance. Maladies, accidents et chômage semblent être son lot sur une Terre surpeuplée et hyper-compétitive. C'est pourquoi il est sélectionné pour tester la survie sur une nouvelle planète : si lui tient un an, n'importe qui pourra s'y établir. Cependant, pour que l'expérience soit valide, on lui adjoint un robot-aide… dont Perceveral réalise qu'il est là pour lui nuire au maximum.

Boomerang Titre original : . Situation dans le recueil : à 120. Nouvelle écrite par Eric Frank Russell, initialement parue dans , août-. Résumé : Les savants Speidel et Wurmser ont créé un robot-assassin parfait, totalement anodin d'aspect, mais capable, grâce à un bistouri à rayons X, de causer des AVC à ses cibles. Le général Kluge lui assigne une liste de cinq victimes expérimentales. Le robot s'exécute à la perfection. Cependant, à son retour, il annonce à ses créateurs que sa programmation étant de s'attaquer à quiconque détient un pouvoir important, il devrait détruire ses créateurs, mais comme cela lui est interdit, il préfère s'autodétruire… en les emmenant avec lui.

Menteur !

Titre original : . Situation dans le recueil : à 146. Nouvelle écrite par Isaac Asimov, traduite de l'anglais par Pierre Billon, initialement parue dans , . Intrigue : Tenu par sa programmation de ne pas « blesser » les humains, un robot télépathe en vient à éluder la vérité, voire à mentir aux humains.

Cure de jouvence Titre original : . Situation dans le recueil : à 161. Nouvelle écrite par Lester del Rey, initialement parue dans , 1953. Résumé : Dans une société ravagée par la névrose, Henry préfère cacher à sa femme Maryl, psychologiquement fragile, que leur fils Jimmy se remet d'une terrible chute. Pour cela, il obtient du docteur Broderick qu'un petit robot soit déguisé en Jimmy. Le plan fonctionne, mais trop bien : Maryl finit par décider que le robot est son enfant chéri. Henry doit se résoudre à ce qu'elle subisse un effacement mémoriel et qu'elle démarre une nouvelle vie dans une autre ville. Il pense que tout a bien marché… jusqu'au jour où, par accident, il appelle son ancien domicile et y découvre sa femme avec le robot. Il comprend qu'il a avec lui le vrai Jimmy… et une mère-robot parfaite.

À la recherche de Saint Aquin

Titre original : . Situation dans le recueil : à 190. Nouvelle d’Anthony Boucher, initialement parue dans , novembre 1951. Intrigue : Sur une planète Terre post-apocalyptique et où la foi religieuse semble avoir presque disparu, Thomas, un prêtre, se voit confier par le pape la mission d'aller retrouver les restes d'un saint légendaire : Aquin. Le pape lui adjoint un âne-robot doué de parole. Durant le trajet, Thomas débat âprement de théologie avec le robâne.

Châtiment sans crime

Titre original : . Situation dans le recueil : à 203. Nouvelle de Ray Bradbury. Intrigue : George souffre d'une grande peine amoureuse : son épouse Catherine vient de tomber amoureuse de Leonard, et il rêve de la tuer. C'est pourquoi George a recours à la société Automates SA qui, pour une importante somme d'argent, reconstitue sous forme d'androïde une personne que l'on a envie de tuer. L'androïde lui est remis quelques jours après, et George l'abat de plusieurs coups de feu avant de s'évanouir. Mais il est arrêté par la police : depuis la promulgation récente d'une loi sur le respect dû aux robots et androïdes, il est interdit de leur faire du mal.

Septembre avait trente jours Titre original : . Situation dans le recueil : à 228. Nouvelle de Robert F. Young, initialement parue dans , octobre 1957. Résumé : Fatigué de l'univers fade de sa banlieue bourgeoise, symbolisé par des voitures-jouets et par une télévision qui ne connaît plus que la révision des grands classiques (Roméo et Juliette, Antigone, L'Iliade, etc) et leur transformation en westerns, Danby décide sur un coup de tête d'acheter une androïde-institutrice, nommée Miss Jones par le fabricant. Il retrouve en elle la maîtresse d'école de son enfance, ainsi que le sérieux et la rigueur d'un enseignant. Il retrouve alors une liberté de pensée oubliée, mais son épouse Laura et ses deux enfants acceptent mal cette intrusion dans leur vie trop bien réglée et aseptisée. Contraint de revendre l'androïde à la baraque à hot-dogs locale, Danby s'y fait embaucher pour passer ses soirées avec Miss Jones, devenue serveuse dans ce snack. Et cela va être l'occasion pour Danby de retrouver la saveur ancienne des jours heureux et celle des mois de septembre de jadis, après un été trop long et futile.

Hélène O'Loy

Titre original : . Situation dans le recueil : à 247. Nouvelle de Lester del Rey. Distinction : proposée au prix Hugo de la meilleure nouvelle courte 1939, sans recevoir la distinction (nouvelles proposées en 2014). Intrigue : Dave et Phil, deux étudiants talentueux, créent leur « femme idéale », Hélène, à partir d'un androïde acheté chez un spécialiste. Ils améliorent tellement la belle Helen qu'elle finit par ressembler à une vraie femme, et même à éprouver des sentiments humains. Mais Helen tombe amoureuse de Dave.

Brikol'âge

Titre original : . Situation dans le recueil : à 304. Auteur : Clifford Simak Intrigue : Gordon a commandé un chien-robot auprès de la compagnie Brikol'âge. Au lieu du toutou mécanique attendu, il reçoit X-190, un robot expérimental. Ce robot est un robot multifonction capable de fabriquer d'autres robots. L'envoi de Brikol'âge résulte d'une erreur et Knight se résout à garder le robot sans le restituer. Les ennuis vont alors s'enchaîner.

L'Androïde assassin

Situation dans le recueil : à 335. Nouvelle écrite par Alfred Bester, initialement parue dans , août 1954. Intrigue : James Vandaleur est un homme traqué. En effet, son androïde, pour des raisons mystérieuses qu'il n'a pas encore réussi à élucider, est devenu un « assassin » qui a tué, en diverses occasions, des êtres humains. Alors Vandaleur fuit, passant de pays en pays, de planètes en planètes, en tentant de ne pas se faire remarquer. Un jour, un ingénieur constate que le robot a toujours tué lorsque la température était égale ou supérieure à 37 °C. Ce constat va permettre à James de changer de stratégie de vie.

L'Artiste et son œuvre Titre original : . Situation dans le recueil : à 360. Nouvelle écrite par James Blish, initialement parue dans , . Résumé : Richard Strauss est ramené à la vie en l'an 2161 pour composer de nouvelles œuvres, et surtout pour attester du génie du psi-sculpteur Kris. Richard Strauss s'adapte difficilement à sa nouvelle époque, mais finit par retrouver un peu d'inspiration pour un opéra. À l'issue de l'avant-première, le docteur Kris lui révèle, devant la foule admirative, qu'il n'est pas le vrai compositeur Strauss, mais un anonyme qu'il a doté de son génie. « Strauss » s'efface avec une dernière pensée de défi. Article connexe : Reprendre, c'est voler, nouvelle d'Ayerdhal parue en 1996 présentant une biologiste de génie qui est parvenue à cloner et à faire revivre Mozart.

Le Tunnel sous l'Univers

Titre original : . Situation dans le recueil : à 402. Nouvelle écrite par Frederik Pohl, initialement parue dans , . Intrigue : Le héros de la nouvelle découvre que les habitants de sa ville vivent en boucle la même journée du , durant laquelle on teste des campagnes publicitaires expérimentales et souvent outrancières. Il trouve le responsable de la conspiration et exige la libération de ses concitoyens. Une surprise de taille l'attend.

Le Gardien du savoir Titre original : . Autre titre : . Situation dans le recueil : à 433. Nouvelle de Walter M. Miller, Jr, initialement parue dans , mai 1952.