La fête nationale belge ( ; ) désigne les festivités annuelles menées en l'honneur du royaume de Belgique.
Elle se tient pour la première fois en dans le contexte de la guerre belgo-néerlandaise, alors que l'indépendance de la Belgique demeure encore incertaine. Plusieurs modifications ont ensuite lieu avant qu'une loi du n'entérine définitivement la date du , commémorant ainsi la prestation de serment du premier roi des Belges, Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, le .
Histoire Contexte
vignette|gauche|La prestation de serment de Léopold Ier, par Gustave Wappers (1831). Les émeutes d'août 1830 à Bruxelles déclenchent la révolution belge et ce qui devient bientôt une véritable insurrection généralisée dans les provinces méridionales du Royaume uni des Pays-Bas. Pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, le roi Guillaume d'Orange-Nassau envoie son armée attaquer Bruxelles et Louvain. Contre toute attente, les volontaires belges repoussent les troupes commandées par le prince Frédéric, dans ce que l'histoire retient comme les « Journées de Septembre ». Les meneurs de la révolution mettent en place un gouvernement provisoire de Belgique et la retraite des forces royales piégées dans le parc de Bruxelles, le , a un retentissement considérable et achève de soulever le reste des provinces « belges ». Quelques jours plus tard, la nouvelle autorité proclame l'indépendance de la Belgique le , entraînant le début de la guerre belgo-néerlandaise.
Après l'élection de la première assemblée constitutive du pays, le Congrès national, ce dernier dote la jeune Belgique d'une Constitution et décide que le nouvel état sera une monarchie constitutionnelle. Le , le Congrès appelle Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha à devenir le premier roi des Belges. et ce-dernier prête serment le à Bruxelles.
Première date : les fêtes de septembre vignette|Affiche proclamant la victoire des volontaires belges sur les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas à l'issue des Quatre Jours de Bruxelles, le . Décret Le , le Congrès national, adopte à l'unanimité des votants, un décret , à la suite d'une proposition de Charles Rogier qui souhaite . Celui-ci justifie son choix en développant :
Sous l'insistance de Jean de Neef, ancien meneur lors des combats de Louvain, le décret ne fixe pas de date précise : chaque ville peut déterminer les jours qui lui plaisent pour organiser les festivités de septembre. En effet, de Neef fait signaler avec justesse que les Louvanistes avaient chassé leur garnison dès le , puis remporté la victoire dès le premier jour de l'attaque de l'armée, le , avant d'envoyer un deuxième corps-franc de volontaires défendre la capitale et contribuer à la victoire. Il déclare : Le juriste Joseph Beyts s'oppose à cette idée et préfère célébrer la victoire des Quatre Jours de Bruxelles en arguant :
Première édition vignette|La campagne des Dix-Jours (carte) entrave les préparatifs et le déroulement de la première fête nationale belge en 1831. Toutefois, la guerre belgo-néerlandaise fait toujours rage et, peu après la prestation de serment du premier roi des Belges, Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, le , le souverain néerlandais, Guillaume Ier, lance une violente contre-offensive le dans le but de reconquérir ses anciens territoires : c'est la campagne des Dix-Jours. Les forces armées belges sont défaites et ne doivent leur salut qu'à l'intervention d'un corps expéditionnaire français qui fait fuir l'armée néerlandaise au-delà de la frontière. L'évènement marque profondément la population belge et entache la réputation internationale de la Belgique lors de la signature du traité des XXVII articles. Aussi, un arrêté royal du proclame que les circonstances ne permettent pas de célébrer l'anniversaire national avec toute la dignité afférente et qu'il n'y aurait, dès lors, d'autre solennité qu'un Te Deum chanté dans la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles.
Jubilés et reprise de la date vignette|Décoration de la Place des Palais à Bruxelles, pour le jubilé du . vignette|Le jublié de 1905, pour le anniversaire de l'indépendance de la Belgique. En plus des fêtes annuelles, l’État belge choisit également de commémorer son jubilé tous les quarts de siècle. Le premier se déroule du 21 au afin de mettre en lumière les vingt-cinq années de règne de Léopold Ier, faisant écho à la prestation de serment du roi des Belges, le , et non aux Journées de Septembre de 1830. Cela demeurera une exception : les deux jubilés suivants étant organisés en et 1905.
La date de septembre sera reprise pour la fête de la Wallonie en 1913, puis pour la fête de la communauté française de Belgique, fixée précisément au par un décret du .
Deuxième date : troisième dimanche d'août Avec le réchauffement des relations entre la Belgique et les Pays-Bas, une autre date est recherchée. Une loi du , abroge le décret du promulgué par le Congrès national et dispose que les fêtes nationales seront dorénavant célébrées le troisième dimanche du mois d'août et les deux jours suivants. Au cours des discussions à la Chambre des représentants, le ministre de l'Intérieur, Gustave Rolin-Jaequemyns, indique que l'objectif recherché par ce changement est de :
Ce troisième dimanche d'août correspond au second « jubilé national », mais la date n'obtient pas le succès escompté.
Troisième date : le 21 juillet vignette|Les « mutilés » de la Première Guerre mondiale, mis à l'honneur lors de l'édition de 1919. Le , le roi Léopold II décide que la fête nationale est fixée au afin de lier ce jour de fête pour le pays à la personne du souverain, commémorant la prestation de serment du premier roi des Belges, Léopold , le .
La fête évolue avec le temps : le a lieu un premier défilé militaire puis, en 1895, il a lieu le . Ce n'est qu'en 1905 que la date du défilé est fixée au sur la place des Palais à Bruxelles. À la suite des deux guerres mondiales, les anciens combattants sont conviés à la parade, puis d'autres professions du domaine public les rejoignent, comme la police, les pompiers, l'aide médicale urgente, la protection civile ou la douane.
Le roi Baudouin inaugure la tradition du discours officiel à partir de l'édition de 1984.
Festivités vignette|Hélicoptère de la police fédérale, en exposition sur la place Poelaert lors de l'édition de 2016. Chaque toutes sortes d'animations festives sont organisées à Bruxelles et dans d'autres villes. La capitale accueille, entre autres, le traditionnel défilé civil et militaire ainsi qu'un bal populaire et un feu d'artifice. Le parc de Bruxelles voit s'implanter provisoirement de nombreux stands récréatifs tandis qu'une bonne partie de la ville haute est interdite d'accès depuis la place Poelaert, la rue de la Régence et le quartier des Palais pour accueillir le défilé mais aussi les démonstrations et expositions de différents Services Publics Fédéraux, telles que les forces armées belges, la police, les pompiers ou la protection civile. Depuis plusieurs années, des concerts gratuits sont également proposés aux Arcades du Cinquantenaire, rassemblant environ participants lors de l'édition 2025.
Le est aussi l'occasion d'un Te Deum pour la famille royale belge, en la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, ainsi que dans de nombreuses autres communes, où la cérémonie se termine traditionnellement par l'hymne national : La Brabançonne.
Particularités historiques vignette|Affiche des fêtes à l'occasion du centenaire de l'indépendance de la Belgique, en 1930.
1831 : les « fêtes nationales » sont réduites au strict minimum à cause de la guerre belgo-néerlandaise qui fait rage et des conséquences de la campagne des Dix-Jours ; 1832 : Les premières véritables « fêtes nationales » ont lieu fin septembre et s'échelonnent sur plusieurs journées. De grandes cérémonies officielles sont organisées, dont la remise des Drapeaux d'Honneur de 1830, le ; 1856 : Le est le théâtre de fêtes grandioses pour le anniversaire de « l'inauguration » du roi Léopold, alors que les fêtes nationales sont célébrées en septembre. Un Te Deum est organisé, suivi d'une revue des troupes et d'un défilé de la garde civique et de différents corps des forces armées belges ; 1880 : Jubilé et festivités du cinquantenaire de l'indépendance de la Belgique ; 1890 : La date de la fête nationale est instaurée le , qui devient un jour férié national ; 1930 : De nombreuses cérémonies ont lieu partout dans le pays pour célébrer le centenaire de l'indépendance de la Belgique ; 1968 : Le défilé national est délocalisé à Ostende et a lieu sur le Visserskaai ; 1980 : Le jubilé des 150 ans de la Belgique se fait dans le contexte difficile des tensions communautaires ayant entrainé les premières réformes de l'État et la naissance du fédéralisme belge. Certains partis politiques boycottent carrément les festivités tels que le FDF, le Rassemblement wallon, la Volksunie et le Vlaams Blok ; 1991 : Les festivités durent exceptionnellement deux jours ( et ) et prennent place au Heysel dans une édition spéciale à l'occasion des ans et des quarante années de règne du roi Bauduin ; 2002 : le défilé militaire se tient sous les Arcades du Cinquantenaire et non pas devant le Palais Royal de Bruxelles ; 2005 : Le jubilé des 175 ans de l'indépendance de la Belgique commémore également les 25 ans du fédéralisme belge, né à la suite des réformes de l'État des années 1980, qui mettent fin à l'état-nation unitaire en Belgique ; 2013 : la fête nationale est choisie comme date de passation de pouvoir entre Albert II et Philippe, faisant de Philippe le deuxième roi des Belges à prêter serment un . 2020 : les festivités sont annulées en raison de la pandémie de Covid-19. Un défilé aérien parcourt toutefois le territoire belge en hommage aux soignants ; 2021 : le défilé militaire et civil est réduit à la suite des terribles inondations qui font morts quelques jours auparavant. Les participants défilent masqués à cause de la pandémie de Covid-19 qui est toujours en cours. Il s'agit également du premier défilé de la princesse Élisabeth, héritière du trône de Belgique, en tant qu'élève officier à l'école royale militaire ;
Culture populaire La drache nationale emprunte le belgicisme drache pour désigner une forte pluie s'abattant sur le pays et les festivités de la fête nationale belge du ;
Galerie
Notes et références
Annexes
Articles de presse
Bibliographie
Liens externes
Liens internes Cinquantenaire de l'indépendance de la Belgique de 1880 Fête nationale
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