Boundiali est le chef-lieu du département de Boundiali, dans la région de la Bagoué. La ville est située entre Korhogo et Kouto à l'est, Madinani à l'ouest, Séguéla et Mankono au sud et Tingréla et Minignan au nord. Ses habitants, dont le nombre est estimé à presque en 2021, sont appelés les « Boundialiyés ». La région de la Bagoué, dont Boundiali est le chef-lieu, constitue historiquement une importante zone d’implantation du peuple sénoufo. Le nom d’origine du village dont est issue la ville est « Pindjali » qui signifie littéralement « tambour séché » en Senoufo (Ténéhouéré qui sont les autochtones de la villes de Boundiali et de certains villages environnants).

Après la crise de 2002 qui a meurtri le pays, et conduit à une partition de fait de la Côte d'Ivoire entre sa partie septentrionale et sa partie méridionale, la ville de Boundiali s'est retrouvée sous le contrôle des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire. Depuis les accords de Ouagadougou signés en 2007 entre les protagonistes du conflit, l'administration gouvernementale s'est ré-installée dans la ville et les projets de développement des infrastructures ont repris.

Géographie Situation thumb|right|upright=1.5|Région de Boundiali (cliquer pour agrandir) La ville fait partie du grand District des Savanes, le plus septentrional du pays, frontalier avec le Mali et le Burkina Faso. Les villes les plus proches, qui sont aussi les chefs-lieux des départements éponymes, sont Korhogo à et Tingréla à , dans la même région ; Odienné à , dans la Région du Kabadougou jouxtant la Guinée ; Séguéla à et Mankono à , dans la Région du Béré. Elle est reliée à toutes ces villes par des pistes en latérite. Elle se situe également à d’Abidjan, la capitale économique et plus grande ville du pays et à de Yamoussoukro, la capitale politique.

Histoire

La fondation de la ville de Boundiali remonterait au , selon la tradition orale locale rapportée par les griots.

Administration

Une loi de 1978 a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays. Au nombre de celles-ci, figure Boundiali. La commune, collectivité territoriale, est administrée par un conseil municipal présidé par le maireLoi n° 78-07 du 9 janvier 1978, portant institution de communes de plein exercice en Côte d'Ivoire, J.O. n° 9 du 23 février 1978, p. 348..

Maires de la ville de Boundiali Date d'élection Identité Parti Qualité Statut 1980 Ibrahima KonéAncien ministre du Tourisme de Félix Houphouët-Boigny, Ibrahima Koné est décédé en 1982, à la suite d'une « courte maladie » PDCI-RDAHomme politique élu 1983 Coulibaly Lenissongui PDCI-RDAHomme politique élu 1985 Coulibaly Lenissongui PDCI-RDAHomme politique élu 1990 Coulibaly Lenissongui PDCI-RDAHomme politique élu 1995 Zémogo Fofana RDRHomme politique élu 2001 Zémogo Fofana RDRHomme politique élu 2013 Konaté Lassina Indépendant Homme politique élu 2018 Mariatou Koné Indépendante Femme politique élue

Services publics et parapublics

Parmi les services publics présents déployés avant la crise de 2002, figuraient la Brigade de la Gendarmerie nationale et une unité du Service civique. Le gouvernement de Laurent Gbagbo a récemment relancé le programme de Service civique avec, pour objectif premier, la réinsertion des anciens combattants des Forces nouvellesarticle de Abidjan.net.

Les services parapublics sont constitués par la Compagnie ivoirienne d'électricité (anciennement EECI), la Poste de Côte d’IvoireEn Côte d'Ivoire, il n'existe pas de facteur : les entreprises ou les administrations ont une Boite Postale et un vaguemestre va chercher le courrier directement à la poste, la Société de distribution d'eau de la Côte d'Ivoire (SODECI), et l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER) qui a repris les prérogatives de la SODEPRA, dissoute en 1994 dans le cadre de la restructuration du secteur agricole (construction de barrages, de lieux de vaccination, distribution de semences de cultures fourragères à des prix subventionnés).

Société

Démographie

Dans la commune de Boundiali, en 1998, le Recensement général de la population et de l'habitation (RGPH 98) a permis d'identifier, outre la ville, appelée également village noyau, 13 campements. Ensemble, ces entités abritaient ménages. personnes résidaient en ville et 274 dans les dits campements, soit un total de habitants dont hommes et femmes. Ceci donnait un rapport de masculinité de 102,9%.

Éducation La ville dispose de plusieurs établissements d'enseignement privés et publics.

Santé La ville compte un hôpital qui a fait l'objet d'une réhabilitaion en 2005 pour un montant de 30 millions de F CFA, et une officine de pharmacie, la Pharmacie de la Bagoué. Comme dans de nombreuses villes en Afrique, l'hôpital ne fournit pas les médicaments. Il est nécessaire, avant de s'y rendre, d'acheter les pansements, seringues, mercurochrome, etc. à la pharmacie. De très nombreux dispensaires ont été construits dans la région avec l'appui de la coopération canadienne.

La lèpre sévit encore dans certains villages de la région ainsi que dans les départements de Danané, Man, Biankouma, Touba, Tingréla, Korhogo, Katiola, Dabakala et Béoumi. En 1984, la Journée mondiale des lépreux a été organisée à Boundiali, sous la présidence du professeur Alphonse Djédjé Mady, alors ministre de la Santé du gouvernement de Félix Houphouët-Boigny.

Langues

Depuis l'indépendance, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population, est le Dioula mais la langue vernaculaire de la région est le Sénoufo. Le français effectivement parlé dans la région comme à Abidjan est appelé le français populaire ivoirien ou français de moussa qui se distingue du français standard par la prononciation. Une autre forme de français parlé à Boundiali est le nouchi, un argot parlé surtout par les jeunes. La ville accueillant de nombreux ivoiriens issus de toutes les régions du pays, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées. Depuis 2002, avec l'arrivée dans la région de burkinabés, on y parle aussi le moré, langue des Mossis.

Urbanisme et habitat

La ville est organisée autour d'une route principale bitumée, bordée de flamboyants, et autour de laquelle s'est installé le marché. Elle comporte à la fois des maisons « en dur », construites en parpaings et recouvertes de toits en « tôle ondulée », et des quartiers organisés selon le système de la « cour » collective autour de laquelle sont construites plusieurs habitations en banco, rondes ou rectangulaires ; ce qui respecte l'organisation habituelle et multi-séculaire des villages sénoufos de la région. Les différents quartiers de la ville sont parfois nommés : il existe ainsi un « quartier résidentiel », un « quartier Chérif », un « quartier Fagayogo », quartier Tchogona, et un « quartier des forgerons » Loworo, quartier Nabanga noyau de ville} et le quartier Bele. De l'époque coloniale, subsistent quelques maisons en bois surélevées qui présentent l'avantage inestimable, grâce à la convection naturelle, de ne nécessiter aucun système de climatisationArchitecture coloniale en Côte d'Ivoire, Ceda - Les Publications du Ministère ivoirien des Affaires Culturelles, 1985..

Économie

Secteur secondaire À la suite du désengagement de l'État ivoirien des activités productrices de coton, le consortium IPS (WA) et la Société Paul Reinhart Ag ont créé, le , la société Ivoire Coton, qui est propriétaire à Boundiali de deux usines d'égrenage de coton, présentant chacune une capacité de traitement de par an : Boundiali 1 et Boundiali 2Ivoire-Coton, à Boundiali. Le coton constitue la principale richesse de la région, au point d'y être appelé l’« or blanc ».

De façon artisanale, de nombreux tisserands transforment le coton en pièces de tissu et les couturiers fabriquent ensuite des boubousEn langue wolof, langue principale du Sénégal, le terme Boubou signifie vêtement ou désigne certaines coupes particulières. En Afrique, Le boubou est porté aussi bien par les hommes que par les femmes, des pagnes et des vêtements de toute nature sur mesure à la demande des clients et clientes ; la couture étant ici une activité pratiquée par la gent masculine.

Secteur tertiaire

Transports Depuis la gare routière de Boundiali, des compagnies de bus et des taxis brousse relient la ville aux localités voisines. La ville est équipée d'un aéroport dont la piste a été construite en latérite (code AITA : BXI, code OIAC DIBI). Dans les années 1980, chaque jour, un avion de la compagnie Air Ivoire reliait la ville à la capitale économique du pays, Abidjan.

Commerce

La ville est équipée en son centre d'un marché dont l'activité est quotidienne mais qui culmine le samedi lorsque les villageois des alentours viennent s'approvisionner et y vendre leur production. Elle compte aussi un supermarché, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de villes analogues de Côte d'Ivoire.

Après la prise de contrôle de tout le nord du pays par les Forces nouvelles de Côte d'Ivoire en 2002, le commerce transfrontalier avec le Mali et surtout le Burkina Faso s'est considérablement développé, l'approvisionnement par le sud étant devenu très difficile et aléatoire. Il en a résulté une moindre taxation des marchandises, la vie devenant ainsi meilleur marché au nord qu'au sud, contrairement à la situation qui prévalait antérieurement.

Banques Il existe actuellement, à Boundiali, deux agences des banques BACI (Banque Atlantique) et BNI (Banque Nationale d'Investissement).

Énergie En 2024, Boundiali a inauguré sa première centrale photovoltaïque, produisant 80 MW d’électricité. Ce projet, cofinancé par la KfW et l’Union européenne, alimente environ 430 000 personnes et réduit les émissions de CO₂ de 60 000 tonnes par an.

Une centrale électrique à biomasse d'une capacité de est en cours de développement.

Culture Boundiali dispose d'une salle de cinéma fermée, à la différence de beaucoup de villes africaines dotées de cinémas en plein air. L'essentiel de sa programmation propose des films de karaté, des films égyptiens ou des films indiens venus de Bollywood. Comme dans la plupart des pays du tiers-monde, le cinéma indien est très apprécié en Afrique de l'Ouest. La ville est équipée d'un centre culturel. Elle est dotée d'une seule librairie. Au centre de la ville s'élève une mosquée de style soudanaisMosquées de style soudanais du Nord ivoirien (site en série) - UNESCO World Heritage Centre.

Un peintre local, reprenant une très ancienne tradition familiale, a développé un style original de peintures représentant la vie de la région et de ses habitants, dans un genre tout à fait différent de celui des célèbres toiles de Korhogo. Elles sont faites en « peinture naturelle », à base de plantes, sur des bandes de coton que lui procurent les tisserands de la ville.

La région est aussi le lieu de naissance de Muriel Diallo, auteur de contes pour enfants, de la chanteuse mandingue Aïcha Koné, originaire de Gbon, et du grand écrivain ivoirien, Ahmadou Kourouma, lauréat à deux reprises, en 1969 et 1991, du Grand prix littéraire d'Afrique noire et auteur de : En attendant le vote des bêtes sauvages, Allah n'est pas obligé, récompensé par le Prix Renaudot en 2000, et surtout Les Soleils des indépendances, écrit en 1968 en réaction aux régimes politiques africains issus de la décolonisation et qui lui valut quelques « soucis » dans son propre pays le conduisant à plusieurs années d'exil.

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