La vallée de Villé ou val de Villé est situé dans le département du Bas-Rhin et compte environ habitants. Villé en est le bourg principal, chef-lieu et centre névralgique de la vallée.
Géographie Les vallées de Villé, de la Bruche et de Sainte-Marie-aux-Mines constituent les trois grandes vallées des Vosges moyennes pour le versant alsacien. Le val de Villé est séparé de la vallée de la Bruche par le massif du Champ du Feu () et le Climont (970 m) qui se trouvent au nord et à l'ouest de la région. Le col de Steige permet de relier vallée de la Bruche et val de Villé. Au sud, le massif de l'Altenberg (854 m au rocher du Coucou) et les hauteurs de Schlingoutte (830 m) dominent la vallée de la Hingrie un hameau de (Rombach-le-Franc). Le val de Villé conflue avec cette dernière peu avant leur débouché commun dans la plaine d'Alsace à hauteur de Sélestat. À l'est, le val de Villé est séparé de l'Ungersberg (901 m) et du Bernstein (662 m au Dachfirst) surplombent le vignoble de la région de Dambach-la-Ville et la plaine du centre Alsace.
Le val de Villé, fut une voie de passage très fréquentée au cours de son histoire, car la vallée communiquait avec les régions limitrophes par de nombreuses routes. Les routes rejoignent aisément les plaines de Sélestat et de la Moyenne Alsace grâce à l'ancienne route du sel. Une autre route rejoint Villé au vignoble barrois et sépare l'Ungersberg et le massif du Bernstein. D'autres routes permettent d'accéder à d'autres villages. Par le col du Kreuzweg (768 m) on arrive au vallon d'Andlau-Le Hohwald. Le col de la Charbonnière (961 m) donne accès aux localités du Ban de la Roche. Le col d'Urbeis (603 m) domine le versant lorrain des Vosges permettant de rejoindre Lubine et la ville de Saint-Dié. Par le col de Fouchy on rejoint directement le village de Rombach-le-Franc et tout le val d'Argent.
Topographie
À 50 km au sud de Strasbourg, au cœur de l'Alsace, le val de Villé et ses paysages mènent des contreforts de la plaine d'Alsace aux sommets de la ligne bleue des Vosges. Son entrée est commune à l'entrée du val d'Argent.
La vallée de Villé n'est pas constituée d'une seule branche mais comporte plusieurs embranchements : entre Thanvillé et Saint-Pierre-Bois ; entre Villé et Breitenbach ; entre Villé, en passant par Urbeis jusqu'au pied du Climont ; entre Villé et Steige.
Sommet Le Climont atteint 965 m d'altitude.
Hydrographie Le val de Villé est parcouru par divers ruisseaux mais surtout par la rivière collectrice, le Giessen qui prend sa source dans le massif des Vosges, à 590 m d'altitude au lieu-dit Faîte au pied du Climont à Urbeis. Le val de Villé est drainé par le Giessen (anciennement la Scheer) dont les deux branches confluent à Villé. Le Giessen de Steige et le Giessen d'Urbeis prennent tous deux leur source sur les flancs du Climont, à environ 700 mètres d'altitude. Ce même sommet donne également naissance à la Bruche et à la Fave sur son versant occidental. Le Giessen recueille les fortes précipitations de la partie montagneuse : les réseaux en entonnoir du Breitenbach et de l'Erlenbach descendus du Champ du Feu et de l'Ungersberg, le ruisseau de Charbes, issu de la Honel et du Mont, le ruisseau de Froide Fontaine et le Luttenbach, ce dernier drainant une partie du massif de l'Altenberg.
Climat Le climat du val de Villé est semblable à celui de l'Alsace, quoique plus humide, mais les précipitations restent inférieures à la moyenne nationale, tout comme la durée d'ensoleillement. C'est un climat avec des hivers froids à très froids et des étés chauds à très chauds du fait de la non-circulation d'air bloqué par la barrière vosgienne.
Faune
Dans les massifs et sur les hauteurs de la vallée, il est possible de rencontrer le lynx. Celui-ci a été réintroduit et la population totale est encore faible. On y trouve aussi différents animaux tel le cerf, le chevreuil, le renard, etc.
Flore À partir de la deuxième moitié du , des plantations d'épicéas ont été créées. Elles font suite à la déprise agricole puis à un exode rural favorisé par le déclin du textile.
Actuellement, différents programmes de défrichement sont réalisés afin de « rouvrir » le paysage devenu hostile. Les prairies réapparaissent et la forêt connaît une diversification de ses espèces avec l'accroissement des surfaces boisés en feuillus, comme le chêne ou le châtaignier. Parallèlement, les actions visant à sauvegarder les vergers semblent porter leur fruit.
Géologie vignette|Entrée d'une galerie de mine des houillères de Lalaye.
La vallée repose sur un gisement houiller situé entre le grès rouge et les roches du terrain de transition, qui fait partie du Bassins houillers des Vosges et du Jura. Daté entre le Stéphanien (Carbonifère) et le Permien, il est composé d'une multitude de petits bassins sédimentaires, à faible couche de houille, disséminés dans le massif des Vosges, dont les principaux se trouvent aux alentours de la vallée de Villé. La plupart des mines ont fonctionné entre le milieu du et la fin du . La grande majorité des travaux de recherche et d'extraction sont entrepris au cours de la première moitié du .
De nombreuses mines métalliques existent également.
Histoire Préhistoire
Vers la fin du Bronze ancien, début du Bronze moyen (1500 avant Jésus-Christ), des peuplades protoceltes venues du plateau du Souabe s'installent dans la vallée. Une communauté se fixe probablement sur le mont Sainte-Odile (appelé Altitona). Le fameux mur païen date-t-il de cette époque ? Dans l'état actuel de nos connaissances, et faute de trouvailles importantes, on en peut pas l'affirmer Il semble que la construction de ce mur soit intervenue entre l'âge du bronze et l'âge du fer, voire sous le Bas-Empire. La datation des enceintes du Schlossberg, portant le château du Frankenbourg relève de la même certitude. Le mur aujourd'hui le mieux conservé, qui entourait jadis la montagne sur 600 m de long à 80 m environ du rocher central, présente encore quelques tronçons facilement repérables sur les flancs nord-ouest et sud. Ce sont des blocs de grès extraits sur place et soigneusement travaillés. Ils sont assemblés selon la technique des « queues d'aronde », encore parfaitement visibles sur les pierres en place et alentour. La technique est identique à celle utilisée à Sainte-Odile. La proximité des deux sites et ses similitudes permettent de penser que les deux enceintes sont contemporaines l'une de l'autre. Les archéologues du siècle dernier signalent l'existence de deux autres enceintes au Sclossberg, nettement moins bien conservées. Un premier amoncellement mégalithique entourait les côtés sud, ouest et nord du cône, juste au pied du rocher qui porte le château et la basse-cour. La seconde se situerait plus bas sur le versant, directement au-dessus du collet qui sépare le Schlossberg du rocher du Coucou. Ce dernier sommet aurait, lui aussi possédé une telle enceinte au moment des travaux liés à l'installation d'un relais de télévision.
L'époque romaine
À la fin de l'été 58 avant Jésus-Christ, Jules César foule les terres d'Alsace avec six légions. Sa victoire sur Marcoman Arioviste, peut-être près de Wittelsheim, fait passer la région dans les possessions romaines. L'année suivante, Titus Labiénus occupe les Pays-Bas, c'est-à-dire les territoires des Triboques et des Médiomatriques comprenant la vallée de la Scheer, le futur val de Villé. Cette vallée se trouve quelques décennies plus tard sur la frontière entre la "Germania Supérior", à l'est, et à la "Grande Belgique" à l'ouest. Cette limite épousait déjà la crête des Vosges. Depuis la nuit des temps, il existait des passages permettant de relier les Vosges et la plaine d'Alsace. La piste la plus ancienne est celle passant par le col d'Ursbeis et la vallée de la Meurthe. Mais la voie la plus importante est toutefois constituée par la route du Sel ou des Saulniers (Strata Salinatorum), parfois improprement appelée route des Sarmates. La présence romaine dans la vallée est attesté par quelques rares trouvailles archéologiques découverts aux et s. La route proprement dite passait par Villé (croisement RD 424 et CD 439), lors des canalisations effectuées en 1971. On retrouve à cette époque un dallage en grès reposant sur un lit de sable noir et boue enfouie à 1,50 m de profondeur. La chaussée est recouverte de plusieurs couches de matériaux d'empierrement.
Les invasions des Alamans Les Alamans profitent de la faiblesse numérique des troupes romaines pour prendre pied dans la région dès le . Ils s'infiltrent d'abord par la plaine, jusqu'au pied des Vosges, pour gagner par la suite les vallées jusqu'au Sundgau. Malgré les conflits avec les Francs, les Alamans finissent par cohabiter, y compris avec les « gallo-romains » restés sur place, chacun appliquant ses propres lois et coutumes.
La christianisation
Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'époque de l'introduction du christianisme en Alsace. D'après Herzog, ce fut soixante ans après la naissance de Jésus-Christ que saint Materne vint prêcher la religion chrétienne en Alsace. Cependant cette province ayant été, plus qu'aucune autre exposée aux attaques incessantes des peuples barbares, la nouvelle religion doit y avoir éprouvé de grandes vicissitudes et n'a commencé à fleurir qu'après la victoire de Clovis en 496. C'est ce roi qui, selon la tradition, jeta les premiers fondements de l'église Notre-Dame de Strasbourg en 504. La christianisation est l'œuvre des Francs, soutenus par les moines irlandais. Clovis reçoit le baptême des mains de saint Remi à Reims. Ses quatre fils tout en se livrant à des guerres fratricides, se partagent le royaume. L'actuel val de Villé est alors intégré au royaume d'Austrasie (Lorraine), bénéficiant d'une organisation plus cohérente due à des préoccupations militaires. Le duché d'Alémanie, sur la rive droite du Rhin, s'étant émancipé de la tutelle mérovingienne, il importait de créer sur le fleuve un « territoire tampon ». Cette unité militaire apparaît constituée vers 640 : c'est le duché de Lorraine. Le moine Frédégaire évoquait déjà Alesacius en l'an 613.
Le duché d'Alsace
On ne sait pas grand chose sur les premiers ducs d'Alsace, Gundoinus et Boniface. Leur successeur est plus connu. Il s'agit de d'Aldaric (également appelé Ethicho, Athicus, Adabricus, etc.) qui vers 675, fonde au bénéfice de sa fille, sainte Odile, le couvent d'Altitona (Hohenbourg) dont elle devient la première abbesse. Odile peuple l'abbaye de moniales issus de la noblesse du pays, qui pratiquent la laus perennis, c'est-à-dire la prière ininterrompue. Allié à Pépin de Herstal, maire du palais d'Austrasie et qui s'empare de la Neustrie. Adalric consolide son duché. On ne sait pas si la vallée du Giessen compte parmi ses propriétés, tout au plus peut-on le supposer au vu de la proximité géographique. Ce duché des ducs d'Alsace inquiétait, puis fut supprimé par Charles Martel. La province fut gouvernée par deux landgraves, dont l'un administrait le Sundgau (Suggentenses, ou la Haute Alsace) et l'autre le Nordgau (Nortgova, ou Basse Alsace).
Les communautés monacales
Soutenue par le pouvoir mérovingien, puis les Carolingiens les moines irlandais gagnèrent toute la province, évangélisant la population. Le val de Villé se voit bientôt entouré par trois abbayes d'importance historique. Ebersmunster dans le Ried sélestadien déjà fréquenté par les Celtes (Novientum) et les Romains (temple de Mercure). Son site a été attribué à Saint-Dié en vertu d'une invention d'un chroniqueur du . Ebersmunster, son monastère et l'église carolingienne seront richement dotés par l'aristocratie alsacienne. Une charte de 1042, , prétend que des biens situés autour de Thanvillé ont été donnés au monastère par Aldaric.