Muhammad ibn Mukarram ibn Alī ibn Ahmad ibn Manzūr al-Ansārī al-Ifrīqī al-Misrī al-Khazrajī (), également connu sous le nom d'Ibn Manẓūr () (né le et mort approximativement en ), était un Arabe lexicographe de la langue arabe et l'auteur d'un grand dictionnaire, le Lisân al-'Arab.

Biographie Ibn Manzur est né en 1233 en Ifriqiya (l'actuelle Tunisie). Il était d'origine arabe, issu de la tribu des Banu Khazraj des Ansar, comme le suggère sa nisba al-Ansārī al-Ifrīqī al-Misrī al-Khazrajī. Ibn Hajar rapporte qu'il a été juge (qadi) à Tripoli et en Égypte, et qu'il a passé sa vie comme secrétaire au Diwan al-Insha', un bureau chargé entre autres de la correspondance, de l'archivage et de la copieCf. H.L. Gottschalk: Art. Dīwān ii. Egypt, in: ²Encyclopaedia of Islam II (1965), p.327-331, ici : 328.. Fück suppose pouvoir l'identifier avec Muḥammad b. Mukarram, qui était l'un des secrétaires de cette institution (les fameux Kuttāb al-Inshāʾ) sous le règne de Qalawun. Selon Brockelmann, Ibn Manzur a étudié la philologie. Il a consacré la majeure partie de sa vie à réaliser des extraits d'ouvrages de philologie historique. On dit qu'il a laissé près de 500 volumes de ce travail. Il est mort au tournant des années 1311/1312 au Le Caire.

Œuvres

Lisān al-ʿArab Le Lisân al-'Arab (لسان العرب, « La langue des Arabes ») a été achevé par Ibn Manzur en 1290. Occupant 20 volumes imprimés (dans l'édition la plus fréquemment citée), il est le dictionnaire de la langue arabe le plus célèbreKees Versteegh, The Arabic Language, p. 63. Édimbourg : Edinburgh University Press, 2001. Édition de poche. , ainsi que l'un des plus complets. Ibn Manzur l'a compilé en grande partie à partir d'autres sources. Les sources les plus importantes étaient le Tahdhīb al-Lugha d'Azharī, Al-Muḥkam d'Ibn Sidah, Al-Nihāya de Ibn Athīr et le Ṣiḥāḥ de Jauhari, ainsi que les ḥawāshī (glosses) de ce dernier (Kitāb at-Tanbīh wa-l-Īḍāḥ) par Ibn Barrī. Il suit le Ṣiḥāḥ dans l'organisation des racines : les mots ne sont pas classés par l'ordre alphabétique des radicaux comme cela se fait habituellement aujourd'hui dans l'étude des langues sémitiques, mais selon le dernier radicalCf. pour l'organisation des ouvrages lexicographiques arabes J. Kraemer: Studien zur altarabischen Lexikographie, in: Oriens 6 (1953), p.201-238., ce qui facilite grandement la recherche des rimes de fin de mot. De plus, le Lisān al-Arab mentionne ses sources directes, mais rarement les sources de ces dernières, ce qui rend difficile le suivi de l'histoire linguistique de certains mots. Murtaḍá al-Zabīdī a corrigé cela dans son Tāj al-ʿArūs, qui s'appuie lui-même sur le Lisān. Selon Ignatius d'Ohsson, le Lisān était déjà imprimé au à IstanbulCf. C. Brockelmann: Geschichte der arabischen Literatur. Volume II, p. 21 u. Georg Jacob: Altarabisches Beduinenleben: Nach den Quellen geschildert. Mayer, Berlin ²1887, p. XXXV, qui se réfèrent tous deux à I. d'Ohsson: Allgemeine Schilderung des Othomanischen Reichs. Volume I, p. 573., ce qui est particulièrement précoce pour le monde islamique.

vignette|Lisan al Arab par Ibn Manzur (1233-1312)

Éditions publiées du Lisān al-'Arab Boulaq Misr al-Matb'ah al-Kubra al-'Amiriyah Égypte ; 1883, vol. 1 Al-Maṭbaʿa al-Kubra al-Amirīya, Boulaq ; 1883 - 1890, 20 vol. Dar Sadir, Beyrouth ; 1955 - 1956, 15 vol. Ādāb al-Ḥawza, Iran ; 1984, 18 vol.

Autres œuvres Aḫbār Abī Nuwās, une bio-bibliographie du poète arabo-persan Abou Nouwas ; imprimée (avec des commentaires de Muhammad Abd ar-Rasul) en 1924 au Caire et publiée par Shukri M. Ahmad en 1952 à Bagdad. Muḫtaṣar taʾrīḫ madīnat Dimašq l-Ibn ʿAsākir, résumé de l'Histoire de Damas par Ibn Asakir. Muḫtaṣar taʾrīḫ madīnat Baġdād li-s-Samʿānī, résumé de l'Histoire de Bagdad par al-Samʿānī (m. décembre 1166). Muḫtaṣar Ǧāmiʿ al-Mufradāt, résumé du traité sur les remèdes et les aliments par al-Baiṭār. Muḫtār al-aġānī fi-l-aḫbār wa-t-tahānī, une sélection de chansons ; imprimée en 1927 au Caire. Niṯār al-azhār fī l-layl wa-l-nahār, un court traité d'astronomie sur le jour, la nuit, les étoiles et les zodiaques ; imprimé en 1880 à Istanbul. Taḏkirāt al-Labīb wa-nuzhat al-adīb (qui, selon Fück, est identique à Muḥammad b. Mukarram), a servi de source à al-Qalqaschandi.

Références

Voir aussi Bibliographie Carl Brockelmann : Geschichte der arabischen Litteratur. Volume II, Brill, Leyde ²1943, p. 21f ainsi que le Volume Supplément II, Brill, Leyde 1938, p. 14f. Johann W. Fück : Art. Ibn Manẓūr, in : ²Encyclopédie de l'Islam III (1971), p. 864. Jörg Krämer : Studien zur altarabischen Lexikographie: Nach Istanbuler und Berliner Handschriften, in : Oriens 6 (1953), p. 230f. Fuat Sezgin : Geschichte des arabischen Schrifttums. Volumes I - IX, Brill, Leyde 1964 - 1987. Liens externes

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