Szlama Grzywacz, né le à Wołomin en Pologne et mort fusillé le au fort du Mont-Valérien, est l'un des résistants fusillés au Mont-Valérien comme soldat volontaire de l'armée française de libération dite Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI). Son nom est l'un des dix qui figurent sur l'« affiche rouge » placardée par les Allemands pendant le procès des 23 résistants du groupe Manouchian. Sa photographie y est accompagnée de la mention : « GRAYWACZ JUIF POLONAIS 2 ATTENTATS ».

Biographie Premières années Szlama Grzywacz naît à Wołomin (Pologne) le Voir, Klarsfeld, 2012., dans une famille ouvrière. Dès son jeune âge, il est obligé de travailler.

À l'âge de , il adhère aux Jeunesses communistes où il devient un militant très actif.

En 1931, il est arrêté par la police pilsudskiste et condamné à cinq années de prison. Ces années d'emprisonnement n'arrivent pas à briser son moral, bien au contraire. Libéré, il reprend son activité. Mais comme il est persécuté par la police, ses amis lui conseillent de quitter la Pologne.

Il vient à Paris en 1936 ou 1937, selon les sourcesPages de gloire des 23, édité par l'Association des anciens FFI-FTP aux Éditions France d'Abord, rédigé par David Diamant, postfacée par son président Charles Tillon, et le Comité français pour la défense des immigrés, préfacée par son président Justin Godart, février 1951, 203 pages.David Diamant, Héros juifs de la Résistance française, 1962, .David Diamant, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, 1984, , sans passeport, et loge chez les Krasucki, originaires de Wolomin, puis au 11 rue des Maronites ( arr.). Il repart pour l’Espagne, où il va combattre dans les Brigades internationales. Après la défaite de l'armée républicaine, il est interné dans les camps de concentration de Gurs et d'Argelès, mais il réussit à s'évader.

Seconde Guerre mondiale Sous l'occupation hitlérienne, Grzywacz devient très actif dans le mouvement syndical clandestin. Il organise les ouvriers juifs travaillant dans les ateliers de fourrure, dont la main-d’œuvre est pour l’essentiel juive. À partir de la fin , après l'attaque de l'URSS par Hitler, ces ateliers sont très sollicités par les Allemands pour le front de l'est et il organise des actions visant à empêcher la production de vêtements fourrés pour ce front. Les Juifs de Paris sont par ailleurs mis à l'écart par le statut des Juifs, avec deux décrets, le , puis le qui leur interdisent d’exercer de très nombreuses professionsJérôme Skalski, « Szlama Grzywacz : du courage, du courage et encore du courage », sur humanite.fr, 20 février 2023.Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, « Grzywacz Szlama (Salomon) [dit Szlamek, dit Charles »], sur maitron.fr.. Il rejoint les FTP où il lutte de son mieux contre les occupants..

De septembre à les résistants communistes sont aussi à l’initiative de la réduction de la production dans la ganterie parisienne et des artisans sont menacés par eux. En 1942, des militants de la sous-section juive des FTP MOI organisent des opérations de sabotage des machines à coudre.

Szlama Grzywacz entre au détachement FTP-MOI en (matricule 10157). Il lance une grenade dans la cave de l’immeuble occupé par le Parizer Zeitung puis jette une bombe incendiaire sur un camion.

Lors des arrestations massives parmi les combattants immigrés, il tombe entre les mains des Brigades Spéciales et de la Gestapo.

Son passé de combattant de l'Espagne républicaine et de Franc-tireur lui valent de subir d'atroces tortures, jusqu'au jour où, avec ses camarades, il est traduit devant un tribunal militaire allemand, pour un simulacre de procès, le , devant une trentaine de journalistes, présidé par un lieutenant-colonel et deux autres juges.Paris-Soir du 21 février 1944 : Paris-Soir du 22 février 1944 : . Il est condamné à mort et fusillé, comme les autres du groupe, le , au fort du Mont-ValérienParis-Soir du 6 mars 1944 : .

Distinctions La médaille de la Résistance lui est décernée à titre posthume par décret du ..

En , il est reconnu « mort pour la France », dernier du groupe Manouchian à ne pas avoir encore obtenu cette reconnaissance...

Le , il entre symboliquement au Panthéon en même temps que ses 22 autres camarades du Groupe Manouchian et de Mélinée Manouchian.

Son nom est cité durant la cérémonie et son portrait est apposée devant le Panthéon à Paris. Une plaque portant son nom est apposée dans le caveau où reposent Missak et Méliée Manouchian.

Liste des membres du groupe Manouchian exécutés vignette|Mémorial de l'Affiche rouge à Valence. Dès 1951, le livre Pages de gloire des 23 liste les du groupe exécutés par les Allemands, connus depuis comme les 23 résistants étrangers du groupe Manouchian, dans laquelle la mention (AR) signale les dix membres que les Allemands ont fait figurer sur l'Affiche rouge : Celestino Alfonso (AR), Espagnol, Olga Bancic, Roumaine, (seule femme du groupe, guillotinée en Allemagne le ) Joseph Boczov [József Boczor; Wolff Ferenc] (AR), Hongrois, - Ingénieur chimiste Georges Cloarec, Français, Rino Della Negra, Italien, Thomas Elek [Elek Tamás] (AR), Hongrois, - Étudiant Maurice Fingercwajg (AR), Polonais, Spartaco Fontanot (AR), Italien, Jonas Geduldig, Polonais, Emeric Glasz [Békés (Glass) Imre], Hongrois, - Ouvrier métallurgiste Léon Goldberg, Polonais, Szlama Grzywacz (AR), Polonais, Stanislas Kubacki, Polonais, Cesare Luccarini, Italien, Missak Manouchian (AR), Arménien, Armenak Arpen Manoukian, Arménien, Marcel Rayman (AR), Polonais, Roger Rouxel, Français, Antoine Salvadori, Italien, Willy Schapiro, Polonais, Amedeo Usseglio, Italien, Wolf Wajsbrot (AR), Polonais, Robert Witchitz (AR), Français,

Décorations , à titre posthume par le décret du .. Mention « mort pour la France » le .

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Main-d'œuvre immigrée Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée Affiche rouge Brigades Spéciales Geheime Feldpolizei

Bibliographie FFI - FTPF, Pages de gloire des vingt-trois, préface de Justin Godart, post-face de Charles Tillon, Immigration, 1951. Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la déportation des Juifs de France. Beate et Serge Klarsfeld: Paris, 1978. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms.FFDJF (Fils et Filles des Déportés Juifs de France), 2012.

Liens externes

La journée d'un "Terroriste" Discours d'André SANTINI et Henry KARAYAN

Catégorie:Naissance en janvier 1909 Catégorie:Naissance dans la voïvodie de Mazovie Catégorie:Résistant communiste Catégorie:Affiche rouge Catégorie:Résistant polonais en France durant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Membre des FTP-MOI Catégorie:Déporté au camp de Gurs Catégorie:Personnalité liée à la Shoah en France Catégorie:Résistant polonais Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Victime de la Shoah en France Catégorie:Décès en février 1944 Catégorie:Décès dans le département de la Seine Catégorie:Fusillé au fort du Mont-Valérien Catégorie:Personne fusillée en France Catégorie:Personnalité exécutée par le Troisième Reich Catégorie:Décès à 35 ans Catégorie:Mort pour la France Catégorie:Personne citée au Panthéon de Paris Catégorie:Résistance en Île-de-France