Le secrétaire à cylindre de , plus connu sous le nom de bureau du Roi, est un bureau cylindre richement ornementé fabriqué pour dans les années 1760. Commencé par Oeben et achevé par Riesener, tous deux ébénistes du Roi, ce bureau est une des plus célèbres réalisations de l'histoire du mobilier français. Il se trouve dans le cabinet intérieur, une des pièces du Petit appartement du Roi au château de Versailles.
Historique vignette|redresse| (vers 1765). Sa fabrication a probablement débuté en 1760, quand son annonce en fut formellement faite.
Son premier concepteur fut Jean-François Oeben (1721-1763), maitre-ébéniste à l'arsenal royal. La première étape fut la réalisation d'un modèle réduit en cire à l'échelle d'1/9 extrêmement détaillé, sur lequel avaient été reproduits à la peinture la marqueterie et les bronzes. Cette maquette avait permis de réaliser plusieurs dessins en perspective montrant le bureau sous toutes ses faces. Une fois le projet adopté, une maquette grandeur nature en bois fut construite sur laquelle fut peinte à l'aquarelle le décor de marqueterie envisagé.
Le bureau ne fut terminé que neuf ans plus tard par Jean-Henri Riesener (1734-1806), l'un des ouvriers de Oeben, qui lui succéda comme maitre-ébéniste à la mort de ce dernier et qui épousa même sa veuve.. Lorsque Riesener en reprit la fabrication, le bâti du bureau est déjà assemblé, les plâtres des bronzes sculptés et les plans du complexe mécanisme d'ouverture dessinés. Aidé de Wymant Stylen, Riesener va en réaliser toute la marqueterie et on trouve sa signature dans un des cartouches postérieurs du meuble, .
C'est en mai 1769 au château de Versailles que le bureau fut présenté au souverain La Revue du Louvre et des musées de France, Conseil des musées nationaux, 2000. et installé dans le nouveau cabinet du Roi.
La confidentialité que permettait ce type de secrétaire à abattant convenait bien au lieu. recevait rarement ses secrétaires d'État dans ce cabinet et de manière générale les consultait peu.
Derrière le cabinet du Roi, pièce pour laquelle le secrétaire à cylindre avait été fabriqué, se trouve une pièce dite « cabinet des Dépêches » où collectait les informations de son réseau d'espions et d'informateurs, le « secret du Roi », sa principale source pour définir la politique étrangère du pays.
Sous la Révolution, le meuble est transporté aux Tuileries où il sera ensuite utilisé par le Corps législatif, puis il est transféré au cabinet du Secrétaire de Napoléon. On le retrouve dans le salon des Aides de camp du duc d'Orléans, fils de Louis-Philippe.
L'impératrice Eugénie l'utilise dans son cabinet de travail du château de Saint-Cloud. En 1870, le bureau est transféré au musée du Louvre à Paris. Il est enfin retourné en 1957 au musée national du château de Versailles où il se trouve depuis.
En 2019-2020, à l'occasion de la restauration du Cabinet intérieur du Roi, il fait l'objet d'une restauration de sa marqueterie, du vernis, après un démontage et un nettoyage de ses bronzes.
Caractéristiques vignette|Illustration du bureau du Roi de 1893. Haut de pour une largeur de et une profondeur de , le bureau est couvert d'une marqueterie complexe réalisée en différentes variétés de bois (sycomore, violette et acajou.) et il est orné de multiples pièces ciselées en bronze, œuvres fondues et ciselées par Hervieux sur des modèles de Jean-Claude DuplessisL'Art français de René Schneider, 1930..
Sa fabrication a mobilisé quatorze corps de métier : ébéniste, bronzier, ciseleur, doreur, horloger, etc.
La rotation d'un quart de tour de la clé, déverrouille l'abattant et l'ensemble des tiroirs. Les domestiques au service du Roi rechargeaient en encre et en papier le secrétaire par deux petites trappes dissimulées sur chaque côté du meuble donc sans obligation que le bureau soit ouvert et l'abattant relevé.
Outre les quatre tiroirs disposés par paire de chaque côté du bureau, l'ouverture de l'abattant permet d'accéder à 6 petits tiroirs disposés en deux colonnes latérales. Le centre de la table de travail est mobile, pouvant se relever pour être disposé à la manière d'un pupitre ou basculer vers l'avant permettant d'accéder à un espace de rangement avec au fond de celui-ci trois tiroirs supplémentaires.
Le bureau est surmonté d'un plateau marqueté, entouré d'une petite balustrade en amarante avec au centre une horloge à double face, œuvre de Lépine.
État d'origine Le bureau tel qu'il existe aujourd'hui n'est pas exactement celui de sa version d'origine. On ne connait celle-ci qu'au travers d'une description d'un inventaire de 1776, reprenant celle d'un autre inventaire probablement établi en 1771 :
Modifications Plusieurs interventions sur le secrétaire faites par Riesener sous le règne de sont notées (1776, 1777, 1785) avec des réparations du mécanisme ou la restauration des marqueteries. En 1794, après l'avènement de la Première République et l'exécution du Roi, il lui fut demandé de supprimer du meuble ce qui rappelait la Royauté. Il enleva ainsi le médaillon à l'effigie du Roi que tenaient deux angelots décorant le dessus de la pendule, les L entrelacés sur chaque côté du meuble furent remplacés par des plaques de porcelaine de Sèvres imitant le Wedgwood et le portrait de sur la clé du bureau fut supprimé.
Les figures de bronze actuelles ne correspondent pas du tout à la description faite dans l'inventaire de 1776, aucune documentation de leur changement n'existe et curieusement aucun point de fixation des bronzes décrits n'est visible, ce qui laisse subsister un doute sur l'existence à l'origine des bronzes décrits. Doute qui existe également sur les « bois des Indes » employés. Daniel Meyer, dans son livre Mobilier de Versailles du , pose la question de leur emploi par Riesener, se demandant même si ce dernier n'a pas volontairement substitué l'emploi de bois locaux au bois des Indes annoncé, trompant ainsi le Garde-Meuble de la Couronne et gonflant artificiellement le prix. Le meuble a été vendu à l'époque livres..
L'horloger Jean André Lepaute remplaça le nom de Lépine par le sien sur la pendule.
Le mécanisme d'ouverture fut lui hors d'usage dès le et le restera.
Bureaux similaires Différents bureaux ressemblant au secrétaire de furent commandés à l'atelier d'Oeben devenu celui de Riesener et ce quelquefois avant même l'achèvement du modèle original. Le plus ressemblant est sans doute celui qui se trouve aujourd'hui à la Wallace Collection de Londres. Il fut achevé par Riesener la même année, 1769, que le bureau destiné à . De dimensions et d'aspect très proches, à l'exception de la pendule et des candélabres absents, il présente aussi des marqueteries et des bronzes très similaires. Les lettres dessinées SR, présentes sur ce bureau peuvent signifier Stanislas Rex (Stanislas Roi), laissant penser que ce meuble était initialement destiné à l'ancien roi de Pologne Stanislas Leszczynski, beau-père de , qui l'avait fait duc de Lorraine mais qui, mort en 1766, trois ans avant l'achèvement du bureau, n'aurait pu en prendre possession.
Galerie de photos
Notes et références
Annexes Articles connexes Mobilier du château de Versailles Cabinet intérieur du Roi Style Secrétaire à cylindre de
Liens externes Photo du bureau de la Wallace Collection
Bibliographie .
.
Catégorie:Bureau (meuble) Catégorie:Mobilier du domaine de Versailles Catégorie:Marqueterie Catégorie:Louis XV