La première direction générale du Comité de sécurité d'État (KGB) (en (ПГУ) Комитета государственной безопасности (КГБ), Pervoïé glavnoïé ouravlenié (PGOu, prononcé Pé-Gué-Ou) Komiteta gossoudarstvennoï bezopasnosti (KGB)) était, de 1954 à 1991, la forme administrative de l'espionnage politique extérieur soviétique existant depuis le .. Il rend un hommage particulier à Félix Dzerjinski, fondateur de la Tcheka.
Histoire administrative Lors de la courte période transitoire, après la mort de Staline en , l'espionnage politique tchékiste est provisoirement confié à la Deuxième direction générale (Vé-Gué-Ou) du nouveau ministère de l'intérieur de l'URSS, agrandi par la fusion des MVD et MGB anciens.
Un des hauts dirigeants de la Vé-Gué-Ou du MVD est Alexandre Panouchkine. Il se fait remarquer par la plus haute hiérarchie du Kremlin, dans la période des grands nettoyages de 1938-1939, alors qu'il dirige le troisième département spécial du NKVD, chargé des opérations secrètes, dont les filatures et arrestations des « ennemis du peuple ». Ensuite, il est le rézidiente et ambassadeur en Chine et aux États-Unis à l'époque où la diplomatie et l'espionnage soviétiques ne font qu'un. Après la Seconde Guerre mondiale, Panouchkine est déjà le grand patron de l'espionnage extérieur soviétique qui s'appelle le Comité d'information (près le Conseil des ministres et ensuite près le ministère des affaires étrangères de l'URSS).
Le est créé un organisme administratif à part - le Comité de sécurité d'État (le KGB) auprès du Conseil des ministres de l'URSS. L'ancien premier adjoint du ministre de l'intérieur (MVD) de l'URSS, le général-colonel Ivan Serov, devient le premier président de la corporation professionnelle tchékiste placée sous le strict contrôle idéologique du Comité central du PCUS, dirigé par son nouveau premier secrétaire Nikita Khrouchtchev.
Par ordre du président du KGB, l'espionnage politique soviétique est donc définitivement confié, le , à la Première direction principale (la Pé-Gué-Ou) du KGB nouvellement créé, et y reste pendant 37,5 ans, jusqu'en .
Le premier chef de la Pé-Gué-Ou est toujours le même Alexandre Panouchkine qui ne reste en revanche qu'une année à ce poste. Lorsque Panouchkine devient haut fonctionnaire dans l'appareil du Comité central du Parti communiste, c'est le général Alexandre Sakharovski, son premier adjoint, un autre espion professionnel, qui en a été le chef par intérim pendant un an, qui prend définitivement la direction de l'espionnage politique en 1956. Sakharovsky va rester 16 ans en tout à la tête de la Pé-Gué-Ou.
Devenu plus puissant sous l'impulsion de Iouri Andropov, ancien haut fonctionnaire du Parti nommé président en 1968, le KGB change radicalement de statut le . Il est libéré de la tutelle du Conseil des ministres de l'URSS et devient le KGB de l'URSS – espèce d'un super ministère indépendant, dont le Président est membre de droit du Politburo du Comité central du PCUS. Par la même occasion, le statut de la Pé-Gué-Ou grandit et Vladimir Krioutchkov, son chef depuis 1974, devient l'adjoint (de droit) du président du KGB de l'URSS à partir du . Krioutchkov reste à la tête de la Pé-Gué-Ou pendant 14 ans pour s'asseoir à son tour en 1988 dans les fauteuils de son ancien patron, Iouri Andropov, de président du KGB et de membre du Politburo.
Ne voulant pas de concurrents et espérant mettre fin à l'influence corporatiste des anciens espions émérites de la guerre froide, Vladimir Krioutchkov, pâle mais fidèle ombre d'Andropov, ayant le grade de général d'armée en quittant la direction de la Pé-Gué-Ou, hésite pendant un an avant de désigner à Iassenevo Léonid Tchebartchine, simple général-major, pour le remplacer. L'idée de Krioutchkov est simple : sans expérience des intrigues du Kremlin et n'ayant pas la carrure pour faire de l'ombre à celui qui n'était que l'ombre d'Andropov, le nouveau patron de l'espionnage du KGB sera à sa botte et devra tout à son bienfaiteur.
Les jours de l'ancienne Union soviétique sont cependant déjà comptés et, avec elle, du KGB et de son espionnage politique, pense-t-on à l'époque. À la suite du putsch de Moscou d', coup d'État manqué à la fin de la pérestroïka en URSS, le renseignement extérieur (espionnage) politique de l'Union soviétique cesse d'être une constituante administrative du KGB. Le président de l'URSS Mikhaïl Gorbatchev nomme Vadim Bakatine, un homme de l'extérieur, à la tête du KGB dans un seul et unique but : casser définitivement la machine tchékiste en la faisant éclater en morceaux. Afin de casser à son tour la corporation fermée des espions, le liquidateur du KGB propose à la tête de la Pé-Gué-Ou un civil, académicien arabisant, président de la chambre haute du parlement de l'URSS et candidat Politburo : Ievgueni Primakov.
Le , la Pé-Gué-Ou est administrativement séparée du KGB et devient un organisme autonome qui est d'abord baptisé Service central de renseignement de l'URSS. Après et la dislocation de l'URSS, le SCR devient le Service des renseignements extérieurs de la fédération de Russie. Le nouveau directeur civil du SVR ne casse pas la corporation tchékiste de l'espionnage, au contraire, il la préserve et autant que possible la renforce, lui donnant une impulsion qu'elle n'a pas connue depuis l'époque d'Andropov.
Bases juridiques et idéologiques des activités de la Pé-Gué-Ou du KGB L'Oukase du du Præsidium du Soviet suprême (parlement) de l'URSS portant sur la création du KGB auprès du Conseil des ministres de l'URSS, signé par le maréchal Kliment Vorochilov.. Les statuts secrets du KGB auprès du Conseil des ministres de l'URSS avec les amendements adoptés par le paragraphe XVIII du protocole secret du du Præsidium du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS), signé par le premier secrétaire Nikita Khrouchtchev.. Les Constitutions – lois fondamentales de l'URSS de 1936 et 1977. Les décisions des congrès du PCUS et des plénums du Comité central du PCUS. Les décisions secrètes du Conseil des ministres de l'URSS. La loi de l'URSS portant sur l'obligation universelle militaire des citoyens de l'URSS La loi de l'URSS portant sur la défense Le serment militaire de l'URSS (pour servir les intérêts du Parti communiste de l'URSS). Les décisions secrètes de la direction du KGB et des organismes du PCUS dans ses structures. Les conventions secrètes des pays du Pacte de Varsovie. Les conventions et les accords signés par l'URSS avec les pays étrangers. Les accords secrets de coopération signés par le KGB avec les organes de sécurité des pays étrangers. Les accords secrets de coopération signés par la Pé-Gué-Ou du KGB avec les services d'espionnages des pays étrangers. La loi de l'URSS (ВВСС 15-419) du portant sur la « Liste des ministères et autres organismes de la direction centrale d'État » La loi de l'URSS (ВВСС 91-22) du portant sur les « Organes de sécurité d'État en URSS » La loi de l'URSS du portant sur la « Réorganisation des organes de sécurité d'État » Autres documents publics et/ou secrets.
Composition La Pé-Gué-Ou du KGB se composait de l'appareil central (administration centrale) basé à Moscou, des représentations déconcentrées sur tout le territoire de l'URSS, des représentations officielles du KGB à l'étranger dans les pays « amis », ainsi que des rézidientouras secrètes ou clandestines du KGB à l'étranger, dites « légales » et « illégales », dans les pays « ennemis ».
Organigramme de l'appareil central (administration centrale) Depuis 1954 l'organigramme de la Pé-Gué-Ou a changé plusieurs fois. Voici comment il peut être résumé vers les années 1980-1991.
Direction Les chefs La Pé-Gué-Ou du KGB était dirigée par les chefs militaires ou civils, dont voici la liste complète :
Alexandre Sémionovitch Panouchkine (1954-1955), premier chef Alexandre Mikhaïlovitch Sakharovski (1955-1956 par intérim, 1956-1971), général-lieutenant, ensuite général-colonel Fiodor Konstantinovitch Mortine (1971-1974), général-lieutenant Vladimir Alexandrovitch Krioutchkov (1974-1988), général-lieutenant, ensuite général-colonel, puis général d'armée, devenu en 1988 le Président du KGB de l'URSS et membre du Politburo Vadim Alexeïevitch Kirpitchenko (1988-1989), chef par intérim, général-lieutenant Léonid Vladimirovitch Tchebartchine (1989-1991), général-major, ensuite général-lieutenant Ievgueni Maximovitch Primakov (septembre-), le seul et unique chef civil
Les premiers adjoints au chef Alexandre Mikhaïlovitch Sakharovski (1954-1956), général-lieutenant Fiodor Konstantinovitch Mortine (1958-1971), général-lieutenant Vladimir Alexandrovitch Krioutchkov (1971-1974), général-lieutenant Boris Sémionovitch Ivanov (1974-1979) Vadim Alexeïevitch Kirpitchenko (1979-1991), général-lieutenant
Les chefs adjoints Les chefs adjoints de la Pé-Gué-Ou du KGB le plus souvent dirigeaient les directions géographiques et/ou fonctionnelles les plus importantes.
Adjoints du chef de la Pé-Gué-Ou, directeurs de la Direction « S » du KGB Alexandre Mikhaïlovitch Korotkov (1954–1956) Alexeï Alexeïevitch Krokhine (1956–1958) Vitali Grigorievitch Pavlov (1958–1961) Mikhaïl Stépanovitch Tsymbal (1961–1966) Anatoli Ivanovitch Lazarev (1966–1974) Vadim Alexeïevitch Kirpitchenko, (1974-1979), ensuite le Premier adjoint au Directeur général de la Pé-Gué-OU du KGB (1979-1991), puis chef de groupe des consultants près le Directeur du SVR de Russie (1991-1997), décédé en 2005. Youri Ivanovitch Drozdov, (1979-1991), actuellement à la retraite, CEO du cabinet Namakon () Iouri Ivanovitch Jouravliov (1991)
Divers Comité du PCUS de la Pé-Gué-Ou du KGB Secrétariat du chef de la Pé-Gué-Ou du KGB Chancellerie de la Pé-Gué-Ou du KGB Groupe de consultants auprès du chef de la Pé-Gué-Ou du KGB Département juridique
Départements opérationnels dits « géographiques » La majorité des départements opérationnels dits « géographiques » de la Pé-Gué-Ou du KGB assuraient la direction générale et coordination de toutes les activités d'espionnage du KGB dans leurs pays respectifs, ainsi que fournissaient le contingent des éléments opérationnels pour la ligne « PR » dans les rézidientouras dites « légales » à l'étranger.
: États-Unis et Canada : Amérique latine : Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Scandinavie : Allemagne de l'Ouest (RFA), Berlin Ouest, Autriche : les pays du Benelux, France, Espagne, Portugal, Suisse, Grèce, Italie, Yougoslavie, Albanie, Roumanie : la Chine populaire, le Vietnam, Laos, Cambodge, la Corée du Nord : la Thaïlande, Indonésie, le Japon, Malaisie, Singapour, les Philippines : les pays de Moyen-Orient, y compris l'Afghanistan (jusqu'en 1979), l'Iran, Israël, Turquie : pays anglophones de l'Afrique : pays francophones de l'Afrique : Inde, Sri Lanka, Pakistan, Népal, Bangladesh, Birmanie : les pays arabes de Moyen-Orient et l'Égypte
Départements opérationnels particuliers Trois départements opérationnels avaient des particularités : : les contacts avec les pays socialistes – direction générales des activités des représentations officielles du KGB dans les pays du Pacte de Varsovie et certains autres pays « frères », dont Cuba et Mongolie : émigration russe à l'étranger - la ligne « EM » dans les rézidientouras dites « légales » à l'étranger. : les contacts avec les pays du tiers monde (en voie de développement) - direction des activités des représentations officielles et/ou des conseillers du KGB dans les pays « amis », dont la Syrie et l'Afghanistan (après 1979),
Directions opérationnelles spécialisées Les directions opérationnelles spécialisées de la Pé-Gué-Ou du KGB assuraient la direction générale des activités d'espionnage du KGB dans leurs domaines réservés respectifs, ainsi que fournissaient le contingent des éléments opérationnels pour les lignes respectives dans les rézidientouras dites « légales » à l'étranger. Direction « K » (contre-espionnage extérieur) - la ligne « KR »