François Rude né le à Dijon et mort le à Paris est un sculpteur français. Il est représentatif de la transition entre le néoclassicisme et le romantisme, dont il est un des maîtres.
Biographie Né à Dijon (province de Bourgogne), au de l'actuelle rue François-Rude, à proximité de l'actuelle place François-Rude, il est fils de forgeron. François Rude apprend le dessin dans cette ville avec François Devosge et est soutenu par le conservateur adjoint du musée des Beaux-Arts de Dijon, mécène et ardent bonapartiste, Louis FrémietWassili Joseph, « Sophie et François Rude, deux œuvres à l'unisson », Dossier de l'art Hors-série, , , ., dont il épousera plus tard la fille, Sophie.
vignette|gauche|redresse|Maison de naissance, 5 rue François Rude, à côté de la place François-Rude de Dijon.
En 1809, il s'installe à Paris et est admis à l'École nationale supérieure des beaux-arts dans l'atelier de Pierre Cartellier, obtenant le prix de Rome de 1812 pour son Aristée déplorant la perte de ses abeilles. Les circonstances politiques contemporaines font qu'il ne pourra jamais bénéficier du séjour à l'Académie de France à Rome de la villa Médicis afférent au prix.
En 1815, après la chute du Premier Empire et la Restauration des Bourbons, il part s'installer à Bruxelles à la création du royaume uni des Pays-Bas, pour rejoindre sa belle-famille, et où il se met au service de l'architecte Charles Vander Straeten. Il exécute neuf bas-reliefs pour l'un des pavillons du palais de Tervuren, aujourd'hui disparu mais dont il subsiste des moulagesWassili Joseph, « Les reliefs pour Tervueren, premier chef-d’œuvre de François Rude », Dossier de l'art Hors-série, , , .. Il y épouse l'artiste peintre Sophie FrémietFille de son protecteur Louis Frémiet, bonapartiste français exilé volontaire, et tante du sculpteur Emmanuel Frémiet., avec qui il a un fils, Amédée, mort en 1830. Avec l'architecte Charles Vander Straeten, il réalise des commandes officielles du roi Guillaume Ier des Pays-Bas en participant à plusieurs travaux de rénovation et de décoration de palais royaux, châteaux et monuments de Bruxelles comme le théâtre de la Monnaie ou le palais de la Bourse de Bruxelles.
Il revient ensuite à Paris en 1827 où il passe progressivement du néoclassicisme au romantisme. Après 1827, il produit une statue de la Vierge pour l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Paris et une statue de Mercure (Paris, musée du Louvre).
vignette|redresse|gauche|Joseph-Noël Sylvestre, François Rude travaillant sur l'Arc de triomphe (1893), collection particulièreNicole Riche et Jérôme Montcouquiol, « Joseph-Noël Sylvestre Peintre pompier biterrois (1847-1926) », La Tribune de l'Art, .. En 1833, il est décoré de la Légion d'honneur et obtient une commande de haut-relief pour l'arc de triomphe de l'Étoile : Le Départ des volontaires de 1792, communément appelé La Marseillaise, son œuvre la plus célèbre qui contribue grandement à sa renommée. En parallèle, il sculpte dans le marbre le Petit Pêcheur napolitain jouant avec une tortueŒuvre dont Jean-Baptiste Carpeaux se souvient en concevant son Pêcheur à la coquille de 1858 (Paris, musée d'Orsay). (Paris, musée du Louvre).
Le succès de sa Marseillaise lui permet d'ouvrir son propre atelier et de former ainsi des élèves, dont Paul Cabet. Il reçoit plusieurs commandes pour des monuments publics en l'honneur de grands personnages, Louis Monge (1849), Antoine Joseph Bertrand (1852), Maréchal Ney. Il a également quelques commandes privées et religieuses.
En 1835, François Rude reprend la statue de Caton d'Utique lisant le Phédon avant de se donner la mort commencée par Jean-Baptiste Roman, dernière œuvre de l'artiste disparu cette même année 1835. Rude achève la statue en 1840 Caton d'Utique au musée du Louvre.. Le couple adopte Martine van der Haert, fille de du peintre Henri van der Haert et de Victorine Frémiet, sœur de Sophie Rude. C'est après le décès de Victorine en 1839, que Martine sera adopté par le couple Rude. Elle posera pour plusieurs de leurs œuvres. Elle sera la future épouse de Paul Cabet.
À partir de 1852, il consacre les trois dernières années de sa vie à deux sculptures dont il a choisi lui-même les sujets pour répondre aux commandes de sujets libres de sa ville natale de Dijon : Hébé et l'Aigle de Jupiter et L'Amour dominateur du monde, dans lesquelles l'artiste renoue avec un certain néoclassicisme et qui constituent son testament artistique.
François Rude obtient une médaille d'honneur à l'Exposition universelle de 1855 à Paris. Il meurt la même année et est inhumé au cimetière du Montparnasse dans le de Paris, avec un buste de sépulture réalisé par son neveu Paul Cabet.
Engagement politique D'abord bonapartiste, François Rude devient républicain. Il se présente, sans succès, aux élections pour l'Assemblée constituante de 1848 et est nommé membre d'une commission pour étudier une réforme de l'École des beaux-arts la même année. Le Gisant de Godefroi Cavaignac (1847) témoigne ainsi de son engagementÉliane Lochot, « François Rude, un artiste engagé », Dossier de l'art Hors-série, , , ..
Œuvres vignette|Combat d'Achille contre Hector. Moulage (1881) d'après un original de François Rude détruit en 1879., Musée de la Ville de Bruxelles, Maison du Roi (Bruxelles).
Buste de Lapérouse, 1828, Paris, musée national de la Marine. Jacques Louis David, 1831, Paris, musée du Louvre.. Jeune pêcheur napolitain jouant avec une tortue, marbre exposé aux Salons de 1831 et de 1833, Paris, musée du LouvreJeune pêcheur napolitain jouant avec une tortue sur le site du musée du Louvre.. Mercure rattachant ses talonnières après avoir tranché la tête d'Argus, 1834, bronze, Paris, musée du LouvreNotice sur le site du musée du Louvre.. Le Départ des volontaires de 1792, ou La Marseillaise, 1836, Paris, arc de triomphe de l'Étoile. Le Réveil de Napoléon, ou Napoléon s'éveillant à l'Immortalité, 1847, bronze, Fixin, musée et Parc NoisotNotice sur e-monumen.net.. Gisant de Godefroy Cavaignac, 1847, cimetière Saint-Pierre de Montmartre. Monument de Gaspard Monge, 1849, bronze, BeauneNotice sur e-monumen.net. Un surmoulage en plâtre de la statue est conservé à Dijon au musée Rude. Jeanne d'Arc, 1852, de la série des Reines de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg à Paris, transférée au musée du Louvre en 1872. Monument au Maréchal Ney, 1853, bronze, Paris, avenue de l'ObservatoireNotice sur e-monumen.net.. Monument au général Bertrand, 1854, bronze, ChâteaurouxNotice sur e-monumen.net.. Calvaire, 1855, bronze, Paris, autel de l'église Saint-Vincent-de-Paul. Hébé et l'Aigle de Jupiter, 1855-1857, marbre, commande de la Ville de Dijon pour son musée des beaux-arts, achevé par son élève Paul CabetCatherine Gras, « François Rude : Hébé et l'aigle de Jupiter », Dossier de l'art Hors-série, , octobre 2012, .. Christ crucifié, vers 1857, buste en marbre, achevé par Paul Cabet, Paris, musée du Louvre.. Buste de la Marseillaise, Alger, musée national des Beaux-Arts d'Algerhttps://www.vitaminedz.com/fr/Algerie/salle-des-sculptures-musee-des-beaux-195649-Photos-0-19558-1.html. Prométhée animant les Arts, palais Bourbon (Paris). Hébé, tête en plâtre, musée de Semur-en-Auxois
Hommages, postérité vignette|redresse|Entrée du musée Rude, dans l'ancienne église Saint-Étienne de Dijon.
Le musée des Beaux-Arts de Dijon conserve quelqu'une de ses œuvres.
En 1835, Claude Noisot fait aménager le Musée et Parc Noisot à Fixin près de Dijon avec, entre autres, Napoléon s'éveillant à l'Immortalité, commandé à son ami François Rude.
En 1936, La Poste émet un timbre représentant le haut-relief de l’Arc de triomphe Voir le timbre-poste, sur wikitimbres.fr..
En 1947, sa ville natale de Dijon fonde le musée Rude dans le transept de l'ancienne église Saint-Étienne de Dijon. Il conserve uniquement des moulages, dont un surmoulage en plâtre grandeur natureRéalisé pendant la Seconde Guerre mondiale en cas de destruction de l'original par les bombardements allemands. C'était le seul groupe sculpté de ce monument qui fut protégé par des sacs de sable pendant la Seconde Guerre mondiale. du Départ des volontaires de 1792.
En 1984, une pièce commémorative de Dix francs François Rude est émise à l'occasion du bicentenaire de la naissance du sculpteur.
La place François-Rude (débouchant sur la rue du même nom) lui est dédiée par la ville de Dijon, avec sa fontaine du Bareuzai centrale de Noël-Jules Girard (inspirée de son œuvre).
François Sicard a sculpté sa statue en pierre, érigée dans le jardin de l'Évêché à Lisieux.
Notes et références
Annexes Articles connexes Musée Rude Sophie Rude Emmanuel Frémiet Paul Cabet Le Départ des volontaires de 1792 Anna Delautel (1822-1865), son élève.
Bibliographie Marc Trapadoux, L'Esprit moderne dans la statuaire : François Rude, Paris, Bureaux de la Revue européenne, 1861. . Sophie Barthélemy, Matthieu Gilles et collectif, François et Sophie Rude. Citoyens de la Liberté. Un couple d’artistes au , Dijon/Paris, musée des Beaux-Arts de Dijon/Somogy Éditions d’Art, 2012, , 382 ill. . Wassili Joseph, François Rude (1784-1855), le Souffle romantique, Paris, Arthena, 2024 .
Liens externes
« Musée François Rude », sur le site de la Ville de Dijon. « François Rude », sur Insecula. « François Rude », sur Artcyclopedia. « François Rude », sur Wikiphidias.
Catégorie:François Rude Catégorie:Sculpteur français du XIXe siècle Catégorie:Sculpteur romantique Catégorie:Sculpteur bourguignon Catégorie:Élève de l'École nationale supérieure d'art de Dijon Catégorie:Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts au XVIIIe siècle Catégorie:Prix de Rome en sculpture Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Naissance en janvier 1784 Catégorie:Naissance à Dijon Catégorie:Décès en novembre 1855 Catégorie:Décès dans l'ancien 12e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 71 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Montparnasse (division 1)