Sartène est une commune française située dans la circonscription départementale de la Corse-du-Sud et le territoire de la collectivité de Corse. Capitale du Sartenais, Sartène a le rang de sous-préfecture de Corse-du-Sud. Ses habitants sont appelés les Sartenais (en corse Sartinesi).

Géographie Situation Sartène, sous-préfecture du département de la Corse-du-Sud, se situe au Sud-Ouest de la Corse dans les montagnes, à quatorze kilomètres de Propriano. Elle est, par sa superficie, la plus grande commune de Corse et la quinzième des communes de France métropolitaine.

Géologie et relief Le pays sartenais présente une géographie diversifiée de montagnes, de lacs, de rivières, de de côtes partiellement gérées par le Conservatoire du Littoral ainsi que des sites archéologiques d’une grande valeur.

Son littoral va de Cala d'Arana au Nord jusqu'à Cala di Roccapina au Sud, comprenant notamment Capu Senetosa et son grand phare, la marine de Tizzano et les deux grandes plages de Tralicetu et d'Erbaju.

vignette|centre|redresse=2|Panorama sur la ville.

Hydrographie L'Ortolo à Sartène (Moulin de Curgia)L'Ortolo à SartèneL'eau dans la commune. Le Rizzanese.

Climat et végétation Le climat d'une grande partie de la Corse-du-Sud est de type méditerranéen : chaud et sec en été, doux et pluvieux en hiver. Cependant, l’île connaît aussi des nuances du climat alpin, en particulier en hiver. Il n'est pas rare de voir les sommets des montagnes enneigés jusqu'à mai-juin.

Climat classé Csb dans la classification de Köppen et GeigerTable climatique.

La Corse-du-Sud est le département français qui possède le plus haut taux de boisement avec un ratio d'environ 66 % de sa superficietaux de boisement des départements. La Corse a une végétation composée essentiellement de : maquis, poussant sur sol acide, et qui regroupe des espèces comme l'arbousier, le lentisque ou le chêne-liège ; pinèdes, plantations de pins du genre Pinus ; forêts de châtaigniers, de chênes ou d'eucalyptus et également de pin laricio.

Urbanisme Typologie Au , Sartène est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de SartèneUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. La commune est en outre hors attraction des villes...

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (78,6 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (78,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (49 %), forêts (22,6 %), zones agricoles hétérogènes (10,5 %), prairies (7,7 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (7 %), cultures permanentes (2,1 %), zones urbanisées (0,7 %), mines, décharges et chantiers (0,2 %), terres arables (0,2 %), eaux maritimes (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie de la commune vignette|gauche|Sartène, construite sur d'énormes blocs rocheux ; on y entre par le pont de la Scaledda. Selon Prosper Mérimée, Sartène est « la plus corse des villes corses » comme on peut le lire sur un panneau à l'entrée de la petite ville.

La ville de Sartène semble être un prolongement de la montagne, perché en amphithéâtre sur les pentes du Monte Rosso et surplombant la vallée du Rizzanese de ses hautes maisons de granit gris. À partir du vieux quartier de Manichedda, la ville s'est agrandie vers Sant'Anna, le Borgu et Pacialedda.

L'entrée de la ville se fait par le pont de la Scaledda, au pied de la vieille ville, construite sur d'énormes blocs rocheux. Le centre de la ville est la place de la Libération (plus couramment désignée par son ancien nom de place Porta). Ombragée de palmiers et d'ormes, c'est le lieu de rencontre des Sartenais. La place est dominée par l'hôtel de ville, ancien palais des gouverneurs génois, et par l'église Sainte-Marie où sont exposées la croix et la chaîne portées par le pénitent du Catenacciu. En passant sous la voûte de l'hôtel de ville, on pénètre dans le quartier de Manichedda, par la place du Maggiu, avec en face la rue des Frères-Bartoli, et à gauche la rue Caramama. En descendant, on accède à l'échauguette du , vestige des murailles qui enserraient la ville.

Face à la place Porta, le cours Bonaparte traverse le quartier de Pacialedda avant d'arriver à l'énorme rocher dit "U Cantone di Francia" (Canton de France), d'où partent la route de Granace (à droite) et celle de Tallano et Aullène, qui rejoint le Rizzanese après le hameau de la Castagna.

La rue principale -Sant'Anna avant la place Porta, cours Sœur Amélie au-delà- aboutit à un rond-point où s'embranchent, à gauche la route de Foce, à droite, le cours Saint-Damien, belle promenade ombragée ménageant une belle vue sur Sartène avant d'atteindre le couvent Saints-Côme-et-Damien qui surplombe la vallée. Au-delà, peu avant Bocca Albitrina, le cimetière s'étage à flanc de colline.

La petite route de Mola offre également de belles vues sur la ville et le golfe de Valinco.

vignette|Vue de Sartène depuis un drone.

Voies de communication et transports Accès routiers La ville est distante, par routeItinéraires ViaMichelin, de :

Transports en commun AutobusTransports en commun desservant la commune.

Toponymie Son nom proviendrait d'un lieu-dit local et aurait la même origine lointaine (peut-être étrusque) que «Sardaigne». En corse la commune se nomme (prononcé ).

Histoire Préhistoire De très nombreux vestiges attestent de l'occupation humaine préhistorique du Sartenais. En plusieurs endroits du territoire de la commune, on a découvert des menhirs et dolmens : au Nord de la ville, les deux menhirs U Frati è a Sora proche du Rizzanese et du pont génois Spin'a cavallu ; au Sud-Est en direction de Tizzano, de nombreux menhirs dont l'alignement de Palaghju ; au Sud, le dolmen de Fontanaccia, l'alignement d'I Stantari et celui du Renaju.

Époque romaine Sur la côte, un mouillage forain de l'époque romaine existait face au petit village de Tizzano sur le territoire de la commune de SartèneMouillage de l'époque romaine.

Moyen Âge Malgré son aspect de vieille ville, Sartène, d'abord pieve pisane, ne fut fondée par les Génois qu'en 1507, avec l'élimination de Rinuccio della Rocca assassiné le par les Génois.

Temps modernes vignette|gauche|L'hôtel de ville de Sartène, ancien palais des Lieutenants génois. vignette|redresse=.6|Échauguette, sur les fortifications. La ville édifiée par les Génois sur un promontoire rocheux difficile d’accès afin de garantir la sécurité des habitants : le premier noyau de peuplement fut le quartier d'u Pitraghju. Dans les années 1550-1552, Gênes fit construire des remparts. À cette époque, l'entrée de la ville se faisait sous la loggia, ce qui a donné son nom à la place Porta. Malgré la victoire de Lépante en 1571, les raids barbaresques connaissent une recrudescence. Le réseau des tours littorales chargées d'alerter les populations de l'intérieur est loin d'être achevé.

Mais c’est le Turc Dragut qui, à la suite de ses assauts, « incita » les Génois à construire une cité fortifiée où pourraient se réfugier et réunir tous les habitants des hameaux environnants. Malheureusement, les fortifications ne suffirent pas pour arrêter Hassan Veneziano, roi d’Alger, qui en 1583, assisté de Mami Corso, prit la ville et emmena quatre cents Sartenais en esclavage pour en tuer plus d’un« Guide Vert Michelin » (édition 2004, ). La ville fut repeuplée par les paysans des villages environnants.

À partir de 1630, un nouveau bourg ("u Borgu") fut construit hors des murailles, pour loger les journaliers qui travaillaient dans les grandes propriétés foncières. Giafferi conquit la ville en 1732 après avoir battu le corps expéditionnaire autrichien.

À l'époque de Pascal Paoli, les notables lui interdirent d'abord l'accès par la Consulte d'Istria - 1758, avant d'accepter finalement son autorité en 1763.

L'histoire de Sartène fut toujours agitée : luttes des paysans de la montagne contre les gros propriétaires terriens, luttes au entre les habitants des quartiers du Borgu (taravais d'origine) et ceux de Sant'Anna (Sartenais de souche), vendetta entre les Rocca Serra et les familles Ortoli et Pietri.

Époque contemporaine Après la période sanglante et troublée du premier tiers du , Sartène et sa région connaissent une série de transformations décisives : désenclavement routier et maritime, forte croissance agricole. Dans l'entre-deux-guerres, la population urbaine connaît un rapide renouvellement. Alors que l'exode rural prend de l'importance, de nombreuses familles paysannes s'établissent en ville, et une classe moyenne de petits commerçants, d'employés et d'enseignants se développe.

Les relations sociales dans l'île n'ont jamais présenté les inégalités constatées en Sicile ou même en Sardaigne, la nature montagneuse ne permettant guère les propriétés latifundiaires et les grandes fortunes agricoles. Pourtant, à Sartène, les rapports sociaux gardèrent longtemps un aspect très inégalitaire. On s'adressait aux « sgiò » la casquette à la main et le regard baissé. Ce qui explique sans doute la vigueur des affrontements politiques, avec la lutte des ouvriers agricoles, bonapartistes, contre les sgiò, d'abord légitimistes puis républicains opportunistes. Ce clivage explique le fort ancrage ultérieur à gauche de la ville. Sartène, au cœur de la terre des Seigneurs, fut le berceau de Pierre Marie Pietri et Joseph Marie Pietri, tous deux préfets de police sous le Second Empire, de Nicolas Pietri et de François Piétri, ministre de la Marine dans l'entre-deux guerres.

Aux vieilles allégeances claniques se superposent dans les années 1920 des engagements idéologiques nettement affirmés. Une première section de la SFIO est créée en 1926. Le Parti communiste se renforce dans les années 1930. Le débat politique est très rude pendant le Front populaire, avec des grèves d'ouvriers agricoles dans l'Ortolo. C'est ainsi que Sartène, vieux bastion de tradition nobiliaire, deviendra une "ville rouge" dans un arrondissement rural marqué à droite. La mairie fut jusqu'à ces dernières années un fief de la gauche, socialiste puis communiste.